D'en Bas

  • Effondrement, crises, histoire, environnement, avenir

  • La légende du merle est un roman diariste, intimiste, porté par le chant d´un merle du pre-mier printemps de février au coeur de l´été, à la moitié d´août où l´oiseau s´est tu. Dans la félicité du paysan retraité, aujourd´hui confiné, l´écrivain prend des notes, les réécrit quinze fois, évoque tour à tour avec mélancolie l´absence de ses petits-enfants, puis avec sensualité les femmes de sa vie. Les carnets de l´écrivain-paysan se lisent d´une traite comme un long poème qui vient interroger son processus d´écriture : « (.) il y avait les prés si appréciés, si vivants, si percutants, comment les ramener sur la page blanche, étaler les surfaces, la mue des surfaces en images satellites, je commence les foins ici (...) » Au fil de cette « rétrospective anarchique » il ne se trouve pas plus malin, mais ça le rend heureux, il est rempli de paysages locaux, on le dit écrivain régional, « le merle n´est pas un oiseau migrateur, il a ses limites ».

  • Revenir à l'organisation de la société qui prévalait avant la pandémie serait reproduire les conditions qui favoriseront l'émergence de nouvelles crises. Ce serait irresponsable et suicidaire. Il semble pourtant que, toujours guidés par ceux-là mêmes qui nous ont conduits au désastre, qu'inspirent encore les idées anciennes, nous soyons sur ce chemin. N'aurions-nous rien compris, rien appris?? Le vieux monde a montré ses limites, il est temps d'imaginer celui de demain, centré sur l'humain, solidaire et respectueux de l'environnement. Citoyennes et citoyens libres et conscients de nos responsabilités à l'égard des générations futures, nous présentons des propositions, chacune et chacun dans son domaine.

  • Alcool mon amour Nouv.

    Alcool mon amour

    ,

    Alcool mon Amour. Provocation ? Non, véritable aveu. Émotion pure. Cette immense difficulté de gérer nos émotions. Une histoire d'amour singulière se noue entre deux êtres vulnérables, alcooliques, trop sensibles. La dépendance et la maladie les empêchent d'assumer leurs sentiments et les jettent dans des aventures terribles. Pourtant, leur amour renaît, se montre fort, beau et vivant. Est-ce que ce sera suffisant pour vaincre la maladie ? Andréas Becker, accompagné d'un groupe de personnes anciennement dépendantes, donne dans ce livre une belle réponse. Préambule du Docteur Hispard, Addictologue et Pdt. de l'ACERMA

  • Derrière les grilles du zoo humain, le sauvage sert à enseigner la civilisation.
    Derrière les murs de la Salpêtrière, les folles servent à enseigner la raison.
    Dans les chambres aux miroirs multiples, les filles servent à enseigner l'ordre.

    Paris, seconde moitié du XIXe siècle, la ville de tous les excès où se déploient les scandales de l'art, les prouesses de la science, les grands travaux d'urbanisme, les brutales politiques hygiénistes.

    Paris, 1856, naissance de Jeanne L'Étang. Enfermée de maison en maison, des combles de la maison mère aux pavillons de la Salpêtrière jusqu'aux salons des maisons closes, Jeanne L'Étang apprendra à vivre et à s'orienter entre ces mondes d'exils.

    L'auteure s'est immergée dans les archives de l'Assistance Publique, de la Bibliothèque universitaire Pierre et Marie Curie et de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, pour y rencontrer Charcot, Freud, Degas, les clients des bordels et les folles de la Salpêtrière, les bourgeois et les mendiants, la ville et ses ombres, jusqu'à construire autour de son héroïne la langue la plus précise et la plus puissante possible.

  • Yves Velan, l´auteur «Je» (Seuil) et «Soft Goulag» (Zoé), en ces pages serrées, brillantes, ironiques, fraternelles, agite «un petit trousseau de questions». Selon le Pouvoir et certains écrivains, le cor des Alpes et le cinéma sont la même sorte d´évènement: la culture est confondue avec la société. Pour Yves Velan, la littérature existe par les obstacles qu´elle dresse , et dans la distance qui la sépare de l´ensemble des textes dits et écrits, ceux qui coulent comme l´eau de lessive. Abolissez cette différence et toute la société se refermera sur elle-même. Elle baignera dans la «communication» Il demande qu´à tout prix, sans complexe, elle oppose nà l´idéologie de la série, la culture qui est arrêt, mémoire. Seul celui qui la possède, comme on saistit le feu, échappe au «goulag mou». La réédition d´un livre épiupublié en 1978 (Bertil Galland) et qui n´a pas pris une ride.

  • Sur la planète du chocolat, la Suisse peut être vue comme une anomalie géographique. Les Suisses sont les plus gros mangeurs de chocolat au monde en sont aussi les producteurs les plus appréciés. Une anomalie qu'on a mise sur le compte d'une gourmandise bien placée ou d'une capacité innée à faire de la qualité dans cette « niche » gastronomique. La crise environnementale actuelle impose de revoir nos comportements alimentaires. En faisant un effort en particulier sur la traçabilité des végétaux et des animaux à l'origine de nos aliments. Car jusqu'alors, le marketing avait pour tâche de "réenchanter l'alimentation", comme si on admettait implicitement que la cassure d'avec les origines avait entamé le capital nutritionnel et culturel de nos nourritures.S'agissant du chocolat, les multiples manières de le préparer pour ledéguster ont ôté ce qui était à l'origine de son côté magique au temps des Aztèques et des Mayas. Chaque pays s'en est emparé avec sa culture technique et politique et la Suisse a joué un rôle considérable dans le monde pour la démocratisation du chocolat. Mais il a fallu l'attention des ONG pour désigner les trafics, les malversations, les spéculations qui ne défigurent la carte du plaisir qu'il nous procure. Et si ce livre devait ouvrir une nouvelle étape dans la constructiond'un rapport plus juste avec les pays producteurs ?

  • Lentement, une femme s'eace devant le monde. Autour d'elle, les silences, les absences, une clarté presque insoutenable, les paysages vides du Nord de l'Allemagne. Elle s'allonge sur un canapé, chez elle, dans son salon ; seuls l'alcool et les médicaments la font encore bouger. Le médecin est formel, la mort approche par cirrhose du foie.
    Andréas Becker accompagne la malade d'une langue ciselée et tendre, d'une langue qui cherche constamment à dire ce qui est encore exprimable quand la vie s'en va, mais quand l'amour se tisse. Malgré la tristesse de la mort se crée ainsi une espérance dans ce qui restera et que Becker nomme alors ça. Ça, c'est Ulla.

  • Il s'agit d'un recueil de discours et interventions publiques de l'écrivain, paru en 1967 chez Suhrkamp et qui n'ont pas pris une ride. Textes politiques et esthétiques, ironiques et mordants, engagés dans leur critique de la Suisse bourgeoise de l'après-guerre, ils se révèlent aussi posséder une grande actualité dans le contexte politique actuel - notamment les deux articles contre l'idée d'« Überfremdung » (« la crainte de la surpopulation étrangère »).

  • Mémoire éclatée

    Nils Andersson

    • D'en bas
    • 27 Septembre 2016

    Ce livre constitue un te´moignage exceptionnel sur plus de 60 ans du parcours d'un homme depuis les anne´es '50 a` nos jours. Deux tiers de l'ouvrage raconte les anne´es d'activite´s litte´raires, the´a^trales et e´ditoriales de Nils Andersson a` Lausanne - la fondation de la Diffusion et des E´ditions de La Cite´. En 1957, Nils Andersson rencontre Je´ro^me Lindon (E´ditions de Minuit), Jean-Jacques Pauvert (E´ditions Pauvert), et Robert Voisin (E´ditions de l'Arche) afin de leur proposer la diffusion de leur catalogue en Suisse. Il deviendra e´diteur lorsque Lindon lui demande d'e´diter La Question d'Henri Alleg, ouvrage interdit en France. De`s 1961, il diffusera e´galement les E´ditions Maspero et deviendra, apre`s de nombreuses publications lie´es a` la cause alge´rienne, l'e´diteur du Petit livre rouge de Mao et d'autres publications maoi¨stes.
    Apre`s son expulsion de Suisse par le Conseil fe´de´ral en 1966, il travaillera cinq ans a` Radio Tirana (e´missions franc¸aises), puis il deviendra le diffuseur des maisons d'e´ditions franc¸aises en Sue`de. A` sa retraite, il s'installe a` Paris et devient actif au comite´ scientifique d'Attac tout en s'engageant sur les proble´matiques des droits humains.
    Cet ouvrage raconte e´galement l'aventure de la de´colonisation et de ce que Nils Andersson appel le « de´clin de l'occident ». Me´moire e´clate´e fait suite a` un livre consacre´ aux E´ditions de La Cite´ publie´ dans la collection Me´moire e´ditoriale (E´ditions d'en bas) : Livre et militantisme. La Cite´-E´diteur 1958-1967 (avec une postface de Franc¸ois Maspero).

  • Syngenta mis à nu dans un livre noir Monsanto a un frère jumeau en Suisse. La firme Syngenta s'attire les mêmes critiques que son aîné, et collectionne des «affaires», désormais réunies dans un livre noir.

    Ce n'est pas un polar mais il en partage la noirceur. L'imposant ouvrage de 360 pages Le livre noir de Syngenta, rédigé par la coalition d'ONG et de syndicats Multiwatch, passe en revue les activités contestées de la multinationale domiciliée à Bâle. Ainsi que nombre d'affaires dans lesquelles s'est illustré ce champion de l'agroindustrie.

    Parmi d'autres: la production de pesticides toxiques, dont le redoutable Paraquat, et leur impact sur la santé et l'environnement, son recours systématique au travail temporaire, sa responsabilité dans l'assassinat d'un paysan au Brésil, son implication supposée dans le coup d'Etat de 2012 au Paraguay et son rôle probable dans l'hécatombe des abeilles en Europe et aux Etats-Unis.

    C'est aussi à un portrait de la firme auquel se sont livrés les nombreux auteurs ainsi qu'à une histoire des résistances à ce mastodonte de la chimie agricole et des OGM.

  • Silences d'exils est un projet entrelaçant le langage des mots et celui des images, conduit par Marina Skalova, écrivain et Nadège Abadie, photographe.
    Le projet est né d'une réflexion sur la dépossession de la langue, qui caractérise les trajectoires migratoires. La notion de Sprachlosigkeit en allemand, qui désigne à la fois une perte et un mutisme, est à l'origine de ce projet. L'expérience de cassure, de brisure de la langue, propre à la situation des migrants, est au coeur de la démarche de Silence d'exils.
    Depuis 2016, les deux artistes ont proposé des ateliers bilingues d'écriture et de photographie auprès de demandeurs d'asile dans le cadre d'une résidence de trois semaines à C-FAL Genève, puis à Bienne et à Neuchâtel. Les ateliers se sont ensuite poursuivis au cours de l'année 2017. Les textes, images et sons créés à partir des ateliers, par les deux artistes et les participants, ont donné lieu à la création d'une exposition interdisciplinaire, présentée pour la première fois à C-FAL à Genève en automne 2016. L'exposition a ensuite été accueillie au théâtre POCHE/GVE à Genève en automne 2017, puis par la Fondation Bibliomedia à Lausanne au printemps 2018, dans le cadre du Printemps de la poésie.

  • Témoin des terribles tragédies dont sont victimes nos populations depuis la première guerre de 1996, Carlos Schuler était responsable des infrastructures pour la Coopération technique allemande (GTZ) au Parc de Kahuzi-Biega. Ces années-là, des millions de réfugiés rwandais fuyant leur pays à la suite du génocide de 1994 arrivèrent dans l'Est du Zaïre. Certains furent installés dans des camps à proximité du parc. Ce parc est un précieux patrimoine du Congo, mais aussi de notre humanité. Je me souviens qu'il alla jusqu'à mener des négociations avec de nombreux groupes rebelles et l'armée congolaise pour sauver ce patrimoine sans pareil.C'est la guerre de 1996 et les suivantes qui précipitèrent le Congo dans le naufrage et la barbarie. À côté de ses responsabilités professionnelles, Carlos a toujours été le premier soutien de sa femme, Christine, directrice de la Cité de la Joie, de V-Day et de V-World-Farm, qui mène des projets de développement en relation avec les femmes violentées.

  • La lessive et autres histoires de femmes migrantes rassemble plusieurs récits recueillis auprès de femmes venues d'ailleurs en Suisse. Yudit Kiss a soumis ces histoires à ses interlocutrices qui ont été très touchées par cette reconnaissance qui leur a été accordée. Leurs vies ont pris forme et ces récits de vie ont transfiguré leurs destins.
    Il s'agit de parcours singuliers marqués par la migration sous contrainte - on ne quitte pas son pays volontairement. C'est ainsi que ces femmes viennent du monde entier : l'Algérie, l'Espagne, l'Angola, la Russie, le sud de l'Italie, le Jura, la Tunisie, la Turquie, la Somalie, la Hongrie, et le Burkina Fasso.
    Yudit Kiss a écrit ces récits en mobilisant de nombreux styles narratifs en fonction de chaque histoire avec une prédilection pour le conte et parfois même le conte fantastique. Elle explore ainsi les lieux d'origines, les origines familiales, le tracé des déplacements et les péripéties de l'arrivée et de l'installation en Suisse de ces femmes immigrées. Ces histoires explorent toute la gamme de destins parfois heureux, mais aussi tragique et dont les maîtres mots sont le courage et la résilience de ces femmes.

  • Gahugu gato

    Gaël Faye

    En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite soeur, Ana, dans un confortable quartier d'expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d'Afrique brutalement malmené par l'Histoire.
    Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé.
    Par vagues successives, la violence l'envahit, l'imprègne, et tout bascule.
    Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français...
    « J'ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l'après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d'orages... J'ai écrit ce roman pour crier à l'univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu'à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d'exilés, de réfugiés, d'immigrés, de migrants ».

    Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d'un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d'un drame que l'auteur connaît bien, un premier roman d'une ampleur exceptionnelle, parcouru d'ombres et de lumière, de tragique et d'humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.

    Trraduction en kinyarwandais de Petit pays.

  • L'ombre de Bloom

    Reto Hänny

    Après bien des années, Reto Hänny revient sur la scène littéraire. Son nouveau livre Blooms Schatten est construit à partir du livre culte de Joyce, Ulysse. Ce roman accompagne Hänny depuis son adolescence. Avec virtuosité, l'auteur le transforme en une texture rythmique, tout en y intégrant d'autres sources issues de son expérience littéraire. Hänny interprète le «courant de conscience» à sa manière: il met Leopold Bloom au centre; le concert des voix que Joyce fait résonner se concentre dans la tête du personnage. Il en résulte un Ulysse en accéléré, et en même temps une prose tout à fait originale..

  • Amours et larmes d'exil est le dernier opus de Wilfried et Serge N'Sondé; il réunit un ensemble de poésies issus d'un recueil commun, des compositions acoustiques à la guitare douze cordes, Slam Poetry et Folk Songs originales, avec la participation exceptionnelle du saxophoniste Archie Shepp sur deux titres: Femme d'Afrique et sa version anglaise Black Woman.

  • «Face à la peur du chaos qui le tient, l'humain à besoin d'espérer. Certains ont foi en l'au-delà, d'autres en des lendemains qui chantent. Or les utopies sont précisément des récits qui projettent dans l'avenir, des mondes meilleurs basés sur de nouvelles mises en ordre de la société. Alors que les utopies sociales telles que le Contrat social de Jean-Jacques Rousseau ou le Manifeste communiste de Karl Marx ne convainquent plus guère, l'espoir dans les technologies nouvelles semble seul offrir aujourd'hui des perspectives fiables. Sous l'égide de ces technologies, les sociétés semblent pouvoir se restructurer dans l'intérêt du plus grand nombre et accéder à de nouvelles formes de démocratie. Il paraît même que l'on pourra confier à ces technologies le soin d'une gestion plus rationnelle des ressources de la planète, de telle sorte à éviter les catastrophes écologiques annoncées.» (Libero Zuppiroli) Libero Zuppiroli nous convie ainsi à un examen critique des utopies technologiques et des croyances qu'elles suscitent à notre époque.

  • La payîsanna

    Noemi Lerch

    La payîsanna est un petit roman cyclique composé d'un prologue et de cinq parties, de l'automne à l'automne. Le texte est parsemé de mots de dialecte qui font écho au titre et sont expliqués dans un glossaire.
    La narratrice, qui ne sait trop que faire de sa vie après une séparation douloureuse, décide de travailler dans une ferme des Grisons. Elle vit dans la villa en ruine de ses grands-parents, hantée par le fantôme de sa grand-mère récemment décédée et avec qui elle converse souvent. Son ex-compagnon a pris le large, mais il revient lui aussi constamment dans les souvenirs de la jeune femme qui s'adresse à lui comme s'il était présent. Plusieurs voix s'entrelacent de sorte à dérouter le lecteur qui ne sait plus s'il est parmi les vivants ou les morts. Le personnage de la paysanne, entre silences qui en disent long et vérités laconiques, se situe, selon l'auteure, « entre le monde des animaux et celui des hommes.
    Entre le monde de la parole et celui du silence. Entre le monde des vivants et celui des morts. Elle est une sorte de charnière, c'est pourquoi elle est la figure centrale du livre ». Si la grand-mère de la narratrice ne trouve pas de repos dans la mort et Johnny Cash surgit d'une cassette pour fumer des cigarettes réconfortantes, les animaux, les nuages galopants, les tasses de la cuisine, le clocher du village et même le tracteur ont une âme et semblent parler : tous les éléments terrestres ont une signification particulière pour Noëmi Lerch qui s'inspire du réalisme magique de la littérature sud-américaine du XXe siècle : « Elle écoute les pulsations des choses, des êtres, même des machines et des pierres. » La prose poétique de Noëmi Lerch est empreinte de mélancolie, des frontières floues entre début et fin, entre naissance et mort, comme le montrent les réponses simples et justes de la vieille paysanne aux questionnements de la vie.

  • Sans repos

    Michèle Minelli

    1859, Cassovie/Košice. Le jeune perruquier d'art Frantisek Schön, employé à la cour de la comtesse Csöke, s'entiche de la jeune aristocrate Alzbeta qu'il épouse malgré le scandale que cet amour interdit suscite au sein de la bonne société. 1855, Trieste/Fiume. Costanza Modigliani, surnommée la «femme-girafe» à cause de sa stature démesurée, est mariée par intérêt à Lazarro Israël, juif de son état, ayant fait fortune dans le commerce de la tannerie. Détail d'importance: Lazarro tient davantage du nain que du géant. Une alliance incongrue. 1859, Bergame. Serafino, 9 ans, l'aîné de cinq enfants, voit les jours heureux et les rêves de l'enfance prendre fin subitement lorsque son père meurt d'un accident de travail. Il devient dès lors l'homme de la famille et se sent investi d'une mission... Ainsi démarrent les trois lignées d'une même famille qui sillonnera l'Europe entière avant de trouver enfin où se poser en Suisse. Les uns sont coiffeurs de père en fils, les autres commerçants, violonistes virtuoses, maquilleurs ou peintres. Au cours de ces destinées qui se calent sur la grande Histoire, la Suisse apparaît comme une terre d'accueil, de travail et de refuge au gré des guerres, des persécutions, des pogroms. L'amour aussi fait voyager. Dans cette galerie de personnages tous plus truculents les uns que les autres, on trouve des hommes et des femmes anticonformistes, en avance sur leur temps, qui se sont faits à force d'autorité. Mais aussi des femmes spoliées, violentées et soumises - que ce soit Mauritzia, enfant placée et abusée partageant le destin de nombreux «Verdingkinder», ou Cheina Malka, une juive russe condamnée à fuir son pays et qui perdra la trace de sa famille. Aude Senigaglia, ornithologue née à Zurich dans les années 1960, tombe par hasard sur l'histoire de sa famille lors d'un voyage d'étude en Hongrie. Elle applique toute la rigueur scientifique que lui a appris son métier pour se lancer sur les traces de ses ancêtres, voulant comprendre ce qui les a poussés à devenir des «oiseaux migrateurs».

  • L'effrayable

    Andreas Becker

    • D'en bas
    • 27 Novembre 2018

    Un être double, mi petite-fille mi vieil homme, dévide l'écheveau d'une terrible généalogie qui remonte à l'horreur nazie, puis soviétique, dans le vaste champ de ruines que laisse le « grand Reich » déchu. Dire cette accumulation de traumatismes nécessite une nouvelle langue, définitivement irradiée de l'exposition à trop de chocs. Rarement roman n'aura ainsi restitué ce pan de destin allemand.

  • « C'est l'histoire de mes oncles, les frères jumeaux Gion Battesta et Gion Evangelist Silvester, nommés, quand ils n'étaient pas présents les deux, Settembrini.
    Chasseurs de chamois, admirateurs du ciel et lettrés. Des lettrés qui ne faisaient pas dans la littérature. Des lettrés dans le sens qu'ils lisaient et qu'ils vivaient avec Homère et Hérodote, avec Pline et Plutarque et les autres auteurs célèbres de notre culture. C'étaient des montagnards, aussi parce qu'ils fumaient sans ménagement l'affreux Monta Blau acheté au kilo et buvaient de l'encore plus horripilant Montagne. Boire du Montagne et lire Montaigne, telle était la devise de ces deux spécialistes dans l'art de pisser contre le vent. La chasse se fait toujours contre le vent. Les chamois et les livres étaient leur vie. D'aucuns ont ramené sur leur dos autant de chamois, pendant autant d'heures de descente du haut des sommets, que Settembrini. Mais personne n'a trimballé autant de livres dodus à travers des rochers escarpés que Settembrini. La littérature était son fortifiant. Settembrini aurait dû mourir d'un accident, selon le mythe qui veut que le montagnard se fracasse dans les parois rocheuses. Cependant, il a préféré devenir gaga, faire son cocon et se métamorphoser en papillon, selon Kafka qui veut que le chasseur mue et finalement disparaît en s'envolant dans les airs. »

  • «Les récits qui suivent sont des instantanés, tirés de 50 000 ans d'histoire agraire du continent africain là où l'humanité a sans doute vu le jour il a y environ un million d'années.
    Je n'ai pas la prétention de réussir à résumer en quelques pages cette très longue histoire de l'Afrique. Les six chapitres et les narrations composant ce livre soulignent à suffisance les contours d'une Afrique telle qu'on l'a perçue ou imaginée en observant ses pratiques agricoles.
    En effet les premiers chercheurs européens, les colonialistes et une génération de scientifiques africains plus ou moins jeunes, sans oublier les paysannes et paysans d'Afrique, ont chacun interprété la culture agraire de manière très diverse et très variée. Ces textes cheminent de croyances en suppositions, de présomptions en projections, lesquelles ont souvent déformé le regard posé sur une agriculture africaine essentiellement polyvalente. La science elle-même dépend de l'air du temps, surtout lorsqu'elle traite de deux sujets émotionnellement délicats comme l'Agriculture et l'Afrique.
    On trouverait sûrement sur d'autres continents des exemples d'archéologie et d'histoire utilisés uniquement pour justifier et conforter les préjugés liés à une vision réductrice. Mais il s'agit ici de l'Afrique «le continent noir», d'où rien n'est jamais venu éclairer l'Occident telle la lumière depuis l'Est, un continent auquel on n'accorde aucun crédit en matière de progrès. En Afrique, les chercheurs n'ont jamais rien trouvé que ce qu'ils croyaient connaître déjà. Les six chapitres brièvement présentés ici ouvrent six fenêtres sur l'Afrique, ses territoires et ses habitants.
    ».

empty