Photosyntheses

  • Datazone

    Philippe Chancel

    Datazone est le nom qui désigne un espace imaginé, ponctué de villes immenses ou de déserts, reliés les uns aux autres par la promesse d'un destin compromis. Cette galaxie terrestre est la nôtre. C'est là que Philippe Chancel se rend, reporter sans journal, informant son imaginaire, recueillant des vues vertigineuses du futur.
    Durant quinze ans, il a exploré des sites sensibles pour ausculter le monde et observer les symptômes les plus alarmants de son déclin. De la Chine aux États-Unis, en passant par l'Afrique et l'Europe, il dénonce des réalités souvent contradictoires de notre époque - cynisme des pouvoirs, saccages écologiques, fléaux naturels, spectacularisation du capitalisme, contrôle des individus, aveuglement religieux et ethnique, conflit de territoires. Faire oeuvre de telle manière ne correspond à aucun genre identifié dans les pratiques photographiques.
    Philippe Chancel nous offre ainsi une exploration sans précédent et une critique constructive du monde dans lequel nous vivons.

  • Cet ouvrage regroupe les photographies de Gilles Caron (1939-1970) couvrant les conflits des années 1960 en Israël, Irlande, Tchad, Biafra, Vietnam et Cambodge, souvent en compagnie de Don Mc Cullin. Ses images de mai 68 sont également iconiques. Il est composé de sept chapitres : héroïsme, regard intérieur, douleur des autres, mouvement de révolte, Nouvelle Vague, conscience malheureuse. Ce beau livre à la riche iconographie et sous la direction de Michel Poivert, historien de la photographie et président de la Société française de photographie pendant 15 ans, sortira à l'occasion d'une très grande exposition dédiée à Gilles Caron.

  • Avec La Dimension éthérique du réseau, Benoit Aquin met en scène son double, Anton Bequii, pourfendeur de la société technicienne. Il nous offre une lecture inédite des oeuvres de ce photographe québécois et de son combat pour s'affranchir de l'emprise de la technique.
    Ses photographies côtoient des captures d'images d'Internet dont les algorithmes ont été modifiés. Chacune de ses images démontre l'omniprésence du réseau. Le fil narratif s'accompagne d'extraits des écrits de Jacques Ellul sur la technique et la propagande, ainsi que de lettres qu'Anton Bequii adresse à la femme qu'il aime.
    L'auteur dénonce les dérives de la société technologique, où l'information est transmise à une vitesse fulgurante. Dépassé, l'individu perd son pouvoir d'action. Benoit Aquin rejette le conformisme et questionne la fabrication du consensus social par le biais des médias de masse. Il procède ainsi à une critique de la société et de la technologie.

  • Philippe Halsman débute à Paris. Il devient rapidement l'un des meilleurs photographes de « portraits de célébrités », réputé pour photographier ses modèles en train de sauter (le jumping), qui permet, selon lui, de saisir l'essence de l'être humain, ses 101 couvertures de Life et sa longue collaboration avec Salvador Dalí. Cet ouvrage, riche d'environ 350 reproductions, paraîtra à l'occasion d'une exposition au Musée de l'Élysée, du 29 janvier au 11 mai 2014.

  • Lorsque les premières cabines de photomaton furent installées à Paris en 1928, les surréalistes en firent un usage intensif et compulsif. En quelques minutes, et pour une somme modique, la machine leur offrait, dans le domaine du portrait, une expérience similaire à celle de l'écriture automatique. Depuis des générations d'artistes ont été fascinées par le principe du photomaton. De Salvador Dalì à Andy Warhol, en passant par Francis Bacon, Christian Boltanski, Arnulf Rainer, Thomas Ruff, Cindy Sherman, ou Pierre et Gilles, ils sont nombreux à s'être emparés du photomaton pour jouer avec leur identité, raconter des histoires, ou simplement faire des mondes.

  • Rhymes/rimes

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    Ouvrage bilingue français-anglais comportant environ 300 photos de Lou Reed et un texte de Bernard Comment, donnant son point de vue sur l'oeuvre photographique de l'artiste.
    Lou Reed nous livre ses photographies comme un recueil de poésie. Des « rimes d'images » font alterner paysages, détails à fort agrandissement et portraits et sont liées les unes aux autres par « une pensée visuelle ».

  • Depuis plus de onze ans, Takeshi Shikama photographie les forêts du Japon, des États-Unis et d'Europe. Il cherche à capter leur essence et à fixer le temps, à rendre visibles les secrets du monde végétal. Ses compositions sont comme des haikus, qui restituent l'émotion de l'artiste face à un lieu, un arbre, une fleur.
    Aux États-Unis, il immortalise la majesté du parc de Yosemite. Sur la côte du Nord-Ouest Pacifique, il documente l'abondance végétale et les stigmates de la déforestation. À New York, il s'intéresse aux arbres de Central Park qui se détachent devant les gratte-ciels de Manhattan et cohabitent avec les statues et les monuments. Ses recherches le mènent ensuite en Europe.
    Takeshi Shikama accorde autant d'importance aux détails de la prise de vue qu'à l'objet photographique. Il réalise ses tirages avec la technique du platine/palladium, sur un papier traditionnel, fabriqué à la main à partir de l'écorce du gampi, un arbre japonais.
    Cette monographie rassemble plus de 150 photographies de ses séries Respirations silencieuses des forêts, Évanescence, Contemplation, Forêts urbaines et Jardins de mémoire.

  • Hans Steiner, une des figures majeures de la photographie suisse du XXème siècle, suscite depuis quelques années un intérêt croissant, ce qui lui vaut aujourd'hui une redécouverte méritée.
    Dans les années 1930, il connaît un premier succès avec des reportages qui portent sur les petits et grands drames de la vie quotidienne et de la société - comme en 1937 la première ascension de la face nord de l'Eiger. Il se fait également un nom dans le domaine du portrait. Il se révèle rapidement un témoin privilégié, à la fois peu conventionnel et résolument optimiste, d'une société qui évolue vers la consommation.
    Il propose une vision différente de la Suisse, plus urbaine, dans laquelle les femmes, les sports, les loisirs et la publicité acquièrent une visibilité nouvelle. La publication a la double ambition de montrer les images les plus représentatives et les plus séduisantes de Steiner et d'offrir un regard contemporain sur un sujet historique.

  • Vies possibles et imaginaires est l'histoire de 4 soeurs Palestino-Libanaises qui ont traversé l'histoire du 20ème siècle, 4 femmes fortes et truculentes exilées aux 4 coins du monde (Le Caire, Paris, Beyrouth, New York). C'est une histoire, entre documentaire et fiction, entre biographie et théâtre, qui s'appuie sur des photographies de famille, des entretiens sonores, sur le récit d'événements vécus et d'autres fantasmés. C'est une relecture de la réalité teintée de tendresse et d'humour, une enquête au coeur de laquelle est placée l'imagination des unes et des autres.

    Loin du portrait objectif ou historique de Graziella et ses soeurs, « Vies possibles et imaginaires » s'attache à traduire l'extravagance de ces femmes, à donner à leurs affabulations le même statut qu'au réel. En d'autres termes, à travers l'articulation de texte et de photographies d'archive (manipulées ou non), il s'agit, non pas d'écrire l'histoire de ces femmes, mais bien d'écrire au présent, de la façon la plus vivante possible, ce que serait leur mythe.

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