Langue française

  • ?Réédition augmentée de 11 inédits et d'une illustration en couverture de Georges Rubel d'un livre paru en 1990 aux éditions Le Dé bleu, puis en Folio en 2005. La densité d'écriture, la petite musique du styliste qui joue de l'humour noir et de la dérision, voire du fantastique, ajoutées à la force de ses évocations, classent ses textes dans le registre de l'expression poétique que l'auteur, d'ailleurs, affirme première pour lui, et fondatrice. Au demeurant, la forme n'en reste pas moins celle du journal : à chaque jour son texte, du 17 janvier au 16 janvier de l'année suivante. Les amateurs de cet auteur désabusé (mais pas désengagé) y retrouveront sa voix, qui masque le désespoir sous des pirouettes, règle ses comptes avec l'enfance et le monde comme il va (mal).

  • Monsieur Typhus, toujours fournisseur d'horreur et de terreur. Rita Remington, par instants entièrement tatouée. Patricia Bartok, sourire de vampire. Jennifer Style, endormie sur un tas de diamants. Rosetta Stone, pas que sa main poudrée de cocaïne. Et même Jimmy Ravel voit des espions partout. De 1970 à 2018, ils sont à Bogota, Colombo, Dubaï, Nairobi, Pékin, Tirana, Tunis, Varsovie, Vienne. Ils courent les complots, se font truffer de plomb, tremper dans l'acide, chiffonner à point. Non content de passer les clichés du roman d'espionnage à la moulinette, l'auteur entraîne ses personnages vers leur devenir-machine, ils ne vont plus tarder à entrer dans la post-humanité.

  • Les vies sont patinées, les vies sont lustrées, les vies sont luisantes comme le verglas sur le macadam, comme un champ de fleurs sous la pluie d'été. La vie humaine est courte, misérablement courte, mais la vie nous donne à espérer, et de là vient la plus haute désillusion car la vie n'est pas ce qu'on nous fait croire, il faut s'accommoder de ce vieux mensonge toujours répété, toujours cru, quand bien même, après nous, l'éternité ne saurait durer très longtemps.

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