L'harmattan

  • Quel est le gouvernement le plus adapté à la nature humaine ? Posée au XVIIIe siècle par Montesquieu, cette question est profondément actuelle. Ce traité de théorie politique publié en 1748 expose les grands principes régissant l'histoire des sociétés politiques. Il examine les différents types de gouvernements, monarchie, aristocratie, république et despotisme. Et il pose la question de l'existence d'un régime politique universellement valable. Personnalité essentielle du Siècle des Lumières, Montesquieu a marqué le monde intellectuel en tant que philosophe de l'histoire et figure fondatrice de la science politique.

  • "Il y a plus de 350 ans, Spinoza stupéfiait l'Europe par sa philosophie de la Nature révolutionnaire. Aujourd'hui, sa conception de l'homme, et du corps en particulier, est encore d'une brûlante actualité. En effet, on assiste à une revalorisation du corps et à la nécessité d'une plus grande symbiose entre l'homme et la Nature. Pour Spinoza, l'âme s'étonne devant la complexité du corps. Qu'est-ce donc qu'un corps ? Qui sait ce que peut un corps, son corps ? Jusqu'à quel point suis-je mon corps ? Comment peut-on devenir libre et expérimenter le « salut » ? Comment faire corps-société, si chaque corps cherche à augmenter sa propre puissance ? L'auteur cherche ici à connaître les origines de l'anthropologie de Spinoza, ses originalités et ses limites."

  • De Blaise Pascal, on connait son génie précoce, ses fulgurances et son intransigeance. Pour les uns, c'est un grand savant ; pour les autres, un homme de foi et un polémiste. Or, c'est un autre homme qui apparaît dans sa correspondance. Au fil des lettres à sa famille et ses amis, aux scientifiques et penseurs de son temps, Pascal se montre passionné, attachant et engagé. S'il est bien un homme qui doute, il est aussi un hyperactif qui ne néglige pas ses intérêts. Pascal est un inventeur, un entrepreneur. On lui doit la première machine à calculer et le premier réseau de transports en commun à Paris. Au-delà, lire Pascal aujourd'hui, c'est aussi pouvoir nous interroger sur nous-mêmes. Comment nous connaître ? Comment maîtriser notre corps ? Comment vivre en société alors que notre raison est soumise aux passions et à l'imagination ? Qu'est-ce qui régit nos relations et nos choix ?

  • Dramaturge (« le seul avenir du théâtre »), journaliste (le Mercure), grammairien, conteur et philosophe, Marmontel, émule de Voltaire son ami, fut un apôtre de la tolérance et de la liberté. Son Bélissaire provoqua un scandale. La Sorbonne indignée que l'on pût croire à l'inutilité des bûchers condamna un ouvrage qui fut par ailleurs encensé par toute l'Europe éclairée. Ce sont ses Contes moraux qui lui valurent sa plus grande renommée. Adulé à l'égal de Voltaire, sa Neuvaine de Cythère, le plus joli poème érotique du siècle, ne put être édité de son vivant : la censure veillait.

  • "Versé autant dans les arts libéraux que dans les arts mécaniques, Spinoza fut aussi tailleur de verre à Amsterdam, sans doute acteur de théâtre, probablement dessinateur. Il fréquenta la boutique d'antiquaire de Franciscus Van den Enden et fut proche de la société des arts Nil volentibus arduum ; il habitait non loin de Rembrandt et Potter et appréciait la compagnie de peintres et de décorateurs. Élaborée au coeur du siècle d'or de la peinture hollandaise, cette philosophie a souvent inspiré les artistes. Comment expliquer un tel regard non philosophique sur une philosophie qui ne présente pas une pensée développée sur les arts ? Comment expliquer qu'on ait tenté d'emprunter les voies de l'esthétique pour pénétrer une philosophie qui ne constitue pas ce champ de réflexion en un domaine autonome ? A défaut d avoir une esthétique à proprement dit, le spinozisme n en contient pas moins une profonde réflexion sur les arts et leurs usages au sein d un projet d éthique conçue comme art de vivre."

  • "Pendant les deux siècles et demi embrassés par cette nouvelle étude de Jean-Pierre Tardieu, s'établit une dialectique entre nécessité économique et justification religieuse au sujet de la traite et de l'esclavage des Noirs, d'abord vers la péninsule Ibérique, puis vers les Amériques. - Elle évolua cependant afin de s'adapter aux circonstances comme le capitalisme sucrier qui surgit au XIXe siècle."

  • "Il est coutume de présenter le contrat social comme un mécanisme de création de la société reposant sur le dialogue, la négociation et la communication. De par sa structure même, il serait porté par la connaissance et la reconnaissance des interlocuteurs. En s'appuyant sur Hobbes et Rousseau, l'auteur montre que paradoxalement, il repose sur une méconnaissance première les tenant à distance les uns des autres. Ainsi, loin la transparence, le contrat nous révèle l'essence de la politique : elle ne se joue que dans l'ombre, la solitude et l'opacité."

  • "Le thème de la conjuration est central dans l'oeuvre de Machiavel. Il la conçoit comme un instrument de conquête du pouvoir et comme une technique de lutte politique. Cet ouvrage contredit une interprétation répandue selon laquelle Machiavel se serait limité à mettre en garde contre les conjurations. En réalité, il a élaboré une authentique phénoménologie ou anatomie de la conjuration. Ses réflexions représentent un manuel pratique pour le « coup d'Etat » et la conquête violente du pouvoir. Mais elles comprennent aussi des intuitions pertinentes en psychologie politique, sociologie du pouvoir et anthropologie sociale."

  • "Spinoza est-il un adversaire de la religion ? Rien n'est moins sûr. Dès la correspondance avec Guillaume de Blyenbergh, il admet l'existence de deux voies de salut hétérogènes : par la philosophie et par la religion, par l'intelligence et par la charité. Y a-t-il là quelque incohérence ? Rien n'est moins sûr. Il s'agit dans cet essai de montrer pourquoi et comment coexistent ces deux voies de salut hétérogènes. Par là même, Spinoza s'avérera unique, un hapax dans la constellation des grands philosophes du XVIIIe siècle, et s'éclairera l'accusation d'athéisme prononcée de manière récurrente à son encontre."

  • "C'est à une toute nouvelle lecture des ""Méditations métaphysiques"" de Descartes que ce livre nous convie. Sont mises en avant des erreurs de traduction du latin, sources d'incompréhensions et de contre-sens. L'auteur souligne le rôle central de l'évidence dans la pensée de Descartes. Plus qu'un commentaire, l'ouvrage se présente comme une expérience de pensée, un exercice spirituel, une méditation. Il est suivi d'un débat avec des commentateurs reconnus de la pensée cartésienne. Tout ceci pour se distancier d'un soi-disant « rationalisme cartésien »."

  • "« En écrivant son Traité de l'Interprétation, Aristote a trempé sa plume à l'encre de son esprit ! » L'antique remarque de Cassiodore vaut encore aujourd'hui. S'appuyant sur ses prédécesseurs, Thomas d'Aquin régie un commentaire hautement structuré, reconnu comme l'un des plus explicites. Demeure inachevé, il est complété par Thomas de Vio, dit Cajetan, un des premiers grands thomistes et maître logicien. C'est de l'ensemble de ces deux parties de commentaires que nous proposons la traduction, dont la seconde pour la première fois en français."

  • "Comment rapprocher Diderot et Watteau, dont les conceptions artistiques diffèrent ? C'est au croisement de la théorie de l'art, de la critique d'art et des études littéraires que ces essais proposent une réflexion peu conventionnelle sur les perceptions de l'image au XVIIIe siècle. Au fil de notions difficilement définissables, telles que la mélancolie, le rêve, la grâce ou la légèreté, aptes cependant à s'ériger en concepts esthétiques généraux, les études réunies visent à tracer les contours d'une poétique de l'image. À travers ces catégories, qui peuvent servir de lien entre Diderot et Watteau, l'ouvrage prétend porter un éclairage nouveau sur les questions artistiques et contribuer ainsi à la réinterprétation des notions propres à la théorie de l'art française de l'époque classique."

  • "Comment restaurer un ordre sociopolitique stable, prospère et harmonieux dans une société où les moeurs sont en dégénérescence et les institutions politiques en faillite ? Quelle forme de gouvernance peut incarner la réalisation d'une telle mission ? Quel type d'homme faut-il pour conduire une telle entreprise qui paraît utopique au commun des mortels ? De quelles ressources dispose-t-il pour éviter la déchéance morale ? Telles sont les préoccupations majeures de Confucius. Pour lui, l'homme est essentiellement responsable de la presque totalité des tragédies humaines et c'est par lui qu'il peut y avoir des solutions. Il propose un idéal d'homme à la fois ordinaire et moral, le junzi, comme remède à la mauvaise gouvernance qui produit crises et décadence."

  • "Dans la pensée de Rousseau, l'aliénation revêt plusieurs sens. Cette notion, qui avait principalement une origine théologique et fut par la suite associée aux théories du contractualisme, celle de Hobbes par exemple, ou à la théorie du droit de Grotius, subit alors une profonde transformation. En dépit de son rôle central dans la pensée politique de Rousseau, elle a été peu étudiée de façon systématique. Cet ouvrage propose une lecture méthodique de Rousseau, afin d'éclairer sa conception de l'aliénation et de comprendre sa dualité, fondement de l'auto-institution de la communauté politique."

  • Cet ouvrage étudie le concept de réification dans l'oeuvre de Georg Lukács, dans sa période dite pré-marxiste, et fait une analyse approfondie du premier chapitre de La réification et la conscience du prolétariat, essai central du livre Histoire et conscience de classe. En quoi consiste la réalité de la réification qui, selon Lukács, est ce qui caractérise la totalité sociale du capitalisme, en tant qu'ensemble de processus et de relations qui déterminent et imprègnent chaque aspect et manifestation de la vie des individus ? Comment, dans le règne de la structure marchande et de la calculabilité, les individus arrivent-ils au point où ils pensent que le réel n'est que le réifié et que le réifié est le réel ?

  • "Les grandes figures intellectuelles françaises des sixties ont-elles profondément renouvelé la philosophie européenne qui était en train de sombrer dans les impasses du rationalisme ou, au contraire, ont-elles précipité les sociétés modernes dans un impossible choix entre l'ultra-conservatisme des droites extrêmes et l'ultra-progressisme hérité de la gauche révolutionnaire ? C'est la question à laquelle tente de répondre cet essai en montrant notamment que ces deux logiques, qui se sont affrontées en Occident depuis le milieu du XIXe siècle, procèdent en réalité d'une seule et même idéologie, celle de la séparation originelle entre les hommes, celle de leur nécessaire confrontation historique, celle aussi d'une humanité fracturée qui refuse, à travers son rejet de l universalisme, l idée même d'une nature humaine et d'une communauté des hommes."

  • "« Que l'institution de la parole ne vient pas des besoins, mais des passions. » C'est sur cette thèse que repose la structure de l'Essai sur l'origine des langues. Située à la jonction des pensées politique et musicale de Rousseau, elle renvoie à deux conceptions différentes de l'homme et du langage. D'une part, nier que l'origine des langues soit due aux besoins, c'est pour Rousseau exclure que la parole se réduise à la représentation instrumentale de la réalité ou de la pensée. D'autre part, ses arguments en faveur de l'origine affective des langues témoignent de la reconnaissance d'une dimension plus fondamentale du langage, qui se définit par son pouvoir de constituer des réalités sociales inédites. Plus précisément, cette dimension fondamentale du langage se définit, chez Rousseau, par le pouvoir qu'a la voix passionnée de réaliser des actes très spécifiques. Ce sont des actes qui nécessitent, pour s'accomplir, que la force qui les anime soit reconnue par celui ou celle à qui ils s'adressent, donc qu'elle soit exprimée."

  • "Ce travail propose l étude de la théorie de la puissance telle qu elle s est développée dans la philosophie de Hobbes. L idée directrice est que la puissance n est plus une donnée de la nature mais que c est à travers l agir humain qu elle s acquiert. Elle est une capacité d agir sur le monde par le biais de la science. Avec Hobbes, la science devient le moyen le plus spécifique de la puissance, et celle-ci, par le biais de la science, la capacité d agir sur le monde, tant naturel qu humain."

  • "Penser l'humanisme comme fondement philosophique du vivre ensemble constitue un choix engagé pour le devoir d'humanité. - Le respect de la vie et la dignité humaine sont des valeurs fondatrices de l'humanisme universel, dont la gouvernance politique est la démocratie. - C'est l'énoncé de ce principe qui constitue le fil conducteur de cet ouvrage. Préserver le vivre ensemble démocratique est la seule forme de résistance contre les agitateurs de la négation de la dignité humaine et de la liberté."

  • "Avec l'« esthétique de l'existence », il n'y a pas de coupure chez Foucault, ses oeuvres renvoyant à une « histoire du sujet ». Tous les registres du rapport à soi confirment le lien entre esthétique et éthique. L'« esthétique de l'existence » n'est pas la production d'une beauté artistique, mais une tekhné au sens artisanal. La déconstruction du sujet traditionnel mène à sa réinvention sur un plan pratique. Dès lors, la philosophie devient thérapeutique et vise une reconversion. Pour Foucault, l'oeuvre dont il faut se soucier, c'est soi-même. Par un travail critique sur soi, il s'agit de se construire, de forger une oeuvre. L'« esthétique de l'existence » est donc une éthique : celle du sujet contraint de se définir lui-même. Ce que Foucault retient des Grecs, c'est qu'il s'agit de mieux se gouverner. « Être soi », c'est s'appartenir. La philosophie vise la belle vie. En cela, Foucault est philosophe."

  • Ce livre a été conçu en jumelage avec un second lui servant de commentaire et intitulé : La Doctrine de la science (1794) de Johann Gottlieb Fichte. Naissance et devenir de l'impérialisme allemand Tome 2. Le texte de Fichte présenté ici sur la Doctrine de la science passe pour l'un des plus difficiles de la littérature philosophique. Il se présente même comme une forme de rêve chiffré apte à exercer un effet de fascination tel que l'écriture de Rimbaud ou de Mallarmé. Le personnage faustéen de Fichte est un précurseur important d'idées modernes en psychologie comportementale et en psychanalyse (Freud, Wallon, Piaget, Gesell), et à l'origine aussi en partie de la phénoménologie et de l'existentialisme.

  • "Cet ouvrage peut se lire selon quatre ""preuves"" indépendantes bien que complémentaires : preuve cartésienne selon l ordre et la mesure (tome 1), preuve kantienne-hégélienne selon l histoire de la philosophie (tomes 2 et 3), preuve scientifique selon la psychologie de l enfance (tome 4) et preuve populaire prise dans l espace médiatique (tome 5). Ces cinq volumes peuvent se lire séparément."

  • « La phénoménologie de l'esprit » est le texte le plus traduit de Hegel depuis 75 ans, comme si cette oeuvre exerçait une fascination liée à la recherche d'un « secret ». La nouvelle traduction de Marc Géraud diffère des précédentes en ce qu'elle tente d'approcher le texte de la manière la plus littérale possible, ce qui semble le seul moyen d'en améliorer l'accès encore aujourd'hui discuté. Une postface d'Émile Jalley s'efforce de contribuer à une compréhension encore meilleure du texte.

  • La philosophie critique de Kant serait marquée, selon Michel Foucault, par son enfermement dans le transcendantal, pensé comme immuable. Il faudrait prendre conscience de l'historicité de l'esprit, pour tenter cette épreuve de liberté qu'est la création de soi. Cet ouvrage montre que c'est précisément dans la philosophie transcendantale, interprétée ici dans un tout autre sens que celui proposé par Michel Foucault, que se manifeste, chez Kant, le pouvoir d'une liberté proprement humaine.

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