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  • Une vie

    Simone Veil

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    • 31 Octobre 2007

    C'est un événement. Simone Veil accepte enfi n de se raconter à la première personne. De son enfance niçoise dans une famille juive complètement assimilée, et de sa déportation à Auschwitz avec sa mère et l'une de ses soeurs en mars 1944, jusqu'à ses fonctions les plus récentes, elle a su s'imposer comme une fi gure singulière et particulièrement forte dans le paysage politique français. Femme libre s'il en est, elle a exercé le pouvoir sans jamais le désirer pour lui-même mais pour améliorer, autant qu'elle l'a pu, les conditions de vie de ses concitoyens : à l'administration pénitentiaire, puis au ministère de la Santé dans le gouvernement Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing - c'est là qu'elle fait voter, contre son camp, la loi sur l'IVG ; à la présidence du Parlement européen, où elle se montre capable de tenir tête au Premier Ministre français, Raymond Barre ; comme ministre des Aff aires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement dirigé par Balladur et présidé par François Mitterrand ; au Conseil constitutionnel ainsi qu'à la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Fidèle à ce qu'elle estime être la fonction des rescapés des camps de la mort, elle a témoigné, chaque fois qu'elle l'a pu, en France comme partout, de son expérience d'Auschwitz.
    Mais cette femme de mémoire n'est jamais nostalgique, jamais passéiste, elle n'a souci que du monde de demain, celui qu'elle lèguera à ses petits-enfants et à ses arrière-petits-enfants dont la place est grande dans sa vie. Elle a beaucoup voyagé, rencontré la plupart des « grands » de ce monde, vécu de près les événements majeurs du XXe siècle. Elle en parle sans forcer sa voix, mais on l'entend.

  • Pour la première fois depuis qu'il a quitté l'Élysée, François Hollande s'explique. Il tire les leçons humaines et politiques d'une expérience unique.
    Comment vit un président au jour le jour ? Comment tranche-t-il dans le feu de l'action ? Comment agit-il sur la scène internationale ? Comment a-t-il décidé, pour redresser le pays, d'encourir l'impopularité et l'incompréhension parmi les siens ?
    Face aux épreuves qui ont ensanglanté notre pays, il donne ses sentiments intimes et nous fait partager, par les portraits saisissants des principaux dirigeants du monde, les défis majeurs de la planète. Il livre des vues aiguës sur la crise que traverse la démocratie européenne et sur l'avenir de la gauche réformiste.
    Dans sa vie publique, comme dans les replis de sa vie privée, sans impudeur mais sans faux-fuyant, il confesse aussi ses regrets. Il révèle enfin les raisons qui l'ont conduit à ne pas se représenter et détaille les relations complexes qu'il entretient avec Emmanuel Macron.
    Un document rare sur l'exercice du pouvoir que tout citoyen et tout lecteur curieux de l'expérience humaine des grands dirigeants lira avec passion.

  • La désobéissance éthique

    Weissmann-E

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    • 28 Avril 2010

    Ils sont enseignants, conseillers Pôle Emploi, postiers, électriciens/gaziers, forestiers, hospitaliers, psychiatres, chercheurs, magistrats, policiers... Ils ne feront pas le « sale boulot » qu'on exige d'eux depuis que Nicolas Sarkozy a lancé la plus grande opération de déconstruction et de privatisation des services publics jamais menée.
    Face à une politique d'asphyxie programmée qui érige en norme la course au chiffre et au rendement, l'évaluation et la compétition, le fichage et la répression, et qui menace les droits fondamentaux et la cohésion sociale, de plus en plus de professionnels refusent de voir leurs organismes transformés en machine à faire des actes et du cash, leur métier dénaturé et leur éthique piétinée.
    Constatant la souffrance, la perte de sens et la régression qui en résulte pour eux comme pour les usagers, Ils mettent en oeuvre, seuls ou avec leur syndicat, diverses stratégies de résistance : désobéissance collective proclamée, opposition souterraine, insoumission, freinage subversif.
    Ce livre, construit comme un abécédaire, s'adosse à une enquête de terrain : il donne à entendre des témoignages bouleversants d'hommes et de femmes pris dans la tourmente du saccage de leur mission de service public, qui veulent la défendre envers et contre tout au nom du bien collectif, des valeurs républicaine et du pacte social hérité du programme du Conseil national de la Résistance.

  • Au moment où la question du nucléaire civil devrait occuper une place de choix dans la campagne électorale, elle n'est pas vraiment débattue par les principaux candidats. Or à celle-ci est étroitement liée la question du nucléaire militaire qui, loin d'être une réflexion réservée aux stratèges, nous concerne tous.
    Stéphane Hessel et Albert Jacquard conjuguent leur voix pour lancer un appel pour le désarmement nucléaire total, en complément d'un état des lieux établi avec l'Observatoire des armements.
    Parce que l'existence de ces armes menace le destin de l'Humanité.
    Parce que les arsenaux du monde entier contiennent l'équivalent de 60 000 bombes de la puissance de celle d'Hiroshima.
    Parce que l'Iran, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord détiennent ces armes dans un contexte géopolitique d'une extrême fragilité.
    Parce qu'avec l'avènement de l'ère nucléaire militaire, toute force de dissuasion, tout équilibre de la terreur, sont devenus de tragiques illusions.
    Parce qu'il n'est pas trop tard, et qu'une prise de conscience et une sensibilisation du public s'imposent.
    Quand les Hommes sortiront-ils enfin de la barbarie ?

  • Il faut qu'il parte

    Sébastien Lapaque

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    • 30 Avril 2008

    « Je n'aime pas les communistes parce qu'ils sont communistes ;
    Je n'aime pas les socialistes parce qu'ils ne sont pas socialistes ;
    Et je n'aime pas les miens parce qu'ils aiment trop l'argent. » Charles de Gaulle C'est un nouveau discours de la servitude volontaire. Mais pas un Contre'un comme celui qu'écrivit La Boétie :
    Le tableau d'une époque et un réquisitoire contre une bourgeoisie française aussi bête et borgne qu'en 1830 et en1851.
    Que se passe-t-il dans ce cher et vieux pays pour qu'on accuse les pauvres d'être coupables de leur sort, pour que le travail, ce mal nécessaire, soit tenu pour une valeur, pour que le serpent de Mai 68 se morde la queue et que la culture soit rangée au rayon des biens de consommation ?
    Un homme à la tête de l'État incarne aujourd'hui le nihilisme d'une hyperclasse sans attaches et sans territoire qui voudrait oublier que l'homme est un animal social et que le lien compte plus que le bien. Il ne sera pas nommé dans cet exercice de style dont la violence vise d'abord les idées : le poisson pourrit toujours par la tête. Il faut qu'il parte ne révélera aucun petit secret caché : il fera entendre le hurlement de bouledogue vivisectionné d'un écrivain non-conformiste.

  • L'Algérie est le pays avec lequel notre histoire est la plus imbriquée, de la colonisation (1830) jusqu'à aujourd'hui, en passant par l'indépendance (1962).
    Environ 10 % de la population française entretient un lien personnel avec ce pays : les Algériens vivant en France, les binationaux et les citoyens français d'origine algérienne ainsi que les pieds-noirs, les harkis et les anciens combattants de la guerre d'Algérie. Les drapeaux algériens qui saluent l'élection de Hollande ou qui flottent sur les matchs de foot, le président algérien qui se fait soigner en France, le statut si particulier des immigrés algériens, les embarras de la classe politique française avec le « système Boutef » sont les conséquences d'un divorce non. consommé.
    Aujourd'hui, cette relation est à un tournant : le régime algérien est à bout de souffle. Le président Bouteflika, de plus en plus malade, n'ira pas au terme de son mandat. Son départ probable pourrait rebattre les cartes d'un système avec lequel la France a appris à composer depuis plusieurs décennies.
    Sur le plan sécuritaire, la France a plus que jamais besoin de l'Algérie pour gagner la guerre contre les djihadistes qui sévissent au Sahel. Sur le plan économique, la France tente de reprendre la place de premier partenaire qu'elle a perdu l'année dernière (au profit de la Chine).
    Sur le plan politique, François Hollande soigne son image auprès de l'électorat issu de l'immigration, très sensible à la politique menée des deux côtés de la Méditerranée.
    Mais ces (bonnes) relations coûtent cher et amènent des compromis, voire des compromissions. Si la justice est prompte à traquer les biens mal acquis des dirigeants d'Afrique noire, elle est beaucoup plus timide pour les responsables algériens.
    Cette enquête journalistique fourmille de révélations : grâce à des notes secrètes, elle révèle le « coût » en France de la guerre d'Algérie et dévoile le patrimoine caché des hommes du pouvoir algérien en France.

  • Sarko m'a tuer

    ,

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    • 31 Août 2011

    David Sénat, Aurélie Filippetti, Jean-Hugues Matelly, Jean Charbonniaud, Christine Boutin, Pierre de Bousquet de Florian, Alain Genestar, Jacques Espérandieu, Marc Robert, Yannick Blanc, Isabelle Prévost-Desprez, Yves Bertrand, Claire Thibout, Éric Delzant, Julien Dray, Jean-Pierre Havrin, Gérard Dubois, Valérie Domain, Daniel Bouton, Abderrahmane Dahmane, Didier Porte, Dominique Rossi, Jacques Dupuydauby, Renaud Van Ruymbeke, Patrick Poivre d'Arvor, Patrick Devedjian, Dominique de Villepin. Pour la première fois, des victimes du sarkozysme parlent. Révélations sur la face cachée du pouvoir en place.

  • Quel est le dernier secret du règne de François Mitterrand ? L'ultime gardienne du Sphinx ? Quand tant d'autres ont parlé, quand tant d'archives ont été ouvertes, tant de commémorations prononcées, il y a une femme, effacée, volontaire, fidèle, dont la vie reste étrangement ignorée de tous, qui connaît François Mitterrand mieux que quiconque. Cette femme qui se déplace à vélo et n'a jamais voulu se dévoiler, c'est Anne Pingeot, mère de Mazarine.
    Ce livre raconte l'histoire d'une rencontre improbable entre un homme mûr, voluptueux, d'une intelligence rouée, et une jeune femme de 18 ans qui n'a presque rien connu de la vie. Il incarne la politique à l'ancienne, habillée en socialisme novateur. Elle est la descendante d'une famille de notables, bourgeoisie feutrée de Clermont-Ferrand, aisance et discrétion. Elle deviendra une érudite conservatrice en chef du Musée d'Orsay et la maîtresse d'un homme politique, puis, secret absolu, la mère de la fille du président de la République.
    Un secret d'État ou un secret d'alcôve ? Une affaire privée ou une influence publique ? L'amour ou la captivité ? Que lui doit-on ? Pourquoi ces silences ? Que veut-elle dissimuler ? Sa force de caractère, seule femme qui tenait tête à François Mitterrand ? Ou son ambition, elle qui, comme les reines de France, a laissé sa marque sur le patrimoine national, veillant sur la réalisation du Grand Louvre et le réaménagement des Tuileries ?
    Enquêteur tenace, de filature parisienne en plongée dans la province française, machine à remonter le temps dont l'horloge s'arrête à Vichy, David Le Bailly éclaire d'un jour nouveau le visage de la trop discrète Anne Pingeot.

  • « Conflit d'intérêts ». Depuis qu'il a été révélé que la première fortune de France détenait des comptes en Suisse et quelques autres avoirs exotiques, tout en salariant la femme de l'ex-ministre du Budget, lui-même pourfendeur revendiqué de la fraude fiscale, la notion de « conflit d'intérêts » est entrée au coeur du débat politique. Comme si on faisait mine de redécouvrir le concept.
    Or, a-t-on oublié que les conflits d'intérêts peuvent être mortels ? Ce sont des conflits d'intérêts qui ont été au centre du drame du sang contaminé il y a vingt ans. Très récemment, ce sont peut-être des conflits d'intérêts qui expliquent que l'on a construit dans les zones où la tempête Xynthia a fait une cinquantaine de morts. Ce sont les drames de la sécurité sanitaire qui ont imposé des règles déontologiques strictes pour les experts, médecins et scientifiques, qui se prononcent sur la mise sur le marché des médicaments ou les risques des aliments. Et quand ces règles sont omises, comme pour la grippe A, tous les débordements sont possibles.
    Si les journaux ont consacré des centaines de pages aux scandales des conflits d'intérêts, rien ou presque n'a été écrit sur les seules questions qui vaillent : peut-on prévenir les conflits d'intérêts ? Peut-on en finir avec l'ère du soupçon ? Existe-t-il des conflits d'intérêts patents au coeur de notre démocratie qui pourraient éclater au grand jour et provoquer une déflagration politique et qu'il serait bon de déminer en urgence ?
    En une centaine de pages, Martin Hirsch revient sur l'histoire récente des conflits d'intérêts, sur la zone grise du conflit d'intérêts, de la prise illégale d'intérêt et du trafic d'influence. Il plaide pour des règles nouvelles et complètes de prévention des conflits d'intérêts. Sans loi, point de salut. Il expose quelques principes simples qui permettraient d'assainir les rapports entre le pouvoir et l'argent.

  • Ce furent de folles années, au parfum de sexe, de sang et d'argent. De 1991 à 2004, le sénateur Gaston Flosse s'est comporté tel un monarque absolu, régnant sans partage sur un immense territoire, la Polynésie française, protégé par son ami, son frère, Jacques Chirac. Il a été entretenu, gavé même, jusqu'à l'excès par l'argent du contribuable français. À 18 000 kilomètres de Paris, il a instauré un pouvoir total, corrompant les moeurs comme les esprits. Flosse a piégé, acheté, racketté. En toute impunité. Journalistes bâillonnés, rivaux surveillés, opposants et témoins gênants réduits au silence...
    Une RDA sous les tropiques, à des années-lumière de l'image idyllique que renvoie habituellement Tahiti. Une histoire incroyable qui n'est peut-être pas terminée car, à quatre-vingt-un ans, l'indéboulonnable parlementaire rêve encore de récupérer son trône.
    Ce livre, fruit d'une enquête serrée, est le noir récit d'une épopée, la face obscure d'un paradis. Un thriller politique glaçant...

  • L'ont-ils aimé, défié, chéri, renié, celui auprès duquel ils ont fourbi leur exceptionnelle ambition ? Et ces pères, qu'ont-ils transmis à leur enfant pour que celui-ci fasse montre d'une telle voracité ? De quel père Manuel Valls, François Hollande, Marine Le Pen, Jean-François Copé, François Bayrou, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Nicolas Sarkozy, Pierre Moscovici, François Baroin ou Marisol Touraine sont-ils les enfants ?
    En découvrant leurs souvenirs, tendres, tristes, sincères, on apprend que le père de Nicolas Sarkozy méprise la petite taille de son deuxième fils et moque ses évanouissements. Que le père et le fils recourent à des tiers pour s'écrire ou échanger des nouvelles. Ou que Georges Hollande est un homme chagrin, convaincu que le pire adviendra : tout jeune, son fils François se donne pour devoir de parvenir à faire rire cet homme aimé, que seuls les premiers sketchs de Louis de Funès dérident. Ou encore que Jean-François Copé est le fils aîné d'un père éperdu d'admiration qui lui enseigna le tango et la comédie. Que le père de Marisol Touraine achète toujours les vêtements de sa fille ministre. Que celui de Ségolène Royal emporta à la clinique ses fusils de chasse qu'il réarmait, tout en écrivant à sa fille rebelle une lettre d'adieu. Ou bien encore que Marine Le Pen grandit très seule dans le manoir de Montretout, dont son père est perpétuellement absent. Qu'Arnaud Montebourg est l'enfant de parents contraires, le fils adoré d'une mère fougueuse avec laquelle il colorie des nez rouges sur les affiches appelant à soutenir les grévistes de Lip et celui d'un père doux, épris de concorde...
    Émilie Lanez a reçu, au cours de son enquête, beaucoup de confidences, parfois très inattendues, de personnalités politiques pourtant habituellement secrètes. Ces récits, croisés à ceux de leurs parents, de leur fratrie et de leurs proches, sont inédits. On y comprend combien tous, sans exception, demeurent les prisonniers de leur histoire familiale.

  • La France Fillon, gavée au zemmourisme médiatique depuis une décennie, rêve de revanche. Et même de vengeance. Effacer les conquêtes d'un siècle de République. Se relever, enfin, après tant de défaites subies. Les électeurs de la primaire LR ont choisi d'éliminer le meilleur d'entre nous au profit du pire d'entre eux. Le pire, ce n'est pas seulement François Fillon, la personne, au sujet duquel, comme nous allons le voir, il y a tant à dire et redire, mais c'est aussi un imaginaire politique qui s'inscrit à rebours de l'histoire de ce pays telle qu'elle s'écrit depuis 1789.
    La France Fillon a peur, et c'est pour cela qu'elle fait peur.

  • La France est en pleine affaire Dreyfus. Émile Zola, convaincu de l'innocence de l'accusé - condamné en décembre 1894 à la dégradation militaire et à la déportation sur l'Île du Diable fait paraître cette Lettre à la jeunesse sous forme de brochure le 14 décembre 1897, juste avant le fameux J'accuse, la célèbre lettre ouverte adressée au Président Félix Faure parue dans L'Aurore le 13 janvier 1898. Il s'agit là d'un court et magnifique texte qui ouvre le combat pour la réhabilitation de Dreyfus, mais qui est également une invitation à l'engagement et à la révolte pour que partout triomphe la Vérité, la Paix et la Justice.
    La Lettre à la France, envoyée par Zola à tous les maires (!) le 6 janvier 1898 est sans doute l'un des textes les forts jamais écrits pour dénoncer l'antisémitisme de l'époque. Là aussi, il s'agit de tout faire pour que la Vérité éclate et que l'« affaire » sorte du huis-clos dans lequel l'institution militaire souhaite l'enfermer. La Lettre à la jeunesse est un texte essentiel pour l'Histoire mais également un texte intemporel qui, à la lumière des récentes émeutes en France, trouve une nouvelle signification. La Lettre à la France esr l'illustration que le devoir premier des intellectuels est de se battre et d'éveiller les consciences. Ce que Zola avait mis au coeur de son action. Ce que beaucoup ont oublié aujourd'hui.

  • L'élection présidentielle française peut être l'occasion de s'arrêter un instant et de réfléchir à ses enjeux, dans un contexte particulièrement tendu. Dans cette perspective, Gilles Bernheim a choisi de répondre aux questions variées que lui posent des intellectuels venus de bords très différents :
    Alexandre Adler.
    Monique Atlan.
    Pierre Bouretz.
    Éric Conan.
    Roger-Pol Droit.
    Julia Kristeva.
    Pierre Manent.
    Étienne de Montéty.
    Pierre Nora.
    Paul Thibaud.
    Nicolas Weill.
    Naissance d'une Europe politique, montée des extrémismes, place de la religion dans un État laïc, rôle des communautarismes, engagement du citoyen et limites de la démocratie, montée de la précarité, évolution des moeurs. de nombreux sujets, sociaux, politiques, éthiques, sont ainsi analysés, dans une langue claire. C'est autant le philosophe, le citoyen que le grand rabbin qui nous éclaire sur ces questions de société à un moment où il est crucial de faire un pas de côté.

  • Vu par nous, et parfois par les étrangers, il existe une certaine forme de malheur politique français. La France serait entrée dans un cercle de déclin économique : ayant perdu son statut de grande puissance, elle serait condamnée à la stagnation, mais aussi à la faillite sociale, éducative et culturelle. Au-delà du cliché du « village gaulois », elle connaîtrait une classe politique paralysée et incapable de conduire une action de redressement. Les thèses plus rassurantes peinent à convaincre.
    Cette thèse typiquement française a de fait une origine politique et intellectuelle. La France est prompte à embrasser des débats binaires dont la correspondance avec la réalité paraît ténue : exceptionnalisme contre perte de singularité dans le monde, libéralisme contre étatisme, laïcité contre multiculturalisme, diminution des inégalités contre dynamisme économique, individualisme contre sens de la communauté, pression fiscale contre augmentation de la part de gâteau, service public contre entreprise privée, ouverture à l'Europe et au monde contre protection et identité nationale, etc. Certaines de ces oppositions vont d'ailleurs bien au-delà du débat gauche-droite. Elles alimentent aussi dangereusement un radicalisme politique sans avenir. Cet essai, qui devrait inspirer les confrontations politiques de demain, montre qu'un autre point de vue, brisant avec ces oppositions révolues, est nécessaire pour retrouver le sens de l'action et sortir de la crise. Nous en avons les moyens : demain, la fin du malheur français ?

  • Un retraité

    Véronique de Bure

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    • 9 Mars 2011

    « La politique est un milieu à part. On n'y vieillit pas. Jusqu'au bout, même diminué, même après un accident vasculaire, on reste droit dans ses bottes, le regard vaillant, le pas alerte, la mémoire intacte, l'ouïe fine et le parler sûr. L'entourage forme une chape de verre qui ne laisse passer la lumière que si la scène est jolie. Seules les images flatteuses peuvent sortir. Le reste, la vérité d'un homme dont les faiblesses dues à l'âge ne diminuent pourtant pas la grandeur, doit demeurer caché. Je n'avais pas compris que les paroles de mon messager devaient rester sous scellés. Ni que, pour les voir acceptées du sérail, j'aurais dû les maquiller, les raboter, ne garder que des moignons de phrases. Je n'avais pas compris que les mots «usé», «vieillard», «fatigué» étaient des gros mots qui me vaudraient les foudres de mon messager, lequel se dit aujourd'hui trahi ».Alors que l'on s'interroge sur la présence ou non de l'ancien Président à son procès qui doit s'ouvrir le 7 mars 2011, Un retraité le met en scène, de juillet 2009 à juin 2010, au travers des confidences que livre « le messager » à l'auteur. Des confidences qui n'auraient jamais dû franchir les murs de la rue de Lille où Jacques Chirac a son bureau. Qui n'auraient pas dû être publiées. Peu de chose pourtant, nul secret d'État, juste quelques bribes de vérité. Mais la vérité, en politique, ça n'existe pas. Ou plutôt, ça ne s'ébruite pas.

  • Au cours des débats récents, l'identité nationale a été souvent associée à une vision passéiste et xénophobe de la France : nation assiégée qui serait doublement menacée par la globalisation et l'immigration. Ce livre renverse la perspective. L'identité nationale mérite qu'on s'y intéresse parce qu'elle nous parle de la modernisation qui a transformé nos sociétés depuis deux siècles, sur le plan politique et culturel.
    Parler d'identité nationale, c'est comprendre pourquoi une société tournée vers le progrès, traversée par des revendications de liberté, d'égalité et de sécularisation, devant intégrer une population disparate, s'est prise de passion pour le passé. C'est découvrir comment le principe de la représentation politique a nécessité une représentation culturelle de la nation, comment il a suscité une perception esthétique et émotionnelle de son territoire. L'ère des nations, c'est le moment où naissent les usines et les monuments historiques, le corps enseignant et le tourisme, les partis politiques et les sports, la presse et le folklore. Les institutions, les conceptions, les émotions caractéristiques de l'ère nationale imprègnent encore largement notre éducation et notre mode de vie.
    Partant d'événements ou de débats récents, on les examine ici en leur restituant leur profondeur historique. Certes, le bilan de l'âge national n'est pas seulement positif : guerres, colonialisme, dégradation de l'environnement. Et en ce début de xxie siècle, le progrès a cessé d'être un idéal collectif. D'ailleurs, la crise d'identité actuelle est sans doute une crise de la modernité. C'est que nation et identité nationale ne sont pas des sujets simples, réductibles à des polémiques circonstancielles. Ils invitent bien plutôt à réfléchir sur la nécessité, pour une société, d'imaginer son destin afin de le construire.

  • Certains se croient prédestinés. Ces éternels premiers de la classe ne connaissent pas le doute, ils ont été élevés pour croire en eux-mêmes. D'autres veulent une revanche sociale. Rien de tout cela dans la conquête et l'exercice sarkozyste du pouvoir. L'énergie obstinée, l'incapacité à déléguer de celui qui a conquis la fonction suprême sont le fruit d'une fuite. Si Nicolas Sarkozy veut aller toujours plus haut, c'est parce qu'il a peur. Peur de ne plus être aimé. Peur d'être abandonné. Peur de ne pas être respecté. Nicolas Sarkozy veut le pouvoir pour se rassurer. S'il est incapable de partager sa puissance, ce n'est pas par autoritarisme, mais par crainte d'être trahi.
    Cette quête relève d'un Graal d'enfant, l'incompréhension face à l'abandon du père, la peur de ne pas être le préféré de la mère. Pour capter et conserver cette attention maternelle, il imagine pouvoir, par sa fonction, reconquérir l'honneur de sa mère, divorcée et méprisée. Être président de la République, c'est être le plus fort. C'est ne plus être moqué. Aux regards condescendants de l'enfance doivent se substituer des regards de crainte. Cette quête ne connaît pas d'idéologie, elle n'a qu'un but : gagner. Le reste n'est qu'affaire de séduction. Séduire pour conquérir. Séduire pour durer. Quitte à cacher sa vraie nature. On le croit sûr de lui, c'est un inquiet. Il paraît improviser, en fait cet hypermnésique a travaillé toutes les hypothèses. Il prône la rupture, mais en réalité, il déteste le changement. Il multiplie les réformes, pour n'offrir que des cibles mouvantes à ses adversaires. On le croit moderne, il est nostalgique. On le croit modeste, c'est un caméléon. Familier avec l'ouvrier, bling bling avec les riches, autoritaire avec les patrons.
    Pour lui, le pouvoir est l'aboutissement d'un combat, pas une plénitude. Surtout quand il se révèle moins apaisant qu'il l'imaginait. La peur de décevoir un pays sera-t-elle plus forte que celle qui le fait courir depuis toujours ?

  • New York. Mardi 11 septembre 2001, 8h46. Un Boeing d'American Airlines s'encastre dans la tour Nord du World Trade Center. À Rennes, il est 14h46. Le président Chirac sort de son déjeuner avec des agriculteurs. Son aide de camp l'informe : il se passe quelque chose d'inhabituel aux États-Unis. À Paris, la secrétaire particulière de Lionel Jospin surgit au beau milieu d'un rendez-vous et allume la télé : le Premier ministre voit, en direct, un second avion percuter la tour Sud. Le Pentagone est également attaqué. Qui a fait le coup ? Comment l'Amérique va-t-elle réagir ? Surtout, la France va-t-elle être frappée à son tour ? À l'heure de la cohabitation et à sept mois d'une présidentielle qui les mettra face-à-face, Chirac et Jospin vont devoir gérer une crise historique.
    Sans attendre le retour du président, Matignon renforce le plan Vigipirate. À 18h30, les deux hommes se retrouvent à l'Élysée. La passe d'armes s'engage. Le président est chef des armées, le gouvernement, lui, est responsable de la défense aérienne. Lequel des deux prendrait la décision d'abattre un avion suspect plongeant vers Paris ? Qui se doit d'annoncer aux Français les mesures de sécurité ? Des questions qui cristallisent une cohabitation déjà longue et tendue.
    Une semaine après les attentats, Chirac survole Ground Zero. Il est le premier chef d'État étranger à se rendre aux États-Unis, l'occasion pour lui de redorer sa stature internationale et de donner du souffle à une fin de mandat salie par les « affaires ». À Matignon, on comprend vite que l'élection d'avril ne se jouera plus seulement sur le bilan économique du gouvernement. Dans cette crise, il va falloir exister. Réécrire les plans de défense du territoire, préparer l'engagement en Afghanistan et gérer, politiquement, un thème qui monte : la sécurité. Et si cet événement avait pesé dans l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle ? Si l'insécurité mondiale avait créé un climat propice à la montée des extrêmes ? Du 11 septembre 2001 au 21 avril 2002, ce livre revit heure par heure les dessous de cette crise, avec les acteurs politiques, diplomatiques et militaires de l'époque. Côté français.

  • 11 septembre mon amour

    Luc Lang

    11 septembre 2001, Luc Lang est aux États-Unis, dans le fin fond du Montana, à la recherche des Indiens Blackfeet. Hébergé dans la réserve de Browning, il découvre à la télévision les images des Twin towers percutées par les avions. Parti sur les traces des Indiens, c'est finalement une Amérique en état de choc qu'il trouve au rendez-vous. Une Amérique blessée, meurtrie, mais aussi une Amérique fourbissant ses armes et construisant sa vengeance.
    11 septembre mon amour est le récit de cette semaine vécue au coeur de l'Histoire. Un road movie dans un pick up, au milieu de paysages d'une beauté stupéfiante, qui nous entraîne à travers les Etats-Unis d'hier et d'aujourd'hui. Cinq parties composent ce livre : « Les voix », « Les noms », « Rendez-vous », « Aux armes », « Épilogue amoureux » : , cinq textes hallucinés, qui forment un périple où l'on retrouve l'Amérique armée de Michael Moore ou celle, schizophrène, de Philip Roth.
    11 septembre mon amour est un livre de combat.

  • Voici une expérience singulière : à quatorze ans, vouloir changer le monde. À quatorze ans, se mouiller pour ses idées, monter à l'assaut du ciel, endurer l'angoisse du militant. À entendre certains « soixante-huitards » revenus de tout, et qui prétendent avoir été les ultimes représentants de la jeunesse révolutionnaire, cette expérience serait désormais impensable : « Après nous, le désert politique », affirment-ils.
    À mille lieux de cette nostalgie stérile, Jean Birnbaum a voulu savoir comment l'espérance révolutionnaire se transmet entre les générations. Et si cette « enquête en filiation » est menée au miroir du mouvement trotskiste, c'est que ce courant singulier a maintenu vivante, tout au long du XXe siècle, une tradition minoritaire mais opiniâtre d'émancipation. En France plus qu'ailleurs, les traits spécifiques de cette tradition (l'écoute des aînés, la passion des textes.) en ont fait l'une des plus grandes écoles politiques et intellectuelles.
    Entre la génération des années 1930, isolée, pourchassée, affrontant à la fois le stalinisme et le fascisme, et celle des années 1960, solidaire des peuples colonisés, la continuité fut tant bien que mal assurée. De cette mémoire fraternelle, entre révolte et mélancolie, que reste-t-il maintenant ? Des jeunesses de jadis et d'hier à celles d'aujourd'hui, inventant, avec l'« altermondialisme », de nouvelles radicalités sans frontières, quelles sont les filiations oe
    À partir d'entretiens approfondis avec des militants, actuels ou anciens, célèbres ou inconnus, Jean Birnbaum restitue avec force des figures et des destins hors du commun, mais repère aussi la trace des déceptions et des déchirures intimes : sur la question juive, par exemple, ou encore sur les dérives sectaires. Au fil de ce parcours critique et au coeur de ces propos, n'en vibre pas moins l'exigence qui anime toute « génération » digne de ce nom : celle d'une justice à venir, par-delà le monde présent.

  • Le journaliste et président réunit trois ouvrages - La part d'ombre (1992), Un temps de chien (1994), Les mots volés (1997) dans lesquels Edwy Plenel, journaliste au Monde, explorait les coulisses du mitterrandisme, ses secrets et ses mensonges : l'affaire des Irlandais de Vincennes, la relation complexe de François Mitterrand au régime de Vichy, les suicides de Pierre Bérégovoy et de François de Grossouvre et, enfin, les écoutes téléphoniques clandestines organisées pour protéger la vie intime d'un président qui confondait secrets de famille et secrets d'État. Placé sur écoute d'avril 1985 à mars 1986 parce que ses articles dérangeaient, Edwy Plenel engage une réflexion sur le pouvoir et la démocratie. Il s'interroge aussi sur les pièges et les contradictions de son métier. Journaliste exigeant, il répond à ses détracteurs et revendique la « liberté indocile de l'information dissidente ». Citoyen en colère, il dénonce les trahisons d'une gauche dont l'identification au mitterrandisme a assuré le déclin. Depuis la parution chez Stock de ces trois ouvrages, le procès des écoutes de l'Élysée s'est finalement ouvert en novembre 2004, et cette nouvelle édition est augmentée d'une préface inédite, Grand Deuil.

  • Romancière et essayiste, Claire Gallois publie depuis quelques mois, sur le site du Point, des chroniques impertinentes et éclairantes sur l'actualité.
    " Jeux vidéo : permis de tuer " a déclenché un déferlement de violence et d'indignation, et provoqué un raz-de-marée de 150 000 visiteurs.
    Telles sont les règles du jeu d'Internet, ce nouveau roi du Monde, où l'on sent la société entière palpiter : chaque mot reçoit une sanction immédiate, les réactions sont crues, vraies, et engagent un dialogue passionné, presque un combat.
    Commencées fin 2012, ces chroniques sont placées sous une nouvelle ère politique, celle du " Moi Président ", selon la fameuse anaphore de François Hollande prononcée lors du débat présidentiel. Celle-ci a pu laisser croire que changer de chef d'État ferait changer de destin, malheureusement l'espoir a vite été déçu. Il a suffi de découvrir le portrait officiel du Président de la République, Play-Mobil oublié sur la pelouse du Palais, pour mesurer le début d'une ère " moyenne ".
    Au fil de ses chroniques où projets, idées, émotions scandent le tempo de l'actualité, Claire Gallois évoque des gens qui ne sont preneurs ni de la droite ni de la gauche. Ils se lèvent, ils se battent, que ce soit pour l'incroyable avancée du mariage pour tous, la tragédie de Florange, les mensonges courageux de Cahuzac à seule fin d'épargner d'autres menteurs, le surprenant retournement de l'Église catholique qui, avec son nouveau Pape, symbolise l'ouverture de cette religion à tous les pays...
    Le dialogue incessant se nourrit des nombreux commentaires. Il démontre la stupéfiante démocratie du web.

  • Qui a tué Pierre Marziali ?
    Le 11 mai 2011, Pierre Marziali est exécuté par un milicien anti-Kadhafi à Benghazi, en Libye. Pour les nouvelles autorités libyennes comme pour le ministère français des Affaires étrangères, ce patron d'une société militaire privée de Carcassonne, la SECOPEX, a été victime d'une bavure lors d'un contrôle d'identité. Robert Dulas, associé et meilleur ami de la victime, réfute cette version, et affirme que Pierre Marziali est tombé dans un véritable traquenard et qu'il a été froidement exécuté.
    Mais pourquoi et par qui ?
    Dans Mort pour la Françafrique, Robert Dulas multiplie les révélations sur cette entité politico-géographico-économique que l'on croyait pourtant disparue : la Françafrique. Non plus celle de De Gaulle, Mitterrand ou Chirac, quand des dictateurs-amis remplissaient les caisses noires des partis politiques français, mais celle de Sarkozy et Hollande, avec ses révolutions arabes qui dégénèrent, son islamisme radical en pleine expansion, et ses interventions militaires françaises dont le but est aussi (surtout ?) de garder le contrôle d'un sous-sol qui regorge de pétrole, de gaz et d'uranium.
    Personnage sulfureux, ancien conseiller de dirigeants ivoirien, nigérien ou centrafricain, « Bob » Dulas avoue pour la première fois que la SECOPEX servait de paravent à un vaste réseau d'espionnage des groupes islamistes radicaux au profit d'un pays étranger. Du Mali à la Libye en passant par le Niger, Pierre Marziali et Robert Dulas ont arpenté ce territoire au coeur désormais de tous les enjeux, escortés par les Touaregs au nord Mali, reçus en VIP à Tripoli ; ils suivaient les évolutions des trafiquants d'armes ou des preneurs d'otages. Snobés par les services spéciaux français, mais aussi par l'Élysée où ils se sont rendus moins d'un mois avant le drame, les deux Français rendaient compte à un service secret étranger qui leur confiait des missions de plus en plus risquées. Jusqu'à provoquer l'exécution de Marziali?

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