Castor Astral

  • Anvers, un soir pluvieux à la fin des années 1930.
    Frans Laarmans est sur le point de rentrer chez lui quand l'abordent trois marins afghans à la recherche d'une certaine Maria Van Dam. Il décide de les aider et les accompagne dans une longue errance nocturne, dont le but semble se perdre dans le labyrinthe des bas quartiers de la ville. Récit empreint d'une ironie tranquille et d'émotions inoubliables, Le feu follet nous entraîne dans la quête de cette Maria dont on peut se demander si elle existe vraiment et qui n'est peut-être que l'image de nos désirs d'une vie romanesque et pleine de sens.
    Pièce majeure dans l'oeuvre d'Elsschot, Le feu follet est sans conteste un chef-d'oeuvre de la littérature du XXe siècle.

  • Le paradoxe de Francesco est composé de récits, d'essais et de poèmes. Stefan Hertmans dévoile ici son côté le plus intime en le projetant sur d'autres figures de l'histoire de l'art. Sensuel, affectueux et caustique, il fait de Pétrarque son contemporain et se glisse dans la vision de Cézanne, la folie de Nijinski, les méditations d'un promeneur solitaire dans le Vaucluse. Néanmoins, sa démarche n'est jamais encyclopédique, mais radicalement existentielle ; pour l'écrivain, l'art est un mode de vie, pas une théorie. Stefan Hertmans nous ouvre l'atelier de l'artiste : grâce à des récits, des notes et des réflexions proposées en regard des poèmes, il nous guide dans la beauté labyrinthique et obstinée de son univers.

  • A Paris, vers 1910, M. et Mme Brulot tiennent une modeste pension familiale où se mêlent caractères et cultures. Leurs clients y mènent un train de vie tranquille jusqu'à l'arrivée de Louise, la nouvelle femme de chambre. Jeune mère et veuve, elle est appréciée par ses messieurs. Une série de malheurs, à commencer par le suicide d'un des pensionnaires, s'abat sur la pension. Comédie de moeurs, Villa des Roses est l'histoire douce-amère de la face cachée de l'amour. Nous y retrouvons l'indubitable raffinement littéraire et l'humour froid non dénué de compassion qui ont fait Fromage (Le Castor Astral, 2003) un classique des lettres flamandes et un succès international durable.

  • Hitler et Eva Braun traversent en tous sens un monde où le fils du docteur Folamour pourrait bien découper en fines tranches la fille du major Kafka sans l'intervention impromptue d'un furet furieux de ne pas être pris en photo toutes les dix secondes. Ce monde, peuplé d'espions, de gangsters, de stars, de terroristes, de mutants et d'imposteurs en tous genres, est évidemment le nôtre et Daniel Fano continue de dresser le catalogue de ses crimes et de ses vanités. Ses poèmes, autant d'histoires et de situations singulières, ont la brièveté des faits divers, et donc leur violence. Entre l'ironie et l'humour, La nostalgie du classique frappe de dérision à la fois le regret des choses passées et le culte des mythologies modernes.

  • Remarquables par leur musicalité, ces poèmes se distinguent conformément à cette double conception de l'auteur: un poème est plus intelligent que le poète qui l'a écrit, et la virtuosité technique est propice au surgissement d'un contenu singulier. Une confrontation titanesque entre être et non-être, dans l'esprit de quelques grands prédécesseurs comme Apollinaire, Eliot et Brodsky.

  • Le Congo au lendemain de l'Indépendance. A la faveur du désordre général, Grégoire Matsombo, assistant médical, s'empare d'un important stock de médicaments et ouvre un cabinet de consultation dans son village natal. Peu scrupuleux, il gagne beaucoup d'argent et mène la vie d'un roitelet de brousse. Par la bouche de Matsombo, c'est " le nègre éternel " qui parle et manifeste sa haine, tant de la soif de pouvoir des " civilisateurs " blancs qui veulent rétablir l'ordre que de l'opportunisme des nouveaux potentats noirs. Avec une verve étourdissante et un sens aigu du comique et de l'absurde, Jef Geeraerts décrit l'Afrique noire à l'heure de son émancipation mieux que ne le ferait une longue étude sociologique.

  • Dans Je ne suis qu'un nègre, qui aborde la problématique coloniale après la déclaration d'indépendance du Congo, Grégoire Matsombo, un assistant médical, s'empare d'un stock de médicaments et exerce illégalement la médecine dans un village de brousse. Dans Le récit de Matsombo, le même personnage, devenu prétendument " attaché culturel " en Europe, relate à un médecin qu'il a connu au Congo sa vie marquée par la soif de vengeance et par un flot ininterrompu de meurtres, de destructions et de débordements. Pas d'analyse sociologique dans ce récit, mais la description terrible du désespoir et de la genèse de la haine.

  • " Ces nouvelles ont été écrites suit quinze ans.
    Certaines sont de pures fictions, d'autres sont plus autobiographiques. Ce sont les fictions qui me décrivent et me trahissent sans doute le plus.
    Le point commun de toutes ces nouvelles, c'est que ce sont des tranches de cake. Hitchcock classait les filins en deux catégories : les tranches de vie et les tranches de cake ; c'est-à-dire, d'une part des chroniques, et de l'autre, des films plus ludiques, sacrifiant la vérité psychologique et la crédibilité à l'excitation du spectateur.
    Contrairement à Hitchcock, je n'ai rien contre les tranches de vie : Raymond Carver, Maupassant on Mavis Gallant font partie de mes écrivains préférés.
    Mais, pour une raison étrange, je n'ai écrit, comme nouvelles, que des tranches de cake. Des quatre-quarts. Des crumbles. Des cakes au citron.
    Bon appétit ! " Ph. B.

  • Les poèmes de Miriam Van hee s'éloignent autant des recherches expérimentales que des tendances actuelles d'une certaine poésie prosaïque. Son lyrisme est discret mais son désir de réconciliation avec la vie, dans ses flux et ses reflux, lui confère une démarche dont la simplicité et l'efficacité ne cessent d'émouvoir.

  • Xavier Deutsch regarde l'Aquitaine et les baleines bleues, les émerveillements, les princesses mandchoues, les tilleuls de la bataille de Stalingrad, Bob Morane, les livres d'images et ceux de Victor Hugo, les alcools qu'on boit dans les ports du nord de l'Europe pour se moquer du brouillard.
    Il met tout cela dans ses nouvelles.

  • Avec Ma petite guerre, récit parsemé de sarcasmes, d'emportements et de clins d'oeil, Louis Paul Boon fait de la littérature un art totalement libre et novateur. Cette chronique de la vie quotidienne en Flandre sous l'Occupation est éclairée par de brèves notations expressionnistes qui provoquent une rupture de la chronologie et une objectivation des faits. Nerveux et efficace, le style souligne la folie de la guerre et, surtout, la cruauté du rôle qu'y jouent les hommes. Cette oeuvre sans concession est un joyau dont l'éclat frappe dès les premières lignes. Elle entraîne le lecteur sous la bannière de Boon, sa Petite guerre s'affirmant tout simplement comme une " guerre à la guerre ".

  • Dans Brèche, une percée s'effectue : le monde extérieur - et plus exactement sa dimension politique et sociale, en un mot l'Histoire - fait irruption dans le cercle d'une poésie jusqu'alors concentrée sur le monde intérieur. Parallèlement, l'auteur abandonne le recours au mot je pour passer à un nous plus ample. Dans ces poèmes au rythme souvent incantatoire, Nolens propose une vision concrète de la guerre, de la façon dont il a vécu certains événements, notamment Mai 68, loin du cliché proposé par les médias, et de son aspiration lancinante à écrire le livre définitif. Il est difficile chez cet auteur de faire la part de la littérature et de la vie : Nolens vit pour écrire, écrit pour vivre et à partir de sa vie.

  • Quatrième de couverture Septembre 1943, dans un coin perdu de la campagne flamande. Carl, âgé de 13 ans, vit ses derniers jours de vacances dans la ferme de ses grands-parents, loin d'un père autoritaire et froid, et d'une mère faible qui le protège. Élève brillant d'un collège jésuite contre lequel il se révolte, il rêve de Salammbô et de Néfertiti. Dans la forêt, il rencontre Jos, un garçon sauvage qui vit dans une cabane abandonnée avec sa mère et sa soeur, Alice. Une amitié naît presque aussitôt entre ces deux êtres si opposés mais qui partagent le même goût pour la nature qui les entoure. Quand Alice, de trois ans son aînée, entre en jeu, c'est la passion que va découvrir Carl, une authentique passion où se rejoignent ses rêves les plus cultivés et ses instincts profonds. Mais Carl va brutalement quitter le monde de l'enfance. Quoi qu'il arrive, il ne sera plus jamais le même : cette quête initiatique lui le quitteront.

  • Le " trou dans le monde ", image centrale des Fragments d'un siècle, c'est la destruction de Rotterdam, la ville d'où sont originaires les parents de l'auteur, mais aussi l'impossibilité qu'éprouve le père à parler de la guerre, et enfin le vide religieux que les bombardements ont laissé dans la pensée européenne. Benno Barnard fouille, avec un humour virulent et iconoclaste, dans et au-delà de sa propre mémoire, pour nous livrer un compte rendu méditatif et lyrique d'un voyage dans le temps et au coeur de l'Europe.

  • Un homme attend des secours.
    Il vient d'appeler, on doit arriver, mais il ne sait rien d'autre : qui, pour faire quoi ? C'est une période de changement de régime, les anciens repères sont perdus, les nouveaux pas encore trouvés, il attend. Il se remémore sa vie, il est seul, a quitté sa famille. Mais un jour, quelqu'un vient lui rendre visite. Un homme qui a habité, autrefois, l'appartement dans lequel il vit. Veut-il le récupérer, comme cela se fait maintenant ? Non, il dit qu'il veut seulement s'installer quelques jours, le temps de ressaisir quelques souvenirs d'enfance, car il écrit ses mémoires.
    Entre eux se tissent des liens mystérieux, le visiteur a un comportement étrange. Parmi les histoires qui se racontent, où se cache la vérité ?

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