Paris-mediterranee

  • Au soir du quatrième jour, un détenu, qui ne partait plus depuis longtemps, cria soudain : " Faraj est là ! " Tous les camarades qui pouvaient encore tenir debout s'approchèrent du trou de leur lucarne, le souffle coupé, pour assister au retour de ce petit pigeon, étrange et têtu, qui n'admettait pas que sa place fût avec les vivants, mais voulait revenir avec nous, les morts-vivants.
    Il allait et venait sur le grillage, et tentait maladroitement d'entrer. Il me regardait pour me demander de l'aide ; personne ne pouvait rien faire, mais nous avions tous le coeur serré d'émotion... Faraj se laissa tomber tout entier dans le trou du grillage et atterrit devant la cellule n°10, la cellule de son enfance, tellement exténué qu'il échoua plusieurs fois avant de se poser sur la main que je lui tendais.
    Lorsqu'il y parvint, les détenus les plus proches de ma cellule purent m'entendre pleurer à chaudes larmes. Pendant longtemps les autorités marocaines ont nié l'existence du bagne de Tazmamart situé en plein désert dans le Sud du pays. Pourtant, cinquante-huit officiers et sous-officiers, fantassins ou aviateurs, y furent enfermés pour avoir été impliqués, à leur corps défendant, dans les deux tentatives de coup d'État de juillet 1971 (Skhirat) et août 1972 (attaque contre l'avion du roi).
    Après dix-huit ans de détention dans des conditions inhumaines, quand s'ouvrent les portes de Tazmamart, vingt-huit d'entre eux avaient survécu. Celui qui occupait la cellule 10, Ahmed Marzouki, témoigne au nom de tous, disparus et survivants.

  • A l'intérieur du périmètre magique que forment tunis et sa banlieue nord, marie s'applique à tenir son passé à distance et sofiane recherche un " avant " à son histoire.
    Ils se perdent dans leurs contradictions, s'irritent de leurs attentes, avant de parvenir à donner un sens à leur destin.
    Après une odeur de henné, et avec le même talent d'écriture ciselée et élégante, cécile oumhani nous introduit, à travers ce roman, dans l'univers intérieur de personnages toujours en quête de leur vérité.

  • Cette vaste et minutieuse enquête retrace la genèse et le développement du nationalisme algérien depuis les lendemains de la Première Guerre mondiale jusqu'à la veille de l'insurrection.
    En s'appuyant sur un fond d'archives exceptionnel (témoignages, cartes, textes, manifestes politiques, articles de presse. ), Mahfoud Kaddache exhume plus de 30 ans de lutte pour la reconnaissance des droits du peuple algérien. Sans omettre les contradictions qui ont traversé les différents mouvements nationalistes, il rend compte du combat de ceux qui se sont élevés contre l'occupant français, de cette longue marche faite d'humiliations, de compromis et de défaites.
    Mais toujours guidée par l'espoir et la liberté. Autant qu'un écrit scientifique rigoureux, ce livre est un plaidoyer remarquable pour le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

  • Voyage initiatique, témoignage sur le passé colonial, plongée dans l'univers de la délinquance, avec ce roman Saïd Mohamed propose une photographie sans complaisance et parfois cruelle de ce qui fut son univers.
    La honte sur nous, fresque picaresque d'une famille marginale, nous fait toucher du doigt en permanence le fond du gouffre et le sordide du quotidien.
    Écrit au ras des mots, dans un style réaliste, ce roman dégage une vraie force poétique.
    Saïd Mohamed est un poète qui crée un malaise en parvenant à nous faire rire avec des choses qui dérangent. Tel un griot africain, il raconte une histoire de vie, et le miracle de la parole a lieu car, comme Shéhérazade, il a survécu à la nuit.
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  • " si l'homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout ", écrit albert camus dans ses carnets.
    Cette citation résume à elle seule le passionnant récit de l'un des plus beaux combats pour l'indépendance, l'un des plus méconnus aussi. dès avril 1958, des footballeurs algériens talentueux, évoluant dans des clubs français prestigieux, ont décidé de laisser leurs privilèges au vestiaire pour mettre leur notoriété au service de la liberté de leur pays. ces hommes - mekhloufi, arribi, kermali, rouai, boubekeur -, d'abord considérés comme des fous, voire des traîtres dans l'hexagone, se sont peu à peu imposés comme des militants de la justice avant de devenir dans la conscience collective algérienne de véritables héros.
    Leur maîtrise de l'adversité n'a pourtant empêché ni leurs doutes ni leurs peurs lorsqu'il s'est agi de rejoindre la tunisie et, à partir de là, de défendre aux quatre coins du monde les couleurs de leur nouveau maillot, véritables étendards d'une liberté qui se mérite. kader abderrahim nous raconte la gestation puis le parcours inouï de cette équipe de football du fln qui, comme l'écrit avec justesse yasmina khadra, " fera pâlir les mythes en battant les plus prestigieuses formations européennes et naître le bonheur d'apprécier le talent d'une bande de garçons aussi magnifiques que le rêve de leur jeune nation ".

  • La Prostitution à Casablanca n'est pas un document de plus sur la période du Protectorat français au Maroc, exaltant l'exotisme et le pittoresque, et un de leurs avatars : la prostitution.
    Il s'agit d'une enquête ethnographique réalisée en 1949 et 1950 par deux médecins, Jean Mathieu et P-H.
    Maury, dans le cadre d'une enquête plus vaste, dirigée par Robert Montagne, qui a donné lieu à la publication de l'ouvrage Naissance du prolétariat marocain. Les auteurs décrivent la prostitution au plus proche du vécu des prostituées. Ils traitent de la prostitution en tant que fait économique et l'inscrivent dans le champ des relations sociales et des dynamiques de changement qui caractérisent alors la société marocaine.
    Avec des récits de vie, des données statistiques, des photographies, l'objectif est de proposer une large couverture des différentes dimensions de la vie sociale, matérielle, sexuelle... de la prostituée. Ce travail inédit pourra faire écho à d'autres recherches menées aujourd'hui au Maroc ou dans d'autres sociétés concernées par l'exercice de la prostitution.

  • L'oiseau vide son calame.
    C'est un lecteur intempérant qui a composé ce dictionnaire pour faire découvrir les oeuvres littéraires et les écrivains marocains de langue arabe, berbère, française, néerlandaise... Ce dictionnaire résulte d'une obstination à la curiosité. Promesse est faite de ne pas en rester là et de combler les manques, grain par grain, pour bien marquer que l'on a entendu la confidence du poète Abdallah Zrika : " Je ne voudrais pas être enseveli sous l'énorme amas de sable.
    C'est ainsi que j'appréhende mon identité en ce monde qui rappelle par sa forme un gigantesque monticule de sable. Je ne voudrais pas être le monde mais le grain, la particule, singulière et distante du tumulte ".

  • Le spectacle de la place jemâa el fna se répète tous les jours, et chaque jour il est différent.
    Les voix, les sons, les expressions changent, tout comme le public qui voit, écoute, sent, goûte, touche. le patrimoine oral s'inscrit dans un autre patrimoine que l'on peut qualifier d'immatériel beaucoup plus vaste. la place, en tant qu'espace physique, abrite un riche patrimoine oral et immatériel.

  • Sarajevo.
    La voix ne cesse de planer. Au-dessus des coupoles et des colonnes. Au-dessus de la Voïvode Putnika.

  • Après Un enfant de coeur et La Honte sur nous (prix Beur FM Méditerranée 2000), où il décrivait les milieux de l'enfance inadaptée et de la délinquance, le monde du travail et l'univers du voyage, voici le troisième volet de cette saga qui s'enracine dans la douleur et où le héros cherche la rédemption dans l'amour.
    Ecrite dans la tradition de l'oralité et dans une langue simple, non dénuée d'humour et de lucidité, cette tranche de vie pleine d'énergie, décapante et picaresque, est à lire absolument en cas de doute sur le sens de sa propre existence. Sauf faute de goût, on ne met pas en doute la parole d'un conteur. L'histoire devient réalité dès lors que celui-ci nous captive par son talent. Pour Saïd Mohamed, raconter est un art, écouter un savoir-vivre.

  • Il y aura bientôt trente ans que j'ai eu la première intuition dont je livre ici la teneur et le texte : l'existence insoupçonnée, l'émouvante survie jusqu'à nous d'un inédit remarquable de Voltaire.
    La muse Postérité, dans cette rencontre, aura été plus que favorable et généreuse : magnifique. Il ne s'agissait pas d'un petit écrit de circonstance, d'une facétie d'humeur, de rogatons comme on en retrouvera toujours, sortis de la plume irritable d'un auteur prolixe, mais d'une oeuvre méditée et composée, d'un projet singulier, d'une forme inouïe, et d'un texte du meilleur Voltaire : de bonne époque (entre cour et jardin, juste avant les Mémoires et Candide), de main brillante et sûre (on en jugera), d'intense passion (la liberté, l'amour, le défi, la revanche), d'intérêt vital enfin, après la grande crise qui en avait provoqué le sursaut - se relever, se reconnaître, s'inventer un avenir dans le désastre des dernières illusions.

  • Au début des années trente, Mustapha, un enfant de la médina de Tlemcen, se sentant envahi par le génie du chant profane, cherche un maître pour l'initier à la musique andalouse.
    Il deviendra le Cheikh Mustapha Senoussi Bereksi, maître du tarab andalou des années cinquante à soixante-dix. Ainsi commence ce voyage sentimental : le parcours de Mustapha offre l'occasion de retracer l'histoire de ce patrimoine musical héritier de Cordoue et de Grenade, et d'en présenter l'épanouissement à Tlemcen avec des maîtres tels que Cheikh Larbi Ben Sari, Omar Bekhchi ou Laz'âr Ben Dali Yahia.
    Consacré " musique classique " par le Congrès de musique arabe du Caire en 1932, l'art du tara andalou, avec ses règles propres et ses instruments traditionnels, a connu de grands créateurs et de géniaux novateurs. En dépit des aléas de sa transmission, il demeure un art vivant, encore susceptible de renouvellement..

  • La Bibliothèque arabo-berbère (BAB), collection dirigée à Casablanca par Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, grand reporter au Monde et éditeur à Paris, s'est donnée pour mission d'offrir aux lecteurs des ouvrages marquants - oubliés, méconnus ou inédits - sur le Maghreb, l'Orient et l'Islam d'hier ou d'aujourd'hui.
    Parmi les tout premiers textes de cette série figure donc le célèbre ouvrage du savant iranien Aly Mazahéri (1914-1991), L'âge d'or de l'Islam. Ecrit directement en français au début des années 1950 et traduit ensuite en dix langues, ce " classique " de la vulgarisation orientaliste était introuvable en français depuis près de vingt ans. Voilà de nouveau à la disposition des francophones cette fresque chatoyante sur la civilisation arabo-islamique à son zénith, autour de l'an mil, " Quand Bagdad était la capitale de la moitié du Vieux-Monde " !

  • La Casbah d'hier et d'aujourd'hui.
    Riche des traditions berbères et arabes et de l'héritage andalou, marqué par l'influence ottomane, un art de vivre perdure dans la Casbah, transmis de mères en filles. L'auteur qui a vécu enfant dans la Casbah, et y revient chaque été, veut faire partager ses couleurs, ses senteurs, ses saveurs, ses ambiances... tout ce qui traduit le goût de la beauté, le sens du raffinement des Algéroises. Nourri de souvenirs d'enfance, son livre ne s'abandonne pas à la nostalgie, il s'attache davantage à montrer combien les traditions les plus riches demeurent vivantes dans la Casbah d'Alger.

  • Un double spectre hante la société française : la colonisation de l'Algérie et la guerre d'indépendance qui en résulta, de 1954 à 1962.
    En 1956, à la tête du gouvernement, le socialiste Guy Mollet mobilise le contingent pour combattre l'insurrection algérienne. Il est soutenu par le Parti communiste français qui lui accorde les pleins pouvoirs pour " la paix en Algérie ". Hélène Bracco présente ici des actes de refus civils et militaires dans ce que furent, pour l'État français, " les opérations de maintien de l'ordre " en Algérie. Réprimés par le gouvernement, mais aussi passés sous silence par les médias dominants, ces actes de refus embarrassèrent, pour le moins, partis et syndicats de gauche.
    Hélène Bracco, pour établir la typologie de ces réfractaires, est allée interroger certains d'entre eux. Tous ces parcours singuliers, aux origines philosophiques et politiques diverses, témoignent d'un enjeu au coeur de la société française. En donnant la parole à ces " soldats du refus ", Hélène Bracco contribue à reconsidérer une des période les plus noires de l'histoire de France.


  • abû nuwâs, né vers 757, mort à bagdad en 815, est l'un des plus grands poètes arabes.
    courtisan, passé maître dans l'art de la satire, il doit sa renommée éternelle à ses poèmes érotiques (inspirés par l'amour des garçons) et bachiques. c'est un panel de ceux-ci, inédits en français, que ce recueil propose aux lecteurs, illustré de miniatures arabes, persanes et turques et de calligraphies originales de lassaâd métoui.

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