• « En pleine crise d'obsolescence », le narrateur prend le train pour Venise où il va prêter main forte à Silvia. Cette éternelle étudiante consacre une thèse à Léopold Robert, peintre neuchâtelois tombé dans l'oubli, mais célébré dans l'Europe entière dans la première moitié du XIXe siècle. Plus fascinée par la réussite de cet homme, parti de rien, que par son oeuvre, Silvia tente de comprendre comment il en est venu à se trancher la gorge dans son atelier, à 40 ans. Avec son acolyte, elle écume les lieux, ruelles, monuments, par lesquels le peintre est passé. Leurs dialogues, comme un match de ping-pong, ponctuent une Venise tour à tour du XIXe et du XXIe siècles.

  • « Le siège est le meuble humain par excellence », décrète l'auteur, pour avoir un jour regardé d'un oeil neuf une pile de tabourets. A mi-chemin entre l'horizontalité et la verticalité, il explore les multiples dimensions de ces meubles qui contribuent à

  • Lieux communs

    Jean-Bernard Vuillème

    • Zoe
    • 3 Septembre 2015

    Suite à la découverte d'une vieille clé, Pablo Schötz décide de remonter le chemin de tous ses domiciles, s'offrant un périple dans son passé et dans le XXe siècle. De foyer en foyer, en même temps que les membres de son entourage, les équipements et le confort se modifient au fil des modes et des progrès.

  • Comment ressusciter un personnage oublié de tous ? Dans un livre paru en 2008, Jean-Bernard Vuillème avait ressuscité Pléthore, créé au début de son parcours d'écrivain. Pour la première fois, ce volume rassemble les deux Pléthore, le ressuscité de 2008 (Prix Dentan 2009) et son lointain prédécesseur de 1982, apparu dans des nouvelles saluées à l'époque comme un signe de renouvellement de la littérature romande. L'imaginaire et parfois l'invraisemblable, aussi bien que le burlesque, surgissaient dans le paysage d'une littérature encore très marquée par des approches intimistes. Toute la saveur d'une résurrection !

  • Les Malouines ou les Falkland ? Deux noms pour un même pays font un bon sujet de conflit et promettent un sac d'embrouilles. Mais tout serait calme depuis juin 1982 quand les Britanniques, manu militari, en ont expulsé les envahisseurs argentins. Ce qui n'empêche pas ces mêmes Argentins de continuer d'appeler Malvinas cet archipel situé à 400 kilomètres de leurs côtes. Or, malgré les 12 000 kilomètres qui l'en séparent, Londres voit dans cette appellation une preuve supplémentaire de la nature manifestement britannique des Falkland, puisque les Argentins n'avaient fait qu'emprunter le nom de Malvinas aux marins bretons de Saint-Malo qui les avaient baptisées Malouines... Plus de vingt ans après la guerre qui a vraiment fait de Margaret Thatcher la Dame de fer, la question de la souveraineté oppose encore Argentins et Britanniques.

    Parti là-bas pour écrire un roman, Jean-Bernard Vuillème en a d'abord rapporté ces Carnets des Malouines. Ses notes, prises au jour le jour dans cette minuscule communauté de Britanniques du bout du monde, protégés par deux soldats pour trois habitants et coupés de tout lien avec l'Argentine voisine, ne manquent ni d'intérêt, ni surtout de piquant.

  • "Celui qui est né de travers se sent singe, fils-singe, et se retient parfois au milieu d'une phrase de ne pas pousser des cris de singe. Il trouve ses racines dans les grimaces et les facéties de ses plus lointains ancêtres et rôde volontiers autour de leurs cages.» Ce roman raconte le vertige identitaire d'un homme à la recherche de son père biologique. Le Fils du lendemain dit d'une manière à la fois brûlante et distanciée, grave et légère, le poids de ces indicibles et banales vérités dissimulées au coeur des familles unies ou désunies.

  • Au coeur du récit, un lieu : les Abattoirs de La Chaux-de-Fonds, produit d'une idéologie du progrès et processus industriel appliqué au vivant.
    Des voix le disent et l'habitent entre 1906 et 2002. Victime de son immensité et de normes nouvelles, classé monument historique, l'Abattoir suscite aujourd'hui des discours de recyclage, par exemple en casino. Par les moyens conjugués de ses souvenirs d'enfant et de la fiction fondée sur une recherche historique, Vuillème a composé un récit polyphonique à la fois fantasmatique et d'une précision clinique sur l'Abattoir, lieu central de l'existence du peuple carnivore.

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