Littérature générale

  • En 1940, la France capitule.
    En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement défense de la France. Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera. déporté en 1944 à Buchenwald. Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection d'un groupe de russes et à sa connaissance de l'allemand qui lui permettra d'informer les autres déportés des agissements des S.S.
    Après un an et demi d'horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d'amour de la vie, de courage et de liberté face à l'adversité.

  • Best-seller de la littérature prolétarienne initialement publié en feuilleton dans L'Humanité en 1928, Je Brûle Paris raconte l'histoire de Pierre, mis au chômage, prenant sa revanche sur la capitale française pour les humiliations qu'il y a vécues. Après avoir volé des bactéries de la peste noire, il les utilise pour infecter le réseau hydraulique. Le 14 juillet, jour de Fête nationale, les premières victimes de l'épidémie sont emmenées dans les hôpitaux. La ville, mise en quarantaine, se divise en républiques nationalistes - les Chinois, les Juifs, les ouvriers de Belleville, les Russes blancs de Passy, la concession anglo-américaine, la république bleue des flics - qui se déclarent la guerre et se dressent les unes contre les autres.

    Jasienski, jeune poète révolutionnaire d'avant-garde, qui avait quitté la Pologne peu hospitalière pour les « rouges », avait 27 ans quand il écrivit ce livre à Paris. Son Je brûle Paris constituait une riposte au Je brûle Moscou de Paul Morand : cette courte nouvelle figurait dans son Europe galante et décrivait la capitale soviétique comme infestée par des juifs passablement sales et couverts de puces. C'était une délicieuse petite infamie qui montrait la Mecque de la Révolution sous l'aspect repoussant d'un bolchevique au nez crochu.

  • Andreï Makine ouvre son roman sur une scène rêvée de notre Occident.
    Un fantasme qui nous fera mesurer l'étendue de notre dépaysement. Car les personnages que nous allons découvrir appartiennent à un autre monde : le pays du grand blanc au bord du fleuve Amour. Un petit village de Sibérie où l'on est obligé parfois de sortir d'une isba ensevelie sous la neige en creusant un tunnel vers la lumière du jour. Dans ces lieux de silence, la vie pourrait se confondre avec de simples battements de coeur si chaque mouvement de l'âme n'apportait sa révélation.
    Alors, le désir naît de la sensualité des corps comme de la communion avec la nature offerte. L'amour a l'odeur des neiges vierges dans la profondeur de la taïga. Soudain, tout est bouleversé. L'Occident fait signe. D'abord un train qui passe, le mythique transsibérien. Puis un film français, vision d'une existence éblouissante, appel peuplé de grandes actions et de créatures sublimes. Le vertige d'une autre histoire née sur les rives du fleuve Amour, aux berges de l'adolescence.

  • Hary Janos

    Collectif

    Quelque part entre le Baron de Münchhausen et Tartarin de Tarascon, Háry János est le soldat fanfaron magyar. Drôle, hâbleur, bravache, Kodály disait de lui qu'il était le plus beau représentant de l'âme hongroise.
    Un vétéran, Háry János, un ancien hussard de l'armée autrichienne, raconte dans une auberge de village ses aventures et ses exploits fantastiques lors des guerres napoléoniennes. Il prétend entre autres qu'il a conquis le coeur de Marie-Louise d'Autriche, la femme de Napoléon, défait l'armée de son rival à lui seul avant de le capturer puis de dîner, en toute simplicité, chez l'Empereur François.
    Avant de devenir la plus célèbre des comédies lyriques de Zoltán Kodály, Háry János, le vétéran est d'abord un court poème d'à peine 200 vers écrit au milieu des années 1840 par un jeune poète hongrois, János Garay.
    S'il est une figure chère aux Hongrois, c'est bien Háry János. Ce miles gloriosus à la magyare est plus connu et aimé là-bas que chez nous Tartarin, sans doute parce que la mentalité régionale d'un « petit État d'Europe de l'Est » (selon l'expression d'István Bibó) donne un sens politique plus profond à ses vanteries que nous ne voulons en prêter à nos gasconnades.
    Háry János est un des plus grands classiques de la littérature hongroise, immédiatement traduit en allemand puis en anglais, il ne l'avait encore jamais été en français.

  • L'oeuvre d'Heinrich von Kleist n'a pas suscité tant d'analyses en France pour méconnaître la traduction par Alexandre Vialatte de l'essai que lui consacra Friedrich Gundolf (1880-1931) qui, parmi les érudits les plus célèbres de la république de Weimar, s'était attaché à l'élucider en 1922, alors qu'elle restait encore inentendue au coeur même de la langue allemande.
    De Gundolf, dont le grand germaniste Jacques Decour, traducteur de l'essai sur "L'élaboration de la pensée par le discours" de Kleist, écrivait : « Profond, grand : ces mots n'ont plus guère de sens ; l'abus les a fait passer dans le vocabulaire des journalistes. Il faudrait en forger d'autres pour rendre l'impression des lecteurs de Gundolf.» Les deux traductions, celle de Vialatte et de Decour, exactement contemporaines, réunies et présentées ici par Eryck de Rubercy, donnent surtout une précieuse approche de celui que Jacques Decour qualifiait de « possédé, sublime et démesuré » ou encore de « poète génial » qui, après avoir laissé huit pièces de théâtre et autant de récits, ne se sera pleinement accompli que dans la mort qu'il se donna le 21 novembre 1811, à l'âge de trente-quatre ans.

  • Traduire

    Collectif

    Traduire en émotions, en images, en mots, en regards, en musique, en mouvement Non pas seulement traduction mais traduire, transformer, transmuter. Les substances sont en mouvement ; on cherche la voie vers l'or.

    Aller vers plusieurs langues mais aussi vers d'autres signes ; ou en créer, ou encore inventer une langue, un langage.

    Interpréter fait apparaître un précipité, la pensée devient chose palpable.

    Trouver les passages vers d'autres mondes.

  • Mary Shelley

    Cathy Bernheim

    Fille d'une philosophe féministe et d'un écrivain politique, Mary Shelley est l'une des figures audacieuses et révolutionnaires du xix e siècle britannique. Frankenstein (1818), son chef-d'oeuvre à la portée littéraire et cinématographique hors du commun qu'elle écrit alors qu'elle n'a que dix-huit ans, n'est pas seulement l'invention d'une créature infernale : il est aussi une figure issue d'un monde où le bien n'est trop souvent que le masque grimaçant du mal.
    Ce livre ne peint pas seulement l'existence mouvementée d'une femme à la trajectoire complexe. Elle donne aussi le portrait d'une écrivaine fulgurante, témoin des mutations d'un siècle peu à peu transformé par l'évolution des sciences, les révolutions naissantes de la biologie et les mutations technologiques et industrielles.
    Biographie mais aussi moments de lecture des thèmes chers à l'engagement de Mary Shelley, Cathy Bernheim plonge le lecteur dans le romantisme anglais dans toute sa splendeur à travers une histoire de vie et d'écriture passionnante, résolument moderne.

  • Homme libre, toujours tu chériras la mer !
    La mer est ton miroir, tu contemples ton âme.
    L'Homme et la mer, Charles Baudelaire.

    Dans ce livre qui invite à parcourir la mer et découvrir les symboles que les hommes y ont fait naître, ces vers de Baudelaire peuvent servire d'exergue ou bien de conclusion.
    Symbole de la vie, la mer se propose à l'homme comme un infini des possibles, un miroir où il pourra se voir et s'espérer.
    Tout vient de la mer et tout y retourne. Dans la plupart des grands mythes de la création, la mer est le premier élément existant, la matrice primordiale. L'homme y est né, il y reviendra pour une union éternelle.

  • Ce livre est un rapport d'étonnement : celui d'un jeune père hyperactif et surdiplômé, qui met entre parenthèses son activité professionnelle pendant quelques mois pour se consacrer au métier de parent au foyer. Entre les navettes à l'école et l'heure du bain, il tente d'appliquer à l'intendance familiale les grands principes de gestion d'entreprise tout en redécouvrant d'autres mythes moins au goût du jour, comme celui de Sisyphe, ou celui de Janus comptant autant de faces que d'enfants qui posent des questions en même temps.
    Loin des clichés sociologiques, il s'interroge avec humour sur ce sentiment d'étrangeté qu'entoure son nouveau rôle. Sur sa légitimité à habiter cette fonction de gardien du feu familial. Sur ce que cette expérience remet en question au sein et au-delà de ce foyer.
    Il laisse surtout un instantané drôle, vivant, poignant de cette ­­­succession de bonheurs et d'épuisements qui font le quotidien familial. Un « ici et maintenant » qui le prend par surprise, le dévoilant lui-même au travers du récit des moments de vie ordinaire de ses enfants. Comme un héritage dont on ne sait plus bien qui a reçu de qui.

  • Qui est dandy ? C'est celui qui se pare de discrétion et celui qui affiche ses couleurs, c'est celui qui aime le luxe et celui qui le dédaigne, c'est celui qui agit et celui qui paresse, bref, c'est l'homme aux mille visages qui n'est jamais là où on l'attend.
    À l'écart des chemins frayés, il se forge une nouvelle nature qui le distingue et l'élève. Grâce à son difficile art de plaire en déplaisant, il désennuie les sociétés usées. On se dispute cette " amusante peste ", tour à tour d'une politesse exquise et d'une odieuse inconvenance. Éternel révolté, le dandy ne se conforme ni aux usages de la courtoisie ni à ceux de la morale. Mais ses transgressions sont bien inoffensives car il a besoin des règles qu'il bouscule comme des hommes qu'il méprise.
    IL ne veut pas changer le monde, il veut simplement imposer sa " grandeur sans convictions ".

  • Teresa et autres femmes recits

    Albert Memmi

    • Felin
    • 9 Septembre 2004

    Et cette fois...
    Ils parleront de femmes, de leur amour, de leur présence dans leurs vies. Ils les évoqueront lors de ce dîner annuel, entre anciens camarades de lycée, en toute liberté... Chacun retissera le fil d'un moment amoureux, d'une rencontre, d'un souvenir tendre ou parfois amer. Une série de portraits aux contours multiples, une variation sur ce qui pourrait être l'éternel féminin, tel que les hommes l'imaginent ou le vivent dans la diversité de leurs amours.
    Ainsi surgit le visage de cette jeune femme sauvée malgré elle du désespoir, pour peu de temps. Celui de Nathalie qui voudrait vivre toujours le printemps d'extase de Mai 68. La vie étrange de cette femme qui, chaque jour, attend son mari et son fils, dans un couloir de métro, en vain. La brève rencontre d'un homme mûr avec une jeune étudiante qui, d'un regard, lui fait percevoir le monde sous les couleurs du bonheur.
    L'amour haletant d'une femme passionnée qui ne poursuit que le rêve de vivre, un peu de temps, encore. L'amour de la demoiselle et du barbon... et bien d'autres. Et tous les récits, comme des fleurs de kaléidoscope, changeantes, animées, forment le bouquet d'une tentative, peut-être imaginaire, de saisir l'image de la féminité, proche et insaisissable. Un hommage aux femmes comme seul un homme qui les aime pouvait leur offrir.

  • A Paris, dans les années 1905, Colette fait scandale au music-hall. Simultanément elle devient un écrivain reconnu. Elle gagne sa vie grâce au journalisme et les spectacles l'accaparent. Il y a là une frénésie qui la concerne de près, c'est une question de mouvement, de jeu, de rythme, de variations, de gravité aussi. Elle assiste aux succès du vaudeville Guitry, Labiche, Feydeau comme elle est curieuse des Ballets russes, d'Ibsen et d'Artaud (Les Cenci). Elle dessine les portraits de Marguerite Moreno, Mistinguett, Raimu, Michel Simon, sans oublier ses " souvenirs de Pâques ". Intelligence des situations, émotion discrète, acuité du style : telles sont ces chroniques retrouvées.

  • Ur la scène règne un climat de fin du monde, hautement électrique. Au centre, apparaît Le Gouverneur : un héros qui ne craint rien, pas même la solitude. Il sait qu'une fois encore, son énergie vitale et son panache auront raison des forces obscures, ancestrales et mystérieuses qui ont toujours conspiré contre lui. Entre professions de foi hédonistes, hymnes à la liberté et délires homophobes, le dernier acte du pouvoir s'accomplit joyeusement, autoritaire et rebelle à la fois, laissant derrière lui des cicatrices béantes.

    Silvio's Glam Democracy est une expérience littéraire féroce qui n'entend pas reproduire un langage mais le réinventer, en transformant le matériau brut du quotidien en objet d'art. Le trait léger et poétique des illustrations de Ghisao qui accompagnent le texte, dévoile avec une angoissante légèreté l'imagerie d'une politique qui tend à prendre le plus d'espace possible.

    Gerardo Maffei est auteur dramatique, acteur et metteur en scène de théâtre italien. Personnage controversé, descendant des poètes satyriques Ludovico Sergardi et Alessandro Tassoni, il est un narrateur très attentif et sensible au monde contemporain. Son parcours de recherche théâtrale l'amène à mêler les codes et les registres d'expression. Parmi ses dernières mises en scène on signalera : Memorie di Barry Lyndon, d'après W. M. Thackeray, La Brouette de Luigi Pirandello et Silvio's Glam Democracy, qui a été représentée pour la première fois sous forme de mise en espace/installation le 28 septembre 2011 à la Galerie Kiron de Paris.

  • Cet ouvrage est une enquête sur un point aveugle de notre histoire littéraire, Anatole France, prix Nobel de littérature presque tombé dans l'oubli.
    Avant d'être l'une des plus grandes voix du dreyfusisme et un compagnon de route du socialisme, France a surtout été considéré comme l'écrivain français par excellence, capable de cristalliser et de fixer dans la littérature le prestige de la Nation, au long des décennies de doute culturel qui ont suivi la défaite de 1870.
    La réception enthousiaste d'Anatole France dans la mouvance du nationalisme français, Barrès et Maurras en tête, le confirme. Des tendances nostalgiques, une écriture et des idées néo-classiques, une posture sceptique face aux excès de la Révolution française donnent l'image d'un écrivain sinon de la tradition, du moins de l'« évolution », à distance du mythe révolutionnaire.
    France apparaît alors comme une sorte de « lieu de mémoire » vivant, capable de concentrer en lui nombre de « lieux de mémoire » nationaux (« la conversation », « la coupole », « la visite au maître ».). Il s'impose comme la figure transitionnelle d'une France inquiète, en quête de pérennité symbolique et le miroir littéraire d'une IIIe République avide de légitimité historique.
    Cet ouvrage, qui s'appuie sur une étude circonstanciée de la réception d'Anatole France dans le courant nationaliste, se veut aussi un parcours critique d'une oeuvre qui marque un moment charnière dans les aventures de l'humanisme à la française.

  • En écoutant Bach jouer de l'orgue un jour de 1720, Anna Magdalena, fille de musicien et musicienne elle-même, sait qu'elle fait la rencontre d'un génie. Cette première émotion ne la quittera plus et la conduira à être l'écoute la plus fidèle et la plus attentive de la passion et des tourments du Cantor.
    Ce sont ces échos intimes et quotidiens que fait résonner La Petite Chronique d'Anna Magdalena Bach : l'exigence et la bonté de Bach à l'égard de ses élèves, ses relations difficiles avec des collègues envieux et des autorités chicanières, sa passion pour l'orgue, sa virtuosité, ses enfants, ses lectures.
    Plus que l'écriture d'une vie, La Petite Chronique d'Anna Magdalena Bach est le regard intimiste et profondément amoureux d'Anna sur Sebastian, mari, père, professeur et maître.

    Musicologue et spécialiste de Bach, Esther Meynell avait choisi l'ano­­nymat pour publier ce livre en 1925, prêtant complètement sa voix à celle d'Anna Magdalena. Mais son succès rapide, dû à l'authenticité d'une parole aimante, l'obligea à se dévoiler quelques années plus tard.

  • Ils sont riches, beaux (parfois), puissants, adulés, ultra médiatisés, ce sont les People.
    On les trouve partout, ces visages connus à la langue bien pendue ! Au cinéma, dans la musique, dans la presse, ils viennent du mannequina, sont animateurs télé ou encore stars en herbe de la télé réalité, impossible de n'avoir eu vent de leurs prouesses verbales. Les people semblent vouloir faire parler d'eux de toutes les manières possibles, et quand parfois, le talent ne suffit plus, on donne en pâture ses amis pour s'expliquer à la télé le temps d'une ultime interview pour marquer son territoire ! Eh oui ! Ils sont beaux et glamour, mais n'ont rien perdu de leur instinct d'Homme ! Que les médisances commencent...

  • "Et maintenant, Lila, je vais te dire une chose qui me brise le coeur mais que je crois indispensable à ton bonheur et à celui de Freddy..." Freddy c'est Frédéric, l'auteur de ce livre et ces lignes ont été écrites par Gilbert Scemla, juif français de Tunis, marié en 1939 à Lila juive russe rencontré à Paris. Gilbert est un garçon brillant, polytechnicien, il se bat courageusement en 1940 avant d'être interdit d'accès à tout corps de l'Etat par les lois raciales de Vichy. Il rejoint à Tunis sa femme et son bébé né en 1941. En novembre 42 les Allemands occupent la Tunisie et en mars Gilbert et son jeune frère Jean tentent, avec l'aide de leur père Joseph, de rejoindre l'Algérie et les Forces françaises libres. Dénoncés, ils sont arrêtés à la frontière et transférés en Allemagne par avion où ils sont internés pendant un an à Dachau. En mai 1944, ils sont jugés à Torgau par un tribunal militaire, et condamnés à mort. Le 17 juillet ils sont tous les trois décapités à la prison de Halle, le père d'abord puis les deux fils.
    Avant de mourir, il put rédiger une lettre d'adieu à sa femme dont son fils prendra connaissance à l'âge de onze ans, et qui le guida par la suite tout au long de sa vie. Une lettre bouleversante, empreinte de bonté, de dignité et de valeurs morales exemplaires.
    Devenu grand-père, Frédéric Gasquet s'est mis en quête d'exhumer ce destin funeste, afin non seulement de renouer le fil décousu de sa propre histoire mais avec aussi la volonté de transmettre l'héritage de son père.

  • En faisant de sa femme le symbole d'une fable au succès mondial, Saint-Exupéry lui avouait, par-delà la mort qui le hantait, que leurs amours tumultueuses n'auraient pas de fin.
    Séduisante, ambitieuse, forte et fragile à la fois, Consuelo ne fut sans doute pas une épouse modèle, mais Saint-Exupéry, pilote casse-cou et rêveur impénitent, n'était pas le mari idéal.
    La jeune Latino-Américaine à la réputation scandaleuse, qui faisait tourner le coeur des hommes, ne quitta jamais celui de Saint-Ex.?Elle fut l'inspiratrice du Petit Prince.?La rose de l'enfant aux cheveux blonds, c'est Consuelo.
    Le jeune aristocrate au beau nom et la jeune Salvadorienne rejoignent la légende des couples mythiques que la vie déchira, mais que le secret d'un livre réunit à jamais.

    Pour suivre Consuelo de son Salvador natal à sa dernière demeure au Père-Lachaise à Paris, mieux vaut se fier à l'ouvrage de Paul Webster qu'à son autobiographie.
    Le Temps Le livre de Paul Webster, sobre et précis, est très fortement documenté.
    Le Monde

  • Pour établir cette édition, Guillaume Louet, en accord avec Jean José Marchand, a adopté l'ordre chronologique et distingué quatre périodes qui suivent sa vie professionnelle, et forment quatre volumes, réunis sous coffret :

    · Le Volume I (1941-1948) comporte trois sections : littérature, cinéma, art. Jean José Marchand a commencé sa carrière de critique littéraire à vingt ans, sous l'Occupation, dans les revues Poésie de Pierre Seghers, Toutes Aures, Les Cahiers du Sud, et surtout Confluences, dirigée par René Tavernier. Après la Libération, il poursuit sa carrière de critique littéraire dans Franc-tireur dirigé par Georges Altman et donne des textes d'une très grande qualité à la revue de Kléber Haedens, Le Magasin du Spectacle. De décembre 1944 à 1947, il est aussi critique de cinéma et publie des chroniques hebdomadaires dans les journaux Volontés de ceux de la Résistance et Climats. Puis à partir de 1947, il écrit des « Tours d'exposition » et des critiques d'art pour Combat, dirigé par ses amis Pascal Pia et Albert Camus, puis, d'une manière plus étoffée, dans Paru qu'anime Aimé Patri.

    · Le Volume II (1948-1958) est placé sous le signe de l'engagement politique : après le Discours de Strasbourg en avril 1947, Jean José Marchand s'engage dans le RPF du général De Gaulle et devient délégué national à la diffusion de l'organe de ce mouvement, Le Rassemblement qui, sous la direction d'Albert Ollivier, réunit les plumes d'André Malraux, Pascal Pia, Roger Nimier (avant qu'il devienne anti-gaulliste). Dans ce journal de belle tenue, il écrit de 1948 à 1954 quelques centaines d'articles. Parallèlement il collabore à Liberté de l'esprit dirigé par Claude Mauriac, revue où écrivent des intellectuels liés au RPF tel que Raymond Aron avec lequel Jean José Marchand partage bien des analyses politiques. Nous avons réparti les articles couvrant cette période en trois sections : Idées et société, Littérature, Arts. De 1954, fin du Rassemblement, jusqu'en 1957, Jean José Marchand écrit dans Arts. Il effectue notamment pour cet hebdomadaire dirigé par Jacques Laurent de très roboratives enquêtes sur les Ciné-clubs, l'Avant-garde musicale, etc. Enfin il collabore jusqu'en avril 1958 à la revue qui incarne, selon l'expression du sociologue Pierre Grémion, « l'intelligence de l'anticommunisme » : Preuves...

    · Le Volume III (1958-1982) s'ouvre sur des chroniques pour le Journal du Parlement (dans lequel différentes tendances politiques étaient représentées, Jean José Marchand incarnant pour sa part la tendance gaulliste). Une première section regroupe les comptes rendus de livres qu'il donna à ce journal et celles publiées à partir de 1960 dans l'hebdomadaire gaulliste, Le Courrier républicain. Une deuxième section rassemble ses articles politiques dans le Journal du Parlement, qui nous conduit ensuite aux articles qu'il donna à La Nation française de Pierre Boutang, à Arguments et à Évidences, revue soutenue par l'American Jewish Comittee. Mais, étant de plus en plus accaparé par ses fonctions de chef du service cinéma à l'ORTF (il crée alors la fameuse série des Archives du XXe siècle), il suspend son activité de critique de 1962 à 1975, à l'exception de quelques contributions notables à La Quinzaine littéraire en 1970, où il fait part de ses minutieuses et passionnantes recherches sur un méconnu, précurseur de la science-fiction, Charlemagne-Ischir Defontenay, d'une préface aux souvenirs de Willy de Spens, et de participations à des catalogues d'exposition. De 1975 à 1981, Jean José Marchand rédige d'excellents articles (sur Philippe Ariès par exemple, dont il était un « fanatique », ainsi qu'il le disait) dans la revue anti-communiste Contrepoint que dirige le gendre de Jules Supervielle, Ricardo Paseyro. Il écrit aussi sur Henry de Montherlant, Roger Caillois, Pascal Pia.

    · Le Volume IV (1982-2011) : Jean José Marchand qui, après l'éclatement de l'ORTF, était devenu conseiller à la SFP, prend sa retraite en 1982. À partir de ce moment, il se consacre entièrement à son activité critique. Et quelle activité ! Par les « Journaux de lectures » qu'il donne à La Quinzaine littéraire, avec une très grande fréquence, ses chroniques à La Nouvelle Revue de Paris (dirigée par Michel Bulteau) ou dans la Revue des deux mondes, et ses comptes rendus très réguliers au Bulletin critique du livre français, sans oublier ses préfaces (à René Boylesve par exemple), il devient alors évident que Jean José Marchand est l'un de nos plus grands érudits, et un critique « hors de pair ».

    · Un cinquième Volume, constitué d'index et de tables, permet au lecteur de circuler avec facilité dans cet ensemble particulièrement dense.

  • Charles Du Bos aujourd'hui ? Qui se souvient de son Journal, un des plus extraordinaires qui soient ? De ses Approximations, preuves d'un critique hors pair ? Derrière Du Bos (1882-1939), on devine la présence de tout ce qui a compté en littérature dans la première moitié de ce siècle : Proust, Hofmannsthal, Rilke, Claudel, Valéry et Gide.
    Européen de coeur, il a été l'ultime représentant d'une espèce disparue. Sa vie quotidienne s'est déroulée dans la familiarité des " grands " qui composent la bibliothèque. Mais il ne s'agit pas seulement de ranimer les souvenirs d'un temps révolu. Le Journal de Du Bos est d'abord, et cela d'une façon absolument singulière et inouïe, l'aventure d'un homme pour qui la littérature fut le lieu d'une expérience spirituelle sans équivalent.
    Cet essai s'est donné pour tâche de la faire savoir. La réédition récente et intégrale de son Journal, aux Editions Buchet-Chastel, et de ses Approximations, aux Editions des Syrtes, prouve un regain d'intérêt pour son oeuvre.

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