• L'ouvrage décrit la transformation de l'idée de photographie en histoire :
    Comment les pratiques de l'image, du XIXe au XXIe siècle, dépassent le discours normatif sur les images naturelles et exactes en lui substituant une constellation de récits, en relation avec la croissance d'archives photographiques dont les « documents » s'emplissent au fil du temps de signes du passé. Il s'agit en même temps de suivre les tours et détours de la relation, réputée évidente mais en réalité complexe, entre photographie et histoire. Les images et les histoires de photographies ont aussi souvent joué contre l'histoire que pour elle ;
    Elles en ont fait la critique plus souvent que la fabrique ; elles ont nourri des contre-histoires - à commencer par ce que l'on appelle l'histoire de la photographie - autant que des histoires. Il s'ensuit que le questionnement sur ce que « vaut » une image photographique en histoire rejoint le questionnement plus général sur ce qu'est l'histoire.

  • Ce livre concis et accessible présente les principales facettes de la pensée de Hans Kelsen, reconnu comme l'un des plus grands juristes du XXe siècle. Figure de proue du positivisme juridique, ce théoricien prône une science pure du droit, dédiée à la description objective du système juridique existant.

    Cet ouvrage restitue pas à pas le sens précis des concepts fondamentaux de Kelsen, dont la célèbre "hiérarchie des normes". Ce faisant, il s'agit de montrer la profonde cohérence du projet intellectuel de Kelsen, marqué par l'idéal de la science.

  • L'invention de la photographie est aussi la naissance d'une idée à la fois logique et politique : celle d'une image exacte et naturelle ou a-technique (un art sans art) et pour cette raison accessible à tous, un art pour tous. Depuis la loi française de 1839 sur le daguerréotype, cette idée n'a cessé de se développer dans la culture européenne et nord-américaine. Il ne s'agit pas ici de proposer une histoire des idées sur la photographie, ni de condamner l'idéologie bourgeoise, mais plutôt de montrer comment le développement des techniques et des usages se lie à cette idée de photographie. C'est la généalogie de cette idée, plutôt que sa critique, qui permet d'en comprendre la radicalité et la productivité, dont on retrouve de nombreuses traces dans les débats actuels sur la technologie, la philosophie et l'esthétique de l'image.

  • Le droit entend régir les rapports sociaux. Qu'il s'impose aux faits par la volonté, la contrainte ou la sanction semble aller de soi. La normativité juridique n'a pourtant rien de naturel. La contrainte ou la sanction viennent en second. La normativité du droit est tout entière une affaire de discours. Elle opère par le pouvoir du langage.

    Les énoncés juridiques tirent leur caractère normatif de leur légitimité et donc d'une adhésion sociale. Il faut donc penser différemment le droit, sans le restreindre à la volonté. Le discours du droit doit véhiculer ses propres valeurs pour être pertinent et ainsi fondé.

    Une telle conception permet de comprendre l'actuelle crise de la normativité en droit. Elle offre des perspectives pour y remédier. C'est aux juristes de se réapproprier la chose juridique. Puisse cet ouvrage les y aider.

  • Sait-on que Théophile Gautier écrivit une quarantaine de récits de voyage ? Certains sont très connus, comme le Voyage en Espagne, mais beaucoup n'ont jamais été republiés depuis la fin du XIXe siècle, malgré la qualité de leur écriture et leur originalité. Après avoir été tenté par la mode du récit fantaisiste, à la manière de Sterne et de Heine, Gautier a mis au point une formule personnelle qu'il a déclinée de toutes les manières, celle d'un réalisme poétique qui lui a permis de traduire sa vision personnelle, essentiellement esthétique, des pays visités. Grâce à son art de faire voir avec sa plume comme il l'aurait fait avec un pinceau, il nous entraîne à sa suite dans la plupart des pays d'Europe, jusqu'en Russie, mais aussi en Algérie et au proche Orient tels qu'ils étaient à la charnière du romantisme et des temps modernes. Les spécificités de cette littérature font du voyage gautiériste, vécu et raconté, une véritable oeuvre d'art.

  • Théophile Gautier fut le seul écrivain important qui s'est intéressé à la danse tout au long de sa carrière littéraire. Non seulement il a été un critique chorégraphique important, et particulièrement lu en raison du charme de son écriture, mais encore il a composé plusieurs livrets de ballets dont six ont été représentés. Il est ainsi à l'origine de la célèbre Giselle, le ballet romantique par excellence. Tout son idéal chorégraphique dépend d'un désir d'évasion vers des pays lointains dont la géographie est tout imaginaire : Allemagne, Espagne, Italie, Orient. Un ballet n'est-il pas " un rêve de poète pris au sérieux " ? L'esthétique originale qui se dégage ainsi de la lecture des nombreuses pages qu'il a consacrées à l'art de Terpsichore n'a pas été sans incidences sur l'évolution de la danse, jusqu'à l'efflorescence des Ballets russes. Et cette même esthétique commande aussi nombre des récits et des poèmes de Gautier qui tissent avec la prose journalistique et les librettos des réseaux d'interférences délicats et complexes.

  • Du visage de Marilyn Monroe aux photographies en boucle de l'attentat du 11 septembre, du masque de Batman à la silhouette de Michaël Jackson, le monde entier baigne dans les images en provenance des Etats-Unis. Il n'en a pas toujours été ainsi. Le présent ouvrage, sorte d'encyclopédie ouverte et de synthèse sur l'état des connaissances sur la culture visuelle des Etats-Unis, rappelle la relative pénurie d'images propre à l'Amérique d'avant 1830. Et l'essor des images dans l'Amérique du XIXe siècle peut se lire comme une grande entreprise d'émancipation, vis-à-vis des modèles européens, liée au décollage économique et politique.
    Dans l'émergence d'une « civilisation de l'image » il n'en demeure pas moins que les États-Unis ont acquis une puissance inégalée. C'est ce phénomène qu'analyse cet ouvrage dans lequel apparaît bien l'impossibilité de dissocier l'expansion des images (notamment vers 1900, avec le cinéma, la photographie populaire et l'impression photomécanique) de l'expansion économique et politique globale de la nation, prélude à sa position de dominance iconique au XXe siècle. Les apports de cette étude se situent également au niveau de la micro-histoire. Il s'agit alors d'une histoire des représentations, ou des figurations, de ces enjeux - particulièrement la construction sans cesse recommencée de l'identité nationale. Depuis l'Indépendance, au moins, les images et les formes visuelles ont puissamment contribué à l'édification du consensus national américain. L'une des convictions qui animent ce livre est que le développement singulier des images aux États-Unis, quoique lié à une mutation globale des sociétés industrielles, est marqué par une immersion plus forte des représentations dans l'économie et la société.
    Le récit est divisé en six parties obéissant à un découpage chronologique de la fin de la période coloniale à nos jours. Il associe les problématiques historiques générales à l'évolution des images et du paysage visuel américain, mêlant exposé synthétique et micro-analyse d'un ou plusieurs documents dans chaque chapitre. Chemin faisant, on saisit que l'affinité entre Amérique et image n'est ni naturelle ni banale ; encore moins l'effet d'un mythe ou d'une essence, mais qu'elle est le produit d'une histoire et d'une culture, et surtout d'une grande pluralité.

  • Cet ouvrage présente la particularité, par rapport aux autres titres similaires présents sur le marché, d'être un ouvrage transversal d'introduction, aussi bien au droit privé qu'au droit public. Il présente une dimension internationale importante, en expliquant précisément la place et le rôle des sources internationales du droit. Il décrit de façon précise les bases du système juridique, notamment les sources du droit ou encore l'organisation juridictionnelle, mais il propose aussi une réflexion sur ce qu'est le droit et sa philosophie. Il montre aussi les transformations récentes du droit, qui conduisent à repenser la notion même de normativité. Ce manuel contient enfin des conseils méthodologiques précis à l'attention des étudiants, et ce à propos des principaux types d'exercices qui sont proposés en droit.

  • Au lecteur francophone comme au lecteur anglophone, ce dictionnaire permettra de découvrir, de traduire, voire de pratiquer dans leurs nuances les formes les plus parlées (et parfois les plus taboues) de l'anglais et du français. Sans prétendre à l'exhaustivité, il inclut cependant ce que l'on pourrait appeler international slang, c'est-à-dire un argot - souvent d'origine américaine - qui se parle et se comprend dans toutes les parties du monde anglophone.

    Un conseil au lecteur qui s'apprête à explorer un monde linguistique qui s'apparente à une jungle : bonne lecture mais... gaffe !

  • On croit connaître la photographie américaine, mais on oublie que sa vocation d'origine et ses plus grandes réussites sont dans le genre du portrait. Ce livre propose l'exploration d'une galaxie de portraits d'Américains du XIXe siècle, issus de la riche collection de William B. Becker.
    Depuis les expérimentations des premiers mois, qui permirent aux Américains de réussir le portrait au daguerréotype avant les Européens, jusqu'aux fantaisies fin-de-siècle présentant des sujets confrontés à d'improbables fantômes et autres effets de neige, nous suivons l'essor d'un art nourri d'inventivité technique et picturale autant que d'ingéniosité commerciale. Art souvent méprisé, alors qu'il est le vrai et beau visage de la photographie ordinaire depuis bientôt deux siècles.
    Cette collection est aussi un précieux aperçu de la vie des Américains du XIXe siècle, dans son étonnante diversité : buveurs et champions de la tempérance, prisonniers et sheriffs, ramoneurs et femmes de lettres, un marchand de moulins, un agriculteur vendant sa récolte, un homme posant avec un poulet sur son épaule... ainsi que des images d'enfants blancs, noirs et amérindiens, souvent saisissantes de naturel et de modernité.
    Or ces portraits ne sont pas de simples " documents " : ce sont des compositions, qui témoignent de collaborations entre photographes et modèles, et regorgent d'histoires grandes et petites, explicites ou cachées. Le collectionneur se dévoile comme un détective ou un journaliste, qui poursuit le travail de révélation des identités auquel s'adonnèrent les photographes.

  • Cet ouvrage s'adresse aux parents, aux professionnels des établissements spécialisés et aux associations sportives, spécialisées ou non. Il rassemble des connaissances, des savoirs et savoir-faire jusque-là séparés, pour prendre en compte toute la complexité du problème et améliorer la qualité de vie des personnes en situation de handicap sévère ou polyhandicapées. Les contenus d'activité proposés par les auteurs ont été conçus pour que le plus grand nombre puisse en bénéficier. La communication sous toutes ses formes, la recherche de perceptions et de sensations agréables, les échanges relationnels profonds accompagnent toutes les activités proposées. Il s'agit de mobiliser toutes les capacités, les plus limitées comme les plus performantes. Cette mobilisation s'organise suivant un continuum allant des activités sensorielles (massages, mobilisations passives, stimulations sensorielles, etc.), pour les plus dépendants, aux activités qui sollicitent une mobilisation plus active, comme les jeux individuels et collectifs, les activités aquatiques, pour les plus performants. Proposer un projet de vie plus « vivant ». C'est le défi collectif auquel nous invitent les auteurs.

  • Une réflexion littéraire sur l'inspiration
    L'univers stendhalien reexploré avec sensibilité
    Il y a de la folie et de la déraison dans cette volonté prométhéenne qu'ont les hommes de vouloir créer des univers, des personnages et des histoires. Ecrire n'est pas une thérapie, ni même un simple témoignage. C'est une exigence, un besoin, un élan vital. Le goût des mots, l'émotion qu'ils suscitent, l'imagination qu'ils excitent sont nécessaires.
    La maladie de Stendhal est le récit d'une émotion esthétique, vécue à son paroxysme, conduisant aux limites de la déraison. Hermann Orlowski connaît l'effroi et l'enchantement de cette forme d'envoûtement.

  • Dans cette publication entre livre d'essais et catalogue d'exposition, les artistes Edith Brunette et François Lemieux esquissent collectivement quelques propositions sur la question de l'habiter, qu'ils posent depuis leurs attachement multiples et fragiles aux territoire.
    Contre le risque que la catastrophe en cours ne plombe l'imaginaire politique, il importe de s'en saisir pour réinventer nos manières de vivre. Mais par quel bout (re)prendre un monde en état de déliquescence ? Les artistes Edith Brunette et François Lemieux nous proposent de nous tourner vers ce qui se trouve sous nos pieds et entre nos doigts, une poignée de terre et un pas à la fois pour poser la question : comment habiter un monde rendu inhospitalier ? Les autrices et auteur Marisa Berry Méndez, Suzanne Beth, Erik Bordeleau, Catherine Lavoie-Marcus, Diane Roberts, Dalie Giroux et Amélie-Anne Mailhot explorent avec eux la notion de l'habiter sur ces territoires fragiles, dans les sillons des résidus d'amiante, des objets rescapés du déchet, des empoignes administratives de personnes migrantes en terre « canadienne », des rivages d'une mémoire brisée, d'un futur capturé par les écritures financières et des ruines d'un hôpital.
    Aller à, faire avec, passer pareil est un projet collaboratif incluant une exposition, une chorégraphie, une table ronde sur le racisme environnemental et les déplacements de population, ainsi que ce livre.

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