• Dans ce premier recueil de nouvelles, Zadie Smith allie son inimitable pouvoir d'observation et sa voix unique pour explorer les arcanes du monde moderne. Entrelaçant les thèmes, les registres et les points de vue, elle nous invite à la rencontre d'un cortège de personnages : un homme dont c'est le dernier jour sur terre, une quadragénaire revivant par la pensée ses années d'université et s'interrogeant sur la versatilité du désir, un groupe de touristes anglais déconnectés des réalités, des célébrités américaines en fuite... Rivalisant d'humour et d'exquise perspicacité, Zadie Smith excelle dans la restitution des dialogues et donne vie et relief à ces histoires saisissantes.
    Éclectique, rythmé et profondément original, Grand Union questionne les héritages qui nous hantent, les appartenances culturelles, les relations familiales, l'identité raciale ou encore la pluralité de la condition féminine. La part belle est d'ailleurs faite aux personnages de femmes, et aux femmes noires en particulier : jeunes, âgées, mères, amantes, au fil des nouvelles elles forment une éclatante constellation. Avec ce recueil, Zadie Smith s'autorise absolument tout, pour notre plus grand plaisir.

  • Passion simple

    Annie Ernaux

    «À partir du mois de septembre l'année dernière, je n'ai plus rien fait d'autre qu'attendre un homme : qu'il me téléphone et qu'il vienne chez moi.»

  • « Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j'aimerais aujourd'hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement. » Critique farouche de toute forme d'essentialisation - qu'elle touche le genre, la nationalité ou l'appartenance à n'importe quelle entité close et figée -, C. N. Adichie porte une voix, rare et puissante, d'émancipation.

  • Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte motagneuse, où poussent des arbres tropicaux et gîtent des animaux sauvages. L'aventure apparaît d'abord aux enfants comme de merveilleuses vacances. On peut se nourrir de fruits, se baigner, jouer à Robinson.
    Mais il faut s'organiser. Suivant les meilleures traditions des collèges anglais, on élit un chef. C'est Ralph, qui s'entoure de Porcinet, « l'intellectuel » un peu ridicule, et de Simon.
    Mais bientôt un rival de Ralph se porte à la tête d'une bande rivale, et la bagarre entre les deux bandes devient rapidement si grave que Simon et Porcinet sont tués. Ralph échappe de justesse, sauvé par l'arrivée des adultes.
    /> Ce roman remarquable a un sens allégorique qu'il n'est pas difficile de comprendre : c'est l'aventure des sociétés humaines qui est tragiquement mise en scène par les enfants. Mais l'oeuvre vaut avant tout par la description de leur comportement et par l'atmosphère de joie, de mystère et d'effroi qui la baigne.

  • Odes

    David Van Reybrouck

    Ce recueil circonscrit la partition sensible d'un écrivain qui pose sur le monde un regard humaniste et progressiste. En ces temps tourmentés il est important de publier cette collection d'Odes comme autant de chroniques qui soulignent le besoin inné d'enthousiasme de David Van Reybrouck et son bel esprit d'engagement positif.

  • Le mystérieux correspondant et autres nouvelles retrouvées Nouv.

    Avant d'être le génial auteur de la Recherche, Proust écrivit des nouvelles inspirées de sa jeunesse dans les salons mondains, entre découverte du désir et amour qui fuit, frivolité et profondeur, apparence et rivalité. C'est là qu'il met à l'épreuve son style, ses images, ses intuitions. Ce sera, en 1896, Les Plaisirs et les Jours. Mais peu avant la publication du recueil, Proust choisit d'en retirer quelques nouvelles, qui restèrent secrètes durant plus d'un siècle. Était-ce parce qu'il s'y confiait, presque sans dissimulation, sur son homosexualité, vécue comme une malédiction ? Voici ces textes, fragiles, imparfaits, inaboutis, qui auraient si bien pu ne pas nous parvenir, et pour cela si émouvants. On y lit, en miniature, toutes les obsessions qui seront celles de la Recherche : l'amour malheureux, la fuite du temps, la satire sociale. En une phrase, une fulgurance, le futur Proust est déjà là. En nous faisant entrer comme jamais dans sa conscience, Proust nous ouvre son atelier de travail, son secret laboratoire, et le journal intime qu'il n'a pas écrit.

    Suivi de : « Aux sources de la Recherche du temps perdu », notes de travail de Proust.

  • Depuis sa loge ou avec son unique ami, Gaston, le balayeur du quartier, Madame Dodin, la concierge du numéro 5 de la rue Sainte-Eulalie, ne cesse de maugréer et de manifester son mécontentement aux locataires : «¹Pourquoi faut-il qu'il y en ait qu'une seule qui vide les chiures de cinquante autres ? » Dans ce texte féroce, portrait intime et social, Marguerite Duras déplie un aspect méconnu de son écriture et dévoile une plume toute mordante et caustique.

  • Dé mem brer

    Joyce Carol Oates

    Explorant avec brio la frontière ténue entre fantasmagorie et réalité, les sept nouvelles rassemblées ici nous font pénétrer dans le quotidien de femmes vulnérables, en prise avec la violence qui les entoure. Qu'elle prenne la forme d'un père abusif ou d'une compagnie aérienne outrageusement zélée, c'est bien la folie qui règne dans l'univers de la grande Joyce Carol Oates.

  • Quiproquos amoureux, complexité des sentiments à l'âge où s'éveille le désir : les deux nouvellles qui composent ce recueil, "Une histoire au crépuscule" (1911), sorte de marivaudage gothique, et "Petite nouvelle d'été" (1906), qui évoquera certainement quelque chose aux lecteurs de «La Pornographie» de Gombrowicz, parlent de cruauté, d'aveuglement et d'emprise. Brillant et psychanalytique, Zweig y montre qu'aimer et être aimé coïncident beaucoup plus rarement qu'on le croit...

  • Dans ces trois textes contemporains des Fleurs du Mal - De l'essence du rire, Quelques caricaturistes français et Quelques caricaturistes étrangers -, Charles Baudelaire évoque, questionnant le rire et son innocence présumée, de nombreux noms de caricaturistes : Daumier, Gavarni, Hogarth... Alors critique d'art, il y excède cependant la forme de l'article, transformant ces réflexions sur le rire et la caricature en un petit triptyque secret pour sa poétique de la modernité.

    « Loin de se résumer à une façon accidentelle de croquer le réel et d'en faire rejaillir, par un effet de déformation concertée, les irrégularités et les hideurs, la caricature est pour l'artiste un instrument de recherche et un lieu d'invention. Elle est un miroir qui pense. » Henri Scepi

  • « Mon manager, Bradley Stevenson, qui au cours des années a été un ami précieux à sa manière, soutient que j'ai en moi l'étoffe d'un vrai pro. Pas seulement comme musicien de studio, mais comme vedette de première division. Il est faux que les saxophonistes ne deviennent plus des vedettes, affirme-t-il, et il répète sa liste de noms. Marcus Lightfoot. Silvio Tarrentini. Ce sont tous des musiciens de jazz, fais-je remarquer. C'est bien ce que tu es, non ? réplique-t-il. Mais je ne le suis encore que dans mes rêves les plus secrets. Dans le monde réel - quand je n'ai pas le visage entièrement enveloppé de pansements comme en ce moment - je suis juste un ténor payé à la journée, raisonnablement sollicité pour l'enregistrement en studio, ou lorsqu'un groupe a perdu son saxo habituel. S'ils veulent de la pop, je joue de la pop. R&B ? Parfait. Publicités pour des voitures, thème musical d'un talk show, j'accepte. Ces temps-ci je suis un musicien de jazz seulement quand je suis enfermé dans mon réduit. »   Deux textes mélancoliques et désenchantés issus du seul recueil de nouvelles - Nocturnes, Cinq nouvelles de musique au crépuscule - de Kazuo Ishiguro, qui a reçu le prix Nobel de littérature en 2017.

  • Aller aux fraises

    Eric Plamondon

    • Quidam
    • 4 Février 2021

    Aller aux fraises, c'est partir en voyage au Québec, avec une langue qui sillonne les bois, les champs, les usines, les routes sans fin, les bords de rivière. C'est le sort de ceux qui deviennent extraordinaires à force d'être ordinaires. On s'y laisse porter par les souvenirs d'un père qui s'agrègent pour devenir les légendes du fils. Ce fils qui veut construire son propre récit et qui retrouve sa mère le temps d'un nouveau cycle.
    Eric Plamondon raconte la démesure de l'ordinaire. C'est sur le vif, drôle et émouvant.

  • De quoi parlent les histoires d'Alice Munro ?

    De baisers donnés.

    De meubles encombrants dont on ne parvient pas à se séparer.

    De trahisons nécessaires.

    De mots d'adieu.

    De femmes déchirées entre la passion et la vie domestique, le désir d'être libre et la bonne éducation.

    Neuf histoires d'amour, en somme.

  • Un couple de jeunes mariés vient de remplir son testament. Un médecin raconte pour la centième fois l'histoire de son père immigré. Un homme fantasme sur l'épouse de son meilleur ami. Une femme n'arrive plus à dormir dans la même chambre que son mari après les sombres révélations de sa fille. En traversant les palais du dix-septième siècle et les chambres feutrées d'aujourd'hui, Graham Swift dresse le portrait de son peuple dans toute sa diversité. Le lecteur est témoin de nombreux drames, du plus secret au plus ostensible ; les petites victoires de tous les jours répondent aux défaites qui changent une vie. Au fil des nouvelles qui composent ce recueil, chaque portrait s'anime pour révéler, dans une prose sobre aux multiples facettes, un émouvant fragment du quotidien.

  • L'attente interminable d'une jeune femme qui vient d'envoyer un sexto à sa nouvelle conquête ; un premier rendez-vous se terminant aux urgences ; la chronique poignante de la thérapie d'un couple quinquagénaire ; le vertige existentiel de jeunes parents qui découvrent que leur fille adoptive est malade ou encore un amour de vieillesse qui prend fin trop rapidement.
    Les chroniques de Modern Love rapportent des histoires de flirts, d'aventures d'un soir et de passions dévorantes mais aussi d'amour romantique, platonique et familial, balayant ainsi un large spectre de ce qui façonne les relations humaines :
    L'amour.
    Panorama complet de la façon dont nos sociétés contemporaines envisagent et vivent ce sentiment complexe, le livre met en scène les défis qu'elles rencontrent (l'invasion de la technologie dans le dialogue amoureux ou la conjugaison parfois complexe de la relation de couple et du rythme effréné de la vie moderne) et leurs interrogations. Qu'est-ce qui façonne le désir ? Y a-t-il plusieurs formes d'amour ? Qu'est-ce que le couple ? Qu'est-ce qu'une famille ?

  • Par l'auteur de «La Famille royale» et de «Central Europe» (National Book Award 2005), une incursion aussi magistrale qu'envoûtante dans les territoires infinis du surnaturel à travers des histoires de fantômes, de vampires ou autres créatures démoniaques vaquant à leurs magiques ou funestes besognes des Balkans au Japon en passant par le Mexique ou les États-Unis. Au fil de ce kaléidoscope narratif placé sous le double signe de la mort et de l'érotisme, William Vollmann met à contribution la diversité culturelle des mythologies et joue avec les codes du roman d'aventure, du thriller politique, du fantastique, de l'horreur, ou de la "simple" fiction littéraire, pour transporter le lecteur dans un univers fantastique où l'amour et le désir ne cessent de rendre possible l'inimaginable même.  

  • Voyage d'hiver

    Jaume Cabré

    Par l'auteur de «Confiteor» (140 000 ex. vendus), quatorze nouvelles indépendantes et pourtant intimement liées, où l'on retrouve sa manière de fouiller les manifestations du mal, de l'amour, du destin et de ses mauvais tours.

  • «Personnellement, je suis quasiment certaine que c'est lui l'assassin, mais il me manque la preuve ultime, la preuve inébranlable.» Après la survenue d'un drame épouvantable, Betsy se replonge dans ses souvenirs.
    Lui, personne ne peut l'imaginer en meurtrier calculateur. Pourtant, elle en a l'intime conviction... Qui soupçonne-t-elle d'avoir commis ce crime?

    Deux nouvelles qui explorent avec justesse les sentiments qui peuvent nous habiter, de la jalousie destructrice à la bonté désintéressée.

  • « Ta Pénélope d'envoie cette lettre, trop tardif Ulysse : ne réponds rien, mais viens toi-même. » 10 lettres d'amour, 10 voix de grandes héroïnes éplorées, 10 explorations de la passion amoureuse.

    Liste des lettres :
    Pénélope à Ulysse - Briséis à Achille.
    Phèdre à Hippolyte - oenone à Pâris.
    Hypsipyle à Jason - Didon à Énée.
    Hermione à Oreste - Déjanire à Hercule.
    Ariane à Thésée - Médée à Jason.

  • « Et nous sommes comme des fruits. Nous sommes suspendus bien haut parmi des branches étrangement entrelacées, et nous sommes livrés à bien des vents. Ce que nous possédons, c'est notre maturité, notre douceur, notre beauté. Mais la force qui les nourrit coule à travers un seul tronc, depuis une racine qui a fini par s'étendre sur des mondes entiers. Et, si nous voulons témoigner de sa puissance, chacun de nous doit vouloir l'utiliser dans le sens qui est le plus propre à sa solitude. Plus il y a de solitaires, plus solennelle, plus émouvante et plus puissante est leur communauté. » Dans cette composition de jeunesse (1898) - ici enrichie de trois textes sur l'art de la même période -, se forment et se dessinent les plus grandes percées de la poétique de Rilke : de ce qui se nommera, dans les Élégies de Duino, « l'Ouvert » et « l'espace intérieur du monde ».

  • « Pour les sombres luzernes et les sainfoins odorants, Roussard, le lièvre roux roux du bois de Valrimont, se rendant à l'invite de la sécurité crépusculaire, allait quitter le fourré de ronces de la Combe aux Mûres, où il s'était gîté par une aube de juin. Il y avait dormi les yeux ouverts, comme s'il eût craint que ses oreilles mobiles de vieux chemineau forestier ne pussent suffire à explorer les bruits de la campagne ; et le décor du sous-bois, changeant avec la lumière que secouaient les frondaisons, favorisait dans ses somnolences les cauchemars quotidiens qui trouaient son repos d'épouvantes tragiques. »     Renard, fouine, lièvre ou grenouille, tels sont les héros de ces cinq contes tragiques composés par l'auteur de La Guerre des boutons.

  • Refus d'obéissance rassemble le texte « Je ne peux pas oublier », publié en 1934 dans la revue Europe, dans lequel Jean Giono livre un véritable plaidoyer pour la paix, et quatre chapitres inédits du Grand troupeau, où il décrit dans une langue bouleversante de réalisme la vie, l'attente et surtout la peur des soldats de la Grande guerre.

  • « J'en tremblais, mon coeur brûlait d'amour sublimé, le vent soufflait, le ciel était gris et sauvage, mais de temps en temps un soleil pâle faisait briller les vaguelettes, tout était un peu sombre mais vivant, contrasté, plein d'espoir. » Ces neuf nouvelles nous placent à la lisière de deux mondes, là où se croisent humains en déroute et animaux semi-sauvages. Chacun tente de rejoindre l'autre, mais l'on ne sait qui, de la bête ou de l'humain, est en quête de protection. La cane Frou-Frou ou l'homme qui prend farouchement soin d'elle ? Une fillette ou son cheval Mensonge, qui l'emmène loin de l'hypocrisie des adultes ? Une mère endeuillée ou l'écureuil qu'elle nomme Rudi en hommage à son fils disparu ? Autant d'alliances discrètes, autant d'existences menacées mais libres à leur manière.

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