Allia

  • Un portrait en négatif du philosophe qui a le plus influencé les libertins français des 17 et 18e siècles, Giulio Cesare Vanini: cet «athéiste et blasphémateur» brûlé vif à Toulouse en 1619 a suggéré, après Giordano Bruno, que l'univers est infini, que Dieu se confond avec la nature, que l'âme meurt avec le corps, que les religions sont des impostures... Il a frappé les esprits en mourant «en philosophe», plaisantant et blasphémant jusqu'au bûcher - on a dû lui arracher la langue. Vanini, portrait au noir donne à lire les récits de son exécution, qui ont fait de lui un martyr, et les attaques haineuses des dévots, qui ont paradoxalement diffusé sa pensée. Avant cette anthologie de documents, une longue présentation donne une vue plus objective du personnage, de ses idées et de son influence.

  • Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.

  • Des liens

    Giordano Bruno

    Des liens possède une valeur quasi testamentaire : avant d'être entièrement accaparé par sa défense devant l'Inquisition, Bruno présente ici sa dernière pensée libre. Chaînon essentiel de la philosophie brunienne, cet ouvrage fait le lien entre sa pensée abstraite et une réflexion de nature politique ou civile. Constitué de paragraphes brefs, ce court traité préfigure les ouvrages des moralistes du XVIIe siècle en mettant au jour les secrets ressorts qui règlent les rapports humains.

  • Dans cet ouvrage rédigé en 1661 et autrefois connu sous le titre de Traité de la réforme de l'entendement, Spinoza part du constat que notre expérience du quotidien nous procure de grandes joies mais aussi des frustrations et déceptions. Chaque moment d'euphorie est phases descendantes.
    Poursuivant inlassablement le bonheur, nous n'atteignons jamais la sérénité ni une véritable satisfaction pérenne. Asservis par ce désir de bonheur via des joies fragiles ; les honneurs, la richesse, les loisirs, etc, les hommes ont perdu le sens même de la véritable félicité. Le penseur invite ici à envisager une "nouvelle manière d'être", encourage à voir et à percevoir par le biais de l'intelligence afin d'approcher la vérité et le savoir, car seules elles peuvent conduire au bonheur et à la joie.

  • Cette préface aux oeuvres principales de Spinoza bouleverse l'idée largement répandue dans la tradition française selon laquelle Spinoza fut athée. Jarig Jelles, ami intime de l'auteur, qualifie au contraire sa doctrine morale, et plus particulièrement son Éthique, de «chrétienne», mais seulement dans la mesure où c'est la Raison qui irrigue la religion. Cette préface méconnue révèle la profonde méprise dans laquelle nous plonge l'interprétation des Écritures en raison des défauts de leurs traductions successives. Aussi restitue-t-elle non seulement l'un des ressorts fondamentaux de la pensée de Spinoza mais aussi, à l'esprit des lecteurs francophones, la part oubliée du logos dans la religion.

  • Le présent volume développe une leçon, tenue en 1986 dans le grand amphithéâtre de l'université de Ferrare. Eugenio Garin s'y penche sur la circulation exceptionnelle, aux XVe et XVIe siècles, des écrits hermétiques. En peu de pages, il fait apparaître comment théologie et magie hermétique tressent ensemble un nouveau mode de pensée qui sera au fondement de la Renaissance.

  • Spinoza

    Giuseppe Rensi

    Baruch Spinoza, tout le monde le connaît, mais qui oserait se lancer dans une explication de sa pensée ? Giuseppe Rensi l'a fait ! Avec une grande clarté, il expose les concepts et théories spinozistes.
    Pour ce faire, il se glisse dans la peau du penseur pour en communiquer le point de vue essentiel. Il pose après lui les grandes questions métaphysiques, toujours d'actualité : Qu'est-ce que l'être ? ; Quelle perception avons-nous de la réalité ? ; La nouveauté existe-t-elle ?
    Rensi nous propose une réflexion philosophique à part entière en livrant son interprétation personnelle des apports du penseur hollandais. Le souci pédagogique de l'auteur, son recours à des images et des analogies, son enthousiasme même, dynamisent et rendent actuelle la pensée de Spinoza.

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