Le Passeur

  • Le présent volume regroupe la totalité des essais écrits durant toute sa vie par Henry David Thoreau (1817-1862), l'auteur de Walden et de La Désobéissance civile.
    Au total, près de quarante textes, dont dix sont traduits et présentés pour la première en français. Du premier rédigé à vingt ans jusqu'au dernier, révisé sur son lit de mort, toutes les thématiques chères à Thoreau s'y retrouvent. Leur ordonnancement chronologique permet de suivre le fil de sa pensée, son évolution, ses bifurcations, et ses engagements. À côté de ses essais célébrant différents aspects de cette Nature qu'il n'a cessé d'arpenter, on trouve des textes qui sont de véritables bréviaires de sa philosophie vécue sans concession, et des brûlots politiques qui, bien qu'inscrits dans un contexte historique particulier, n'en continuent pas moins de résonner jusqu'à nous. Car c'est le propre de Thoreau de transcender ce qu'il vit à un instant pour lui donner une dimension plus ample qui trouve des échos avec nos propres interrogations. Ce que dénonce ou célèbre Thoreau nous parle plus que jamais : le temps pour soi, la simplicité volontaire, l'attention à la nature, l'hégémonie de la valeur travail, la soumission à l'argent, la désobéissance civile, le recours à la violence pour une cause que l'on croit juste...
    À côté des deux seuls livres qu'il a publiés de son vivant et de son immense journal, ces essais constituent l'autre chef-d'oeuvre de Henry David Thoreau, son indispensable complément, son précieux prolongement, qui fait de son auteur notre contemporain.

  • George Sand est sans conteste l'une des plus grandes épistolières françaises : sa correspondance comprend plus de 20 000 lettres.
    Ce volume offre une vue générale sur l'ensemble des femmes avec lesquelles George Sand a établi des relations épistolaires. Seront présentes ses trois destinatrices les plus célèbres : Marie d'Agoult, Pauline Garcia-Viardot et la comédienne Marie Dorval. Mais l'accent est mis aussi sur les femmes de son entourage familial, sa mère, sa grand-mère, sa fille, ses nièces, sa belle-fille ; sur ses amies, même si elles n'ont pas la notoriété d'une Marie Dorval, compagnes de couvent comme Émilie De Wismes ou les soeurs Bazoin, amies d'enfance comme Laure Decerfz, rencontres de voyages comme Zoé Leroy.
    Ces lettres, adressées par une femme à des femmes, nous permet de pénétrer plus avant encore dans les secrets de l'âme et du coeur de celle qui a toute sa vie assumée en tant que chef de famille et a revendiqué le statut de « camarade Sand ».

  • Il existe une relation quasi filiale entre Flaubert et Maupassant. Le premier a 52 ans quand débute cette correspondance, le second 23 ans. Ils ne se quitteront plus jusqu'à la mort de Flaubert, en 1880. Ainsi, cette correspondance permet de suivre Flaubert dans les sept dernières années de sa vie et Maupassant dans ses sept premières années en littérature.
    Flaubert s'intéresse d'abord à lui parce qu'il est le neveu d'Alfred Le Poittevin, son ami d'enfance. De cette relation va naître une véritable amitié que traduit fidèlement ces lettres.
    Comme l'écrit la préfacière, « tous deux éprouvent du mépris pour la masse, l'esprit bourgeois, l'égalitarisme, le suffrage universel, la soutane ; et tous deux se délectent à la lecture des grands auteurs. La détestation de la médiocrité et l'amour de la littérature les réunissent ».
    Par certains côtés, Flaubert tient avec Maupassant le rôle que tenait George Sand avec lui, celui d'un « conseiller de vie » plus qu'un esthète. Cette correspondance est un morceau de vie partagé entre deux génies.

  • « Je n'ai que ma plume et ma me`re », e´crit Baudelaire a` son tuteur le 5 mars 1852. Les rapports de Baudelaire à sa condition d'homme et de créateur sont étroitement liés à ceux, étranges et passionnels, qu'il entretint toute sa vie avec sa mère.
    Cette relation étroite est également due à sa condition financière : accumulant les dettes, toujours en manque d'argent, il se plaint en permanence à sa mère. D'ailleurs, il ne parle pour ainsi dire jamais de poésie ou d'art avec elle. Tout y est affaire de choses matérielles et de soucis intimes. Ce qui donne à ces lettres attachantes la vision d'un Baudelaire se débattant avec les problèmes du quotidien.
    Mais par-delà cette apparente trivialité, les formules assassines sur l'humanité et « l'ennui » qui toujours assaille le poète, se révèle aussi une relation terrible et ambigüe, voire sado-masochiste. On voit un génie implorer sa mère de le reconnaître et de l'aimer, alors qu'elle est persuadée qu'il gâche son existence. Cette obsession de gagner l'amour de cette femme adorée et haïe à la fois rend cette correspondance troublante singulière.

  • Alors que peu de professionnels pariaient sur le succès de la série, Kaamelott fut une révélation ovniesque, fédérant rapidement un large public. Parler de la Table ronde, de la quête du Graal, en costumes d'époque ? Et pour faire rire en prime ? Improbable, parce que d'une ambition folle. Et pourtant, Kaamelott est devenu culte.
    A quoi l'efficacité de Kaamelott tient-elle ? Pas de gags ou de grosses ficelles, Kaamelott c'est un univers : une grande aventure qui a du sens, qui progresse, dont les personnages évoluent. Ils sont sérieux, ils sont dans leur époque, et le ressort follement comique tient au décalage qui repose sur le langage contemporain mais aussi à une langue propre à Kaamelott, nourrie par un très riche vocabulaire familier et argotique, proche du cinéma de genre français des années 60-70 à la Michel Audiard.
    Alexandre Astier met en mouvements et en rythme ce patrimoine linguistique, l'adaptant à chaque personnage, qui a son phrasé propre et ses intonations. Kaamelott se donne à écouter, comme une vaste partition.
    En parcourant plus de 500 mots familiers et argotiques dans ce « dictionnaire », l'auteur s'est amusé à crapahuter dans les méandres de l'esprit Kaamelott, non pour en mettre plein les miquettes et frimer, comme le commun des glandus ou des pégus, mais pour donner du singe au gratin qui souhaite découvrir le monde d'une série mortelle, ou à tous les amateurs qui veulent s'amuser à retrouver les répliques pour poursuivre l'aventure !

  • Depuis quatre cents ans, les Fables de La Fontaine émerveillent. D'éminents spécialistes les analysent en tout sens. Mais qui était vraiment La Fontaine ? Nous ne connaissons pas toutes les facettes du génie champenois. Il manque un éclairage plus personnel, des traits intimes précieusement révélés.
    Les quelques lettres qui nous restent de lui, moins d'une cinquantaine, sont éclairantes. Elles fourmillent de détails cocasses que l'on découvre dans celles adressées à son épouse lorsqu'il partit en aventure jusqu'à... Limoges, ou encore à son ami Maucroix au seuil de sa vie, à son mécène Fouquet si cruellement frappé par Louis XIV, au prince de Conti, au duc de Vendôme ou à son oncle Jannart.
    La Fontaine ne dissimulait rien, ni ses peurs, ni ses doutes, ni sa paresse savamment entretenue, ni ses amours plus platoniques que réelles.
    Ces lettres, si peu connues, sont un chemin que nous faisons à côté de lui : il nous parle à coeur ouvert, à travers ses amis, avec la même grâce, la même virtuosité de style qu'il développe dans ses extraordinaires fables.

  • Il lui reste dix-sept ans à vivre lorsque Flaubert rencontre le plus français des écrivains russes, Ivan Tourgueniev. Leur première lettre date de 1863, et cette correspondance exceptionnelle durera jusqu'aux derniers jours de Flaubert.
    Exceptionnelle, en effet, parce que c'est un document irremplaçable sur le laboratoire intérieur de chacun des deux auteurs : ils livrent leurs doutes, leurs difficultés, les affres qu'ils traversent. Sans filtre ni prévention, car chacun sait que l'autre est un frère d'encre et de plume.
    C'est aussi un irremplaçable miroir de la vie intellectuelle, culturelle et politique : on voit défiler, peints et croqués avec une force de trait stupéfiante, les grands personnages de l'époque.
    Enfin, c'est le livre d'une amitié : les deux géants des Lettres correspondent, au sens le plus plein du terme. Ils échangent, se confient, s'épaulent et se critiquent. Ils nouent ensemble le plus subtil et plus exigeant des signes de ponctuation : le trait d'union.

  • Anouk Grinberg compose un recueil de textes d'art brut. Les mots de ceux considérés comme fous ou idiots et malmenés par la société sont libres, emplis de joies pures, de rage, de couleurs, de désirs. L'enfance est partout, le réel n'est pas si réel, ils dialoguent avec les esprits et parlent couramment la langue du chaos. Il s'agit bien de littérature alors qu'aucun d'eux n'était cultivé, et ne prétendait faire de l'art.
    Presque tous ces auteurs ont écrit pour qu'on les libère, presque tous l'ont fait pour rien et pour personne, car leurs lettres n'ont pas été lues, pas transmises aux destinataires. Les familles avaient le dégout de leur fou, et les médecins rangeaient dans des tiroirs ces missives qui dérangeaient. Ils ont eu la pulsion d'écrire, comme on a la pulsion de la vie. Ils se fichaient d'écrire « comme il faut » ; ils obéissaient à d'autres lois, inventaient des langues pour se tenir au plus près d'eux-mêmes.
    Avec les écrits bruts, on est à la source de pourquoi l'écriture vient, pour faire monter la vie, pour s'ébrouer du malheur et en faire des feux de camps, pour faire vivre l'esprit.
    Ces êtres à fleur de peau parlent de nous, et parlent dans des langues qui méritent une vraie place dans la littérature, pas seulement celle des fous. Ils ont inspiré les surréalistes et bien d'autres encore dont quelques poèmes parsèment ce livre.

  • Les hôtes de George Sand à Nohant Nouv.

    Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Frédéric Chopin, Eugène Delacroix, Franz Liszt, Alexandre Dumas fils, Ivan Tourgueniev, Théophile Gautier, Marie d'Agoult, Pierre Leroux, Auguste Charpentier, Pauline Viardot, Bocage, Auguste Clésinger, le Prince Jérôme Napoléon, Luigi Calamatta, Alexandre Manceau ... On n'en finirait pas de dénombrer toutes les personnalités passées à Nohant, chez George Sand, à partir de 1835. Une grande partie de ce que le xixe siècle a produit en artistes, journalistes, hommes politiques, comédiens et philosophes s'est rendue à Nohant, attirée par le magnétisme et l'ouverture d'esprit de la dame des lieux.
    Sylvie Delaigue-Moins nous ouvre la porte d'entrée de cette fameuse demeure et détaille les séjours de chacun et raconte les souvenirs ou anecdotes notables. Nous pénétrons ainsi dans l'intimité de la famille Sand.
    Grâce à ces pages, largement documentées, nous sommes, à notre tour, invités privilégiés de Nohant et de la communauté de ses génies....

  • Le retour de la Chine sur l'échiquier mondial, entamé lors de la Grande crise financière de 2008, s'accélère avec le Covid de 2020. L'empire du Milieu s'affirme en nouveau « rival systémique », bousculant les équilibres mondiaux sur le plan géopolitique, économique et financier.
    L'Occident doit donc étudier de manière objective ce système, reposant sur des principes généralement à l'opposé des siens de manière à en identifier les faiblesses et les forces, quand bien même celles-ci viendraient remettre en cause ses convictions les plus profondes.
    Il semble nécessaire de repenser structurellement les fondations de la relation entre Europe et Chine pour construire au xxie siècle le « Grand Pont en avant ». Pour cela, il faut accepter une profonde rupture avec les habitudes et schémas du passé, de la part des dirigeants tant politiques qu'économiques, des décideurs tant chinois qu'européens.
    David Baverez propose une approche unique, non pas celle d'un sinologue, politologue ou sociologue confirmé, tournant son regard vers le passé, mais celle d'un investisseur occidental vivant quotidiennement en Chine et habitué à défricher les disruptions à venir. Il imagine des dialogues imaginaires entre le président Xi Jinping et cinq experts européens, des échanges sans concessions ni tabous, à l'opposé du « politiquement correct » ambiant.
    David Baverez dresse une cartographie à la fois originale, dépassionnée et dérangeante de ce que pourrait être une nouvelle relation économique, technologique, financière entre l'Europe et la Chine sans gommer pour autant les immenses défis relever. Ni pro- ni antichinois, ce livre se veut avant tout une invitation adressée au lectorat occidental à combler son déficit de connaissance de la réalité chinoise.

  • Guillaume Apollinaire avait sept maîtresses de plume pendant la Grande Guerre : les cinq femmes qu'étaient Marie, Louise, Madeleine, Jeanne et Jacqueline et deux allégories, la guerre et la mort. À toutes il écrivit des lettres qui étaient très souvent porteuses de ses plus beaux vers.
    « Faire l'amour et faire la guerre » : dès le 10 août 1914, date de sa demande d'engagement volontaire et de naturalisation, Guillaume Apollinaire a décidé qu'il n'aurait pas d'autre choix. Entre le 4 avril 1915, date de son départ pour le front et le jour de sa mort, le 9 novembre 1918, Guillaume Apollinaire ne cesse d'écrire aux femmes aimées. C'est sans doute de sa part une stratégie secrète et subtile pour survivre au coeur de l'apocalypse. Créer pour contrer le néant et résister à la destruction. Canaliser son énergie vitale en érotisant, en poétisant tous ce qui passe, les femmes comme les tranchées. Exorciser la mort en cultivant l'obsession de la beauté des choses. Ne jamais perdre l'oeil du peintre-poète. Exprimer les merveilles de la bataille, qu'elle soit amoureuse ou guerrière. Conjurer en permanence, combattre ses trois compagnes de toujours, celles qui le harcèlent depuis sa petite enfance, et contre lesquelles il lutte en permanence : l'angoisse, la tristesse et la solitude.

  • L'embarcadère

    André Tubeuf

    En 1880, sur une île de l'Adriatique, non loin de Venise, vit une famille dans laquelle deux frères sont très unis. Un jour, l'un des deux disparaît mystérieusement. Celui qui reste comprendra au fil du temps qu'ils doivent se perdre pour se retrouver et que leur accomplissement passe par cette disparition. C'est à ce prix, celui de l'absence, qu'ils grandiront et effectueront ce retour vers eux-mêmes.
    Ce second roman d'André Tubeuf aurait dû être le premier mais l'oeuvre a maturé pendant des années avant qu'il ne le réécrive entièrement aujourd'hui.
    Le public de Tubeuf le retrouvera entier : la musique irrigue ce roman à la fois dans son style poétique et spirituel et sa structure construite sur le modèle de la sonate pour piano de Beethoven Les Adieux. Le compositeur Franz Liszt, ami de la famille et figure vénérable du sage et de la foi, traverse le récit, accompagné de musiques de Bach et Beethoven.
    Mais le vrai sujet de ce roman est celui qui parcourt toute l'oeuvre de Tubeuf : la quête de la mémoire. Inlassablement, livre après livre, quelle que soit la forme choisie (essai, récit, roman), André Tubeuf n'a cessé de chercher ce qui compose nos souvenirs et façonne nos existences.

  • George Sand fut en relation avec ce que le xixe siècle compta de célèbre, et ce dans tous les domaines. Parmi ses correspondants les plus connus, on trouve bien sûr des écrivains, des éditeurs, mais aussi des musiciens et des peintres, des hommes politiques... Certains d'entre eux ont droit à une place particulière et nouent avec elle un échange épistolaire arborant les couleurs de l'amitié. Le peintre Eugène Delacroix, celui qu'elle appelle « Lacroix », avec une désinvolture quasi impertinente.
    De 1834, année où elle fit sa connaissance, à 1863, année de la mort du peintre, ils sont restés fidèles l'un à l'autre, en dépit de toutes leurs divergences. Ce qui les unissait envers et contre tout - en plus de leur relation privilégiée à Chopin -, c'était leur amour de l'art. Ainsi Sand écrit dans une lettre datée de 1862, après avoir admiré les fresques de l'église Saint-Sulpice à Paris : « [...] ceux qui sentent l'art se sentent avec vous dans une région de vie, de grandeur, de puissance et de magnificence où la critique n'a pas le droit de pénétrer. »

  • Walden est l'un des deux seuls livres publiés par Henry David Thoreau (1817-1862), et celui qui a fait sa renommée. Mais la version que nous connaissons est le fruit d'un long travail de réécriture qui va s'échelonner sur sept ans et autant de moutures jusqu'à une refonte complète organisée en chapitres. Or, Walden ne fut pas pensé comme un livre à l'origine, mais bel et bien comme le texte d'une conférence expliquant, pour satisfaire la curiosité de ceux qui venaient lui rendre visite ou qui s'interrogeaient sur son mode de vie, le quotidien de cet ermitage volontaire. Par ce texte originel, Thoreau entendait oeuvrer à l'édification de ses concitoyens en exaltant l'autosuffisance. Contrairement au livre que nous connaissons, écrit plusieurs années après la fin de son expérience au bord de l'étang de Walden, Thoreau a écrit cette première version, qui n'est pas organisée en chapitres ni même structurée comme le texte définitif, lors de son séjour dans sa cabane. En publiant ce Walden originel, cette « History of Myself » rédigée sur le vif, on touche au coeur de la philosophie vécue de Henry David Thoreau. En cette année du bicentenaire de sa naissance, la parution de cette « vie dans les bois » inédite constitue un véritable événement. Ce Walden première version échappe à l'écueil du didactisme, pour aller à l'essentiel, à cette leçon de vie à portée de tous, qui permet cette libération ultime de l'esprit dont parlent les Orientaux, à laquelle on peut parvenir, démontre Thoreau, grâce à cette liberté acquise au contact de la vie sauvage.

  • "Mais tu l'as bien compris : c'est pour cela que je m'en vais, que je m'envole, que j'en appelle au plus lointain. Ces étoiles au sol, ces feux roses de l'aube, ces forêts, ces rivages, ces toitures : la terre, la maison des hommes. Je ne connais pas de moment plus heureux que l'atterrissage. Ces départs, après tout, n'ont pour objet que le retour. » Jean-Michel Maulpoix saisit les émotions fugitives qui naissent de tous les sens. Chez lui, ce sont les voyages qui conduisent à l'éveil d'une sensibilité poétique tissée entre l'intime et le tangible.
    Après quelques années de silence, les mots du poète résonnent à nouveau dans ce recueil célébrant la joie infime des plaisirs partagés comme les surprises liées au décentrement voyage.
    En fin de volume, un carnet accueille l'écho qu'ils ont laissé dans l'oreille de quelques lecteurs.

  • Ce livre se présente comme un vaste monologue, sorte de testament imaginaire que nous aurait légué Camus. « Je suis revenu de la mort pour parler aux générations futures. Parce que je ne veux pas qu'on leur mente. Et qu'elles subissent ce que nous avons dû souffrir, comme un aboutissement logique. » C'est donc véritablement Camus (1913-1960) qui se raconte ici à travers Francis Huster. On observe ainsi l'auteur du Mythe de Sisyphe méditant sur sa vie et la société de son temps au fil des thèmes qui parcourent son oeuvre : la justice, la politique, la religion, son enfance, l'Algérie, le terrorisme, le nazisme, la France de Vichy, l'artiste, Dieu, la liberté, la révolte, le nihilisme...
    Le comédien, qui partage avec l'écrivain la passion du théâtre et qui a adapté avec succès La Peste sur scène, nous fait redécouvrir cette voix essentielle penchée sur le destin de l'humanité. Un plaidoyer vibrant pour un humanisme contemporain contre la barbarie.

  • En 475 après J.-C., toute la Gaule, ou presque, est aux mains des barbares : Francs, Burgondes, et surtout Wisigoths. Arles, ville de premier plan en Gaule depuis deux siècles, est le dernier bastion de la romanité dans le pays. Derrière ses remparts, un commerçant de vin est enlevé. Myriam, la fille de ce dernier manque d'être enlevé sous les yeux d'un jeune orfèvre, Vercel. Vercel invoque alors l'aide de Lupicin, un vieil abbé de passage à Arles aussi sage et malin que Lupicin est audacieux et naïf. L'étrange tandem mène l'enquête et se retrouve au coeur d'un complot politique d'une ampleur sans égal, les Wisigoths menacent de reprendre la ville...
    Appuyé sur une recherche documentaire solide, l'auteur offre un aperçu haut en couleurs de la vie quotidienne et des enjeux politiques de cette époque méconnue, quand l'empire romain d'Occident brille de ses derniers feux. Une intrigue menée tambour battant dans laquelle se mêlent amour, humour, trahisons et combats épiques. Le premier tome d'une saga historique.

  • Il est le plus grand poète, dramaturge, romancier de son temps. Il est un sphinx, l'homme exemplaire de son pays, il est un monument. Il a cinquante-huit ans. Elle est vive, irrespectueuse, déterminée, cultivée, éduquée dans un milieu intellectuel, et jolie comme on l'est à dix-huit ans. Elle veut qu'il l'aime, elle lui écrit, il répond. Leur correspondance, leur conversation plutôt dure cinq ans.
    Il y a tant de façon de s'aimer, de se trouver, de se fuir, de se raconter, de réfléchir, de vibrer, de rire ensemble ! De vivre par l'écriture et seulement par elle une histoire d'amour unique et troublante. Voici, la correspondance de Goethe et de Bettina von Arnim.

  • Octobre 475 après J.-C. L'empire romain d'Occident est sur le point de disparaître. Le sud de la Gaule est aux mains des Wisigoths, l'est des Burgondes. Au nord, Geneviève, qui dirige Paris et cherche à préserver la paix, tente une ultime médiation entre deux chefs de guerre qui s'apprêtent à s'affronter : Syagrius, le romain, et Childéric, le roi franc. Lupicin, l'abbé de Condat, arrive d'Arles pour la seconder, avec son aide Vercel, un jeune orfèvre, et Nantilde, une belle franque qui est la nièce de Geneviève.
    Mais, à trois jours de la signature du traité, Childéric est victime d'une tentative d'empoisonnement. La réussite de la médiation est compromise, les tensions s'avivent, la guerre menace, l'empire est en péril.
    Dans cette agitation, Lupicin et Vercel tentent de trouver le coupable de la tentative d'assassinat mais le mystère s'avère plus obscur que prévu. En cette période de déliquescence politique, personne ne joue franc jeu, les haines sont légion et les ennemis pullulent.
    Une intrigue haletante qui plonge le lecteur dans le Paris de la fin du ve siècle fidèlement restitué, au coeur des problématiques géopolitiques et spirituelles du temps. Le deuxième tome de la saga L'avènement des barbares, après L'or, la paille, le feu (2020).

  • Depuis plus de huit cents ans, Notre-Dame de Paris fascine, captive, inspire. Pour tous, elle a toujours été plus qu'un monument. L'émotion suscitée lors de la récente actualité en est une preuve. Partout dans le monde, Notre-Dame en flammes a créé un émoi profond.
    Les chroniqueurs du Moyen Âge, les plus grands écrivains français et étrangers, les poètes, ont non seulement admiré, mais aimé Notre-Dame de Paris, nous restituant leurs impressions par des écrits où ils semblent tous avoir été touchés par une grâce particulière. L'auteur, qui pendant plus de quinze ans a rassemblé une somme de données éparses dans de nombreux ouvrages, nous livre ici les fruits de ses recherches et nous raconte avec simplicité l'histoire de ce monument qui a fasciné et fascine encore. Notre-Dame de Paris unit ainsi dans une même ferveur Claudel, Hugo, Freud, Verlaine, Rabelais et Proust, et tant d'autres.
    Un voyage à travers les siècles avec les plus grands auteurs pour guides. L'histoire de ces pierres conte aussi l'Histoire des hommes.

  • En France, environ 10 000 personnes se suicident chaque année. Toutes les classes d'âge et les catégories socio-professionnelles sont touchées. On estime que chaque suicide impacte lourdement environ 40 personnes. Quand un proche se donne la mort, son entourage vit un véritable tsunami. Choc posttraumatique, culpabilité, colère, honte, le deuil après le suicide est bien particulier. Ce que vivent les familles touchées par le suicide d'un proche reste encore méconnu. Ce livre donne la parole à ces endeuillés du suicide. Que le décès date de quelques mois ou de plusieurs années, ils racontent leurs histoires, partagent leurs expériences et prouvent que l'on peut non seulement survivre mais vivre. Leurs témoignages sont éclairés et complétés par les regards de spécialistes comme le psychiatre Christophe Fauré ou Xavier Pommereau, psychiatre travaillant avec les adolescents. Ce travail sur le suicide mené par Katia Chapoutier a donner lieu à un documentaire diffusé sur France 5. Ce livre en constitue le prolongement et l'approfondissement en donnant aux lecteurs les clefs fondamentales pour se reconstruire après le suicide d'un proche et continuer de vivre.

  • Cédric est Professeur de philosophie à Paris. Le 13 novembre 2015, il perd sa femme et ses deux adolescents dans l'attentat du Bataclan. Effrayé par la haine qu'il ressent, il fuit Paris pour trouver la solitude et se reconstruire dans une vieille bâtisse proche du château de Montaigne, dans le Périgord, un philosophe qu'il admire. Cette maison, son parc et sa vieille chapelle lui réservent de nombreuses surprises, une véritable plongée dans l'Histoire.
    Peu à peu, la vie reprend ses droits et lui ses cours de philosophie au lycée voisin où la violence des élèves constitue un véritable défi. Cédric se raccroche toujours aux philosophes qu'il admire : Montaigne, La Boétie, Stefan Zweig ou François Cheng. Il croise la route de Sidonie, professeure d'histoire, avec laquelle il créé un spectacle historique au château de Montaigne. Leurs échanges vont lui redonner goût à la vie, mais Sidonie cache de lourds secrets...
    D'une plume alerte, Elisabeth Bourgois décrit les méandres de la reconstruction d'un homme brisé par le destin et qui retrouvera le goût de vivre et d'aimer.

  • Je commence déjà à être las de toutes les stupidités qui seront dites à l'occasion de ce livre Nouv.

    « Qui révélera mieux que la lettre autographe la tête et le coeur de l'individu ? [...] Seule la lettre autographe sera le confessionnal où vous entendrez le rêve de l'imagination de la créature, ses tristesses et ses gaîtés, ses fatigues et ses retours, ses défaillances et ses orgueils, sa lamentation et son inguérissable espoir. » Par ces quelques lignes de la préface de leurs Portraits intimes du XVIIIe siècle les frères Goncourt, grands amateurs et collectionneurs d'autographes s'il en est, révèlent tout le prix qu'ils attachent aux correspondances.
    Et de fait, celle qu'ils échangèrent avec leur ami, maître et rival Flaubert au long d'une relation de vingt ans (1860-1880), se révèle, en écho et en opposition parfois à leur célèbre Journal, extrêmement précieuse pour comprendre, certes, les « créatures » contradictoires, changeantes et vulnérables, mais surtout les grands artistes qu'ils furent tous trois, artistes qui considéraient la littérature comme un véritable sacerdoce et se percevaient comme les derniers représentants d'un art « pur », sacré, à l'abri du mercantilisme et de la « blague » moderne : « La pure littérature, le livre qu'un artiste fait pour se satisfaire, me semble un genre bien près de mourir. Je ne vois plus de véritables hommes de lettres, de sincères et honnêtes écrivains que Flaubert et nous » (Journal, 9 août 1868).
    Cette correspondance est aussi éminemment instructive (et complète en cela de façon irremplaçable le Journal) pour la connaissance du champ littéraire sous le Second Empire et la compréhension des sociabilités d'écrivains, penseurs et artistes.

  • On pense tout connaître de l'antisémitisme, en avoir fait le tour, ne plus rien pouvoir découvrir. Pourtant le public le perçoit essentiellement à travers le prisme de la Shoah et de la résurgence de l'antisémitisme ces dernières années. Mais depuis quand existe-t-il ? Où sévit-il ? Pourquoi ? Sous quelles formes ? En réalité le phénomène est si ancien, étendu et complexe, que la plupart de ses aspects échappent au plus grand nombre.
    Dans cet ouvrage, l'auteur pose un regard historique et sociologique sur ce phénomène et aborde les questions dérangeantes, notamment celles qui dérangent le plus et qu'on n'ose généralement pas poser : Les Juifs pratiquent-ils la « double allégeance » ? Israël instrumentalise-t-il l'antisémitisme ? La Bible peut-elle être un ferment d'antisémitisme ? La Shoah fut-elle la cause de la création de l'État d'Israël ?
    Concepts, histoire, fantasmes, Israël, moyens de lutte, toutes les facettes du phénomène sont décryptées en de brefs chapitres pédagogiques, qui laissent s'exprimer les protagonistes, dans un style simple et direct.
    Stéphane Encel apporte des clefs essentielles pour comprendre ce phénomène qui n'en finit pas de faire peur autant que de fasciner, et qui représente un perpétuel danger à l'image de la multiplication des actes antisémites ces dernières années.

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