Langue française

  • Dans ce livre publié pour la première fois en 1964, Eugenio Garin réussit un tour de force jusque-là sans égal : présenter de façon concise et toujours claire l'essentiel de l'humanisme italien, des origines jusqu'à l'oeuvre de Giordano Bruno. Ce grand classique de l'histoire de la pensée retrace le passage du Moyen Âge à ce mouvement appelé « Renaissance », en souligne les innovations, tant sur le plan des institutions que sur celui des coutumes, et fait revivre les débats philosophiques qui, à cette époque, secouent les hommes de science, les artistes, les théologiens ou les hommes politiques.

  • Le « dualisme cartésien », aujourd'hui combattu par le matérialisme des sciences cognitives, est devenu un mythe de la pensée moderne. On ne saurait pourtant comprendre la distinction que Descartes établit entre l'âme et le corps sans avoir examiné l'état de sa pensée sur leur union, et en particulier sa dernière oeuvre, le Traité des passions de l'âme.
    L'analyse minutieuse de ce texte difficile que Denis Kambouchner, professeur de philosophie à l'université de Clermont-Ferrand, a menée ne comble pas seulement une lacune de la tradition critique. En faisant surgir du Traité des paysages thématiques ignorés, elle rend au dualisme cartésien toute sa subtilité. La distinction de l'âme et du corps n'est pas un acte de fermeture dogmatique : elle s'inscrit dans le projet d'une réforme de l'entendement à partir de laquelle peuvent se déployer toute une science de l'homme et toute une éthique, dont les passions fournissent l'ultime articulation.
    Inversant la perspective habituelle sur l'oeuvre de Descartes, l'ouvrage de Denis Kambouchner rend à la pensée du « cavalier français » sa complexité et sa force intactes. En même temps qu'il témoigne du dynamisme des études cartésiennes, il est exemplaire d'une manière nouvelle d'aborder les textes classiques.

  • Quoi de plus contraire, en apparence, que le catholicisme janséniste, hérité de saint Augustin et de Pascal, et la philosophie rationaliste et conquérante des Lumières ? Volontiers antichrétiennes, les Lumières rejettent le jansénisme ; les jansénistes dénoncent la confiance des philosophes en l'homme, héritée selon eux des jésuites. Pourtant Voltaire, Montesquieu, Diderot et Rousseau sont aussi les contemporains de Barral, Duguet, Legros, Lepaige et Maultrot. L'âge de l'Encyclopédie est également celui des Nouvelles Ecclésiastiques. En 1713, avec la bulle Unigenitus, le pape pense en terminer avec le jansénisme. Il ne réussira qu'à renforcer une culture d'opposition utilisée par les parlementaires contre Louis XV. Dans les années 1780, les jansénistes, évoquant Montesquieu et Rousseau, réclameront la tolérance civile pour les protestants. C'est une rencontre tumultueuse et conflictuelle, un autre visage du XVIIIe siècle, qu'évoque le livre de Monique Cottret, maître de conférences d'histoire moderne à l'Université de Paris X-Nanterre. Sans trouver trace d'un complot janséniste aux origines de la Révolution française, l'auteur éclaire d'un jour nouveau ces formes paradoxales de solidarité qui se sont nouées dans une société d'Ancien Régime en crise. Ainsi sont réévalués les liens entre politique, religion et philosophie à l'aube de la modernité.

  • Montaigne en quatre-vingts jours Nouv.

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