Sciences humaines & sociales

  • La commémoration du centenaire de la Grande Guerre a donné lieu à de nombreuses publications. L'économie n'a pas été oubliée. Mais la perspective est souvent restée très nationale. Cet ouvrage s'intéresse à l'économie du principal adversaire et perdant, l'Allemagne. Lui non plus n'était pas préparé à une guerre longue. Lui aussi s'est trouvé pris dans la contradiction entre mobiliser toutes ses forces sur le front et préserver la main-d'oeuvre pour assurer l'approvisionnent par l'arrière. L'État, avec un poids plus fort du pouvoir militaire en Allemagne, s'en est également mêlé de plus en plus, sans aller jusqu'à remettre en cause complètement l'initiative privée. La défaite finale était largement inscrite dans la disproportion initiale des ressources, aggravée par l'entrée en guerre des États-Unis. Les contributions des meilleurs spécialistes allemands, du charbon à l'agriculture, en passant par l'aéronautique ou la chimie, sont discutées ici par leurs homologues français.

  • Si les quartiers populaires ne sont pas des déserts politiques, l'action collective y demeure fragile et fragmentée et n'a pu se constituer en mouvement social d'ampleur. Pour comprendre ce phénomène, ce livre se concentre sur les pratiques des pouvoirs publics qui contribuent à entraver ces mobilisations : disqualification des militant.e.s, cooptation des leaders, divisions des associations, dispersion des habitants, répression des luttes. Ici, pas de grand plan pour démobiliser, mais une articulation de pratiques disparates, de stratégies individuelles et de routines organisationnelles qui rendent toujours plus coûteuse l'action collective.

    À partir d'enquêtes de terrains dans plusieurs quartiers populaires, ce livre donne à voir le sort réservé à ces territoires et le visage multiforme que prend la démobilisation. En miroir des ambitions affichées de donner du pouvoir d'agir aux habitant.e.s, cet ensemble de recherches témoigne des répressions qu'ils ont à affronter et du peu de place qui leur est laissée dans la maîtrise de leur destin.

  • Maître-mot du mouvement ouvrier, concept clé pour nombre de théoriciens socialistes, l'association cristallise dans l'Europe du XIXe siècle les aspirations à une réorganisation plus juste et égalitaire du travail. Permettant de penser la liberté contre le libéralisme, l'association des travailleurs peut être ainsi appréhendée comme l'expérience en actes d'un pouvoir d'agir collectif et autonome des ouvriers et des ouvrières. Mais c'est aussi un phénomène pluriel. Cet ouvrage vise donc à déconstruire l'objet «association ouvrière» pour rendre compte de la myriade d'expériences concrètes qui se trouvent regroupées sous ce terme. Les contributions rassemblées éclairent les prémisses en France de l'association de travailleurs et de travailleuses sous la monarchie de Juillet, son âge d'or lors de la révolution de 1848, et la multiplication des expérimentations associatives en Europe et au-delà jusqu'à la fin du siècle.

  • Un scandale de corruption, des élus accusés de clientélisme, de favoritisme, d'affairisme, de liens avec le crime organisé... La scène se passe-t-elle n'importe où? Pas forcément, car il y a des villes où ces dénonciations sont plus fréquentes qu'ailleurs, des villes maudites qui finissent par avoir une mauvaise réputation.Cet ouvrage analyse les mises en accusation des phénomènes d'improbité publique qui se prolongent dans une stigmatisation de certaines villes ainsi considérées comme corruptrices et corrompues. Il explore différentes époques (depuis la fin du XIXe siècle à nos jours) et plusieurs espaces européens et nord-américains: les villes étasuniennes des machines politiques (New York, Boston, Chicago), Glasgow au Royaume-Uni, Montréal au Canada, Naples en Italie, Marseille en France. Un traitement spécifique est réservé à cette dernière avec 4 chapitres qui saisissent l'invention et la consolidation de sa mauvaise réputation sur une très longue durée.

  • Dès le Haut Moyen Âge, la cour de France observe une pratique qui frappe par son ampleur et sa persistance à travers les siècles : elle se déplace régulièrement d'une résidence à l'autre et traverse parfois le pays entier dans le cadre de grands voyages. Ce mode de vie a laissé des témoignages émerveillés des contemporains qui assistaient au passage d'un cortège dont la taille pouvait atteindre 14 000 personnes.

    Peu étudiée, cette pratique du pouvoir est au coeur du présent ouvrage qui explore la mobilité royale sur le temps long et dans une perspective comparative. Il permet de mieux appréhender les effets de l'itinérance sur la vie politique et sociale ainsi que sur la cour royale qui en a été profondément marquée. L'histoire des déplacements est révisée grâce à une étude statistique inédite portant sur cinq siècles ; ses particularités émergent d'enquêtes dédiées à d'autres cours européennes et à la mobilité de grands courtisans.

    En s'inscrivant dans la recherche sur les pratiques du pouvoir, les dix-huit études réunies dans cet ouvrage proposent un regard neuf sur une tradition indissociable de l'histoire politique française et européenne.

    Contributeurs Alexandra Beauchamp ;
    Boris Bove ;
    Benoît Carré ;
    Sylvain Destephen ;
    Martin Gravel ;
    Éric Hassler ;
    Gergely Kiss ;
    Élisabeth Lalou ;
    Bénédicte Lecarpentier-Bertrand ;
    Christophe Levantal ;
    Xavier Mauduit ;
    Pierre Monnet ;
    Pascale Mormiche ;
    Ludovic Nys ;
    Stéphane Péquignot ;
    Alain Salamagne ;
    Jean-Baptiste Santamaria ;
    Jean Sénié ;
    Caroline zum Kolk ;

  • Enfance placée et service public Nouv.

    Où en sommes-nous aujourd'hui en matière de respect des droits de l'enfant placé ?

    La consécration des droits des mineurs délinquants faisant l'objet d'un placement ordonné par l'autorité judiciaire est un phénomène relativement récent. Elle est l'occasion d'une rencontre intéressante entre les droits de l'enfant et les droits de l'usager que les établissements de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) doivent respecter.

    Ce mouvement profond de reconnaissance et de valorisation des droits individuels de la personne prise en charge se développe ainsi dans un contexte particulier, qui mêle à la fois injonction pénale, accompagnement éducatif, hébergement contraint, vulnérabilité de la personne mineure et droits des représentants légaux.

    Inscrit dans le domaine de l'enfance délinquante et celui du droit du service public, cet ouvrage analyse l'évolution de la prise en charge des mineurs au sein des établissements d'hébergement de la PJJ en se penchant sur le sens et le contenu des droits de l'usager au sein de la réglementation de cette administration.

  • Pourquoi occulter les arbitrages sur lesquels sont fondées l'action - et l'inaction - publiques ? Qu'il s'agisse en effet des pandémies, du cancer du sein, des discriminations, de l'aide au développement, de l'intégration européenne, ou de la protection de l'environnement, de nombreux problèmes publics sont aujourd'hui dépolitisés. Ils ne sont pas discutés en tant que choix de société mais confinés du débat démocratique. Explorant des politiques très différentes, cet ouvrage enquête sur les modalités de cette dépolitisation, ses procédés rhétoriques et ses dispositifs (secret, confinement, délégation). Il s'attache à en comprendre le succès, en identifiant ses usages politiques et contextes privilégiés. Il en analyse enfin les conséquences, sur les politiques publiques qui en font l'objet, les acteurs et groupes sociaux qui y sont exposés, et les systèmes démocratiques dont cette dépolitisation de l'action publique éprouve les fondements.

    Contributeurs :

    Vincent-Arnaud Chappe ;
    Jean-Baptiste Comby ;
    Audrey Freyermuth ;
    Claude Gilbert ;
    Emmanuel Henry;
    Moritz Hunsmann ;
    Sylvain A. Lefèvre ;
    Raphaëlle Parizet ;
    Cécile Robert ;
    Sébastien Vignon ;

  • En quoi l'horizon est-il un concept central de la phénoménologie husserlienne ? Si elle n'est pas neuve, cette thèse n'a, chez les commentateurs successifs, cependant pas encore reçu de véritable justification. Ce livre veut montrer qu'elle ne la recevra qu'en embrassant simultanément le problème de l'horizon et celui de la phénoménologie husserlienne comme telle. Car comment justifiera-ton la centralité d'une notion dans une philosophie, sans déterminer le centre d'une telle philosophie - centre à partir duquel seulement on peut fixer de façon motivée l'importance de cette notion ? Et comment apprécier le sens et la fonction de l'horizon dans la phénoménologie de Husserl sans avoir défini le principe de cette dernière ? L'horizon comme problème ne peut donc être déterminé que dans le cadre d'une entreprise phénoménologique dûment définie. En retour, on verra comment l'histoire de ce concept contribue à porter un regard neuf sur l'histoire de la phénoménologie husserlienne elle-même.

  • Le monde artisanal grec antique, dont les aspects techniques ont déjà fait l'objet de nombreuses recherches, cache d'autres réalités. L'artisan n'est en effet pas seulement producteur de biens matériels, mais aussi acteur de la vie religieuse et évolue dans un riche univers symbolique, psychologique et social. L'étude des pratiques religieuses des artisans grecs, de l'époque archaïque à l'époque hellénistique, a pour ambition d'explorer ce champ presque vierge, dont les indices, quand ils existent, sont souvent discrets et épars. Les données recueillies n'en forment pas moins un corpus cohérent qui dessine un nouveau profil du monde artisanal, avec des spécificités religieuses mais aussi culturelles et sociales. La vie religieuse des artisans grecs antiques se révèle riche et bigarrée, à l'image du groupe socialement et culturellement composite qu'ils constituent.

  • Nous sommes, avons e´te´, serons tous un jour confronte´s a` l'e´preuve du deuil, a` sa de´chirure, a` sa violence aussi. Le deuil est une e´preuve car il impose un effort, un « travail », qui puise dans nos ressources, nous e´puise, tout en maintenant l'espoir d'un soulagement, d'une e´claircie, voire d'une forme de « relation » apaise´e avec l'autre disparu, ou tout du moins avec son souvenir. Le deuil interroge nos rapports à l'autre qui n'est plus et dont persiste l'image, mais également les autres qui nous entourent, nous contraignent ou nous soutiennent.

  • La révolution de 1848 a des origines politiques : le refus de la réforme électorale par le roi Louis Philippe et son ministre Guizot. Or sous la monarchie de Juillet, la Chambre des députés avait aussi son mot à dire. Les députés étaient désignés par une minorité d'électeurs censitaires et accordaient leur confiance aux ministres du roi. Il s'est trouvé qu'en 1846, les élections législatives donnèrent au gouvernement une solide majorité parlementaire. Et celle-ci partagea les vues du roi sur la réforme électorale. Toute la question est donc de savoir si les élections ne furent pas corrompues et si ces députés une fois élus soutinrent Guizot sans menace ou intimidation. L'étude montre que l'osmose était profonde entre cette majorité et le gouvernement de Louis Philippe au point qu'on peut se demander si ce n'était pas elle qui imposait ses vues à ce dernier. Aussi par dérision, la presse d'opposition qualifia ces députés ministériels de « satisfaits ».

  • Dans cette livraison spéciale de la revue Enjeu, publiée dans le cadre de leur partenariat "Mémoire et vigilance" par la FMD et le Conseil économique, social et environnemental (CESE), nous avons souhaité rendre compte d'une journée d'étude consacrée aux femmes dans la déportation sous le régime national-socialiste.

    Arnaud Boulligny et Pierre-Emmanuel Dufayel nous initient à la singularité de la déportation des femmes. Catherine Lacour-Astol livre une approche régionalisée de la répression-déportation des femmes en zone Nord-Pas-de-Calais. Philippe Mezzasalma s'intéresse aux aspects nouveaux de la déportation des femmes en terme d'engagements, d'analyse "genrée" et de construction d'une mémoire spécifique. Sandrine Labeau et Alexandre Doulut analysent les facteurs qui ont pesé sur le destin des femmes juives déportées de France et leur faible taux de survie. Patricia Gillet et Cyrille Le Quellec notent la convergence et la diversité des témoignages de déportées marqués par une volonté commune de transmettre leur expérience vécue. Marie-Claire Ruet analyse la contribution d'Anise Postel-Vinay, résistante déportée à Ravensbrück, à l'écriture de l'histoire post-concentrationnaire. Cécile Vast révèle l'importance d'un carnet où Lise Lesèvre a consigné pendant sa déportation les tortures subies, révélées au procès de Klaus Barbie. Boris Golzio explique le cheminement qui l'a conduit à réaliser une BD sur Ravensbrück. Emelyn Weber et Raphaëlle Manière présentent la délégation aux droits des femmes du CESE et rappellent l'actualité d'un combat combien nécessaire aujourd'hui encore. Enfin, Dafroza Gauthier et Nadia Tahir témoignent du rôle des femmes face au génocide des Tutsis et aux crimes de la dictature militaire argentine.

    Édité par Pierre-Emmanuel Dufayel, Benoît Garcia, Yves Lescure, Philippe Mezzasalma, Cécile Vast, Serge Wolikow ;

  • Le massacre d'Ascq du 1er avril 1944 a profondément marqué la mémoire et l'histoire de la Seconde Guerre mondiale dans le Nord. Il demeure aujourd'hui un enjeu de transmission mémorielle que l'enseignement scolaire de l'histoire ne peut ignorer. Comment cet événement de la Seconde Guerre mondiale est-il enseigné à l'École ? À quelles difficultés les enseignants sont-ils confrontés ? Plus généralement se pose la question de l'enseignement des traumatismes de l'histoire. Ce livre propose d'abord une mise en perspective historique de cet évènement tragique associant historiens et acteurs de la transmission mémorielle, puis une présentation des pratiques pédagogiques menées par des enseignants des écoles et collèges de Villeneuve d'Ascq lors des commémorations du 75e anniversaire de ce drame. Cet ouvrage donne des clés de lecture d'un événement parfois méconnu et ouvre des perspectives pour que lui soit donné toute sa place dans l'enseignement de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.

  • Prévenir, accueillir, guérir : la médecine des enfants de l'époque moderne à nos jours Nouv.

    De quoi les enfants souffrent-ils? Où les soigner et les accueillir? Comment et quand les vacciner? Dans la théorie et la pratique médicales, le souci de l'enfance a une histoire, non linéaire et aux multiples facettes, que ce livre veut explorer. Il montre, à travers une série d'éclairages variés et détaillés, la manière dont la conscience d'une spécificité de l'enfant a contribué à modeler la médecine depuis l'époque moderne.Les enfants sont tour à tour, de la part des parents, des médecins ou de l'État, objets de curiosité scientifique, de sollicitude ou encore d'inquiétude. Des études savantes, que viennent enrichir les témoignages de deux médecins, font se croiser l'histoire de la pensée médicale, des pratiques vaccinales, de l'architecture hospitalière et des institutions de la santé publique.Les textes de cet ouvrage sont issus de deux journées d'étude tenues en septembre 2018 à l'Université de Picardie Jules Verne et à l'Académie nationale de médecine.

  • Les cartes de l'action publique : pouvoirs, territoires, résistances Nouv.

    Les cartes sont au coeur de l'action publique et des dynamiques qui la façonnent. Instruments de réforme politique et territoriale, supports de représentation des problèmes publics, vecteurs de conflits et de mobilisations citoyennes, elles constituent un objet central pour les sciences sociales. Cet ouvrage pluridisciplinaire interroge les usages politiques des cartes, à travers une perspective multiniveaux et par la confrontation entre différents secteurs (politiques de la ville, gestion de l'eau, éducation, aménagement, santé et réforme administrative). À partir d'enquêtes approfondies et originales, les chapitres montrent que les cartes de l'action publique contribuent à la constitution, à la représentation et à la légitimation d'autorités politiques et de territoires, participent de la construction négociée ou conflictuelle des problèmes publics, et constituent des vecteurs de changement de l'action publique tout autant qu'elles en sont des miroirs.

  • La nostalgie est devenue une ressource fondamentale de la culture médiatique contemporaine. Les séries télévisées au look rétro, l'amour du vintage et des meubles patinés, le déferlement du rétro-gaming ou encore les commémorations (muséales) d'un passé souvent idéalisé peuplent désormais notre quotidien. La nostalgie est pourtant bien plus qu'une simple rétrogradation temporelle, et c'est ce que les auteur-e-s de cet ouvrage entendent démontrer à travers des réflexions critiques et des cas d'études originaux et inédits. Comment comprendre la passion pour les photographies de maisons en ruines ? Qu'est ce qui nous pousse à regarder en boucle nos séries préférées ou celles de notre enfance ? Pourquoi écrire aujourd'hui une carte postale qui sera reçue en 2042 ? Voici quelques-unes des nombreuses questions auxquelles cet ouvrage collectif transdisciplinaire - le premier en langue française - propose d'offrir des pistes de réponse.

  • Quand, comment et sur quoi se fonde l'engagement de la puissance publique dans le choix du recours et de la justification de la démolition dans un contexte de crise du logement en France ? Quels arguments sont mis en avant, quelles stratégies les acteurs déploient-ils pour quels résultats attendus ? L'objectif de ce travail de recherche collectif est de contribuer, à partir de l'étude d'un vaste corpus textuel, à expliciter ce qui fonde l'action locale et ses discours. Cet ouvrage questionne les discours des acteurs décisionnaires et les formes des opérations de rénovation urbaine. Il analyse d'une part les conceptions de l'espace portées par ces opérations et interroge d'autre part les logiques de l'action sur lesquelles elles reposent. La rénovation urbaine marque ainsi le retour de l'espace comme outil stratégique de et en politique. En s'attaquant à des questions urbaines et sociales fortes, l'ouvrage contribue notamment à redéfinir les contours et les relations entre les réseaux d'acteurs (élus, praticiens, bailleurs) aux différentes échelles territoriales.

  • Cet ouvrage à plusieurs voix entend rendre compte de ce qu'incorporer veut dire, en inscrivant la réflexion à l'interface de la philosophie et de la sociologie. C'est en tenant ensemble ce double mouvement de réflexion qu'il propose un horizon d'investigation permettant de mieux appréhender la façon dont le social habite dans les corps, s'incarne en eux.

  • L'intensification et l'amplitude des migrations internationales à l'aube du XXIe siècle placent l'Europe devant de nouveaux défis. Au coeur d'un système migratoire d'ampleur inédite, il lui faut d'urgence élaborer une stratégie visionnaire pour assurer ou refonder sa cohérence. Condition préalable: la compréhension de son passé migratoire récent.Fondé sur les derniers résultats de la recherche, ce livre explore les articulations complexes entre mobilités, migrations et constructions identitaires en contexte transnational. Les migrations étudiées ici dans plusieurs aires géographiques d'Europe et jusqu'en Israël sont appréhendées dans leur dimension culturelle, économique ou ethnographique, mais aussi historique et politique. Ainsi rassemblés, les articles proposés par des auteurs de diverses nationalités marquent l'état de la réflexion scientifique et constituent un observatoire pertinent dans le contexte contemporain d'une Europe inquiète, marquée par « la crise des réfugiés ». Ce livre vise à nourrir la réflexion politique et civile sur la question migratoire.

  • Image évocatrice, objet convoité, enjeu de pouvoir, la carte dessine le monde. Outre les géographes-cartographes, de nombreux chercheurs, stimulés par sa puissance de représentation, l'utilisent afin de répondre à quelques-unes des interrogations de la société actuelle. La diversité des points de vue, des regards et des usages scientifiques, par conséquent la multiplicité des questionnements, se combine à la profondeur historique des références en apportant au lecteur curieux du monde des éléments de compréhension spatiale de processus, de circonstances, d'événements et de concepts propres à l'humanité. La carte, vivante et mouvante, est un reflet de l'imaginaire et la représentation d'un réel. Depuis l'Antiquité, les représentations de la Terre instaurent des mondes successifs, en jouant avec la géométrie, les distances et les formes, les plans et les volumes. Inscrites dans le temps, les cartes intègrent les temps de la terre et des sociétés. De nouvelles cartographies réinventent le monde du XXIe siècle.

    Contributeurs : Anne-Laure Amilhat Szary - Sophie Braun - Michel Capderou - Ahmed Djebbar - Francis Meilliez - Alain Milon - Sébastien Oliveau - Gilles Palsky - Patrick Popescu-Pampu - Alicia Sanchez-Mazas.

  • L'habitat participatif est traité dans cet ouvrage par une articulation d'approches avec l'objectif d'inscrire l'analyse dans un cadre à même de nourrir la réflexion sur l'urbanité. De la sorte, il est appréhendé autant par une sociologie de la ville, en tant que rapport à l'espace et à autrui, que par une prise en compte de l'action publique et des aspirations à limiter les processus d'individualisation propres à nos sociétés contemporaines. Il est le fruit d'une équipe constituée en 2013 pour répondre à un appel à projet Recherche-citoyen qui associe le CLERSÉ (UMR 8019-Université de Lille-CNRS), Éco Habitat Groupé et le CEREMA dans un dispositif soutenu par la Région portant sur le thème de L'habitat participatif, essor de nouvelles formes de rapport à la ville. La dynamique des trois partenaires repose sur l'ambition d'aborder à nouveaux frais, et par une analyse distanciée, les questions fondamentales attachées à cette forme d'habitat que bon nombre de ses usagers définissent par l'aspiration à participer ainsi pleinement à la vie de la cité. Partant de la volonté de combiner recherche, engagement militant et expertise, sans confondre les registres de réflexivité, il est écrit à plusieurs mains pour traiter de ces différentes dimensions.

  • Cet ouvrage collectif veut montrer que, contrairement à l'idée reçue, Mai 68 a exercé une influence à la fois rapide, profonde et durable sur la littérature. Non seulement les écrivains se sont engagés dans l'action à l'instar de Blanchot ou Duras, mais le mouvement a inspiré aux romanciers, poètes et dramaturges, témoins ou acteurs de Mai, une écriture contemporaine ou quasi contemporaine de l'événement, ainsi que le prouvent les exemples de Merle, Lainé, Gary, Heidsieck, etc.

    Dans ce livre sont analysés en outre la place prise par Mai 68 dans l'imaginaire littéraire des générations antérieures (Leiris, Aragon, Malraux) et postérieures (Quintane, le collectif Inculte) ainsi que le rôle joué par Mai 68 dans une série de mutations littéraires, telles que l'émergence d'une écriture féminine revendiquant sa spécificité (Duras, Rochefort), ou la structuration institutionnelle de genres jusque-là réputés mineurs comme la science-fiction ou le roman noir.

    Contributeurs : Nathalie Barberger, Jean-Marc Baud, Simon Bréan, Geneviève Brisac, Stéphane Chaudier, Maxime Decout, François Dussart, Jean-Louis Jeannelle, Matthieu Rémy, GaëlleThéval, Anne Wattel, Nelly Wolf.

  • « Chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même ». Et si ce constat dressé par Marcel Proust pouvait également s'appliquer à ce lecteur collectif qu'est l'espace de réception, dans le cadre d'un transfert culturel littéraire ? L'observation de la diffusion, de la réception et de la traduction de l'oeuvre de Proust au Brésil permet d'appréhender les mutations culturelles que connaît le pays dans la première partie du XXe siècle. On découvre que cette oeuvre importée y est lue en rapport avec les différents espaces culturels du pays, et on comprend alors de quelle manière À la recherche du temps perdu devient dans ces Brésils un classique littéraire.En partant de la circulation littéraire, on mesurera le rapport des élites brésiliennes avec les interlocuteurs fantômes que sont durant la période la France et sa vie culturelle.Cette circulation de Proust est un révélateur qui offre une radiographie des milieux intellectuels brésiliens du premier XXe siècle.

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