Flammarion

  • À la ferme du Manoir, c'est la révolution : les animaux ont pris le pouvoir. Désormais, ils ne travailleront que pour eux-mêmes, et bâtiront ensemble un avenir radieux. Désormais, ils ne connaîtront plus de maître, car tous les animaux sont égaux. Ou, du moins, presque tous...

    Cette nouvelle traduction restitue toute la verve satirique d'une fable politique magistrale. Tristement intemporelle et terriblement drôle, La Ferme des animaux n'a pas fini de faire réfléchir les Hommes.

  • Notre espèce Homo sapiens saura-t-elle s'adapter aux conséquences fulgurantes de son succès depuis 40 000 ans et à son amplification sans précédent depuis un demi-siècle ?
    Il n'y a pas si longtemps, plusieurs espèces humaines se partageaient la Terre et échangeaient des techniques et des gènes. Puis des populations sapiennes plus récentes (notre espèce), sorties d'Afrique, sont parties à pied et en bateau à la conquête du monde jusqu'en Australie et aux Amériques, avant d'écarter les Néandertaliens d'Europe ou les Dénisoviens d'Asie, parmi d'autres.
    Telle est la splendide aventure que raconte cet essai. Mais cette étonnante capacité d'acclimatation des hommes depuis plus d'un million d'années pourra-t-elle servir notre adaptation dans un monde urbanisé, connecté, pollué, menacé par des pandémies, comme la Covid-19, et aux écosystèmes dévastés ? Car l'évolution continue.
    Avec ses talents de vulgarisateur hors pair, Pascal Picq interroge les notions de progrès et d'évolution en explorant comment le succès inégalé de Sapiens le rend désormais seul responsable de son devenir : Sapiens est face à Sapiens.

  • « La vie est en soi quelque chose de si triste qu'elle n'est pas supportable sans de grands allègements », nous dit Flaubert. Ces « grands allègements », ces échappatoires, Mona Ozouf les a trouvés dans les arts, l'histoire, le rapport à l'autre.
    En évoquant tour à tour Henry James, George Eliot mais aussi la Révolution française, l'historienne fait l'éloge de la littérature comme accès à l'ambiguïté du réel et promeut les manières comme rempart contre la barbarie ; elle s'interroge sur la singularité d'une écriture féminine et évoque sa conception d'un féminisme qui laisse une place à la différence entre les sexes.
    À bonne distance de tous les enrôlements et de toutes les assignations identitaires, Mona Ozouf maintient inébranlable le souci d'une ligne originale et nous livre ses secrets, ses « échappées belles » qui rendent la vie meilleure.

  • Tout le monde connaît le chat de Schrödinger, enfermé dans sa boîte étriquée, dont on répète à l'envi depuis plusieurs décennies qu'il est à la fois « mort et vivant ». Mais qui a vraiment lu le texte dans lequel il devient le héros d'une expérience de pensée « diabolique » ?
    Cette anthologie propose de faire vivre charnellement la science, à travers une sélection de 33 textes, chacun présentant une idée qui a marqué l'histoire de la physique occidentale du XVIIe au XXIe siècle.
    Car la physique, loin de se limiter à un ensemble de lois abstraites ou de théories sans âme, est aussi une véritable aventure humaine, ponctuée de débats, de passions, d'émotions, de convictions, et bien sûr... de coups de génie.

  • Après la première guerre punique, Carthage est ruinée et ne peut plus payer ses mercenaires, qui décident de se révolter. Au milieu des désordres et des massacres, Mathô, le chef des rebelles, s'éprend de Salammbô, la fille du suffète Hamilcar...
    Projet à la fois novateur et scandaleux, Salammbô mêle mysticisme et érotisme dans une épopée grandiose. Grâce à une érudition syncrétique, Flaubert réinvente d'une main de maître une civilisation, imagine une vie politique et religieuse, et fait surgir le mirage d'une cité disparue. Entre romantisme et symbolisme, l'Orient barbare et rutilant de ce roman fascinera des générations de lecteurs.

  • Toujours plus vite. La croissance est la valeur cardinale des économies modernes et nous sommes tous lancés dans une quête effrénée de performance.
    C'est aux sentiments de vertige et d'aliénation liés à l'accélération de nos sociétés que le penseur allemand Hartmut Rosa consacre sa réflexion depuis des années. En témoigne son récit d'un voyage en Chine, excursion dans un pays qui est passé de l'époque féodale au capitalisme le plus débridé en quarante ans.
    Cet ouvrage avance, à travers une série de textes courts et marquants, une solution à la frénésie ambiante : entrer en résonance avec le monde.
    Ce nouveau concept philosophique vise à nous faire accéder à une vie meilleure, permettant de trouver un accord entre le monde tel qu'il est et l'existence telle qu'elle mérite d'être vécue.
    Nouer un autre rapport au monde, se reconnecter à autrui : une réflexion passionnante, qui prend toute son importance aujourd'hui.

  • L'univers aurait 13,7 milliards d'années, lit-on souvent. Mais que signifie vraiment une telle affirmation ?
    Dans cette synthèse magistrale, Jean-Philippe Uzan nous invite à comprendre la construction du modèle du big-bang, cette théorie qui vise à décrire l'univers et son histoire. Au fil des pages se dessine un extraordinaire échafaudage qui, en un siècle, a bouleversé notre représentation du cosmos comme de l'espace et du temps.
    Aujourd'hui, la cosmologie se trouve à un moment charnière : alors que les satellites et les télescopes géants se multiplient, que les fenêtres d'observation s'ouvrent vertigineusement - ondes gravitationnelles, neutrinos -, les médias font leur une sur des scénarios pour le moins spéculatifs. Il devient ainsi urgent de clarifier les questions auxquelles la science prétend répondre, celles qui ne sont pas encore connues comme celles qui restent en dehors de son champ explicatif.
    Voilà l'ambition de cet ouvrage qui, tout en célébrant l'une des plus belles théories jamais élaborées par l'esprit humain, démêle finement mythe et savoir

  • Trois contes

    Gustave Flaubert

    En 1875, incompris depuis Salammbô, enlisé dans les ratures de Bouvard et Pécuchet, ruiné par sa nièce, Flaubert reprend un projet de jeunesse : La Légende de saint Julien l'Hospitalier. Le feu de l'écriture lui redonne goût à la vie et à la création : il poursuit avec deux autres récits, pour réunir en une seule oeuvre « du Moderne, du Moyen Âge et de l'Antiquité ». Un coeur simple, le volet « moderne » du triptyque, raconte la vie pathétique de Félicité, une pauvre servante au grand coeur. Coloré et étincelant comme un vitrail, énigmatique comme un rêve, le conte médiéval La Légende de saint Julien l'Hospitalier retrace le destin sanglant d'un héros qui oscille entre sainteté et folie. Quant au volet « antique », il fait revivre, avec Hérodias, l'époque évangélique, en donnant à la littérature la première incarnation d'un mythe qui, de Wilde à Nabokov, traversera la modernité : celui de Salomé.
    Dernière oeuvre publiée par Flaubert de son vivant, ces Trois Contes peuvent être tenus pour son testament esthétique.

  • Cette anthologie rassemble un pan ignoré de la littérature française : les écrits que des femmes d'exception et quelques écrivains célèbres ont consacrés à un combat de longue durée, celui de l'égalité entre hommes et femmes. Accès à l'instruction, droits civils et politiques, droit au divorce, accès à tous les métiers, égalité des salaires : telles sont quelques-unes des revendications qui reviennent au fil des textes de ce recueil.
    De Christine de Pizan, première « femme de lettres » française, à l'icône féministe qu'est devenue Beauvoir, ces écrits se répondent et nous aident à penser les débats d'aujourd'hui. Montrant qu'il n'existe pas une histoire linéaire du féminisme, ils nous font découvrir des personnages engagés et parfois méconnus, nous donnent à entendre des voix plurielles, réunies par l'art de penser hors des chemins tracés.

  • Contrairement à l'idée reçue qui fait de lui la figure de proue des avant-gardes du XXe siècle, Baudelaire fut à la fois moderne et antimoderne.
    C'est ce que montre son obsession pour certaines des nouveautés de son temps : la presse, la photographie, la ville et les manières de faire de l'art. Autant de facettes d'une même « chose moderne », fuyante et contradictoire, à laquelle il donne le nom de modernité. Face à ces bouleversements, le poète est partagé entre l'horreur et l'extase : les journaux à grand tirage le dégoûtent, mais il assiège ces « canailles » de directeurs pour qu'ils le publient ; il attaque la photographie, mais il pose pour des clichés de légende...
    Cette ambivalence constitue la toile de fond du Spleen de Paris, sommet des contradictions du dernier Baudelaire, véritable objecteur de la conscience moderne. Avec brio, Antoine Compagnon dessine le portrait d'un poète insoupçonné autant qu'irréductible.

  • « Fake news», « infox », « post-vérité » : le monde contemporain ne cesse d'être confronté aux enjeux de l'information de masse. On croyait la propagande disparue avec les régimes totalitaires du XXe siècle mais, à l'ère de la révolution numérique et des réseaux sociaux, elle est plus présente et plus efficace que jamais. Chaque jour apporte ainsi son lot de désinformation, de manipulation, de rumeurs et de théories du complot.
    Loin de se limiter à la sphère politique et à la « fabrique du consentement », la propagande imprègne aujourd'hui tous les aspects de notre vie en société, les spécialistes du marketing, du storytelling ou les théoriciens du nudge s'efforçant d'influencer nos choix et comportements.
    Embrassant plus d'un siècle d'histoire et couvrant un vaste espace géographique, David Colon explique les fondements et les techniques de la persuasion de masse dans le monde contemporain. Il montre que la propagande n'a cessé de se perfectionner à mesure que les sciences sociales et les neurosciences ont permis d'améliorer l'efficacité des techniques de persuasion, d'influence ou de manipulation.
    À travers une synthèse accessible et percutante, David Colon livre une contribution essentielle pour mieux cerner les ravages causés par la désinformation, hier comme aujourd'hui.

  • L possède un énorme cerveau - quasiment autant de neurones qu'un chat - localisé en partie dans ses huit bras. Il « voit » et « goûte » avec la peau, dont la couleur change instantanément pour mieux le camoufler. Dépourvu d'os, il se faufile à travers la moindre fente. Il joue, adore collectionner les objets, apprend de ses erreurs et reconnaît les humains... Ce prince des profondeurs, c'est le poulpe, dont on prend aujourd'hui la mesure de l'intelligence, déjà pressentie par Charles Darwin.
    Mais il y a plus extraordinaire encore... En explorant Octopolis, une étrange cité sous-marine fondée par des poulpes, Peter Godfrey-Smith découvre des animaux capables d'interactions complexes et dotés de surprenantes personnalités. De quelle conscience témoignent-ils ? Se pourrait-il que nous ne soyons pas la seule branche du vivant à disposer d'un « moi » intérieur ? Que nous apprennent ces céphalopodes sur notre propre intelligence ?
    Une fascinante rencontre du troisième type.

  • 9 août 1944, Quimperlé, Finistère sud. Sous les yeux de sa femme et de son petit-fils, Adolphe Fontaine est arrêté à son domicile par les maquisards qui viennent de libérer la ville. Il est fusillé quelques heures plus tard. Cette exécution sommaire est le point de départ de l'enquête menée par Grégoire Kauffmann, qui remonte la piste de son grand-père, Pierre Brunerie, l'un des meneurs de la Résistance.
    A-t-il commandité le meurtre du 9 août ? En suivant les traces de ce fils d'ébéniste, jeune sympathisant communiste devenu militaire, c'est un destin français que l'on découvre dans ce récit haletant aux allures de thriller, de la déroute de 1940 aux premières heures de la Résistance, de la clandestinité sous l'Occupation aux débordements de l'épuration...

  • Pourquoi les insurgés de la Commune ont-ils lutté ? Du côté de l'armée, qui étaient les soldats de Versailles ? Le bain de sang final, qui coûta la vie à 10 000 personnes au moins en quelques jours, s'explique-t-il par la fièvre des combats, ou s'agit-il d'une purge délibérée ?
    Ce livre analyse dans le détail l'épisode de la Commune, de l'écrasante défaite face à l'Allemagne à la répression sanglante de l'insurrection, en passant par la prise de Paris, quartier par quartier. Robert Tombs démontre avec conviction comment l'armée française a joué un rôle essentiel dans l'étouffement de ce soulèvement, qui s'est traduit par une explosion de haine des soldats paysans de l'armée des Versaillais à l'encontre de la population parisienne.
    Cet ouvrage de référence étudie avec précision les méthodes de répression d'une armée vouée à une restructuration et à un endoctrinement depuis 1870 et la défaite face à l'Allemagne.

  • Poésies

    Stéphane Mallarmé

    Pour Mallarmé, l'expérience du réel est trop subtile et trop complexe pour être communiquée par le langage courant, l'« universel reportage ». Le poète, cédant l'initiative aux mots, permet au dire de retrouver sa virtualité par un jeu infini de correspondances. À la tradition de l' énonciation claire et directe, chère à Boileau et à ses successeurs, il oppose une poétique de l'allusion, de la suggestion et du mystère.
    Chantre de la modernité, le poète symboliste lance un défi au lecteur : en faisant appel à son imagination créatrice, c'est à lui de déchiffrer le sens du poème. Car « nommer un objet, écrit Mallarmé, c'est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème qui est faite de deviner peu à peu : le suggérer, voilà le rêve ».

  • Si le syndrome d'Asperger est connu, le parcours du psychiatre autrichien dont cette forme d'autisme porte le nom l'est moins. L'historienne américaine Edith Scheffer a découvert la véritable histoire de ce médecin après la naissance de son enfant autiste. Et ce qu'elle apprend la glace d'effroi.
    En 1938, professeur à l'hôpital pédiatrique de Vienne, Asperger est l'un des psychiatres appelés à façonner le nouvel Allemand selon des critères eugéniques : sélectionner les parents d'après leur hérédité, leurs défauts biologiques, leurs tendances politiques... Et parmi les enfants autistes, Asperger identifie les « négatifs » et les « positifs » à l'intelligence détonante, qui auront alors une chance d'échapper au tri macabre.
    Archives inédites à l'appui, Edith Sheffer nous livre une enquête bouleversante et rétablit la vérité sans le moindre pathos sur le rôle criminel du Dr Asperger.

  • Il va de soi aujourd'hui que Montaigne est notre ami. Il nous captive, nous émeut, nous persuade. Pourtant, Montaigne nous trompe. Il nous conduit par le bout du nez...
    Échapper à son charme pour saisir ce qu'il a vraiment voulu dire, pénétrer dans l'atelier pour découvrir ce que son entreprise comporte d'audace et de ruse, de vertu et de vice, de vérité et de mensonge : tel est le but de cet ouvrage. En comprenant le philosophe comme il s'est compris lui-même, nous verrons plus clair dans ce que nous sommes devenus après lui et, pour une part, à cause de lui.
    Dans cet essai magistral, Pierre Manent ne se contente pas de présenter à nouveaux frais l'oeuvre d'un auteur décisif de notre modernité : ce sont les valeurs de l'homme moderne qu'il interroge à travers lui.

  • C'est décidé, je vais faire une fugue. Je m'appelle Gaspard, j'ai 10 ans (enfin presque).
    Donc après-demain ou après-après-demain, je pars à la conquête du monde (ou du moins je pars de chez moi).
    Mais avant, il faut que je m'organise, et j'ai des questions :

    - OÙ ALLER : UNE ÎLE, UNE VILLE, LA FORÊT ?
    - COMBIEN DE JOURS ?
    - QU'EST-CE QUE JE DOIS PRENDRE AVEC MOI (ET COMBIEN DE PAIRES DE CHAUSSETTES) ?
    - EST-CE QUE JE DOIS PRÉVENIR MES PARENTS ?
    - COMMENT ON ÉLOIGNE DES LOUPS S'IL Y EN A ?
    - ET JE VAIS MANGER QUOI ?

    Car une aventure, ça se prépare.

  • Représentée pour la première fois en 1659, oedipe marque le retour de Corneille au théâtre, après sept ans d'absence.
    Le dramaturge achevait alors ses trois Discours sur le poème dramatique, dans lesquels il expose ses principes de composition en un dialogue constant avec la Poétique d'Aristote. Il était donc tentant de traiter le sujet de l'oedipe roi de Sophocle, désigné par le philosophe comme le chef-d'oeuvre du genre tragique. Ce n'est qu'ensuite que Corneille en aurait mesuré la difficulté : l'histoire de ce roi qui se découvre parricide et incestueux heurte de front l'impératif de bienséances. Pour « remédier à ces désordres », il apporte des modifications considérables au mythe, qu'il adapte selon ses propres préceptes dramatiques. Lire l'oedipe de Corneille, c'est ainsi l'occasion de comprendre, peut-être plus clairement qu'avec toute autre pièce du XVIIe siècle, ce qu'est une tragédie classique.

  • Ce volume, qui rassemble quelque deux cents lettres écrites par Rimbaud, retrace le destin exceptionnel d'un homme devenu mythe. À seize ans, il entendait changer la vie par les moyens de la poésie ; à vingt ans, il renonça à la littérature pour toujours, et s'engagea dans un périple qui le mena en Arabie et en Afrique, où il se fit négociant, explorateur et trafiquant d'armes.
    Aux côtés des « lettres du Voyant », où se manifeste son précoce génie, et de ses échanges avec ses compagnons de bohème - Verlaine, au premier chef -, on découvrira ici les nombreux courriers que Rimbaud, ayant tout quitté pour « faire de l'or » et se frotter à la « réalité rugueuse », rédigea depuis le Yémen et l'Abyssinie.
    Adressée à ses amis et à Banville, puis à sa famille et à ceux qu'il fréquenta durant son exil, cette correspondance lucide et désespérée, poignante à bien des égards, permet de saisir le vrai visage de « l'homme aux semelles de vent ».
    Cette édition comporte également une nouvelle lettre, étonnante révélation rimbaldienne découverte en 2019 par l'arrière-petit-fils de son destinataire, dans laquelle Rimbaud mentionne son « Histoire splendide », jusque-là seulement évoquée par ses contemporains.

  • « Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ». Par ce vers resté célèbre, Louise Labé a capturé les tourments de la passion amoureuse. Bouleversant les usages poétiques hérités de Pétrarque, selon lesquels il revenait aux hommes de chanter les attraits de l'être aimé, la poétesse loue les «beaux yeux bruns » de son ami et décrit la souffrance causée par son absence.
    Quatre siècles plus tôt, Marie de France prenait la plume pour mettre en vers les amours de chevaliers, de reines et parfois d'êtres surnaturels, dans les contrées mystérieuses de Bretagne...
    Présentés dans une version accessible au lecteur d'aujourd'hui, les textes réunis au sein de ce recueil sont une porte d'entrée dans l'oeuvre de deux femmes de lettres qui ont profondément renouvelé l'expression poétique du sentiment amoureux.

  • Dans Les Paradis artificiels (1860), qui se composent de deux volets, Le Poème du haschisch et Un mangeur d'opium, Baudelaire philosophe sur les effets du haschisch et traduit, en les éclairant d'une lueur tragique, les Confessions d'un mangeur d'opium anglais de Thomas De Quincey, publiées quarante ans plus tôt. Comme dans son oeuvre poétique, l'auteur des Fleurs du Mal y explore le « goût de l'infini » qui pousse constamment l'homme à la recherche de l'idéal. Objet hybride, qui tient à la fois de la traduction, de l'essai, du conte et du poème, Les Paradis artificiels sont une méditation sur la volonté et l'imagination, sur les sombres tentations qui déchirent l'âme humaine, et par-dessus tout sur la puissance rédemptrice de l'art.

  • Le temps est une « chose » introuvable dont l'existence ne fait aucun doute. Une « chose » dont tout le monde parle mais que personne n'a jamais vue. Nous voyons, entendons, touchons, goûtons dans le temps, mais non le temps lui-même. Contre toute attente, Chronos est un planqué, un caméléon qu'il faut débusquer sous nos habitudes de langage et de perception.

    Pour le démasquer, il va falloir l'effeuiller peu à peu, le distinguer de ses effets les plus sensibles : la durée, la mémoire, le mouvement, le devenir, la vitesse, la répétition. Parce que les horloges ne mesurent pas forcément du temps. Parce que le temps est toujours là alors qu'on dit qu'il s'écoule. Et qu'il existe indépendamment de ce qui survient, se transforme, vieillit et meurt. Aujourd'hui, le regard le plus audacieux et le plus déconcertant sur le temps, c'est la physique qui le porte.
    De Galilée à Einstein, puis de l'antimatière aux supercordes, elle n'a cessé d'approfondir la question jusqu'à ouvrir des perspectives qui donnent le vertige : le temps a-t-il précédé l'Univers ? Comment s'est-il mis en route ? Pourrait-il inverser son cours ?

    Au bout du compte, le temps pourrait bien être méconnaissable.

  • 1870. Alors que l'armée française vient d'être vaincue par les Prussiens, une diligence fuit Rouen pour Dieppe. À son bord, de braves gens respectables, qui n'hésiteront pourtant pas à pousser une jeune femme patriote et généreuse dans les bras de l'ennemi...
    Les quatre nouvelles de ce recueil réunissent autant de femmes à la conduite héroïque. Pour Maupassant, leurs histoires sont l'occasion de dépeindre les travers des hommes en temps de guerre, avec un réalisme impitoyable et grinçant.

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