• Victor a tout pour être heureux. Il est le fils unique et chéri du directeur d'un grand hypermarché, sa mère est belle, ses parents s'aiment. Il vit dans une grande maison avec une piscine. Il a un copain de foot qui s'appelle Bazouk. Un jour, pourtant, son monde s'écroule. Dans l'hypermarché truffé de caméras de surveillance, sa mère a volé une boîte de pâté. Et tout le monde l'a vue. Même Victor.

  • Bouffés par des requins, asphyxiés sous des tunnels, tel est le sort des frères de Zou qui tentent d'échapper à leur misère. Rien ne sert de se faufiler, rien ne sert d'être plus noir que la nuit. Zou, qui entend ses frères, comprend que pour réussir il faut au contraire être le plus voyant possible. Il s'entraînera donc à passer les frontières, grimé en clown. Depuis qu'il est petit, on lui dit qu'il est très doué pour faire rire. Cela suffira-t-il ?

  • Yvon Kader est un enfant conscient de sa différence, il a bu de la lune, il est mongolien. Ses parents, Yacine et Annick, sont kabyle et breton. Il vit en banlieue. Il est aimé des siens. Pourtant, jour après jour, il raconte sa difficulté à vivre. Pourra-t-il avoir un métier ? être amoureux ? fonder une famille ? Comment en finir avec cette face de lune qu'il ne supporte plus ? Il doit trouver un moyen de se faire entendre. Ça tombe bien, c'est Noël.

  • « On se souvient l'avoir vu descendre des friches la première fois, hagard et crevant la faim. Le curé n'est pas près de l'oublier ; Chapital lui avait dit : c'est Rose-Monde. Et de Rose-Monde on ne sait toujours rien. On ne saura peut-être jamais.
    Cette femme-là c'est le ciel ou l'enfer, ou les deux à la fois ? (...) Deux yeux brillent au fond d'une cage. Irrésistiblement Chapital s'en approche. La petite bête est toute jeune, pas plus grosse qu'un chat, sans doute à peine sevrée. Ce sont ses yeux, ils ont le dessin, la couleur surtout... » L'écriture déroutante de Jean-Pierre Cannet tisse des paysages chaotiques, poursuit des itinéraires intimes au carrefour des lumières : des vies fragiles et vibrantes témoignent ici d'une humanité qui se cherche et claque au vent comme la voilure d'un bateau. L'envie de vivre domine, la nécessité de partir en amour, et les destins se croisent pour mieux s'éclairer mutuellement. Un roman vibrant de poésie.

  • " La guerre d'un homme avec lui-même, main droite contre main gauche, sa guerre intérieure avec sa part de fantasmes, de peurs d'enfance et de rêves ; confrontée à l'autre guerre, celle que l'on dit réelle comme une rafale de kalachnikov." Un texte poétique et politique qui, par le biais du récit et des flash-backs, propose une nouvelle théâtralité.

  • Mam, mère visionnaire, entraîne les siens vers la grande ville.
    Elle croit voir son fils aîné, l'élagueur, elle croit qu'il l'appelle : " La ville debout, lumineuse, riche comme un lustre de gala. Ici, il y aura du travail pour chacun, venez ! " La famille de Roso, le jeune narrateur, quitte donc son trou de misère. Ils emportent avec eux une échelle, symbole de l'ascension sociale à laquelle ils aspirent. Perhaps, mouche confidente de Roso, est aussi du voyage. Mais l'accueil de la grande ville est humiliant.
    Le fils mythique reste introuvable, ce qui plonge Mam dans un profond désespoir. Roso, pour sauver sa mère, se substitue à son grand frère.

  • La mer de glace. Le mât du bateau est brisé.

  • Quelques instants avant le largage de la bombe au dessus d'Hiroshima, le pilote américain George Kane aperçoit une jeune femme japonaise.
    Cette vision le possède. De retour aux Etats-Unis, il ne supporte pas d'être accueilli en héros. Il lui est impossible de renouer avec sa vie d'avant. Il fuit le contact des siens, notamment de sa femme Fanny, et se fait appeler Little Boy, nom donné à la bombe atomique. George Kane entend Albert Camus à la radio, seul intellectuel occidental dénoncer Hiroshima. Il part pour la France. Vingt-cinq ans plus tard, une jeune fille enquête au centre de la mémoire d'Hiroshima.
    Elle apprend l'identité de ses parents. Son père est un officier américain, un certain George Kane. Elle le retrouvera à Paris, dans une chambre d'hôtel. " Mosaïque aux multiples visages, le récit de George Kane procède par recoupements de témoignages. Tous relatent son incroyable épopée et c'est la voix intérieure de chaque personnage que l'on entend. "

  • Le grand labeur

    Jean-Pierre Cannet

    • Rhubarbe
    • 30 Novembre 2013

    Avec ce recueil aux accents baroques, flamboyants, Jean-Pierre Cannet enfourche résolument les voies de l'imaginaire. Dans des décors souvent sombres, minés par des guerres dont on ne saura rien (car peu importe, seule la désolation compte), l'auteur cherche à suivre les petits filets de vie, d'amour, de révolte, qui sinuent entre les ruines. Les corps sont blessés, suintent et s'infectent, les hommes sont mourants mais ils ne se résignent pas encore à partir. Un regard d'enfant souvent les accompagne, les maintient debout ou tout au moins leur conserve leur qualité d'être humain. C'est la condition humaine qu'explore l'auteur dans ses nouvelles souvent courtes, écrites au scalpel, dans une langue précise, sans mièvreries ni concessions.

  • Le lecteur trouvera ici autant de monologues que de chairs traversées. Quand le mystère de l'un, unique, inoxydable et fragile à la fois, se trouve au fond de la poche de son voisin.
    L'homme est une fête foraine, le cocasse n'en finit pas de côtoyer le tragique. Miroirs de soi, chacun pense que son nombril est un oeil. Et l'espoir flotte comme un bout d'épave.

    L'auteur nous parle de ces riens exorbitants, victoires ou défaites : « J'exerce l'homme qui est en moi et c'est davantage qu'un métier. L'ange, qui ne sent pas de la tête, doit regarder la scène. »

  • Valentin nous raconte son histoire, celle qui permet de grandir. Il naît dans la boue, dans un pays de nulle part dévasté par la guerre. Ici, même le printemps est orphelin. Pourtant, quand Gina apparaît, la décharge a des airs de paradis. Tio est obsédé par sa vengeance, lui aussi cherche Gina. L'un pour l'aimer, l'autre pour la souiller, les deux hommes se mettent en quête de la même femme, de la même utopie.
    La mémoire du narrateur, mémoire du coeur, recompose un univers flamboyant et vertigineux. Nous entrons avec lui dans un monde en marge de la ville comme les personnages sont en marge de la société et pourtant dans le plein de leur destin.
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    « Nous poursuivons avec violence et poésie le songe de notre survie. »

  • La suite de poèmes qui compose Mordre la falaise a été écrite avec une totale économie de moyens. En effet, Jean-Pierre Cannet n'a pas le lyrisme facile. Il lui préfère, d'ailleurs, une certaine et haute retenue. Pour ces poèmes où les lieux sont constamment présents, Jean-Pierre Cannet a choisi un ton direct, un style (donc) très épuré, et un rythme qui rappelle (par endroits) celui de Affûts de Charles Juliet. Et pourtant, et malgré cette sobriété-là, il y a derrière cette discrète pudeur, de nombreuses émotions qui fourmillent comme un troupeau d'idées neuves. À ne pas manquer ces évocations où la magie finit sans cesse par opérer.

  • Anna raconte son enfance, quelque part au pied des Carpates, durant la Seconde Guerre mondiale. Des convois de trains passent devant chez elle, de plus en plus de convois qui se vident un peu plus loin, au camp voisin. Autour d'elle pavoise l'armée du crime et Anna est confrontée à la lâcheté des adultes. Elle découvre une veste de pyjama à rayures dans le fond du jardin. Rencontre qui bouleverse cette fin d'enfance. Plein d'émotion et de poésie, ce théâtre-récit est aussi un hymne à la lucidité et à. la démesure de l'enfance face aux ombres de toutes les guerres.

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