• Quand Ryszard Kapuscinski arrive comme journaliste à Accra, la capitale du Ghana, il ne peut soupçonner que ce voyage sera le début d'une passion qui ne le quittera plus. Pendant des années, ce grand reporter, observateur exceptionnel, sillonne le continent noir, habite les quartiers des Africains, s'expose à des conditions de vie qu'aucun correspondant occidental n'aurait acceptées.
    Car Kapuscinski s'intéresse surtout aux gens. Le tumulte de la vie quotidienne le passionne.

  • S'il existait un dieu des reporters et des envoyés spéciaux, il se nommerait Hérodote. Le " père de l'histoire ", comme disait Cicéron, est le premier à parcourir le monde antique avec pour seul désir celui de le connaître, le comprendre et le raconter. Rien n'échappe à son regard d'enquêteur et de géographe, d'anthropologue et d'explorateur. Vingt-cinq siècles plus tard, Ryszard Kapuscinski, lecteur infatigable et admirateur inspiré de son illustre prédécesseur, rôde aux confins de la Chine, de l'Inde ou de l'Afrique. Curieux affamé, ennemi juré de l'exotisme et du pittoresque, il observe, discute, écoute, s'émerveille. Le périple d'un promeneur prodigieux, souriant et toujours inattendu, dont les chemins traversent les cinq continents.

  • Ethiopie, 1975 : c'est le chaos.
    Un pays exsangue, affamé, divisé se rebelle et détrône son empereur. A Addis-Abeba, Ryszard Kapuscinski vient exhumer un monde balayé par les mitrailleuses ; déjouant la vigilance des patrouilles, arpentant des nielles sinueuses à la tombée de la nuit, il enquête et cherche à comprendre : qui était le Négus, le Roi des Rois - Hailé Sélassié, dernier empereur d'Ethiopie ? Un despote sanguinaire ? une figure paternelle adulée par son peuple ? un vieillard-enfant débordé par son armée ? Au fil des témoignages bruts et fascinants recueillis par le reporter apparaît un monde insoupçonné : un monde sans justice où chacun est incité à espionner et à fouiller son voisin, où la délation et le pot-de-vin sont des vertus cardinales ; un monde fini où l'on régale les diplomates étrangers en laissant le peuple mourir de faim ; un monde violent où un simple mot vous fait déchoir des salons aux oubliettes.
    Un portrait saisissant du Négus, qui raconte la folie et la soif de pouvoir d'un empereur divinisé et démonte le fonctionnement d'un régime arbitraire, absurde, démesuré - jusqu'à sa chute.

  • Choisies parmi plus de mille pages d'articles et d'interviews, ces quelques dizaines de questions et réponses sont précieuses pour en apprendre davantage sur la profession exercée par Ryszard Kapuscinski, mais aussi sur lui-même, sa personnalité, sa passion du voyage, ses reportages exceptionnels, son goût du risque. Kapuscinski évoque ici sans concession la déontologie de son métier, les manipulations et les pressions des médias que subissent les reporters d'aujourd'hui, et aborde avec une belle sincérité l'art de l'écriture, et la conception philosophique de son travail. Une sorte de testament d'écrivain du grand reporter disparu en janvier 2007 qui revient sur les moments forts de son oeuvre. Un petit livre riche, drôle parfois, qui étonne par la modestie de ses aveux. «Kapuscinski était un être subtil, réfléchi, cultivé et humble qui aura fait du reportage son "mode de vie", et de l'écriture sa raison d'être.» Charles Ruelle - Le Magazine littéraire

  • Téhéran, 1980 : les révolutionnaires prennent le pouvoir.
    Installé dans un hôtel de la ville, Ryszard Kapuscinski essaie, à partir de notes, de bandes magnétiques et de photos, de comprendre ce qui a provoqué la chute du Shah et comment l'ayatollah Khomeiny a réussi à s'imposer. Il interroge et écoute inlassablement les témoignages des hommes et des femmes qui l'entourent, et qui évoquent la corruption, les bakchichs, la peur de la délation paralysant les relations sociales, les supplices réservés aux opposants par la police du Shah.
    En disséquant le processus de cette révolution, l'auteur s'interroge sur le déclin d'un empire et, au-delà de l'exemple iranien, nous propose une réflexion plus actuelle que jamais sur les mécanismes du pouvoir et sur le despotisme.

  • Avec ces réflexions, fruit d'une vie entière de voyages, Ryszard Kapuscinski pose un oeil nouveau sur le concept de l'Autre en Occident.
    À travers le prisme de ses rencontres en Afrique, en Asie et en Amérique latine, il observe la vision du monde qu'a cultivée l'Occident au-delà des frontières européennes, de l'Antiquité à aujourd'hui. Il examine ainsi le regard porté par nos sociétés sur les habitants du Sud, toujours considérés comme des étrangers hostiles, objets d'étude plus que partenaires assumant pleinement la responsabilité du destin de l'Homme.
    Dans un monde de plus en plus globalisé et de plus en plus polarisé, Kapuscinski démontre à quel point l'idée de l'Autre demeure un défi permanent pour l'esprit humain.

  • Dans ce recueil posthume, le grand reporter Ryszard Kapuscinski montre son visage de journaliste engagé. Son regard se porte sur trois points « chauds » de la planète dans les années 1970 : Moyen-Orient, Amérique du Sud et Afrique. Décrivant des mouvements partisans ou révolutionnaires, il s'attache chaque fois à un destin particulier pour dresser un tableau politique plus général. Le monde qu'il peint est absurde, cynique, la violence y est omniprésente, la démocratie y est un paravent à toutes les hypocrisies.
    Kapuscinski livre des textes superbes, une analyse unique et distanciée et des réflexions puissantes sur le silence et la dictature. Comme toujours, l'écriture est précise, intelligente, et le propos férocement actuel.

  • « Sorcier suprême du reportage » (John le Carré), Ryszard Kapucinski a été traduit dans le monde entier et porté aux nues par Gabriel García Márquez et par Salman Rushdie. Depuis sa mort, en 2007, on ne cesse de redécouvrir le reporter exceptionnel qu'il était. Ce volume rassemble ses plus grands textes ainsi que des extraits d'un recueil de jeunesse inédit en français. Lire « Kapu », c'est rencontrer non seulement un formidable témoin du XXe siècle, observateur inlassable des conflits et des révolutions (de la guerre civile en Angola à la chute des régimes dictatoriaux en Éthiopie ou en Iran, des soubresauts de l'Amérique latine à la désintégration du bloc soviétique), un homme de terrain au regard d'ethnologue, qui a pour maîtres mots curiosité et empathie, mais aussi un écrivain de talent, explorateur passionné de la frontière entre écriture documentaire et littérature, dans la lignée d'un Albert Londres ou d'un Truman Capote.

  • Voici un livre très personnel, l'histoire d'un homme qui se retrouve seul et perdu. Au cours de l'été 1975, mon patron - j'étais à cette époque correspondant d'une agence de presse - est venu me dire : « C'est ta dernière occasion de partir pour l'Angola.
    Qu'est-ce que tu en dis ? » Je réponds toujours oui dans de telle situations. (S'il m'avait posé la question, c'est que la guerre civile qui se poursuit aujourd'hui encore était déjà engagée. Bien des gens étaient persuadés que le pays allait devenir un véritable enfer - et un enfer inaccessible, qui plus est où tout le monde mourrait sans aide ni intervention extérieure.) La guerre avait commencé au printemps de cette année-là, lorsque le nouveau gouvernement du Portugal, après le renversement de la dictature de Salazar, avait accordé à l'Angola et aux autres anciennes colonies portugaises le droit à l'indépendance. En Angola, plusieurs partis politiques, armés jusqu'aux dents, se battaient l'un contre l'autre, chacun d'eux voulant prendre le pouvoir à tout prix (le plus souvent, au prix du sang de leurs frères). La guerre que se livraient ces partis était une guerre sale, opiniâtre et cruelle.
    Chacun était l'ennemi de chacun, et personne ne savait qui allait mourir. Entre les mains de qui, quand et où. Ni pourquoi. Et tous ceux qui le pouvaient quittaient l'Angola.
    Moi, j'avais envie d'y aller. À Lisbonne, j'ai réussi à persuader l'équipage d'un des derniers avions militaires portugais en partance pour l'Angola de m'y emmener. Plus précisément, je l'ai supplié de m'emmener.
    Le lendemain matin, j'apercevais par le hublot de notre avion qui s'apprêtait à atterrir une tache blanche immobile, enveloppée de soleil. C'était Luanda.
    Interrompant sa réflexion sur les mécanismes du pouvoir qui avait nourri Le Négus et Le Shah, Ryszard Kapuscinski nous livre ici son récit le plus personnel et le plus attachant, en témoin effaré d'un conflit absurde.

  • In 1975, Angola was tumbling into pandemonium; everyone who could was packing crates, desperate to abandon the beleaguered colony. With his trademark bravura, Ryszard Kapuscinski went the other way, begging his was from Lisbon and comfort to Luandayes'>#8212;once famed as Africa's Rio de Janeiroyes'>#8212;and chaos.Angola, a slave colony later given over to mining and plantations, was a promised land for generations of poor Portuguese. It had belonged to Portugal since before there were Englishspeakers in North America. After the collapse of the fascist dictatorship in Portugal in 1974, Angola was brusquely cut loose, spurring the catastrophe of a stillongoing civil war. Kapuscinski plunged right into the middle of the drama, driving past thousands of haphazardly placed checkpoints, where using the wrong shibboleth was a matter of life and death; recording his imporessions of the young soldiersyes'>#8212;from Cuba, Angola, South Africa, Portugalyes'>#8212;fighting a nebulous war with global repercussions; and examining the peculiar brutality of a country surprised and divided by its newfound freedom.Translated from the Polish by William R. Brand and Katarzyna MroczkowskaBrand.From the Trade Paperback edition.

  • Records how the author set out on his first forays to India, China and Africa with the great Greek historian constantly in his pocket. The author sees Louis Armstrong in Khartoum, visits Dar-es-Salaam, arrives in Algiers in time for a coup when nothing seems to happen (but he sees the Mediterranean for the first time).

  • Ryszard Kapuscinski has been writing about the people of Africa throughout his career. In this study, he sets out to create an account of post-colonial Africa seen as both a whole and as a location, defying generalized explanations, and avoiding the official routes, palaces and big politics.

  • Ebene

    Ryszard Kapuscinski

    Quand ryszard kapuscinski arrive comme journaliste en 1958 à accra, la capitale du ghana, il ne peut soupçonner que ce voyage sera le début 'une passion qui ne le quittera plus jamais.
    Pendant des années, ce grand reporter doublé d'un écrivain sillonne le continent noir, habite les quartiers des africains, s'expose à des conditions de vie qu'aucun correspondant occidental n'aurait acceptées.
    Observateur exceptionnel, il croise des potentats comme nkrumah, kenyatta ou idi amin, témoigne de coups d'etat et de guerres civiles (au rwanda par exemple) ; il essuie des fusillades, affronte des tempêtes de sable et supporte l'indescriptible chaleur africaine.
    Mais kapuscinski s'intéresse surtout aux gens et sait gagner leur confiance. le tumulte de la vie quotidienne africaine le passionne davantage que les corruptions, les épidémies et les guerres meurtrières.
    Ce livre majeur, attendu depuis longtemps, a reçu en 2000 le prestigieux prix littéraire italien viareggio.

  • Ce livre, qui tient à la fois du journal de bord et du reportage, est une chronique remarquable sur la guerre au XXè siècle.
    Entre 1958 et 1980, lorsqu'il travaillait principalement pour l'agence de presse polonaise, Ryszard Kapuscinski a couvert 27 révolutions et coups d'Etat. Chaque chapitre de ce recueil illustre un voyage de l'auteur, que ce soit en Afrique (Congo, Angola, Algérie, Nigeria, Ethiopie, Afrique du Sud), en Europe (Chypre) ou en Amérique latine. C'est là que se déroule le chapitre éponyme, " La guerre du foot ".
    En 1969, le Honduras et le Salvador jouent deux fois l'un contre l'autre afin de se qualifier pour la Coupe du monde. Mais les affrontements entre supporters dégénèrent en une guerre ouverte qui fait 6 000 morts et 15 000 blessés... Avec la force, l'émotion et souvent l'humour qui caractérisent son écriture, l'auteur dévoile les coulisses du journalisme en nous livrant ses impressions brutes sur les aspects terrifiants, grotesques et parfois absurdes de la vie en temps de guerre.

  • This is a very personal book, about being alone and lost'. In 1975 Kapuscinski's employers sent him to Angola to cover the civil war that had broken out after independence. For months he watched as Luanda and then the rest of the country collapsed into a civil war that was in the author's words 'sloppy, dogged and cruel'. In his account, Kapuscinski demonstrates an extraordinary capacity to describe and to explain the individual meaning of grand political abstractions.

  • In 1957, Ryszard Kapuscinski arrived in Africa to witness the beginning of the end of colonial rule as the first African correspondent of Poland's state newspaper. From the early days of independence in Ghana to the ongoing ethnic genocide in Rwanda, Kapuscinski has crisscrossed vast distances pursuing the swift, and often violent, events that followed liberation. Kapuscinski hitchhikes with caravans, wanders the Sahara with nomads, and lives in the poverty-stricken slums of Nigeria. He wrestles a king cobra to the death and suffers through a bout of malaria. What emerges is an extraordinary depiction of Africa--not as a group of nations or geographic locations--but as a vibrant and frequently joyous montage of peoples, cultures, and encounters. Kapuscinski's trenchant observations, wry analysis and overwhelming humanity paint a remarkable portrait of the continent and its people. His unorthodox approach and profound respect for the people he meets challenge conventional understandings of the modern problems faced by Africa at the dawn of the twenty-first century.
    From the Trade Paperback edition.

  • Shah of Shahs depicts the final years of the Shah in Iran, and is a compelling meditation on the nature of revolution and the devastating results of fear. Here, Kapuscinski describes the tyrannical monarch, who, despite his cruel oppression of the Iranian people, sees himself as the father of a nation, who can turn a backward country into a great power - a vain hope that proves a complete failure. Yet even as Iran becomes a 'behemoth of riches' and as the Shah lives like a European billionaire, its people live in a climate of fear, terrorized by the secret police. Told with intense power and feeling, Kapuscinski portrays the inevitable build-up to revolution - a cataclysmic upheaval that delivered Iran into the rule of the Ayatollah Khomeini.

  • After the deposition of Haile Selassie in 1974, which ended the ancient rule of the Abyssinian monarchy, Ryszard Kapuscinski travelled to Ethiopia and sought out surviving courtiers to tell their stories. Here, their eloquent and ironic voices depict the lavish, corrupt world they had known - from the rituals, hierarchies and intrigues at court to the vagaries of a ruler who maintained absolute power over his impoverished people. They describe his inexorable downfall as the Ethiopian military approach, strange omens appear in the sky and courtiers vanish, until only the Emperor and his valet remain in the deserted palace, awaiting their fate. Dramatic and mesmerising, The Emperor is one of the great works of reportage and a haunting epitaph on the last moments of a dying regime.

  • Only with the greatest of simplifications, for the sake of convenience, can we say Africa. In reality, except as a geographical term, Africa doesn't exist'. Ryszard Kapuscinski has been writing about the people of Africa throughout his career. In a study that avoids the official routes, palaces and big politics, he sets out to create an account of post-colonial Africa seen at once as a whole and as a location that wholly defies generalised explanations. It is both a sustained meditation on the mosaic of peoples and practises we call 'Africa', and an impassioned attempt to come to terms with humanity itself as it struggles to escape from foreign domination, from the intoxications of freedom, from war and from politics as theft.

  • Ryszard Kapuscinski's last book, The Soccer War -a revelation of the contemporary experience of war -- prompted John le Carre to call the author "the conjurer extraordinary of modern reportage." Now, in Imperium, Kapuscinski gives us a work of equal emotional force and evocative power: a personal, brilliantly detailed exploration of the almost unfathomably complex Soviet empire in our time.
    He begins with his own childhood memories of the postwar Soviet occupation of Pinsk, in what was then Poland's eastern frontier ("something dreadful and incomprehensible...in this world that I enter at seven years of age"), and takes us up to 1967, when, as a journalist just starting out, he traveled across a snow-covered and desolate Siberia, and through the Soviet Union's seven southern and Central Asian republics, territories whose individual histories, cultures, and religions he found thriving even within the "stiff, rigorous corset of Soviet power."
    Between 1989 and 1991, Kapuscinski made a series of extended journeys through the disintegrating Soviet empire, and his account of these forms the heart of the book. Bypassing official institutions and itineraries, he traversed the Soviet territory alone, from the border of Poland to the site of the most infamous gulags in far-eastern Siberia (where "nature pals it up with the executioner"), from above the Arctic Circle to the edge of Afghanistan, visiting dozens of cities and towns and outposts, traveling more than 40,000 miles, venturing into the individual lives of men, women, and children in order to Understand the collapsing but still various larger life of the empire.
    Bringing the book to a close is a collection of notes which, Kapuscinski writes, "arose in the margins of my journeys" -- reflections on the state of the ex-USSR and on his experience of having watched its fate unfold "on the screen of a television set...as well as on the screen of the country's ordinary, daily reality, which surrounded me during my travels." It is this "schizophrenic perception in two different dimensions" that enabled Kapuscinski to discover and illuminate the most telling features of a society in dire turmoil.
    Imperium is a remarkable work from one of the most original and sharply perceptive interpreters of our world -- galvanizing narrative deeply informed by Kapuscinski's limitless curiosity and his passion for truth, and suffused with his vivid sense of the overwhelming importance of history as it is lived, and of our constantly shifting places within it.

empty