Au Vent Des Iles

  • Le troisième volume de la trilogie : après L'Arbre à Pain, consacré à Materena, héroïque «femme de ménage professionnelle», et Frangipanier, chronique des rapports de Materena avec Leilani, sa fille, Tiare (prononcer Tiaré) met en scène, de façon complètement inattendue, la rédemption de Pito, son mari, macho irrécupérable et père inexistant, par la grâce de Tiare, leur petite-fille.

  • Lorsque Patrick, un archéologue, découvre le squelette d'une fillette en effectuant des fouilles sur un îlot du Vanuatu, sa vie bascule. Découvrir les circonstances de la mort de cette enfant lui semble la seule clé pour retrouver l'apaisement.
    Plus d'un siècle avant, sur ce même îlot, l'équipage d'un navire australien capture des hommes pour les emmener travailler dans des plantations en Australie. Le village est mis à feu et à sang.
    Avec cette enquête édifiante, Jacques-Olivier Trompas signe un roman polyphonique fort, ancré au Vanuatu en Mélanésie, qui revient sur la sombre pratique du blackbirding : un esclavage déguisé pratiqué à la fin du 19ème siècle dans tout le Pacifique. Blackbird propose une plongée haletante et révoltante dans ce que notre passé a de plus sombre...

  • Ce roman est le second de la trilogie de Materena : on retrouve la foule des petites gens de la périphérie de Papeete qui a fait le succès de L'Arbre à pain.
    Dans Frangipanier, l'histoire est centrée sur les relations entre Materena et sa fille Leilani, laquelle est bien décidée à se libérer, et à libérer sa mère par la même occasion, des pesanteurs assez machistes de la vie tahitienne. Ce livre a été traduit et publié dans plus de 10 pays.

  • L'Arbre à pain, c'est une plongée dans le quotidien d'une famille polynésienne drôle, attachante et haute en couleurs. Au fil des aventures rocambolesques mais ô combien réalistes de ces personnages aux prises avec des problématiques personnelles mais universelles, c'est un tableau de la Polynésie de la « Belle époque » truculent et nostalgique que nous dépeint Célestine Hitiura Vaite. Ce premier tome de la trilogie de l'Arbre à pain, best-seller international, est à l'image du reste de la saga : pétillant, émouvant et enthousiasmant.

  • Devenu introuvable dans son édition de 1895 (Plon), le récit de William Leblanc, publié à l'origine sous le titre «Souvenirs d'un vieux Normand », représente l'une de ces bonnes surprises de la littérature océanienne, et sans doute ce que les mers du Sud ont suscité de plus curieux et de meilleur. D'abord et avant tout un livre d'aventures, il offre aussi des notations ethnographiques, selon la tradition des relations de voyages dans le Pacifique établie depuis la fin du XVIIIe siècle. Ses informations s'avèrent précieuses. Sur plusieurs sujets, comme le cannibalisme ou le tatouage, elles servent désormais aux travaux des ethnologues.

  • Dans ce recueil de nouvelles, Claudine Jacques nous livre un tableau sans concession de la Nouvelle-Calédonie contemporaine au travers d'une galerie de portraits souvent tragiques. Des squats miteux aux somptueuses villas de Nouméa sans oublier les stations d'élevage bovin, des femmes jeunes ou vieilles, célibataires, mariées ou veuves, des familles unies ou prêtes à imploser se démènent pour garder ou trouver un cap dans leur quotidien. Comme un miroir de la complexité de la société calédonienne faite de métissages, de coutumes, de croyances mais aussi de tensions, d'inégalités et de violence, Caledonia Blues souligne au delà de l'opposition kanak-caldoche l'incroyable équation calédonienne.

  • Il n'avait rien demandé de tout ça. Les signes, les oiseaux, et cette femme qui le suit depuis sa naissance. Il n'avait rien exigé de la société que la possibilité de vivre en paix, lui, l'enfant muet. Il n'espérait rien d'autre des hommes que leur confiance et leur amitié, lui qui se débat dans cette camisole. Et ce prénom, Moanam, qui ne veut rien dire... Moana, c'est l'océan, alors pourquoi ce "m" de trop, comme une mauvaise fin annoncée à l'histoire de sa vie.
    L'autre n'avait pas prévu que la rencontre de ce gamin allait l'éloigner autant de lui-même, ou de l'idée qu'il pouvait en avoir. Il aurait dû pouvoir maîtriser la folie qui emplit tout l'espace, tel un fluide. Mais il n'est pas fou ! Non, il ne peut pas être fou. Pas lui... Alors comment expliquer ? Accepter la vérité, c'est prendre le risque d'inviter la folie. Faites attention. Car cet "autre" , cela pourrait être vous...

  • K.O. 2 e round. Avec « Mutismes » finalement, Titaua Peu ne faisait qu'entrouvrir la porte pour dénoncer les silences. Avec « Pina », elle la défonce, la fait claquer, rebondir, résonner avec rage voire colère haineuse et crûment arrache les voiles devant toutes les violences : familiales, sociales, politiques, coloniales. Et elle nous laisse tous K.O. si tant est qu'on « tienne le combat » jusqu'au bout.
    Pour ce faire - en Almodovar de la littérature polynésienne -, l'auteure a choisi une famille qui cumule toutes les misères de cette terre : un couple, Auguste et « Ma » et une famille nombreuse dont trois « absents » parce qu'adoptés il y a longtemps. Pour ceux qui restent, Auguste junior, Hannah, Pauro, Rosa, Pina et Moïra, c'est un destin de « survivant » qui les attend. Survivre aux violences sous toutes ses formes : morales, affectives, sexuelles, sociales, survivre aux abandons, absences, silences, incestes, peurs, dépréciations, exploitations, clichés, désamours, manques, folies...
    Pour survivre, les amours vraies et les amitiés, celles de la tante Poe et de l'oncle Teanuaua, des amants François, John, Michel , l'intelligence de chacun, le goût d'en sortir, la soif de justice, pas forcément celle des hommes. La question se pose d'ailleurs tout au long du roman au fond - qui survivra ou non et comment ? - avec cette petite phrase qui jalonne toute l'histoire et laisse entendre qu'un petit corps est retrouvé pendu. On se doute assez vite d'ailleurs qu'il s'agit de Pina, petite enfant noire aux cheveux crépus, délaissée. Pina, le pivot et le coeur du roman, plantée là comme une conscience ignorée, esseulée, bafouée. C'est un livre. Une fiction où tout le monde (Polynésiens comme Popaa, locaux comme métro, hommes d'affaires libidineux comme vahiné oublieuse de sa dignité, croyant comme athée, anciens comme nouveaux colons) en prend pour son grade.
    L'écriture simple et directe, très orale souvent, alourdit un peu plus la sentence. Un grand cri de rage trempé dans la sueur, le sang, le sperme et les larmes.
    Soyons francs : entrer dans les pages vertigineuses d'un Tahiti qu'on ne dit pas ne laissera personne indemne. On aimera, on s'attachera. Ou... on détestera. C'est le risque pris par l'auteur. Un risque qu'elle assume avec insolence bien souvent. Et l'on est en droit de se demander pourquoi ? Quelle urgence ? ... Sans doute il n'y a aucune urgence à étaler les chairs ouvertes.
    Parfois pourtant, dans des moments salvateurs, mêler les odeurs, les couleurs, les sons si particuliers d'une terre aimée passionnément est le seul exutoire.
    Pas d'urgence et sous le sable noir, la plage ?
    Pas d'urgence, simplement le besoin de libérer (de nouveau) une autre parole.

  • 1943, Campagne d'Italie ; Peu de temps après avoir quitté leurs terres ancestrales pour Wellington, la capitale néo-zélandaise, trois frères, pour des raisons différentes, s'engagent volontairement dans le 23e Bataillon milan, et se retrouvent sur le front durant la terrible bataille de Monte Cassino.
    C'est l'occasion pour Patricia Grace de réfléchir à la réalité de la guerre, aux motivations personnelles de ses jeunes héros et de retracer un épisode marquant de l'histoire néo-zélandaise. Bien plus qu'un récit de guerre, Le Bataillon maori est une histoire de fierté et de sacrifice, de famille, de fratrie et d'amour, qui, avec beauté, humour et émotion, et sans aucun sentimentalisme. nous invite au voyage.

  • Ce recueil de 13 nouvelles révèle la diversité et la richesse du talent de Patricia Grace, qui réussit ici à mélanger une certaine oralité traditionnelle aux formes littéraires classiques, dans une prose narrative où jouent constamment et subtilement intonations et tournures maori. Si le premier récit de ce recueil met en scène une vieille femme apparemment impotente, préoccupée par les détails banals de la vie quotidienne, il se clôt sur la révélation du mana (statut, rang) de Waimarie, à la mâchoire forte rappelant celle de l´ancêtre puissante de Maui, demi-dieu qui, armé de cet os, blessa le soleil et lui fit ralentir sa course à travers le ciel, acte qui permit à toute la race humaine de sortir de l´ombre pour mieux vivre. C´est sur ce fond de mythologie et de métaphore qu´il convient de lire les nouvelles d´Électrique cité. Les petits péchés de deux fillettes, la construction d´un mur, un après-midi de jeux, l´arrestation d´un jeune homme naïf, une journée de pêche, ou un séjour à l´hôpital, ce sont des aperçus de vies menées parfois dans les ténèbres, mais où perce malgré tout une chaleur humaine.

  • Et c'est ainsi que les hommes vivent. En Nouvelle-Calédonie et ailleurs. Caldoches, Kanaks. Des gens ordinaires liés par la famille ou l'amitié. Des choses extraordinaires ou non tissent la vie : un procès pour meurtre, le travail quotidien, la fatigue, le souvenir amer d'un passage à tabac, une danse, une marche dans la nature, la volupté d'une baignade, l'attente d'un bateau pour emmener l'éternel exilé vers une terre rêvée. Et puis les rêves, les douleurs, les amours, l'entraide, les peurs, ici comme ailleurs.
    Dans ce beau roman douloureux, Nicolas Kurtovitch plaide pour l'accord entre humains et communautés qui partagent une même terre.

  • Un roman qui, malgré sa brièveté, nous en dit beaucoup sur la Nouvelle-Calédonie et sur le lien familial fort qui englobe présents et absents, les ancêtres mais aussi ceux qui sont adoptés.
    Par petites touches, à la manière des impressionnistes, l'auteur jour avec le " je " du narrateur qui devient comme un témoin et passe d'un personnage à l'autre. Il dévoile au fil du récit une sombre histoire d'envoûtement avec meurtre et nous tire jusqu'au coeur des problématiques océaniennes attachées au nom et à la terre. Commençant par l'énigme d'un rêve et se terminant par une parabole, Good night friend parle du tressage des cultures, de Kanaks qui aiment l'opéra, de l'exil hors des tribus, du va'a, de la terre qui est maintenant dans l'inconscient, mais aussi...
    D'être désormais de la ville. La ville vue à travers la métaphore de la prison de pierre qui enferme mais qui permet l'amitié malgré les différences ethniques.

  • Rowan Metcalfe, descendante directe de Mauatua, une des vahine que les mutins de la Bounty emmenèrent avec eux à Pitcairn en 1790, brosse dans ce roman historique un tableau foisonnant, émouvant et souvent cruel de la vie de son ancêtre : petite fille, elle avait été fascinée par le capitaine Cook : adulte, elle sera séduite par Fletcher Christian qui l'emmènera jusqu'à " la limite des nuages " dans une terre promise où le bonheur n'aura qu'un temps. Mauatua ne reviendra à Tahiti qu'en 1831 pour y voir mourir une partie de sa descendance.

  • Samoa à l'aube des années 1890 : les missionnaires viennent de commencer leur conquête des âmes en Polynésie. Mautu, pasteur de la nouvelle religion dans le village de Satoa, se prend d'amitié pour un écumeur des mers anglais athée, grand raconteur de récits fabuleux, échoué sur leurs côtes. A travers ce roman historique à la riche trame narrative, qui retrace l'existence d'une famille samoane, Albert Wendt met en scène cinquante années durant lesquelles l'archipel passe de la domination allemande à celle de la Nouvelle-Zélande. Malgré l'épidémie de grippe espagnole qui décime la moitié de la population, Satoa s'ouvre progressivement à l'ère du capitalisme tout en préservant certaines des structures communautaires héritées du passé. La fille surdouée et favorite de Mautu traverse ce demi siècle de bouleversements en incarnant les espoirs et les ambiguïtés d'un peuple à l'écart des grands courants de communication mais dont le sort rappelle étrangement les mutations récentes subies par d'autres nations confrontées à une modernisation prometteuse et risquée.

  • Un livre important, à la fois grave et gai, où une jeune femme raconte son existence en mots simples et justes. Il dit, par la grâce d´un ordinateur et d´un outil pratique, la normalité de la différence. L´auteure a commencé son existence par ce qui en est habituellement le terme, elle est « née morte ». Rendue gravement handicapée à la vie par la médecine, elle a appris à dévorer avec appétit cette existence dans l´amour de sa mère, l´attention de sa famille et la chaleur de son pays, Tahiti.

    L´auteure expose dans ce témoignage ses petites joies et ses grands bonheurs, ses immenses difficultés et ses réussites avec courage et dignité. Eveil, apprentissages variés, évacuation sanitaire, adolescence, recherche de l´autonomie, dépression, acceptation de la dépendance, elle raconte toute son éducation mais nous montre aussi celle que nous, les autres, avons à faire en face du handicap. Ce livre affirme, sans revendication mais comme une évidence, l´exigence de la reconnaissance de tous les droits des handicapés

  • Anthologie réunit cinq pièces de théâtre écrites par des auteurs dramatiques originaires de Fidji, d'Hawai'i, de Nouvelle-Calédonie, de Rotuma et de Tahiti. Représentation concrète du concept d'une Océanie littéraire et culturelle, que nous défendons depuis longtemps. En particulier au travers de cette collection «Littératures du Pacifique», qui accueille les principaux auteurs Océaniens, francophones ou anglophones traduits.
    Tous les auteurs se disent inspirés par la tradition orale de leur culture insulaire et pourtant sur scène, ils la réinterprètent différemment, selon leur personnalité et l'humeur de leurs personnages : les clowneries de la noce d'Hina et les discours d'outre tombe des ancêtres dans La dernière vierge du paradis, les tirades lyriques ou les trivialités en Nengone dans Les dieux sont borgnes, les récits truculents ou les confidences émouvantes d' Outcasts, les exclus, et les discours sentencieux du père qui tranchent avec les vulgarités des fils dans Le partage de la terre. Ce n'est pas l'intrigue qui importe, c'est la manière de dire car la parole a bien souvent une fonction performative ; non seulement elle crée le personnage, mais elle le libère car en verbalisant ses maux, le personnage nous montre qu'il accède à un autre niveau de conscience comme la prise de décision finale du père dans Le partage de la Terre. En évoquant leurs maux et leurs soucis, les personnages interpellent les spectateurs qui reconnaissent des préoccupations faisant partie sinon de leur vécu du moins de leur quotidien puisqu'ils ont dû les rencontrer à un moment ou un autre dans leur communauté insulaire.
    Auteurs, personnages, spectateurs ou lecteurs ont une expérience commune faite de problèmes fonciers, de problèmes d'alliances et de mésalliances, d'argent, d'emploi, de famille, de plaisirs artificiels et de mal-être.

  • Ce roman raconte l´histoire d´une femme et se fait l´écho d´une identité métissée dans une Polynésie violente, doucement douloureuse, mais férocement poétique. Le personnage principal porte plusieurs noms, Victoria, côté papa´a, et `Aiu, côté tahitien comme le livre a reçu plusieurs titres. «Elles» sont celles qui ont construit cette vie, Chantal Spitz, l´auteure leur offre une existence, et son titre souligne l´importance de ces femmes : grand-mère, mère, grands tantes et enfin la plus humble, servante et mère nourricière. Ce livre est aussi «Terre d´enfance» car Victoria-`Aiu, comme peut-être Chantal Spitz, porte à jamais en elle le monde polynésien et l´enfance, source de douleurs et de mots, qui façonne le chemin jusqu´au terme de la vie. Avec ses tendresses et ses bonheurs, ses histoires et ses larmes, ses peurs et ses rêves, ses chagrins et ses colères, ses rencontres et ses fardeaux. «À deux encres», l´écriture métisse est alors un cri, une errance, une fureur qui transperce la terre, le lien aux ancêtres, les refus, celui de l´autre, comme celui d´être refusé par l´autre. Somptueuse, elle s´empare des mots français et tahitiens pour les nouer, romance le flux du discours du orero, poétise la prose, se joue des néologismes et apporte sa version polynésienne de la construction du verbe français.

  • Le thème du livre développe l'histoire d'un jeune des îles, en l'occurrence Huahine (îles Sous-le-Vent), où réside l'auteur. De sa naissance dans un monde familial où la tradition est encore vivante, à son départ pour la France, le jeune Hombo (surnom désignant une sorte de marginal social) dérive dans une non-existence de survie au jour le jour, le refus de la société du village, l'indifférence de l'avenir, en compagnie d'une bande de jeunes semblables.

  • L'amour qui unit une jeune Mäorie, Linda, et un Päkehä (Néo-Zélandais d´origine européenne), Graeme, se heurte pourtant à des différences culturelles jusque-là insoupçonnées. Cette jeune femme qui depuis toujours se voulait «différente» et «moderne» se sentira en effet de plus en plus redevable envers son histoire, son peuple et sa famille, envers sa grand-mère surtout : assumant le nom de celle-ci, Ripeka, elle demandera à son nouveau mari de l'appuyer dans sa quête identitaire, même si ce besoin de racines et de traditions ira à l'encontre des pratiques occidentales, et se fera au prix d'un choix difficile.

    Patricia Grace, lauréate du Prix Neustadt (dit «petit Nobel») nous donne ici un roman qui traite avec beaucoup de finesse de la difficulté qu'il peut y avoir à rester fidèle à soi comme à l'autre.

  • Avec son style assuré, profond et captivant, Au coeur d´Hiruharama nous entraîne dans un voyage où les limites entre le passé et le présent sont plus que floues... elles sont brisées. Les morts sont hantés par les vivants, les vaisseaux brûlés sont reconstruits et empruntés, et la dure réalité des séparations et des pertes est supplantée par la perspicacité des rêves. Ce voyage dans l´étrange et le merveilleux, entrepris par une fille et le père qu´elle n´a jamais connu, est éclairé - parfois jusqu´à l´éblouissement - par leur sens de l´humour commun et par la volonté de la fille de pousser sa vie au-delà des bornes de la tragédie.

    Premier roman de l´écrivain Isabel Waiti-Mulholland, Dans le coeur d´Hiruharama comporte de nombreuses références à la culture maorie, son écriture poétique rappelle le réalisme magique de la littérature sud américaine.

  • C'est l'histoire de Matamimi, la jeune femme aux yeux de chat.
    C'est l'histoire d'une jeune femme de notre temps, une insulaire polynésienne, immortalisée dans l'écriture. Elle est née et son père est un demi-dieu. Ni exceptionnellement belle, ni exceptionnelle tout court, Matamimi fait vibrer les quelques témoins de sa vie. Matamimi ou La vie nous attend est un récit purement subjectif, un concentré d'amour et d'espoir pour celles qui pensent avoir fait l'innommable.

  • Dans un accident de voiture, un bébé meurt. Lorsque son corps perdu est enfin retrouvé dans une poubelle à l´hôpital, il est sans yeux. Pour les deux familles réunies afin de soutenir la mere, Te Paania, et de faire le deuil du père, Shane et du bébé, cet incident choquant et mystérieux - pourquoi les médecins ont-ils volé les yeux de l´enfant ? - déclenche une réflexion troublante sur leur parcours historique, leur place dans la société néo-zélandaise, leurs perspectives d´avenir et sur tout ce qui leur a été volé - langue, terres, respect de leurs traditions culturelles, histoire(s), voire jusqu´à leurs gènes... Quatre personnages, quatre voix entretissées dans cette histoire émouvante, allant de l´époque coloniale à nos jours : Kura, la vieille femme, appartient à cette génération à qui sa langue, te reo, a été interdite en lieu public, avec des conséquences parfois tragiques ; Mahaki, jeune avocat ambitieux, renonce au succès matériel pour offrir son appui à son peuple ; Tawera, frère cadet d´une enfant mort née, sert d´intermédiaire entre le monde des esprits et celui de vivants ; Te Paania, cette jeune mère exilée de la petite ville où elle a grandi, apprendra à défendre sa culture et ses droits. Désormais la soumission, la sagesse, cette `bonté´ si péniblement acquises devront faire place à la révolte raisonnée et retentissante d´un peuple jusque-là sans voix, sans yeux, sans langue qui dira enfin tout haut sa résistance.
    D´une écriture souvent lyrique, parfois onirique, Patricia Grace nous livre ici un récit extraordinaire, plein de douleur et de révélations, raconté avec humour, tendresse et énergie.

  • À la veille du nouveau millénaire, une petite communauté maorie de la côte ouest de la Nouvelle-Zélande cherche à tirer profit du premier lever du soleil de l´an 2000. Comment attirer les touristes, comment travailler ensemble pour cet événement exceptionnel et riche de possibilités ? En même temps, un jeune homme doit faire face au dilemme de sa vie : pour protéger une petite fille illégitime contre la maltraitance des tantes chez qui elle habite, il sera obligé de révéler un secret qui risque de diviser cette communauté au moment même où elle a le plus besoin de s´unir. Argument de vente : Prix Kiriyama, 2001 (prix du meilleur livre du Pacifique) Patricia Grace, auteure très appréciée dans son pays, explore ici les conflits potentiels entre tradition indigène et vie moderne, dessinant avec humour et compassion le portrait d´une communauté isolée dont les valeurs culturelles sont mises à l´épreuve.

  • Cette saga samoane s'étale sur trois générations en proie aux bouleversements dus à l'occidentalisation et à la progression des valeurs matérialistes dans un monde traditionnel qui s'effrite peu à peu. Cet univers d'ordre et d'autorité dominé par l'Église et le pouvoir des anciens est menacé par l'ambition personnelle de Tauilopepe, un être ambigu qui incarne les paradoxes de sa société. Son fils unique, fasciné par le non sens de l'existence, se révolte contre l'image qu'il représente et poursuit son idéal jusqu'à l'absurde.
    Surgit alors un troisième personnage obscur nommé «Vague de la nuit», qui se prétend l'héritier de Tauilopepe...

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