• Gran Balan

    Christiane Taubira

    Parce qu'il a, une fois de trop, rendu service, Kerma doit faire face à l'institution judiciaire... Mais que peut comprendre l'administration à la jeunesse de Guyane - à ses aspirations, ses racines, son avenir bouché par la crainte du chômage, obéré par un passé colonial toujours bien vivace ? Que comprend-elle de ce pays troublant et troublé, à la croisée des cultures et des intérêts voraces, à ses dimanches de carnaval, à sa nature éblouissante, à sa poésie des quat' jeudis...? Ici, en Guyane, le regard des juges est sans doute la pire des sanctions...

  • Vous n'imaginez pas le plaisir que nous procure de disséquer vos défauts et vos vices lorsque nous sommes entre femmes. C'est notre aliénation, notre dépendance masochiste, notre revanche confuse et confite, notre consolation aigre et notre joie affligée. La preuve que, malgré nos bravades, nous sommes encore bien inféodées. Nos bruyantes professions d'indépendance ? De la jactance !

    Ici, une femme battue qui ose tout pour fuir la compagnie des hommes. Là, un ancien et pitoyable directeur d'école qui se souvient d'une revanche mesquine prise sur la vie. Ici encore, un choeur féminin qui confie des pans ensanglantés de son histoire familiale, entre esclavage, marronnage et devoir de mémoire...
    Qu'importe l'époque, chacun lutte pour sa liberté, pour se défaire d'un destin ligoté, contrarié, ou d'un amour déçu, et, parfois, pour accepter sa propre fin.
    Ce recueil de nouvelles, porté par une langue réaliste et poétique, lyrique et unique, dépeint ces morceaux de vie, comme carreaux cassés, qui chacun à leur manière offrent une fenêtre sur le monde.

  • Nuit d'épine

    Christiane Taubira

    Pour Christiane Taubira, la nuit a souvent été une complice, une alliée, une sorte de soeur intime, un moment particulier.

    C'est la nuit des chansons qu'on adore et dévore, la nuit du sommeil qui refuse qu'on annonce la mort d'une mère, la nuit des études passionnées et des yeux en feu à force de scruter les auteurs sacrés, la nuit qui ouvre sur les petits matins des métros bougons et racistes. C'est aussi la nuit des militantismes, de la Guyane qui se révolte, des combats furieux à l'Assemblée autour du mariage pour tous. C'est enfin la nuit d'un tragique vendredi 13, bientôt suivie de celle où l'on décide d'un adieu.

  • Dans une langue éblouissante, Christiane Taubira s'indigne des inégalités et des violences qui règnent sur notre planète, s'attaque aux idées dangereuses des extrêmes, critique l'invocation permanente du concept de crise qui assoit la domination des puissants, identifie les règles de vie commune dans une société laïque, redonne leur sens aux mots si souvent dévoyés aujourd'hui, trace les axes d'un combat urgent.

  • La traite négrière organisée par les Etats dès le XVIe siècle est à l'origine du racisme contemporain : de ce constat, Christine Taubira développe avec passion l'histoire trop méconnue des Nègres marrons, insurgés, résistants et résistantes, qui ont pris part à tous les combats menant à l'abolition. L'esclavage a-t-il toujours existé ? Quelle est la différence entre l'esclavage moderne et l'esclavage contemporain ? Doit-on regretter toute l'aventure coloniale ? Mère engagée, Christine Taubira répond à sa fille par un subtil jeu de questions-réponses, pour éclairer sur l'histoire des souffrances et des révoltes des victimes de l'esclavage.

  • Dans cet ouvrage passionnant, Christiane Taubira rend hommage. Aux écrivains, à la langue, à la littérature. Césaire, Damas, Márquez, Char, Morrison... Entre état de rêverie et esprit de révolte, les livres lui ont montré le sens de la vie. Il y a les livres qui réveillent, ceux qui bousculent, qui réconfortent, qui sauvent des naufrages. Ceux qui rassasient, qui entretiennent le feu. Car la lecture n'est-elle pas le meilleur moyen de conquérir sa liberté ?

  • « Attentats, lutte antiterroriste, état d'urgence... comment, dans ce contexte, préserver les valeurs qui sont le socle de la République ? Déchéance de nationalité : peut-être est-ce faire trop de bruit pour peu de chose ? Peut-être serait-il plus raisonnable de laisser passer ? Je ne suis sûre de rien, sauf de ne jamais trouver la paix si je m'avisais de bâillonner ma conscience. » Ch. T.

    La République possède en elle-même la puissance de riposte nécessaire aux tragiques événements des dernières années, une riposte qui ne requiert aucun reniement si elle s'inspire de l'histoire de ses combats. Christiane Taubira appelle les citoyens à trouver dans la culture et la beauté les raisons de défendre avec la plus farouche détermination les valeurs de notre société. Par ces temps troubles et incertains, ses paroles élèvent le débat et redonnent espoir à la jeunesse.
    Paroles d'une femme de conviction, paroles d'une femme libre.

    Ancienne garde des Sceaux, ministre de la Justice, Christiane Taubira est l'auteure de plusieurs livres dont Mes météores et L'esclavage raconté à ma fille.

    Préface inédite

  • Mémoires de Christiane Taubira, femme politique et auteure de la loi qui reconnaît la traite négrière et l'esclavage comme crimes contre l'humanité. Elle revient sur son parcours, ses expériences personnelles et politiques et fait le point sur l'élection présidentielle de 2002 et sa candidature au nom du Parti radical de gauche.

  • Quel rapport entre la crise outre-mer, l'élection de Barack Obama vécue comme un exploit ou le drame de Clichy ? Quel rapport avec la loi Taubira reconnaissant la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité, et devenue le symbole des lois mémorielles ? Est-il légitime que les politiques se mêlent d'histoire ? A quand l'égalité pour les exclus de notre histoire et de notre mémoire coloniales ? A quand l'égalité pour leurs descendants, exclus de la vie politique, économique et culturelle de la Nation ?
    Régulièrement accusée de remettre en cause la liberté pour l'histoire et surtout d'ouvrir la boîte de Pandore (concurrence des mémoires, communautarisme, repentance), Christiane Taubira répond ici pour éclairer la réflexion, essentielle dans une démocratie, sur l'articulation entre l'Histoire, la Mémoire et la Loi. Mais aussi et surtout pour défendre l'honneur des vivants et la mémoire des morts de cette histoire coloniale dont la société française est l'héritière. Vivants et morts qui, quelle que soit la couleur de leur peau, portent témoignage d'une certaine idée de l'Homme, de sa dignité et, pas si accessoirement que cela, de la France. Une leçon d'histoire et de politique servie par une plume généreuse et acérée.

  • Le temps n'est pas à l'ordinaire. Les propos d'exclusion et de racisme envahissent l'espace public. Nous n'avons ni le droit de laisser faire ni celui de ne pas comprendre.

  • Christiane Taubira réaffirme ses convictions en affirmant que la société française ne sortira du climat étouffant qui la paralyse qu'en renouant avec les valeurs fondatrices de la République. Elle insiste sur le fait que la France doit enfin accepter son héritage colonial effacé des mémoires officielles et qu'elle doit retrouver une laïcité synonyme de respect de l'autre et non d'arrogance égoïste.

  • À quel moment vient le désir de consacrer sa vie à la politique ? Qu'est-ce qui le motive ? Peut-on conjuguer désir d'utopie et réalité du quotidien ? Quelles définitions donner à la République et à la laïcité ? Pour la première fois, Christiane Taubira, vient évoquer devant un public familial sa passion pour la vie publique, sa foi en la politique et ses convictions républicaines. Engagée depuis sa jeunesse dans des combats pour l'émancipation des peuples et l'égalité des chances, elle est devenue l'une des grandes personnalités politiques françaises, écoutée et respectée lors des débats parlementaires où elle intervient souvent. Elle évoque dans ce livre, avec la fougue et le brio qui la caractérisent, ce qui fonde les engagements de sa vie et sa volonté de voir le monde devenir plus paisible et plus juste.

  • La Convention révolutionnaire de 1794 acclame le discours des députés Dufay et Danton, et proclame l'abolition de la traite et de l'esclavage.
    Bonaparte les rétablit, jusqu'à leur abolition définitive en 1848. Cependant les colonies françaises demeurent. Par une loi de 1956, âprement discutée à l'Assemblée, notamment par Léopold Sédar Senghor, elles accèdent à une relative autonomie. Il faut attendre 1999 et le discours de Christiane Taubira pour qu'une loi qualifie de crime contre l'humanité l'esclavage et la traite autrefois pratiqués dans les colonies françaises.

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