• En souvenir d'un ancien amour, un homme prête une maison à des femmes artistes qui en font pour quelques temps leur atelier... Il y a quelques règles à respecter, laisser une oeuvre en fin de séjour, et accepter la présence d'une femme de ménage qui veille sur la maison, autant que sur ses locataires. Sur trois époques successives - les années cinquante, soixante-dix et deux mille-vingt - la position de la femme et de l'artiste, seule, en collectif, féministe ou pas, est mise en regard.

  • Normalito questionne la tolérance et l'empathie à travers une fable sur la normalité et la différence, sur les peurs que nous inspirent ceux que nous pensons ne pas comprendre. Ne sommes-nous pas tous différents et tous semblables ?
    Et puis on a sauté ! « Pourquoi les parents sont-ils toujours occupés à autre chose qu'à passer du temps avec leurs enfants ? » se demandent un frère et une soeur qui vont faire une énorme bêtise pour attirer leur attention et découvrir ainsi un lieu hors du temps.

  • Cet été-là, mon passe-temps favori était de décoller la pellicule qui recouvre le monde. Je grattais tout avec l'ongle. Quand on commence on ne peut plus s'arrêter. J'arrachais ce film transparent qui protège les surfaces fragiles, les écrans d'ordinateur, les smartphones et qui se détache d'un seul coup une fois qu'on a trouvé son extrémité. Peut-être que c'est ça la fin de l'enfance.

    Dix adolescents se retrouvent le temps d'un été, avec pour seul point commun leur jeunesse. Les journées défilent, bercées des visions apocalyptiques des adultes. Ils décident alors d'éprouver leur courage. Mais l'aventure se terminera par un drame, qui finira par les séparer. Dix ans plus tard, ils se retrouvent pour faire face au passé et à ses fruits. N'est-ce pas là pour eux une nouvelle forme de courage ?

  • Tu as toujours un papa et une maman, une maman et un papa, tu n'es pas seul, on t'aime, nous on t'aime, tu ne vois pas comme on t'aime, tu ne vois pas combien on t'aime, merde et merde et merde comme on t'aime et qu'est-ce qu'on t'aime et combien vous êtes dans ta classe, combien ils sont dans ta classe à avoir des parents séparés, divorcés ? Tout le monde a des parents divorcés séparés c'est normal c'est la vie...

  • Ne pleure pas. J'ai mal à la tête. Pas de larmes. Je m'en vais toute seule et je te laisse là. J'accroche un papier avec notre adresse à la fermeture Éclair de ton anorak. N'importe qui te raccompagnera chez toi tout droit. C'est ce que tu veux ? Alors qu'est-ce que tu veux ? Moi je reste là. Je ne rentre pas. Je vais au Groenland. Tu me crois ou pas.

  • Tu m'annonces vouloir prendre nos parents chez toi pour contrecarrer cette société irresponsable et individualiste qui pliera bientôt l'échine et portera la burqa alors qu'elle pianotait inconsciente et bon enfant sur les réseaux sociaux en prônant la liberté d'expression et dans le même temps, toi, professeure de français, tu romps avec les principes fondamentaux de ton métier en abandonnant des élèves mineurs sous ta responsabilité en plein Paris la nuit tombée et tu détruis la seule possibilité qu'ils avaient de te joindre ?

    Valentine, 40 ans, professeur de lettres, traverse une crise. Elle s'interroge sur sa responsabilité de femme, de mère, de professeur, de citoyenne. Mais aussi sur son époque et sa génération. Au cours d'un voyage scolaire à Paris, elle décide d'abandonner sa classe de troisième, composée de vingt-sept élèves...

  • Ils sont deux, la trentaine, ils se connaissent mal, ils viennent d'univers radicalement différents. C'est une femme, il est un homme. Elle est étrangère, il est français. Elle est sous ses ordres, il la dirige. Ils doivent finir de construire quelque chose ensemble, avec les aléas, les retards, les changements de plan, les dépassements de budgets, les blessures qu'implique toute construction.

    Ils sont dans le bâtiment. C'est pas la même façon de regarder, de parler, de manger, de s'habiller. Et même s'ils doivent construire ensemble, séparément ils n'ont pas du tout la même vision de ce qui doit être.

  • Qu est-ce qu un portrait ? Un part de réalité. Quelle que soit la forme qu on lui donne, il reste une partie infime de l ensemble. En peinture, en prose, au théâtre. Pourtant, même si le portrait reste incomplet, il cerne et libère quelque chose. À condition que le portraitiste ait l il et puisse exprimer ce qu il regarde, le portrait physique devient un portrait moral. Le portraitiste scrute et son sujet devient transparent, il le libère de tout ce qui lui semble superflu. Il en fait le portrait, forcément subjectif, mais qui permet au lecteur/spectateur de prendre position en jetant un nouveau regard sur l ensemble. Pauline Sales est partie, en 2007, en Israël et dans les territoires occupés palestiniens. Neuf portraits en sont le résultat. Neuf possibilités de poser le regard sur autre chose.

  • Les hommes ne vivent que parce que les femmes le veulent bien. Ils l'oublient trop souvent. Elles acceptent à plusieurs reprises de les prendre chez elles et régulièrement ça finit par une cohabitation de neuf mois. Il ne s'agit pas de colocation. Tout est à leur charge, la nourriture, le chauffage, l'électricité. Ce n'est pas grand, mais je n'ai jamais entendu un homme se plaindre. Je l'ai déjà dit. Les hommes oublient. Et là-dessus, ils sont amnésiques. Quand ils sortent de là ils ne sont pas grand-chose. Mais comme ils n'étaient rien en entrant. Les trois-quarts se plaignent de sortir, les trois-quarts pleurent. On ne sait pas quoi puisque personne ne se souvient. Peut-être simplement d'être sortis.

  • Nous avons des livres‚ vous ne vous ennuierez pas‚ vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer‚ vous bricolez‚ vous savez bricoler‚ vous avez de l'or dans les mains‚ c'est payé‚ davantage que votre ancien job‚ votre maman sera contente‚ il ne faudra pas que votre maman vienne vous voir‚ ni vos soeurs‚ nous ne voyons ni mère ni soeurs‚ nous nous tenons éloignés des femmes‚ mon ami et moi‚ nous ne couchons pas ensemble‚ pensez ce que vous voulez‚ mais nous ne couchons pas ensemble‚ nous préservons notre santé‚ nous ne l'avons pas beaucoup préservée jusque-là‚ nous prenons un peu de repos‚ nous sommes des terres en jachère‚ je bande encore‚ rassurez-vous‚ ça m'arrive encore‚ mais je me garde pour plus tard‚ je réapprends‚ on peut dire ça (.)

  • Une femme... deux hommes interrogés par la police secrète dite la Stasi en ex-RDA à Berlin dans les années soixante-dix. Ils ont en commun d'avoir tous les trois accompagné dans les années trente un auteur de théâtre devenu mondialement célèbre... Bertolt Brecht. Du temps a passé depuis. Brecht est mort. Il est devenu une icône intouchable du communisme. Ses trois collaborateurs ont... chacun à leur façon... été profondément bouleversés dans leur chair par cette collaboration hors du commun. Amour... fascination... haine...

  • Même pas peur quand après beaucoup de paroles et d'explications, ils me l'ont montré. Donnez-le-- moi putain, je crie. C'est moi qui l'ai fait. Le médecin tape mon front. Le sang dégouline entre mes jambes. J'ai pas peur, je crie. Ma licornus monstrus je l'ai tout de suite reconnue. J'ai pas dit que j'ai pas pleuré. J'ai pas dit que j'ai pas vomi, j'ai juste su que c'était moi qui l'avais pondue. Savoir ce que le poison donnera chez chacun de nous. (...)

  • Je fais semblant‚ c'est plus fort que moi‚ je me méfie. Mes enfants ? Des paysages que l'on aperçoit derrière une vitre en voiture. Que se passe-t-il dans cette maison‚ on devrait couper cet arbre. Je suis un vieillard qui mâchonne sa célébrité comme un bâton de réglisse‚ le premier journaliste venu‚ surtout si c'est une femme‚ me trouve délicieux dans les approches de la sénilité et écrit que je suis loin de la réputation d'ermite qui a été mon manteau‚ un chien m'amuse‚ je me divertis devant n'importe quelle émission sportive‚ mais mes propres enfants m'ennuient. Que leur dire ? Je vois les morts qu'ils seront‚ dès qu'ils sont nés‚ à l'instant où on les dépose dans mes bras.
    />
    Michel a vingt ans lorsqu'il réchappe de la déportation. Il reviendra de Pologne avec Ewa, sa première femme. Ensemble, ils s'installeront dans une maison à la campagne. Lui écrit, deviendra un auteur célèbre, se remariera avec Diane aussi. La pièce s'ouvre dans cette même maison soixante ans plus tard. Dans une chambre à l'étage, Michel est à l'agonie. En bas, ses deux épouses successives, ses enfants et petits-enfants, toute la famille est réunie. Trois générations qui ont à se débattre dans leur propre parcours avec cette double figure du survivant et de la réussite. Un curieux personnage, biographe de l'auteur qui a gagné « l'intimité » du cercle familial, est également présent.

    Ce texte est une commande de Christophe Perton au nom de la Comédie de Valence CDN Drôme-Ardèche.

  • Je suis dans la volonté du bien, du partage et de la communion.

    Je communie et je baise ma fille parce qu'elle est trop aimable, parce qu'elle est le meilleur de moi-même, parce qu'il est juste que je goûte à mon propre chef-d'oeuvre, parce que tout le monde veut avoir sa part de ce qui est beau et bon et frais, parce que je ne ternis qu'une coquille de noix dans sa pupille et qu'il suffit de faire briller le reste, de faire reluire l'ensemble.

  • J'aime bien les trous‚ les bosses‚ les artères bouchées‚ le scotch qui a circulé‚ les larmes ravalées. Je peux pas aimer ceux qui aiment les jeunes parce que je vais vieillir pauvre cloche et qu'un jour tu seras trop jeune pour moi‚ même avec tes rides et ton incontinence et tout le tsoin-tsoin. Tu as brûlé la plus belle histoire d'amour que je connaisse et je peux te dire que j'en connais et tu peux me croire. Tu as brûlé l'histoire d'amour qui fait que je suis là pour te rencontrer.

  • Elle dit j'ai eu un moment difficile, L'adolescence est un moment difficile Un passage Elle répète toujours ça Comme si c'était l'âge de l'escalade L'âge où on peut tomber Vous escaladez ?
    Trois textes à l'adresse des adolescents pour interroger avec eux ce passage insaisissable entre crédulité et cynisme, goût de la mort et appel de la vie, ennui dévorant et surénergie.

  • Un espace qui laisse la place à l'imaginaire.
    Une respiration entre le quotidien et nous. C'est devenu un espace envahissant, les gens n'en ont plus le désir. Ils le paient trop cher. C'est du gaspillage disent-ils, cet espace inutilisé. Ils finissent par le trouver oppressant. On ne sait pas par qui il est peuplé.

  • Le projet artistique à l'origine de cette écriture par épisodes est tout à fait original : six centres dramatiques se sont alliés pour réaliser ce feuilleton théâtral itinérant. Chaque épisode sera créé dans un CDN et mis en scène par un metteur en scène différent. Ainsi, au fur et à mesure de la saison, tous les épisodes seront joués à tour de rôle dans les CDN partenaires, à la manière d'un feuilleton.
    S'inspirant du roman feuilleton, très en vogue au XIXe siècle avant d'être supplanté par les nouveaux médias, et un mode de divertissement proche de la télé-réalité, Pauline Sales et Fabrice Melquiot abordent une petite histoire de la sexualité d'aujourd'hui sous forme de séances de consultation chez un étonnant psychiatre, le Dr Camiski. Son domaine d'expertise - et de prédilection : le sexe. Les différents épisodes font défiler toute une série de personnages, tous plus loufoques les uns que les autres. Peu à peu, le thérapeute, accompagné de sa chienne Junon, révèle lui aussi son intimité. Au sein de ce huis-clos qu'est le cabinet de consultation du Docteur Camiski sont explorés les désirs les plus intimes de chacun et exposées à vue les relations humaines, charnelles et sexuelles.

empty