• Berlin

    Michel Jacquet

    Berlin ne se donne pas au premier regard et reste largement impénétrable pour qui ne sait pas l'aborder. Il faut aller au-delà d'une certaine rudesse, liée à l'histoire, au climat ou à l'architecture, pour l'apprécier.
    Car si l'on peut voir en elle une ville de nature, de loisirs et de fêtes, une ville inventive, habile à se régénérer et à se transformer, on ne saurait oublier non plus les tragiques épreuves subies au cours d'un siècle saisi par la démence.
    Si les villes ont une âme, celle de Berlin, aujourd'hui apaisée et joyeuse, reste cependant indissociable de son passé tourmenté. Ce livre invite son lecteur à une approche complexe et subtile d'une métropole redevenue très influente, une destination aussi proche que mal connue.

  • La période de l'Occupation est un sujet de choix pour les cinéastes. De fait, depuis 1945, de très nombreux films l'ont prise pour thème. Quels sont ces films et sous quels angles ont-ils présenté les années noires ? Michel Jacquet analyse ce moteur essentiel de la mémoire collective en mettant en évidence les différentes perceptions, selon les périodes ou selon les enjeux idéologiques, politiques, sociologiques, etc. Une étude brillante, autant qu'un hommage rendu aux grandes figures du septième art.

  • Comment le cinéma américain représente-t-il la guerre du Vietnam ? Depuis plus de trente ans, la guerre du Viêt-nam hante le cinéma américain. Les réalisateurs ne cessent de mettre en scène les différentes implications du conflit et les effets destructeurs qu'il exerça sur les individus. Michael Cimino, Francis Ford Coppola, Stanley Kubrick, Oliver Stone ou Brian De Palma, notamment, ont proposé des films majeurs, qui participent aujourd'hui à la mémoire de cette guerre. Par sa démesure, par sa cruauté, par l'amertume et les questionnements qu'elle suscita, l'intervention américaine au Viêt-nam constitue toujours un repère incontournable pour les scénaristes d'outre-Atlantique.

  • Il semble convenu que le cinéma français n'a pas su montrer la guerre d'Algérie et qu'il ne l'a représentée que de manière très allusive. Cette contre-vérité quasiment instituée nourrit les complexes que les Français entretiennent par rapport au cinéma américain, prétendument beaucoup plus libre et plus critique quand il s'agit de mettre en images les épisodes les moins avantageux de l'histoire récente des États-Unis.
    Et si l'on faisait un mauvais procès à nos réalisateurs ? Un minimum d'objectivité permettrait en effet de constater qu'ils ont proposé au public les images manquantes du conflit. Comment nous représenterions-nous cette guerre « refoulée » s'il n'y avait eu R.A.S., Avoir vingt ans dans les Aurès ou L'Ennemi intime ? Il est peut-être temps de rendre justice à notre cinéma en réexaminant comment chacun de ces films, à sa manière, a contribué à modeler la conscience collective nationale.

  • La fantaisie des Quercinois a créé toute une mythologie populaire. Le malin erre ici-bas pour perdre les malheureux. Les serpents, les chats et les loups seraient doués de pouvoirs maléfiques, mais il existerait aussi des animaux purement fantastiques. Des hommes sauvages peupleraient les forêts. Un voyageur a le pouvoir de ressusciter les morts. Des trépassés châtient les vivants. Les âmes du purgatoire hantent la campagne. Quelques imprudents rencontrent la faucheuse. Les extra-terrestres eux-mêmes poseraient leurs nefs en Quercy. Ce livre invite le lecteur à entrer dans un univers stupéfiant.
    Michel Jacquet a passé son enfance dans une petite ville du Quercy. Grâce à son travail dans un centre de recherche, il a visité de nombreux pays tropicaux. La découverte de cultures différentes l'a passionné, mais son métier astreignant ne lui laissait pas le loisir d'écrire. Après son départ à la retraite, il a composé ce recueil de contes: les uns écoutés dans son enfance, d'autres simplement imaginés.

    La fantasiá dels Carcinòls congreèt tota una mitologia populara. Lo banut barrutla aicibàs per pèrdre los maluroses. Las sèrps, los cats e los lops serián dotats de poders malefics, mas existirián tanben d'animals purament fantastics.
    D'òmes salvatges poblarián las selvas.
    Un viatjaire a lo poder de far tornar viure los mòrts. De trespassats castigan los vius.
    Las armas del purgatòri trèvan lo campèstre.
    Qualques imprudents encontran la dalhaira.
    Los quites extraterrèstres pausarián tanben lor nau en Carcin. Aquel libre convida lo legeire a dintrar dins un univèrs espantós.
    Michel Jacquet passèt son enfança dins una vilòta del Carcin. De mercé a son trabalh dins un centre de recèrca, vistalhèt fòrça païses tropicals. La descobèrta de culturas desparièras l'apassionèt, mas son mestièr astrenhent li daissava pas léser d'escriure.
    Aprèp sa retirada, compausèt aquel recuèlh de contes: d'unes escotats dins son enfança carcinòla, e d'autres simplament imaginats.

  • Dins los païses tropicals, que l'autor vistalhèt, se dison fòrça racontes. Las cresenças africanas evòcan de longa la figura pivelaira de la femna de l'aiga. Parlan tanben de mòrts vius, de fachilhièrs e de confrariás secretas assedadas de poder. Explican cossí un entrepreneire foguèt salvat per una aparicion.
    Dins los païses latino-americans, los passejaires pòdon encontrar de trèvas desconsoladas. De sembla-mòrtas vòlon quitar lor ataüc. De tresaurs perduts aurián escapat a la cobesiá febrosa dels conquistaires. Aquel libre convida lo legeire a dintrar dins un univèrs espantós.
    Michel Jacquet passèt son enfança dins una vilòta del Carcin. De mercé a son trabalh dins un centre de recèrca, vistalhèt fòrça païses tropicals. La descobèrta de culturas desparièras l'apassionèt, mas son mestièr astrenhent li daissava pas léser d'escriure. Aprèp sa retirada, compausèt aquel recuèlh de contes escotats Otramar.

    Dans les pays tropicaux, que l'auteur a visités, on raconte de nombreux récits. Les croyances africaines évoquent continuellement la figure fascinante de la femme des eaux. Elles parlent aussi de morts vivants, de magiciens et de confréries secrètes assoiffées de pouvoir. Elles expliquent comment un entrepreneur fut sauvé par un fantôme. Dans les pays latino-américains, les passants peuvent rencontrer des spectres éplorés. De fausses mortes veulent sortir de leur cercueil.
    Des trésors perdus auraient échappé à la convoitise fiévreuse des conquérants. Ce livre invite le lecteur à entrer dans un univers stupéfiant.

  • Extrait

    Chapitre 1
    Le malheur frappe toujours à la même porte. Il est né cinquante ans auparavant à Septèmes-les-Vallons, petit bourg provençal au pied de la chaîne de l'Etoile et situé à quelques enjambées de la cité phocéenne. De ses premiers pas à sa montée à Paris, il ne l'a pas quitté.
    Il y a vécu une jeunesse pleine d'insouciance et d'aventures comme son premier béguin qu'il a embrassé derrière la vieille église, rebaptisée par la municipalité ancrée bien à gauche : Centre culturel Louis Aragon ; ça ne s'invente pas ! Fallait oser. Sur cette terre méridionale, la nature ne souffre pas trop de l'hiver : elle l'apprivoise, joue avec, s'adapte. Le soleil comparse de toujours se montre magnanime tout au long de ces temps frileux. Il réchauffe les collines et les garrigues dépoussiérées par un mistral omniprésent.
    Ici, les chênes verts, les pins, les oliviers, les genêts et bien d'autres règnent en maîtres absolus ; le décor souffrirait de leur absence. Ces végétaux ne se départent jamais de leurs feuilles d'où la perception d'une éternelle année lumineuse, verdoyante et argentée même dans ces mois frisquets. Les sempiternels platanes de la place du village, les parents pauvres, sont l'exception qui confirme la règle. A cause d'un élagage précoce, ils affichent l'aspect de pantins dépouillés, de marionnettes dénudées : polichinelles désarticulés.
    Il aimait la gentillesse de ces villageois et la fidélité de ses vieux amis qui avaient à coeur de préserver son intimité quand il y résidait quelques jours. Séjour, hélas, toujours trop court à son goût ! Toutes les années, pour le quatorze juillet, il participait à la paella géante organisée par le comité des fêtes. Il ne se permettait jamais de rater ce rendez-vous, un rituel, un véritable plaisir partagé entre copains. Il revivait, le temps d'un repas largement arrosé de vin du pays, une jeunesse tumultueuse et agitée : son pèlerinage, sa roche de Solutré en plus paillarde et plus alcoolisée ! Après une virée dans tous les bars, celui des Sports, de l'Eau Fraiche, de la Télévision, de la Mairie, le tabac PMU et chez Chécou, il finissait ivre, sous une table : son unique beuverie de l'année, résultant d'un pari idiot vieux de trente ans, qu'il fallait absolument respecter. Il y a bien longtemps pourtant que personne ne se souvenait de l'enjeu. Quelle importance ! Pour cette occasion, il redevenait le minot de la place, le turbulent gamin du coin, le trublion.
    Bien sûr, tous connaissaient l'immense vedette, l'acteur incontestable du petit et grand écran : Olivier Garcia. Tous les Septémois l'admiraient. L'année précédente le père Cléante, le curé béninois, en remplacement pour quinze jours dans la paroisse, les avait accompagnés dans leur délire anisé. Le représentant de Dieu n'eut guère besoin de louanges divines pour trouver le sommeil ce soir-là. Il avait toutefois négocié sa participation à cette « orgie » contre la promesse de l'acteur de se rendre à la messe dominicale. Olivier mit un point d'honneur à respecter son engagement.
    Olivier Garcia était un homme de parole. Il l'avait prouvé à maintes reprises. Humaniste, généreux, il avait intelligemment su mettre à profit sa notoriété pour venir en aide à diverses associations caritatives au service des enfants nés atteints de surdité ou de cécité, parfois des deux. Un âpre combat relayé volontiers par les médias nationaux.
    Opportuniste, têtu, une loi portait son nom. Il n'en retirait aucune fierté personnelle, seulement le sentiment d'un combat qu'il fallait continuer sans cesse, sans jamais baisser les bras.
    Monique, sa grande soeur, le soutenait dans cette lutte. Elle le recevait à chacune de ses visites. Veuve depuis une vingtaine d'années, elle ne vivait que pour son frère, l'ultime membre de sa famille. Elle n'avait pas de mots assez forts pour parler « du petit », et, à chaque fois que l'occasion se présentait, elle devenait intarissable sur le sujet. Dans ces moments-là, ses yeux étincelaient de mille feux. Ils brillaient de plaisir et reflétaient une joie profonde.
    Elle avait accepté la demande de son frère et était revenue vivre dans cette petite et coquette maison de village de deux étages, à côté du café, face à la mairie et en bordure de route. Depuis la mort des parents, cette femme à l'embonpoint généreux et à la chevelure grisonnante, occupait la demeure familiale. Rénovée entièrement et restaurée avec goût, l'acteur ne se serait jamais départi de ce petit bijou. Tant d'agréables souvenirs et d'amour dispensés y étaient attachés.
    On le voyait peu dans le village. Les scènes des théâtres parisiens, les télévisions nationales le réclamaient sans cesse : trop de travail et trop de contrats à honorer dans la capitale. Il ne s'en plaignait pas non plus car il adorait son métier. Un mariage de vieux rêves et de passion, un savant mélange dont il vivait aisément aujourd'hui.
    Exceptionnellement, l'opportunité d'un téléfilm à Marseille le ramena dans sa ville natale pour trois semaines en ce mois de février. C'était la première fois qu'il y tournait. Curieusement, la chose ne s'était jamais présentée auparavant et, pour cette unique raison, il ne lui était pas venu à l'idée de refuser.
    Ce personnage public jouissait d'un véritable charisme et il émanait de lui une indéniable force morale. Pourvu d'un physique très agréable, ce brun aux yeux bleus, un heureux héritage de son grand-père paternel, avait appris très tôt à plaire aux femmes, à les séduire : une deuxième nature et une arme redoutable dans son métier. Il savait en user, en abuser si nécessaire. Tout aussi charmant que charmeur, infidèle jusqu'au bout des ongles, épicurien, il ne vivait jamais plus d'un an en couple. Il croquait la vie à pleines dents sans se soucier des dégâts sentimentaux qu'il occasionnait à chaque rupture. La nécessité d'être reconnu et aimé l'obsédait, l'envie d'autres envies, le besoin d'aventure qu'il confondait avec aventures.
    La dernière en date, Marie-Jo, jeune actrice, l'accompagnait. La brune incendiaire, d'une beauté à couper le souffle, de vingt-cinq ans sa cadette, séduite par l'authenticité du méditerranéen, avait longuement insisté pour passer ce moment privilégié à ses côtés. De guerre lasse ou animé par un désir pressant, Olivier avait fini par accepter. Elle l'aimait. Lui non ou pas encore. Marie-Jo le savait. Tout se savait dans ce milieu. Elle n'ignorait rien de ses écarts et de ses frasques : elle le connaissait et la réputation de son nouvel amant n'était plus à établir. La presse populaire s'en chargeait et même si Olivier n'appréciait pas ce genre de publicité, il la tolérait ; il savait que la suite de sa carrière résultait en partie de ces apparitions répétées dans ces magazines spécialisés. Quant à la jeune femme, elle profitait de ce qu'il lui donnait, sans calcul, sans arrière-pensées, sans aucune projection dans l'avenir. Demain serait un autre jour !
    Il lui avait fait part de son projet, et aujourd'hui, entourée de ces deux femmes, il se félicitait de « sa » décision. Pour Olivier tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes possible si son producteur avait pris la peine d'écouter et tenu compte de ses remarques.
    « Ils ne sont jamais sur le terrain, toujours planqués dans leurs bureaux mais ils savent mieux que les autres. C'est pareil dans tous les métiers, il y a ceux qui prétendent connaître et ceux qui agissent. Je préfère la deuxième catégorie ».
    Leur entretien téléphonique dura plusieurs dizaines de minutes. Chacun campait sur ses positions. Pour Olivier il n'était pas question d'en démordre. D'un naturel obstiné, il tenait à avoir raison.
    - Tu veux qu'on mette dans la boîte les scènes de nuit en extérieur en trois jours ? C'est de la folie. Tu es un inconscient. Il fallait en prévoir trois supplémentaires ; c'est le meilleur du film, autant le traiter à fond. Quand j'ai lu le scénar, j'ai compris qu'avec ton timing on allait être limite.
    Olivier raccrocha, déçu. Une fois de plus le patron détenait la vérité, il ne lui restait plus qu'à exécuter les ordres.
    L'obscurité envahissait le salon maintenant. Il affectionnait ces heures sombres où la nuit commence doucement à prendre sa place, sans bruit ; un moment propice à la méditation. Hélas, il devrait attendre encore pour revisiter son intérieur. Marie-Jo, plus belle que jamais, entra dans la pièce. Un long baiser, chaud, tendre et langoureux ponctua son arrivée. Il dut toutefois refréner son appétence naissante ; la jeune femme gardait la tête froide. L'instant n'était ni aux câlineries, ni aux galipettes.
    - Je sais ce que tu veux mais si tu dois être sur le plateau dans une heure, nous attendrons cette nuit, à ton retour. Il faut que tu manges quelque chose avant de partir, ta soeur t'a mijoté ton plat préféré, des pieds et paquets : quelle horreur ! Rien que l'odeur me donne la nausée. Je te prépare des vêtements épais, il ne fait pas si chaud que ça dans ton pays quand le soleil n'est plus là !
    Frustré de ce refus qu'il comprenait ferme et catégorique, il ne la quitta pas des yeux quand elle s'arracha à lui avec infiniment de tendresse.
    Il la contempla quelques secondes allant même jusqu'à la détailler de la tête aux pieds comme s'il la voyait pour la première fois. L'homme, dans toute sa splendeur, dans toute sa grandeur, dans toute sa suffisance !
    « Elle est vraiment très belle, et si elle était capable de me fâcher avec le célibat ? Je commence à dater, bientôt je n'aurai plus le choix. C'est dur la vie quand on sent la vieillesse frapper à la porte ; je déteste ça ».
    Entouré d'amis, plus ou moins sincères, flatté, adulé, il ne se posait pas ce genre de questions habituellement. Les sollicitations, les rendez-vous galants, le temps qui galope à grandes enjambées l'en empêchaient. Sa vie s'écoulait, chargé de plaisirs, débordant de choses futiles et inutiles qu'il appréciait à leur juste valeur. Seuls les forts moments de solitude l'amenaient à déprimer. L'isolement n'avait pas sa place dans son carnet d'adresses. Il ne pouvait concevoir que son téléphone ne sonne pas au moins une fois dans la journée. Il fallait qu'il soit bousculé, demandé, réclamé : son équilibre psychique en dépendait.

  • Le Nervi

    Michel Jacquet

    Extrait

    Préface du chien Saucisse
    Moi, je n'aime pas les chats, quant à mon maître il n'aime pas les flics. On n'y peut rien, ce doit être dans notre nature. Il y a tout de même quelques chats que j'ai à la bonne, Léon, le gros chat de son ex, ou Poussy, la chatte à la voisine, parce que je les connais personnellement et que ça se passe bien... Un peu comme pour mon maître, qui connaît également quelques échappés de la maison poulaga, à qui il serre la main et adresse aimablement la parole... Son ami Jacquet est de ceux-là ! Il faut dire qu'il ne l'a pas connu en garde à vue, chacun d'un côté du bureau et lui du côté de la lampe dans la gueule et des coups de bottin sur la tête, ce qui n'aurait probablement pas favorisé l'urbanité de leurs relations à venir, mais qu'il l'a rencontré à la faveur des salons du livre. Qu'ils fréquentent tous deux pour y signer leur prose aux gogos de lecteurs qui les prennent pour des écrivains. Alors que dans ces mêmes salons du livre, où je suis invité moi-même en tant que teckel plumitif*, j'en ai croisé, des vrais écrivains, et je peux vous affirmer qu'ils n'ont rien à voir avec l'ami Michel ou avec mon maître : non, les vrais écrivains, ce sont des gens sérieux, ou qui en tout cas se prennent pour tels, capables de parler de leurs livres du matin au soir et d'en faire même un sujet de conversation à table, là où la moyenne des hominidés parle plus volontiers de bouffe, de sexe ou de politique... mais tout de même assez rarement de la disparition dommageable de l'imparfait du subjonctif !
    Michel Jacquet, je ne suis pas sûr qu'il connaisse l'imparfait du subjonctif... et je ne serais d'ailleurs pas étonné d'apprendre que dans une vie antérieure il l'aurait passé à tabac, l'imparfait du subjonctif, comme ça, pour le plaisir. Pour se défouler des phalanges. Parce que l'imparfait du subjonctif nous les brise ! L'un n'empêche pas l'autre, bien sûr, mais pour faire un bon livre il me semble surtout qu'il faut une bonne histoire, un bon tempo, savoir de quoi on parle et mettre dans son écriture autant de coeur que de culture. Et de tout ce qui fait donc un bon livre à mes yeux, ceux de Michel Jacquet ne manquent pas ! Déjà, son expérience de flic le légitime en tant qu'auteur de roman policier, et ils sont d'ailleurs nombreux parmi les anciens de sa corporation à se mettre à l'écriture, avec un certain bonheur. Au moins savent-ils qu'en France on n'est pas « inspecteur », grade qui n'existe plus chez nous depuis longtemps, mais bien lieutenant, qu'on n'a pas non plus besoin d'un mandat pour se présenter chez les gens comme dans les séries américaines, et ne confondent-ils pas non plus systématiquement détente et gâchette, pistolet et revolver, comme nombre de leurs pitoyables confrères en littérature, qui écrivent des romans policiers en n'ayant jamais été confronté à la réalité du métier autrement qu'à l'occasion d'un contrôle routier. Mais la pertinence du propos et la connaissance de son sujet ne suffisent pas non plus : encore faut-il avoir du style ! Du style, je l'ai déjà dit, l'ami Jacquet n'en manque pas. Un style simple et efficace, sans pompe mais juste et sensible, dont il a appris à maîtriser la surcharge pondérale originelle, qu'il tenait d'une faconde méditerranéenne fort sympathique. Après avoir montré à Michel Jacquet que la ponctuation avait été inventée pour faire trois phrases là où il en faisait une, il fut alors incontestablement démontré que nous tenions en ce garçon toujours emporté un bel et grand auteur de polar. Nerveux, incisif, authentique, sans concessions, qui ne s'encombrent ni de la morale ni du bon goût auxquels se croient assujettis des auteurs plus tièdes, qui prennent leur frilosité domestique pour de la sagesse et leurs lecteurs pour des nouilles.
    L'homme est rapidement devenu l'ami de mon maître, mais aussi le mien, car il est de ceux qui justement à table n'oublient pas les petits chiens, tandis que les grands auteurs se désolent du peu d'écho de leur dernier pensum dans les médias et de l'incurie de la gent journalistique, toujours injuste à l'égard de leur talent. Pendant ce temps-là, mon maître, Jacquet et moi en profitons pour nous resservir et finir les plats poliment, car nous sommes bien élevés et ne parlons pas la bouche pleine.
    Saucisse,
    traduit du chien au français par son maître, Serge Scotto
    * Saucisse est connu entre autres choses comme l'auteur de six recueils de ses tribunes dans la presse quotidienne, seul journaliste canin de France et de Navarre (NDLE)

  • Desencantat, un estudiant en mal d'amor tòrna del planestèl de Sault. Mas qual es aquel vièlh estranh qu'encontra en camin ? E qun secret prodigiós li vòl desvelar ? A comptar d'aquel moment, Io jovent afrontarà d'eveniments esquerrencs, ont lo sòmi crosarà la realitat, ont las trèvas d'un passat avalit se barrejaràn amb son quotidian. Mai que tot autre país, la tèrra d'òc rescond encara un fum de mistèris. Mas perqué aquel gojat escur se crei causit per los esclarcir ?..

    Désabusé, un étudiant en mal d'amour revient du plateau de Sault. Mais quel est ce curieux vieillard qu'il rencontre en chemin ? Et quel secret prodigieux veut-il lui révéler ? A partir de ce moment, le jeune-homme affrontera des événements étranges, où le rêve croisera la réalité, où les spectres d'un passé anéanti se mêleront à sa vie quotidienne. Plus que tout autre pays, la terre d'oc recèle encore une foule de mystères. Mais pourquoi cet obscur jeune homme se croit-il choisi pour les éclaircir ?..

  • Depuis 1918, comme le roman ou la peinture, le septième art s'est sans cesse intéressé à la grande guerre.
    De j'accuse au long dimanche de fiançailles, en passant par la grande illusion ou les sentiers de la gloire, le cinéma a toujours accompagné les interprétations qui ont été données de ce conflit. a moins que ce ne soit lui qui les ait imposées ? parfois compatissants, parfois militants, souvent accusateurs, de nombreux films français, allemands, britanniques ou américains ont mis en images le grand massacre qui ravagea les nations et les consciences.
    Un essai brillant, qui analyse les liens étroits que le cinéma entretient avec l'histoire.

  • En un lieu non défini, à une époque indéterminée, Kyril, un officier irréprochable, est chargé de la surveillance d´une frontière hermétiquement fermée. Argyr, un universitaire du pays voisin, est exceptionnellement autorisé à franchir cette frontière pour valider une découverte archéologique récente, propre à éclairer une période obscure de l´histoire. Finalement, Argyr regagne son pays après avoir traduit un texte fondamental qui s´avère toutefois incomplet. Trois ans plus tard, une étrange jeune femme traverse clandestinement la frontière et révèle, à Kyril, qu´Argyr a finalement complété ses travaux avant de connaître un sort tragique. Dès lors, le présent et le passé vont s´entremêler. Des faits révolus annoncent les événements contemporains, qui bouleverseront la destinée de Kyril et le contexte politique. Un homme mystérieux semble en mesure de prévoir ces épisodes tragiques. D´où tient-il une telle préscience ?

  • Droit du commerce international Nouv.

    Après une partie consacrée aux sources de la matière et au droit applicable, l'ouvrage s'attarde sur les opérateurs du commerce international, les sociétés, mais aussi les Etats et les organismes publics, avant d'exposer les différentes opérations du commerce international qui trouvent notamment leur expression dans des contrats essentiels comme la vente, le transport ou la distribution, sans oublier les contrats de travail et les différentes garanties.
    Il s'achève dans une partie réservée au règlement des différends aussi bien devant les juridictions étatiques que devant les tribunaux arbitraux qui ont pris, ces dernières années, une place déterminante dans le traitement des conflits de caractère international.
    L'ouvrage qui en est à sa quatrième édition, est parfaitement à jour de la jurisprudence dont on mesure tous les instants l'influence grandissante, mais aussi des règlements européens et des conventions internationales.

  • "Centrale à la fois par sa position géographique, par sa place dans l'histoire de France et par son rayonnement culturel, la ville de Bourges reste une grande méconnue. Pourtant, dans son infinie variété, son patrimoine ne peut manquer de séduire le visiteur et d'alimenter les imaginaires. Du Bourges médiéval à la ville moderne, du patrimoine aux expressions culturelles les plus contemporaines, ce superbe ouvrage invite son lecteur à redécouvrir la ville de Jacques Coeur pour s'imprégner de ses mille et un charmes."

  • Matière composite et complexe, le droit du commerce international est une branche du droit en pleine expansion. Il a pour objectif de fournir les règles juridiques applicables aux relations entre opérateurs économiques lorsque sont impliqués des mouvements de personnes, de biens, de services ou de valeurs intéressant l'économie de plusieurs Etats. Il lui est donc indispensable de déterminer ses méthodes et ses sources.
    Si les règles de conflit de lois ne sont pas délaissées, les règles matérielles d'origines diverses ont acquis progressivement une importance déterminante. Droit des sociétés, contrats, investissements, commerce électronique, ainsi que risques et garanties sont au coeur de la matière. Il est indispensable que le droit du commerce international indique aussi dans quelles conditions s'opère le règlement des litiges, par recours aux juridictions étatiques ou à l'arbitrage international.
    Conçu dans une perspective résolument internationaliste, l'ouvrage envisage néanmoins le droit du commerce international du point de vue français. Il s'adresse aux étudiants, aux chercheurs et aux praticiens désireux d'acquérir une vision globale et de bénéficier d'une étude systématique de la matière.

  • Les dictionnaires entretiennent une relation privilégiée avec l'orthographe : non seulement le système des entrées met en vedette les graphies, mais ces graphies elles-mêmes font souvent l'objet de commentaires explicites. Par-delà leur diversité, quelle connaissance de l'orthographe les dictionnaires apportent-ils? Quelle est leur cohérence? Quel parcours historique permettent-ils de retracer? Comment abordent-ils les propositions de réforme? Autant de questions explorées dans ce numéro.

  • Ce lexique contient plus de 2 000 néologismes courants qui reflètent l'évolution de la société chinoise depuis ces vingt dernières années. Chaque mot est suivi de la transcription pinyin, d'une traduction littérale, d'une définition en français et d'un exemple emprunté à la presse.

  • Dans l'évolution du droit de l'arbitrage commercial international, les mesures provisoires occupent une place particulière. L'éloignement des parties, la facilité de déplacer biens et capitaux peut les rendre particulièrement nécessaires. Puisque les parties auront entendu confier le règlement de leur litige à un tribunal arbitral, il semblera naturel de pouvoir obtenir du tribunal arbitral l'octroi d'une telle mesure. Cependant, l'absence d'imperium de l'arbitre a pu faire douter que celui-ci soit le mieux placé pour ordonner avec toute l'efficacité voulue une telle mesure. L'effet de surprise requis dans certaines circonstances s'accommode au demeurant mal des principes fondamentaux de confiance et d'égalité des parties qui président à l'arbitrage. Faut-il dans ce cas préférer le recours au juge étatique, alors même que celui-ci n'a qu'une connaissance partielle, voire tronquée, du litige ? Dans tous les cas, la mesure peut être lourde de conséquences à l'égard de celui contre lequel elle est ordonnée. Juge et arbitre doivent-ils s'ignorer ou peuvent-ils collaborer ? Le droit français apporte ses propres solutions à ces questions. Elles semblent équilibrées. Sont-elles suffisantes ? La Commission des Nations unies pour le droit du commerce international (CNUDCI) a décidé de remettre cette question à l'ordre du jour de son groupe de travail sur l'arbitrage. La loi-type est appelée à être modifiée sur ce point en fonction des résultats obtenus. Alors que les travaux entrepris étaient sur le point de s'achever, il était particulièrement opportun de réunir certains des meilleurs spécialistes de la matière afin qu'ils analysent également le projet de la CNUDCI et puissent faire part des réflexions que celui-ci suscite.


  • matière composite et complexe, le droit du commerce international est une branche du droit en pleine expansion.
    il a pour objectif de fournir les règles juridiques applicables aux relations entre opérateurs économiques lorsque sont impliqués des mouvements de personnes, de biens, de services ou de valeurs intéressant l'économie de plusieurs etats. il lui est donc indispensable de déterminer ses méthodes et ses sources. si les règles de conflit de lois ne sont pas délaissées, les règles matérielles d'origine diverse ont acquis progressivement une importance déterminante.
    droit des sociétés, contrats, investissements, commerce électronique, ainsi que risques et garanties sont au coeur de la matière. il est indispensable que le droit du commerce international indique aussi dans quelles conditions s'opère le règlement des litiges, par recours aux juridictions étatiques ou à l'arbitrage international. conçu dans une perspective résolument internationaliste, l'ouvrage envisage néanmoins le droit du commerce international du point de vue français.
    il s'adresse aux étudiants, aux chercheurs et aux praticiens désireux d'acquérir une vision globale et de bénéficier d'une étude systématique de la matière.

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