Folio

  • " L'apparition des sciences et de l'esprit scientifique représente un bouleversement intellectuel et moral qui exige d'être pensé philosophiquement ; et l'intérêt majeur d'une lecture du Discours est de nous montrer que l'idée moderne de la science et l'esprit scientifique relèvent d'une philosophie. " Alain Chauve (conclusion du commentaire).

  • « En partant pour l'Angleterre, a-t-on écrit, Voltaire était un poète ; en revenant, c'était un sage. » Un sage et un philosophe et un historien et un grand journaliste doué du coup d'?_il qui lui permet d'aller aux traits essentiels d'une nation dont il oppose la tolérance et la vitalité au passéisme maussade de la monarchie française. Tout l'intéresse : la religion, la science, la médecine, l'inoculation de la petite vérole, le théâtre, les lettres, Newton et Locke autant que Swift et Shakespeare, le commerce et, bien sûr, le régime politique. La grandeur de l'Angleterre tient au fait que tout le monde y travaille, que rien n'est refusé au talent, que le système parlementaire rend l'arbitraire impossible en partageant le pouvoir entre le souverain et le peuple. Les Lettres philosophiques sont ainsi, en même temps que le plus plaisant des reportages, le bréviaire du libéralisme moderne.

  • «C'est un malheur qu'il y a trop peu d'intervalle entre le temps où l'on est trop jeune, et le temps où l'on est trop vieux».

    «Il n'est pas étonnant qu'on ait tant d'antipathie pour les gens qui s'estiment trop : c'est qu'il n'y a pas beaucoup de différence entre s'estimer beaucoup soi-même et mépriser beaucoup les autres».

    «Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie : il ne faut pas être au-dessus des hommes ; il faut être avec eux».

    Un florilège de piques alertes et de propos sagaces, une invitation à porter un regard tolérant et solidaire sur les autres, par l'auteur de l'Esprit des lois.

  • Kant, nous a-t-on appris, a signé la condamnation de la métaphysique. Désormais réduite à un corpus de textes à jamais clos, il nous reviendrait de l'analyser, voire de la déconstruire. Place, sur la scène philosophique actuelle, à l'herméneutique, à la phénoménologie, aux sciences cognitives, toutes choses qui ont rompu leurs amarres d'avec la métaphysique. Déclarée morte, de l'ancienne «Reine des Sciences» il ne reste que son anatomie spectrale - à savoir l'histoire de ses grands moments (Duns Scott et l'ontologie médiévale, Kant et l'ambiguïté de sa critique).
    Frédéric Nef, qui reformule la question posée par Heidegger en 1929, montre l'inverse : la métaphysique est parmi nous. Nombreux sont les philosophes modernes et contemporains qui s'en réclament ou la relancent - de Wittgenstein à McTaggart, de Whitehead à Armstrong, de Kripke à Lewis : ils prennent pour objet la structure ultime du monde grâce aux concepts fondamentaux d'essence, d'existence, de propriété, d'objet, de monde et de possibilité.
    Vivante, la métaphysique connaît à l'heure actuelle une mutation de son histoire et de son concept, qui éclaire rétrospectivement ses différents moments. Frédéric Nef, dans ce traité - genre abandonné depuis un demi-siècle -, permet au lecteur de découvrir des oeuvres trop souvent méconnues et d'ouvrir sa fenêtre sur un autre monde.

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