à la vitesse des nuages ; un champion de mélancolie
à la vitesse des nuages ; un champion de mélancolie

à la vitesse des nuages ; un champion de mélancolie

À propos

La ville, chez Daniel Fano, est « sale comme un rêve inachevé ». Le monde aussi, et le lecteur ne sait pas sur quel pied danser. Pas plus que les personnages d'ailleurs, fragments imaginaires d'histoires plus grandes, désossés des vieux polars américains, qui confondent la fin du monde avec la prochaine danse. On navigue entre le crime et le cartoon, la vivacité de la bande-dessinée et la profonde mélancolie des closing-times. On saute d'un continent et d'une époque à l'autre, en changeant de vers, on fait de grands voyages, dictés par la seule logique de la fantaisie, dans une forme de tendresse poétique ; le décousu comme une approche du monde. Et tout semble se passer au même moment, dans une tranquille équivalence, les drames comme les broutilles, l'extinction des espèces et une robe froissée ; on sait maintenant « que la mémoire est une folie de plus ». Fano déploie des dizaines de narrations simultanées, où apparaissent brièvement, parfois en souvenir, parfois en ricochets d'évocation, parfois en figures clownesques de carton-pâte, les visages de Catherine de Médicis, Cy Twombly, Barack Obama, Serge Gainsbourg, Steve Reich, Eric Dolphy, Usain Bolt ou Claude Debussy. C'est un bombardement de flegme, de soie, puisé dans la mythologie des films noirs et des romans d'espionnages. Ces poèmes sont des coffres à jouets débordants de femmes fatales, de détectives un brin ratés, d'hommes d'affaires et de dictateurs, dans un bazar de révolutionnaires et de sex-symbols. C'est plein de pierres précieuses, de feutres mous et de Berreta, de Cadillac et de films pornos. Tous ces personnages soudain pris sous les projecteurs des télévisions, en flagrant délit de crime irrésolu : celui de la condition humaine. Car le monde tourne rond, mais à une allure folle, à la vitesse des nuages, et toutes les histoires se valent : ce n'est pas un parc d'attraction, c'est la vie même, mais éclairée par une lumière de dancing et on ne sait plus très bien qui appartient vraiment à la fiction. C'est la vie avec ses personnages découpés dans les journaux à scandale, et rassemblés dans un collage géant, par un démiurge facétieux qui s'accroche à ses fantaisies avec une joie féroce, sur le tableau d'une époque de la mémoire totale qui a « tué l'histoire ».

Rayons : Littérature générale > Poésie

  • EAN

    9782877042079

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    96 Pages

  • Longueur

    21 cm

  • Largeur

    15 cm

  • Épaisseur

    1.2 cm

  • Poids

    200 g

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Daniel Fano

  • Naissance : 1-1-1947
  • Age : 74 ans
  • Pays : Belgique
  • Langue : Francais

Daniel Fano est né en 1947. Journaliste culturel à Bruxelles depuis 1971 (durant trente années, a été un spécialiste renommé en matière de livres jeunesse, mais il a aussi beaucoup écrit sur le jazz et le rock, le théâtre, la bande dessinée, la photographie, le roman d'espionnage et la littérature anglo-américaine). Poète singulier de la modernité, il a publié, entre autres : Mannequins en flagrant sésame (Transédition, 1973), Splatch (Transédition, 1978), Souvenirs of you (Daily-Bul, 1981), Chocolat bleu pâle (Le Castor Astral, 1986), Vers le lac (La Nouvelle Barre du Jour, 1986), Un champion de mélancolie (Editions Unes, 1986), La Nostalgie du classique (Le Castor Astral, 2004). Chez le même éditeur Fables et fantaisies, Western, L'Année de la dernière chance, Le privilège du fou, La vie est un cheval mort.

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