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  • L'affaire Baudelaire

    Remy Bijaoui

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    • 24 Février 2021

    Le 20 août 1857, Charles Baudelaire et ses éditeurs sont condamnés pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » par le tribunal correctionnel de la Seine. En cause, prétendument inspirés par une imagination maladive, six poèmes des Fleurs du Mal jugés indécents, en raison de leur « réalisme grossier » et de « passages ou expressions obscènes ».
    Malgré le soutien admiratif que des contemporains de renom - tels Flaubert, Hugo, ou Gautier - apporteront à Baudelaire, ces six poèmes marqués du sceau du scandale resteront interdits de publication en France durant près d'un siècle. Il fallut le combat de plusieurs générations de fervents lettrés pour faire annuler le jugement : suite à un arrêt de la Cour de cassation, la réhabilitation du grand poète n'interviendra qu'en 1949 !
    En s'appuyant sur de nombreuses archives, mais aussi sur la correspondance, les articles de presse et les comptes rendus d'audience, Rémy Bijaoui nous plonge, dans cet ouvrage vivant et bien informé, au coeur de cette célèbre affaire qui demeurera comme un exemple de relativisme judiciaire en matière de censure.

  • En septembre 1934, Freud achève un ouvrage qu'il intitule L'Homme Moïse, un roman historique, mais il ne le publie pas. Un mois plus tard, il écrit à Max Eitingon : « Une partie du texte inflige de graves offenses au sentiment juif, une autre au sentiment chrétien, deux choses qu'il vaut mieux éviter à notre époque. » Puis en 1935, il confie à Lou Andreas-Salomé à propos de la figure de Moïse : « Ce problème m'a poursuivi toute ma vie. » C'est dire l'importance de cette réflexion sur la Bible, le judaïsme, et le christianisme pour le père de la psychanalyse.
    En conservant - contrairement à son habitude - ce manuscrit autographe, Freud a probablement souhaité laisser des traces sur l'élaboration complexe de son travail sur le monothéisme. Cette version initiale, transcrite ici pour la première fois, nous permet de comprendre pourquoi et comment, alors que le nazisme se répand partout en Europe, Freud a infléchi, voire crypté, sa pensée au fil des années, jusqu'à la publication de son livre testamentaire sur Moïse, paru en 1939.

  • Peu de souverains ont laissé une trace aussi profonde dans les légendes et dans les contes que le roi Salomon. Personnage historique ayant régné de 970 à 930 avant J.-C., bâtisseur du Temple de Jérusalem, fondateur de villes et de forteresses, prophète élu de Dieu ayant empire sur les démons, détenteur d'objets magiques, ce fils de David, grand amoureux de la reine de Saba, réputé pour sa sagesse, auteur de livres de médecine, de lapidaires et d'un herbier, a fait l'objet de mille récits et a trouvé sa place au panthéon des hommes ayant marqué l'Histoire.
    En s'appuyant sur nombre de témoignages (hébraïques, arabes, latins, grecs, russes, indiens...) importants, mais souvent inconnus car dissimulés dans des ouvrages anciens, rassemblant un corpus de récits populaires de quatorze pays, Claude Lecouteux retrace la légende du roi Salomon, légende qui, au fil du temps, a été embellie, développée, enrichie d'apports extérieurs, donnant ainsi naissance au souverain mythique aux multiples facettes.
    43 illustrations issues de manuscrits anciens.
    Notes et index des auteurs et des oeuvres.

  • Enfants terribles de l'Antiquité, les Gaulois vaincus par Rome, peu à peu privés de leur langue et de leur histoire, victimes de la caricature antique et moderne, restent plutôt méconnus. Pourtant leur mémoire est demeurée dans les objets, les inscriptions retrouvées, et les milliers de noms propres de notre toponymie.
    Couvrant la période s'étendant du Ve siècle avant J.-C. au Ve siècle après J.-C., s'appuyant non seulement sur les découvertes archéologiques, sur les auteurs grecs et latins, mais aussi sur les textes mythologiques irlandais et gallois, Jean-Paul Savignac, spécialiste de cette civilisation, prend le parti de ressusciter joies et rires des Gaulois à travers l'étude de leurs moeurs, coutumes et croyances.
    Pour commencer, voici les plaisirs du boire et du manger, puis viennent ceux de la convivialité et de l'amour. À cela s'ajoutent les enchantements qu'offrent la possession d'objets précieux, la pratique de l'art ornemental et de la musique, l'engouement pour la science, la passion de la gloire... sans oublier le culte de la parole. Enrichissant son propos par de nombreuses illustrations, Jean-Paul Savignac nous présente ainsi une vision originale, hors des clichés, de ces lointains ancêtres.

  • Indissociables dans le traitement de la folie, psychiatrie et psychanalyse ne doivent pas s'exclure l'une l'autre, mais au contraire s'enrichir l'une de l'autre. Telle est l'affirmation de Francesca Biagi-Chai, à la fois psychiatre et psychanalyste.
    Au cours d'entretiens menés par deux psychologues, Francesca Biagi-Chai répond à de multiples questions concernant la psychose et sa thérapie. Que sait-on aujourd'hui de ce désordre psychique ? Que nous apprend-il sur notre société et sur nous-mêmes ? Quelles mutations doit accomplir l'hôpital pour prodiguer les meilleurs soins possibles ?
    Forte d'une longue expérience clinique, Francesca Biagi-Chai s'adresse, de façon claire et rigoureuse, aux soignants, mais aussi aux patients et à leurs proches. En s'appuyant sur de nombreux cas, elle explique comment fonctionne l'« hospitalisation de jour » qu'elle a mise en place à l'hôpital Paul Guiraud, et qui constitue une avancée majeure. Une hospitalisation qui, paradoxalement, libère le patient de l'enfermement et, tout en respectant sa voie singulière, lui ouvre un « au-delà des murs ».

  • Socrate, Érasme ou Victor Hugo se voulaient déjà citoyens du monde. En 1948, cet idéal est incarné par Garry Davis : traumatisé par sa participation aux bombardements des villes allemandes, cet ancien pilote américain renonce à sa nationalité et se déclare « premier citoyen du monde ». Très vite, ses initiatives font sensation et des foules enthousiastes l'acclament. Des dizaines de milliers d'hommes et de femmes s'affirment liés à la communauté mondiale, et la préfecture du Lot se proclame, d'emblée, Cahors Mundi, suivie par des centaines de villes et de villages. Cet émoi populaire, soutenu notamment par Einstein et l'abbé Pierre, se voit relayé par des écrivains - Camus, Breton, Queneau ou Vercors... -, et amplifié par des périodiques issus de la Résistance et des journaux tels que Le Monde ou Le Canard enchaîné.

    Michel Auvray fait le récit de ces événements aujourd'hui méconnus, mais qui firent alors la une de la presse. Il relate comment, après la bombe d'Hiroshima, les tensions nées de la guerre froide semblent placer chacun devant une alternative : un monde uni ou le néant. Il décrit l'aspiration à une « mondialisation » - le mot apparaît dans ce contexte - au service des peuples, et qui sera symbolisée par l'ouverture d'une Route sans frontières.

    S'appuyant sur des sources très diverses - témoignages, presse nationale et régionale, publications mondialistes, rapports des RG, archives publiques et privées, mémoires inédits... -, Michel Auvray retrace pour la première fois l'émergence et l'apogée des Citoyens du Monde. Singulière et passionnante aventure, se poursuivant jusqu'à nos jours, telle est l'étonnante histoire de cet élan de fraternité universelle.

  • Dans la tradition du Midrash, ensemble d'histoires tissées de paraboles, d'allégories et de fables qui accompagnent au cours du temps la révélation de la Torah, François Ardeven médite sur de grandes figures bibliques.
    À la lumière de la psychanalyse, de la littérature et de la philosophie - convoquant Freud, Goethe, Lévinas... -, il aborde quatre dimensions de l'expérience humaine, brosse quatre portraits avec leur couleur et leur douleur propres : Job et sa longue plainte, Jonas coupable d'avoir raison, Esther qui pérennise l'exil, et Joseph, plus heureux en Égypte qu'avec les siens.
    Érudites et inspirées, ces quatre lectures - issues de séminaires tenus dans le cadre du Centre Medem, centre tout à la fois juif et laïc - se déploient dans un style alerte, gardant la trace de la spontanéité propre à l'oralité et à la pratique du libre commentaire de la Bible.
    Professeur de lettres classiques et psychanalyste, François Ardeven a étudié la philosophie et les mathématiques, et il est docteur en psychopathologie clinique et psychanalyse.

  • Histoire sociale et psychiatrie Dans les décennies 1880 1900 au coeur d'un paysage bouleversé par le progrès industriel, un pessimisme qualifié de « fin de siècle » domine les esprits Cette tendance dépressive mêle amertume de la défaite de 1870 abandon des idéaux, impression d'être frappé par la dégénérescence C'est à cette même époque que la psychiatrie avec Charcot et Janet étudie l'hystérie et la neurasthénie, tandis que des ouvrages de vulgarisation et la grande presse offrent ces dérèglements en miroir à un public avide de s'y reconnaître Bref, la névrose est à la mode...
    Des écrivains comme Huysmans, Maupassant, Mallarmé projettent leur propre mal être dans leurs oeuvres D'autres réagissent par la contestation ( Rachilde) ou le saphisme (Nathalie Barney), et d'autres encore par la pratique de l'occultisme (Rémy de Gourmont).
    Les grands de ce monde telles les impératrices d'Autriche et de Russie ne sont pas à l'abri de la fragilité nerveuse, imités en cela par une partie de l'aristocratie française (Robert de Montesquiou), les courtisanes du demi monde (Liane de Pougy et Emilienne d'Alençon), les comédiennes (Sarah Bernhardt) et les chansonniers des cabarets (« Le Chat noir »).
    Dans cet ouvrage, Louis Crocq, portant un regard de psychiatre sur cette mentalité crépusculaire, relie ainsi, de façon inédite, la peinture sociale à l'histoire des névroses, à la veille de la Belle Epoque.

  • Qu'appelle-t-on « fantôme » ? Que désigne ce mot dans les croyances populaires et dans notre psyché ? Dans bien des contrées, dans certains pays d'Afrique par exemple, le temps du deuil s'étale sur une année entière, durant laquelle le défunt est un fantôme errant, et demeure dangereux jusqu'à ce qu'il soit accueilli dans le royaume des ancêtres où, cette fois bienfaisant, il veillera sur les vivants.
    S'appuyant sur de nombreux cas cliniques mais aussi sur les travaux d'Abraham et Török, Claude Guy nous montre que le « fantôme », en chacun d'entre nous, peut se révéler lors de symptômes d'effondrement ou de décompensation et se rattache souvent à un accident très ancien dans l'histoire familiale : un drame, une catastrophe, un acte traumatisant qui se transmet depuis des générations, sans que celles-ci n'aient rien pu ou, parfois, rien voulu en savoir.
    Ainsi bien des années après, resurgit une souffrance, celle qui n'a pas été entendue, celle qui a été niée, et qui amplifie de façon disproportionnée le vécu douloureux du patient, soudain « hanté », aux prises avec un passé dont il ignorait tout. « Le mort saisit le vif », qui se retrouve alors contraint de supporter, sur le plan psychique, le poids accablant de l'héritage.

  • Par l'originalité de son oeuvre, Erich Neumann est le plus célèbre des disciples de C. G. Jung. Né à Berlin en 1905, il émigre en Palestine dès l'arrivée au pouvoir du nazisme, en 1934.
    Liés par une profonde amitié, les deux hommes entretiendront dès lors une correspondance - où les considérations sur les Juifs et le judaïsme tiendront une place majeure - jusqu'à la mort de Neumann, en 1961. C'est cette correspondance passionnante, interrompue par les années de guerre, mais qui reprendra dès 1945, que nous proposons aujourd'hui aux lecteurs français.
    On y voit Jung et Neumann discuter longuement de l'inconscient collectif - et alors que sévit l'antisémitisme -, de la psychologie des Juifs, de leur histoire et de leur place dans le monde occidental. On y voit également Jung soutenir la parution de La Nouvelle Éthique, écrit pendant la guerre, et où Neumann tente de tirer les conséquences de la tragédie.
    Coédition avec La Compagnie du Livre Rouge (Bertrand Eveno).
    Traduit de l'allemand par Véronique Liard.

  • Le guide des célibataires et des personnes seules. Beaucoup de personnes restent célibataires, et malgré le désir qu'elles en ont, ne parviennent pas à nouer une relation solide. Prises dans une impasse douloureuse, elles en restent à des relations superficielles, incapables de trouver le partenaire de leur vie, ou bien, à la suite d'un divorce, elles se voient brutalement plongées dans la solitude.

    Thérapeutes conjugaux, Harville Hendrix et Helent Lakelly Hunt montrent d'abord tout ce que nous pouvons apprendre sur nous mêmes à travers la solitude. Puis ils établissent les causes de l'échec sentimental, qui renvoient toujours à nos expériences d'enfance, et montrent que rien n'est insurmontable.

    Ils nous suggèrent enfin des techniques de communication pour garder l'amour et s'engager dans une union durable et épanouissante. Mais au delà, c'est à la vision du monde basée sur la transformation des conflits en relations qu'ils nous initient. Leur conviction est forte on ne peut pleinement s'épanouir et devenir soi même que par le lien vivant à l'autre.

    Traduit de l'américain par Chantal et Antoine d'Audiffret.

  • La commune du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) tient une place tout à fait remarquable dans l'histoire du sauvetage des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. La résistance - d'abord pacifiste -, initiée par les pasteurs Trocmé et Theis, s'inscrit dans la tradition protestante de défense des opprimés.
    Dès 1940, les villageois entreprennent de cacher des Juifs, notamment beaucoup d'enfants menacés de déportation vers les camps de concentration, et les accueillent dans leurs maisons et dans les fermes des alentours. Au-delà du refuge, les habitants leur fournissent de faux papiers d'identité, des cartes de rationnement et les aident à passer en Suisse. On estime que mille à trois mille personnes purent ainsi être sauvées. En 1990, le gouvernement israélien reconnut l'ensemble du village comme « Juste parmi les nations » pour son admirable action humanitaire et sa bravoure face au danger.
    Dans cet ouvrage en tout point exact sur le plan historique mais destiné à un large public, Emmanuel Deun raconte l'histoire de ces faits exceptionnels et brosse le portrait de personnalités hors du commun qui payèrent souvent de leur vie leur courage.

  • Les Contes populaires russes constituent l'un des recueils les plus impor- tants de notre patrimoine culturel européen, et l'oeuvre d'Afanassiev, par son influence, est comparable à celle des frères Grimm.
    Pour rassembler les récits épars, Afanassiev s'adresse, dès 1850, à la Société russe de géographie, qui possède déjà de nombreuses archives, ainsi qu'à des collecteurs individuels. La tradition orale, où affleure souvent un paganisme persistant, s'avère d'une richesse exceptionnelle au moment où il envisage de la fixer par l'écrit. La somme magistrale réunie par le grand savant, éditée aussi bien sous le régime tsariste que sous le régime soviétique, n'a cessé depuis sa publication d'accroître son rayonnement. Nombre d'écrivains et d'artistes - tels Pouchkine, Gogol, Tolstoï, Prokofiev ou Chagall - s'y réfèrent explicitement, tandis que la baba Yaga fait aujourd'hui encore frémir les enfants du monde entier.
    La présente édition comporte trois tomes et propose des contes jusqu'alors inédits en français. Ce troisième volume se divise pour moitié entre contes merveilleux et contes divers - contes inspirés du chant épique populaire ou de la littérature de colportage, récits sur les morts et les sorcières, contes plaisants, anecdotes.

  • Kim Shi-seup (1435-1493) reste dans l'histoire comme le modèle le plus représentatif de ces lettrés marginaux du Moyen Âge coréen, surnommés « gens du dehors ». Rebelles et individualistes, ces écrivains vivaient à l'écart des institutions, et la plupart de leurs oeuvres ont disparu.
    Pourtant, l'histoire a retenu le nom de ce moine vagabond, Kim Shi-seup, pour ses textes, gorgés de culture classique, qu'elle soit philosophique, poétique ou religieuse, moyen pour lui d'épancher sa douleur dans les poèmes dont il parsème ses contes, et de prendre sa revanche, par le maniement de la satire, sur un pouvoir néoconfucéen qui l'ignore.
    Variés et très vivants, les cinq contes qui composent ce recueil sont imprégnés de fantastique, qu'il s'agisse d'un amour avec une femme fantôme, d'un dialogue pied à pied avec le Roi des Enfers, ou d'une fête savoureuse au Palais du roi Dragon du fond des mers...

  • Siegfried, Odin, la Lorelei, le Roi des Aulnes, autant de personnages mythiques bien connus. Pourtant, s'étendant de l'Allemagne à l'Islande, la mythologie germanique, et plus précisément germano-scandinave - souvent victime de préjugés en raison de fâcheuses récupérations historiques -, reste dans l'ensemble trop ignorée.
    Du Moyen Âge à nos jours, s'appuyant notamment sur les Eddas, les Sagas, les légendes et les traditions populaires, ce dictionnaire nous invite à arpenter des espaces enchantés où foisonnent dieux, fées, elfes, lutins, revenants, nains et géants. Il nous décrit, par exemple, les cultes rendus aux sources et aux arbres, maints rituels magiques, nous conte l'éternelle errance du Chasseur maudit, l'étrange aventure de Peter Schlemihl et de nombreuses autres histoires fabuleuses.
    Unique en son genre, oeuvre d'un éminent spécialiste, cet ouvrage nous dévoile ainsi toute la richesse et la poésie d'une des plus grandes cultures européennes.

  • La captivité durant la Seconde Guerre mondiale n'a pas seulement concerné près de deux millions de soldats français détenus pendant cinq ans. En effet, chaque épouse, chaque proche, a supporté la longue absence dans l'inquiétude, et a vécu tout ce temps au rythme de la propagande vichyste. Après la guerre, viendront les difficultés du retour dans la vie familiale et professionnelle et, pour beaucoup, la captivité se prolongera à travers de douloureuses séquelles physiques et psychiques.
    Dans cet ouvrage novateur, Evelyne Gayme s'attache à répondre à de nombreuses questions.
    Quelles furent les véritables conditions de détention dans les stalags ? Comment les prisonniers furent-ils accueillis à leur libération ? Quelle fut leur image dans la société ? Et quelle influence eurent-ils sur l'opinion, par exemple lors des guerres coloniales, en Indochine et en Algérie, notamment ?
    Le cinéma et la littérature témoigneront de la présence, discrète mais réelle, de cette épreuve dans la mémoire collective. Mais c'est le souvenir du sacrifice personnel de leur jeunesse que les prisonniers voudront souvent pérenniser. Dans les années 1970, certains écrivent, racontent, transmettent. S'appuyant sur nombre de ces récits jusqu'alors peu étudiés, Evelyne Gayme met ainsi à nu la forte empreinte laissée par la captivité jusqu'à nos jours dans la société française.

  • Le boiteux et ses prolongements avec les êtres aux pieds fabuleux font partie des figures les plus riches de notre héritage culturel : oedipe, Héphaïstos ou Achille dans la tradition antique, Eve, Jacob ou Lucifer dans l'univers biblique, Mélusine et toute la horde de diables boiteux dans la mémoire populaire et dans la littérature. Pourtant, on a rarement rapproché ces figures les unes des autres.
    Leur parenté fondamentale est très peu étudiée et, par conséquent, le scénario immémorial dans lequel elles jouent un rôle est mal identifié. Mais étudier la mythologie des boiteux et des pieds fabuleux donne un sens insoupçonné à bien des oeuvres et des motifs, et illustre les recoupements constants qui existent entre " grande " et " petite " mythologie. Tous ces êtres blessés ou claudicants sont porteurs d'une ambiguïté essentielle : ils mettent en gage ou sacrifient leur intégrité physique en vue d'un bien, mais en échange parviennent à des sphères jusqu'alors inaccessibles.
    Index nominum et index rerum, quelques illustrations.

  • « Frieda Fordham a entrepris la tâche, difficile sous tous les rapports, de présenter un résumé clair de mes diverses tentatives pour comprendre mieux, et d'une façon plus large, la psyché humaine. Comme je ne peux prétendre avoir atteint quelque théorie précise expliquant l'ensemble, ou même la plus grande part des complexités psychiques, mon oeuvre consiste en une série d'approches différentes ou, pourrait-on dire, en une circonvolution autour de facteurs inconnus.
    Exposer de façon claire et simple mes idées est, par conséquent, pour le moins ardu. [.] Malgré cet état de choses quelque peu problématique, Frieda Fordham a réussi à se sortir de toutes les occasions de faire des interprétations inexactes. Elle a présenté d'une façon simple et satisfaisante les principaux aspects de mon oeuvre psychologique. » C. G. Jung.
    Frieda Fordham a été psychanalyste et membre de la Société de psychologie analytique de Londres.

  • Le conte russe

    Vladimir Propp

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    • 30 Août 2017

    Vladimir Iakovlevitch Propp (1895-1970) est célèbre, en Occident,pour ses travaux sur la structure des contes merveilleux. Bien connudes conteurs, il l'est aussi des enseignants, car en raison de sa grandeefficacité pédagogique, sa méthode de lecture figure dans tous lesmanuels scolaires.Dans la première partie de l'ouvrage, en s'appuyant sur de nom-breux exemples, Propp présente son système d'analyse des contesmerveilleux. Sont ainsi étudiés les contes dits réalistes, les contesd'animaux, les contes cumulatifs, et bien d'autres types de récits.Dans la seconde partie, Propp propose une histoire globale desthéories sur les contes ainsi qu'une approche critique de la classifica-tion des contes jusqu'alors établie.Professeur à l'université de Leningrad, Vladimir Propp avait un pres-tige immense, et ses cours sur le conte russe étaient un événement.Ce sont ces cours que nous souhaitons aujourd'hui, tout en les adap-tant, faire connaître aux lecteurs français.

  • Ces contes, dont certains inédits en français, sont issus de la tradition orale paysanne et recueillis, entre autres, par des collecteurs individuels dans les années 1850. Ils sont présentés en trois volumes et accompagnés de notes de présentation. Ce premier volume offre des contes merveilleux et des contes d'animaux.

  • Que lisaient ou se faisaient lire les belles Coréennes du temps jadis ? Des récits d'aventures riches en rebondissements, et qui réinventaient les vieilles histoires chinoises. Selon la légende, ce roman échevelé fut écrit par un lettré - demeuré anonyme -pour distraire sa mère, alors âgée, grande lectrice qui voulait découvrir de nouvelles intrigues : le succès dépassa vite le cadre familial, et l'on possède aujourd'hui plusieurs centaines de copies qui circulèrent jusqu'au XXe siècle.
    Nous présentons ici la version la plus complète dans une traduction aussi savante que littéraire. L'action se passe sous le règne des Ming (XVIe siècle), mais présente dans une dramaturgie shakespearienne des nobles coréens confrontés à toutes les problématiques du pouvoir : conflits entre époux, épouses et maîtresses, rivalité entre frères, serments et trahisons, jeux d'ambitions et luttes politiques.
    Bref, on y retrouve les affects fondamentaux de l'être humain, la tristesse et la joie, l'amour et la haine, la tendresse et la bienveillance face à la jalousie, l'envie, la colère... Bien que ce récit affiche une leçon de morale typiquement confucéenne, ces émotions et ces sentiments permettent à l'histoire de retenir la sympathie des lecteurs en tout lieu et en tout temps.

  • Au moment de la naissance, le bébé a neuf mois d'existence. Il a déjà une histoire construite grâce à la relation que la mère a tissée avec lui dès sa conception. Le lien maternel, qui s'élabore tout au long de la grossesse, se compose d'élans d'amour fusionnel, mais aussi d'oublis et de rejets, parfois culpabilisants. De fait, le sentiment de plénitude et le bonheur proclamé cachent d'inévitables angoisses et des fantasmes qui sont, le plus souvent, refoulés.
    Toutes les femmes enceintes traversent des moments de doute, de désarroi et de refus. Repérer ces ambivalences, comprendre leur légitimité et leur fonction, permet de prévenir les accidents de la grossesse (fausse couche, accouchement prématuré, césarienne...), mais aussi nombre de troubles de la perception de soi et du comportement de l'enfant après la naissance - dont la boulimie et l'anorexie.
    S'appuyant sur de nombreux cas cliniques, cet ouvrage analyse la communication avec le foetus à chaque étape de l'attente, mois après mois, et se propose de favoriser la venue au monde du nourrisson tout comme celle de la femme au statut de mère, par la compréhension de ce qui se joue alors. Ainsi, nous dit Tamara Landau, si la préparation physique à l'accouchement est entrée dans les moeurs, il convient dorénavant de mieux prendre en considération la préparation psychologique.

  • Contes et récits de Corée t.1 : guerres et vengeances Nouv.

    La Corée classique recèle d'incomparables recueils d'histoires qui couvrent la longue époque de la dynastie Joseon, entre le XVe siècle et le XIXe siècle. Ces récits, aux sources multiples - moines bouddhistes, maîtres confucianistes mais aussi saltimbanques... -, ont été recueillis et rédigés par des amoureux de la culture populaire, grands lettrés qui nous éblouissent par leur sens de la narration, la virtuosité de leur style et leur humour satirique.

    Le présent ouvrage commence dans une Asie ravagée par les guerres, que traverse une famille ballottée entre Chinois, Japonais et Mongols, dans des tribulations dignes d'un certain Candide, puis se poursuit à travers les aventures savoureuses de vengeurs, et surtout de vengeresses, de guerrières travesties, de sabreuses émérites et de jeunes filles prêtes à poignarder pour sauver leur honneur...

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