• Moi, mes parents, ils se sont séparés quand j'étais petit. J'avais environ 5 ou 7 ans par là. Et ils m'ont demandé si je voulais habiter avec papa ou avec maman.
    Je leur ai dit que je voulais réfléchir avant de choisir.
    Je voulais peser le pour et le contre.
    Avec mon père, je peux manger des hamburgers tous les jours, on peut regarder la télé le soir, je suis pas obligé de prendre ma douche et je fais mes devoirs que le mercredi.
    Avec ma mère, on est obligé de manger des poireaux, de se coucher à 20 heures, on est obligé de se laver tous les jours et elle a pas beaucoup d'humour.
    Donc.
    J'ai choisi ma mère

  • À la suite d'une performance créée en 2018 avec le cinéaste Alain Cavalier, l'auteur Mohamed El Khatib a voulu revenir sur des thèmes évoqués au long de leurs échanges : la tendresse et la distance qu'ils cultivent à l'égard des acteurs.
    Figure à la fois fascinante et inquiétante, l'acteur est un objet de fantasmes associé à un métier précieux et précaire.
    À l'invitation de France Culture, Mohamed El Khatib initie une série de portraits d'acteurs et d'actrices qui ont marqué le théâtre ou le cinéma français : la série a été inaugurée le 18 juillet 2019 à l'occasion d'une lecture inédite avec Éric Elmosnino au Festival d'Avignon.

  • J'ai réuni l'ensemble du « matériau-vie » à ma disposition entre mai 2010 et août 2013. Je n'ai pas toujours demandé les autorisations utiles. Je ne me suis pas posé la question de la limite, de la décence, de la pudeur. J'ai rassemblé ce que j'ai pu et j'ai reconstruit. Tout est allé très vite et sans préméditation. Cette fiction documentaire est restituée ici arbitrairement sous la forme d'un livre, de façon chronologique, à peu près linéaire. Il n'y a aucun suspense, à la fin on sait qu'elle meurt et que son fils est très très triste. On sait également que si c'était à refaire, j'agirais sans doute différemment. J'aurais été un fils irréprochable. Les parents se demandent toujours s'ils ont été de bons parents. Mais nous, est-ce qu'on a été de bons enfants ? On a été des enfants au niveau, nous ? On a été des enfants olympiques, nous ?

  • Alors voilà, j'aimerais vous inviter à participer à un travail, qui n'a rien de psychanalytique, qui n'aura aucune vertu apaisante - j'en ai conscience -, à nous revoir pour réfléchir à la notion suspecte de « deuil ». Je ne connaissais pas vos enfants, je ne crois pas les avoir croisés, en tout cas je ne m'en souviens pas. J'aimerais que vous puissiez me parler d'eux, de leur disparition de votre vie.

    Mohamed El Khatib, auteur et metteur en scène, s'astreint à confronter le théâtre à d'autres médiums (cinéma, installations, journaux) et à observer le produit de ces frictions. Après des études de Lettres (Khâgne), un passage à Sciences Po, puis au CADAC (Centre d'art dramatique de Mexico) et une thèse de sociologie sur « la critique dans la presse française » (dir. Nicolas Pélissier), il cofonde à Orléans en 2006 le collectif Zirlib autour d'un postulat simple : l'esthétique n'est pas dépourvue de sens politique.
    Zirlib est le fruit d'une rencontre entre auteurs, acteurs, chercheurs, danseurs, vidéastes et musiciens de formations et d'horizons divers. Ce collectif envisage la création contemporaine comme une expérience, un geste sensible/social dont la dimension esthétique la plus exigeante doit se confronter au quotidien le plus banal.

  • Une boule transparente, on la renverse et il tombe de la neige. Cet objet incontournable des boutiques de souvenirs a fait rêver des générations d'enfants. Souvent remisé après usage au fond d'un tiroir, il est aussi un Graal pour les collectionneurs toujours en quête de la boule manquante, celle qui leur rendra leur enfance à jamais perdue. Considérée comme dérisoire, la boule à neige est loin d'être un objet anodin, comme le révèlent Mohamed El Khatib et l'historien Patrick Boucheron. Ils montrent dans cette performance comment un tel phénomène issu de la culture populaire permet d'interroger les actes de « qualification » et de « croyance » qui, par des opérations de « bénédiction » esthétique, de « sacrement » culturel, transforment un objet ordinaire en oeuvre d'art.
    Hugues Le Tanneur, pour le Festival d'Automne à Paris

  • Les stades de football sont de formidables laboratoires politiques et poétiques. On y côtoie le pire et le meilleur. Le stade est le dernier endroit de mixité sociale, le dernier espace où pendant 90 minutes vont se côtoyer classes laborieuses et bourgeoisie.
    Même l'école a perdu cette vocation. Stadium essaye de comprendre comment cette passion structure des vies entières à l'échelle d'un territoire.

    Mohamed El Khatib réunit plus de 50 supporters du Racing Club de Lens pour une expérience esthétique inédite. Du plus intime au plus politique, cette performance documentaire met un coup de pied dans la ruche à poncifs sur le monde du football et dresse une carte anthropologique de l'agora du stade.

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