• Depuis les années 1930, les sociologues du travail se demandent pourquoi les ouvriers ne travaillent pas plus... Michael Burawoy se demande quant à lui pourquoi les ouvriers travaillent aussi dur, et ce qui les fait consentir à leur propre exploitation.
    Pour tenter de répondre à ces questions, il a travaillé près d'une année à la chaîne d'une usine de moteurs de la banlieue de Chicago. Aux antipodes d'une vision patronale de la sociologie du travail, Produire le consentement mêle descriptions ethnographiques et théorie du procès de travail capitaliste. Michael Burawoy y analyse le procès de production comme un jeu dont les travailleurs élaborent eux-mêmes les règles, et montre que cet ensemble de pratiques informelles construisant un espace de travail en partie contrôlé par les ouvriers, loin d'atténuer l'exploitation, la renforce.
    Produire le consentement, qui s'est imposé comme un classique de la sociologie du travail depuis sa parution en 1979, n'avait jamais été traduit en français.

  • Refusant l'abandon du marxisme comme l'approche dogmatique des textes des fondateurs, Michael Burawoy et Erik Olin Wright, sociologues américains, défendent la nécessité de reconstruire sans cesse le marxisme. Leur proposition prend la forme d'un « marxisme sociologique » - puisant son inspiration, entre autres, dans les écrits de Gramsci et de Polanyi - qui se nourrit des alternatives existantes au capitalisme pour penser le socialisme de demain.

    Le volume réunit la traduction de deux inédits : le premier, de Burawoy et Wright, présente les fondements théoriques et les potentialités émancipatrices d'un marxisme sociologique. Le second retrace l'histoire des trois vagues du marxisme. Ils sont suivis d'une discussion où Burawoy précise les contours du marxisme sociologique et réagit à l'actualité de la lutte de classes.

  • Si Bourdieu fait déjà figure de classique des sciences sociales, les débats que suscitent ses travaux en France sont souvent pris dans une fausse alternative entre une option polémique qui rejette en bloc son analyse de la reproduction sociale et une lecture académique à tendance hagiographique, sinon strictement instrumentale. Pour sortir de cette ornière, Burawoy décentre l'analyse de cette oeuvre en la confrontant à d'autres théories qui lui disputent la compréhension de la domination de classe, du racisme structurel et du patriarcat.
    Mobilisant les apports de Gramsci sur l'hégémonie, de Freire sur la pédagogie des opprimés, de Simone de Beauvoir sur la domination masculine ou encore de Frantz Fanon sur le colonialisme, il souligne les tensions politiques d'une oeuvre qui gagne à être enrichie des enjeux historiques de son époque comme de leurs prolongements contemporains. Alors qu'aux questions toujours pressantes des ressorts de la reproduction de la force de travail et des dynamiques d'accumulation du capital se superposent de nouveaux clivages, opposant notamment les féminismes laïciste et décolonial ou l'antiracisme classiste à celui qui combat l'islamophobie, ces « conversations imaginaires » se présentent comme autant de contributions au nécessaire renouvellement des assises théoriques de la sociologie critique contemporaine.

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