Vrin

  • Rousseau a formulé ses « principes du droit politique » dans le Contrat social et traité à leur lumière de Genève, de la Corse et de la Pologne. Mais son oeuvre publiée, si elle pose les conditions d'une société légitime, n'évoque qu'occasionnellement les relations entre États. La reconstitution de ses Principes du droit de la guerre, bien que ce manuscrit soit inachevé, éclaire un pan mal connu de sa théorie des « corps politiques ». La radicalité et l'originalité des thèses qu'il y soutient doit nous conduire à reconsidérer globalement l'orientation et la signification de sa pensée.

  • On a jusqu'ici édité sous le titre apocryphe Projet de constitution pour la Corse trois manuscrits rédigés en 1765 par Rousseau, après que le capitaine Buttafoco l'eut invité à tracer le « plan du système politique » de la Corse. Ces manuscrits ne sont pas une oeuvre à proprement parler de Rousseau mais des pièces successives et inachevées d'un dossier dans lequel il conservait sa documentation sous l'intitulé Affaires de Corse. Il n'y propose pas de constitution et se défend de faire oeuvre de législateur, mais juge utile et urgent de conseiller la jeune nation en proposant un « plan de gouvernement ». Pour Rousseau, la révolution corse et l'heureuse situation de l'île rendent possible une autre voie politique qui s'appuie sur la puissance de la démocratie. Ce volume présente, associée à la correspondance avec Buttafoco, une édition critique des manuscrits dans lesquels Rousseau a travaillé à un « plan de gouvernement bon pour la Corse ». L'introduction, l'annotation et le commentaire de ces textes en renouvellent l'interprétation en restant constamment attentifs à leur genèse et au contexte historique de leur rédaction.

    Sous la direction de C. Litwin, texte établi par J. Swenson.

  • Dans le Discours sur l'économie politique, Rousseau forme deux éléments essentiels de sa pensée politique: la notion de la volonté générale et la distinction entre souveraineté et gouvernement.
    Pourtant, la place centrale qui revient à cette oeuvre ne lui a pas été reconnue. D'abord publiée (en 1755) comme article de l'Encyclopédie, elle a longtemps été considérée comme marquée par l'influence de Diderot. Son objet, l'économie, semblait étranger aux préoccupations essentielles de Rousseau. Cette nouvelle édition, appuyée sur le brouillon manuscrit, éclaire la genèse du texte. Le commentaire proposé cherche à dégager l'unité et la spécificité de l'oeuvre : il analyse le processus d'invention de la volonté générale et l'émergence des problèmes décisifs liés à cette notion ; il restitue son sens à l'économie politique dans la pensée de Rousseau ; il situe son intervention, centrale parce que singulière, dans les débats de son temps.
    C'est sans doute ce qui fait aussi son intérêt présent : parce que l'administration des choses, à ses yeux, doit dépendre de celle des hommes, Rousseau lie les questions du patriotisme, de l'éducation publique à celles de la propriété ou de l'impôt. Il affirme clairement que l'économie doit être pensée sous la politique parce que l'égalité est la condition de la liberté.

  • Après le Discours sur l'inégalité et l'article « Economie politique », Rousseau revient au projet, resté en chantier, de ses Institutions politiques. Il en extrait et prépare pour l'édition une partie intitulée, après quelques hésitations, Du contrat social ou Essai sur la forme de la République. Il conservera ce manuscrit bien qu'il ait renoncé à le publier en l'état : c'est une oeuvre entièrement refondue qui paraît en 1762.
    La présente édition de ce texte diffère sensiblement des précédentes par son établissement et sa présentation.
    La perspective génétique ainsi ouverte est le point d'appui d'un renouvellement interprétatif dont l'introduction et une ample partie de commentaire rendent compte. Ce texte est en effet à ce double titre essentiel: comme tournant dans la pensée de Rousseau et comme carrefour de son oeuvre.

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel JarretyRousseau Les lettres de Rousseau que l'on trouvera ici rassemblées font partie intégrante de son oeuvre, et il les a écrites avec le même soin qu'il mettait à ses livres. Ses correspondants sont parfois célèbres, comme Voltaire à qui il adresse la « Lettre sur la providence », le marquis de Mirabeau avec lequel il s'entretient de physiocratie, ou bien Malesherbes, destinataire des fameuses lettres« autobiographiques ». Mais ce sont aussi des amis, comme la comtesse d'Houdetot à laquelle il adresse une série de six lettres morales  ou bien encore des inconnus qui souhaitent recueillir ses conseils.
    Philosophiques, ces pages le sont donc au sens le plus large, tant l'écrivain aborde des sujets divers, et sur des modes divers, rédigeant tantôt de véritables petits traités, tantôt des lettres de direction spirituelle et morale. Ce qui se découvre ainsi sur près de trente ans, de 1742 à 1771, ce sont les débats d'une époque et la part essentielle qu'y a prise Rousseau, mais aussi, au-delà même de la pensée qu'il développe, un autoportrait de l'écrivain dans son temps.

    Edition de Jean-François Perrin. 


  • parmi les projets de rousseau figurait un ouvrage intitulé principes du droit de la guerre.
    on a longtemps cru cet ouvrage perdu ou resté à l'état d'ébauches fragmentaires. or un travail sur des manuscrits (jusqu'alors publiés séparément et dans le désordre) a permis de reconstituer un texte très abouti, qui est manifestement la première partie de cet ouvrage. la redécouverte de ce texte et son rapprochement avec les écrits sur le projet de paix perpétuelle de l'abbé de saint-pierre, sur lesquels rousseau a travaillé immédiatement après, éclairent d'un jour nouveau sa conception des rapports entre les etats.
    les commentaires proposés dégagent l'originalité et l'actualité des questions posées par rousseau sur la nature et la genèse de la guerre et sur le statut d'un droit inter-étatique. l'etat est-il ce qui empêche les hommes de se faire la guerre ou est-il la cause de l'apparition de la guerre ? la guerre peut-elle être soumise à des règles de droit ? peut-on espérer une fin de toute guerre ? a quelles conditions une forme d'institution confédérale pourrait-elle assurer, par le droit, une paix perpétuelle ?.


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