• Ronan Chéneau met à plat les contresens, les tabous et les idées reçues sur un concept désormais utile pour repenser le droit à la non-discrimination, à la non-assignation, celui du genre. À partir de recherches sociologiques mais aussi d'un corpus littéraire et poétique, ce texte propose d'incarner un des plus vibrants débats contemporains. La parole s'ouvre, la sensibilité et les parcours de vie se disent afin de comprendre les carcans quotidiens, les « normes » apprises et inconscientes, mais aussi célébrer la beauté des diversités, dégenrer pour être libre ensemble. « Le feuilleton permet de partager un instant d'analyse critique, un point de vue sur le monde qui nous implique tou·te·s, sans mettre qui que ce soit sur le banc de touche. »

  • «Et si quelqu'un cent ans après ma mort devait regarder le réel et le ciel et la vie pour moi ? Alors je voudrais des images de caniveaux et de chiens et de murs et de n'importe qui et de n'importe quoi car je saurai que c'est la vérité, et goûter au futur que l'on verra sans moi : ce serait contempler la lumière du plus ordinaire des jours, où se loge la vérité qui se passe de commentaires, la brute, la vierge, l'intouchée, celle que tout le monde touche.» «J'aurais voulu que ces histoires soient différentes, qu'elles aillent à l'essentiel, mais l'essentiel changeait sans arrêt».

    Dans les pièces Nouvelles vagues et L'Homme du coin, deux personnages se confrontent à l'écriture, l'un recule, l'autre avance, pour une même raison : l'écriture est toujours ailleurs, partout où le monde s'organise, dans le travail, l'amour des autres, la biotechnique... dans la beauté et la brutalité des démocraties où tout semble égal et où rien ne l'est... On trouve dans l'écriture tout ce qui lutte contre elle.

  • Où est passé notre état second‚ notre vertige effrayé de chasseurs de mammouths shootés à l'ergot de seigle ?
    Où est passée notre peur des fauves‚ et le courage‚ et la folie de leur tenir tête ?
    Sûr que nous avons encore des gènes de tueurs‚ de tueurs cannibales‚ des gènes de peur et des gènes sans peur.

    Il est question ici d'une certaine monstruosité quant à nos héritages. des villes et des campagnes. du temps qui passe et qui revient. C'est une pièce « d'apprentissage » comme on disait jadis de certains romans.

  • À la campagne ou à la ville‚ à Versailles à Saint-Denis‚ dans le XVIe‚ le XIXe : je suis en France‚ quand je mange des sushis rue du Faubourg-du-Temple avec la télé japonaise sur écran plasma‚ je suis en France en mangeant une pizza casher avenue Gambetta‚ je suis en France chez l'épicier algérien‚ le cordonnier chinois‚ le taxiphone indien... je l'apprends tous les jours la France‚ dans les mots étrangers que j'entends‚ dans les couleurs les odeurs les accents...

  • Décidément nous ne serons pas des héros...
    Oui je vais continuer d'être un bon garçon...
    Et mes petites mains sans doute pourront se rendre utiles‚ ma petite tête‚ c'est pas garanti...
    Non‚ sans rire‚ si je pouvais‚ j'enverrais tout valser moi‚ dès maintenant...
    J'épargnerais quelques animaux tout de même‚ un petit bout de nature en espérant que tout se reconstruise‚ un jour‚ peut-être Différemment...
    Oui : le règne des insectes‚ qui sait Ça vaudrait mieux que maintenant...
    Dans un ou deux siècles Dans dix mille ans...

  • Je peux donc avoir encore vingt-cinq ans...
    Et des milliards de choses à dire‚ aussi Tout à coup ça me vient...
    Tout à coup‚ j'ai la prétention de dire des choses Qui pourraient peut-être ne pas concerner que moi Comme ça...
    À la manière occidentale Par exemple‚ je dis : Nous Nous qui avons vingt-cinq ans

  • Ma couleur préférée Nouv.

    « C'est quoi ta couleur préférée ? » Voilà une question que les grands ne se posent plus. Ils se demandent plutôt : « Tu fais quoi dans la vie ? » Dans les cours de récréation de maternelles et de primaires, c'est une question qu'on se pose encore avec le plus grand intérêt. La réponse qu'on y apporte est déterminante : elle indique le consensus ou l'anticonformisme.
    La couleur est donc une merveilleuse entrée pour s'adresser aux enfants : à partir de cette expérience quotidienne - présente dans les travaux manuels, les choix vestimentaires, la scolarité, la signalétique, etc. - peuvent se dessiner des réflexions sur la subjectivité des goûts et des opinions, l'influence d'une culture, l'originalité d'une création...
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  • Djamil Mohamed ; my Brazza Nouv.

    Djamil Mohamed : À partir de l'histoire de Djamil Mohamed, l'auteur Ronan Chéneau dresse le portrait d'un jeune homme issu d'une famille comorienne, qui a dû trouver la force de dépasser sa condition sociale et sa couleur de peau pour devenir l'acteur qu'il est aujourd'hui. Au milieu d'une salle de classe, face aux élèves, Djamil nous raconte comment et pourquoi il a toujours rêvé de Hamlet, Lorenzaccio, Don Juan, Arlequin... et comment ce désir l'a porté jusqu'à devenir l'acteur qu'il est aujourd'hui. Une occasion formidable de présenter aux élèves le pouvoir de la volonté lorsqu'il s'agit de s'aff ranchir des difficultés et des assignati ns, une occasion formidable de présenter aux élèves certains des plus grands monologues du répertoire classique à travers le portrait intime d'un acteur issu de la nouvelle génération.

    My Brazza, initialement paru en collection Bleue avec Nouvelles vagues en 2014.
    Florent Mahoukou, danseur originaire du Congo-Brazzaville, livre ses souvenirs, raconte sa ville, son pays tels qu'il les voit, tels qu'il les a rêvés, tels qu'il les a vécus, avec ses problèmes, ses élans, ses déchirures. Aussi bien acteur que danseur, il donne une bouleversante chorégraphie qui suscite l'échange avec son jeune auditoire. Il parle de lui et, à travers lui, de son pays ; depuis le Congo il dresse l'histoire du continent africain et de son inscription au monde d'aujourd'hui.

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