Castor Astral

  • Aux confins de la taïga, des ouvriers construisent le chemin de fer du Grand-Lac-des-Esclaves. C'est une véritable ruée vers l'or. Et l'occasion de s'en mettre plein les poches... du moins pour quelques-uns. Sortis des asiles ou des prisons, coupés de la civilisation, ces esclaves de l'ère moderne peinent et suent sous la férule d'un contremaître véreux que Martin Bishop, le jeune contrôleur, osera défier au péril de sa vie.

  • Treize hommes et treize femmes (d'Anna à Yolande, de Ben à Zach), de tous âges et de toutes origines, sont pris dans la nasse d'un chassé-croisé complexe. Dans les soixante-dix-huit épisodes, tous à forte connotation (hétéro) sexuelle, il est écrit que rien ne sera épargné au lecteur.

  • Une nuit, traversant un pont, Soren disparaît. Meurtre ou suicide ? Pour percer le mystère, une centaine de témoins racontent Soren tel qu'ils le connaissaient. Homme multiple, tour à tour producteur, musicien, organisateur de festivals, il n'avait guère cessé, depuis la fin des années 1970, d'arpenter avec passion le monde de la musique. Mais que sait-on vraiment de ses proches ?
    C'est une enquête troublante que ce nouveau roman de Francis Dannemark et Véronique Biefnot. Patchwork de témoignages qui tente de saisir l'absence, le silence. Ensemble, ces voix composent un portrait en kaléidoscope de Soren.

  • Tout commence par un mariage, celui d'Annie Villemur et Jean-Melchior oetlinger. Mais ce mariage est une mésalliance. Annie vient d'une famille bourgeoise et Jean-Melchior est pauvre. Il a eu aussi un fils, Jean-Noël, avec une mégère qu'il abandonne sans remords. Après la mort de Jean-Melchior, dix ans plus tard, Annie et Jean-Noël retournent à Paris. Veule, le jeune garçon n'en finit pas de décevoir sa belle-mère. Il commet les mêmes erreurs que son père : épouser des femmes qu'il n'aime pas et ne jamais achever ses études. Pourtant, son seul désir semble de plaire à Annie...

    Dans son roman le plus ouvertement autobiographique, lui qui sera allé de la pauvreté à l'opulence dans un éprouvant mouvement de balancier, Bove transpose de façon saisissante les épisodes les plus ambigus de son histoire familiale.

  • Apollinaire en prison !

    Sur une idée saugrenue mais géniale de Picasso et du mystérieux Géry, Apo se retrouve, par une nuit diluvienne, complice du vol de la Joconde. En quelques jours, la police remonte jusqu'à lui : menottes, serrures, barreaux, cellule. Cinq jours comme une éternité.

    Du Paris de la Grande Guerre à la destruction de la prison de la Santé, le roman dévoile un Apollinaire sensuel ramené à sa condition d'homme et à ses failles. Pour s'en échapper, il ne sait qu'écrire : au café, en cellule, sous les bombes...

    Avec cette fiction sensuelle, Franck Balandier force le retour à une expérience authentiquement humaine, loin du rapport institutionnalisé à Apollinaire.

  • Reclus dans son appartement où il tente de survivre à la dérive de son existence, Hughes Worm, journaliste autrefois promis à un brillant avenir, sombre dans le désespoir, loin des siens, loin du monde, à l'âge de 44 ans. D'heure en heure tout au long d'une journée caniculaire, son histoire se dévoile, banale, bancale, l'histoire d'un homme aux prises avec un mal-être contre lequel il a renoncé à se battre. Seule sa mort est en marche. Feu est un roman obsédant qui fait éclater des vérités crues et cruelles. L'écriture est intense. Chaque phrase parle juste, cogne et fait mal. Écrit à la deuxième personne du singulier, le « tu » sans cesse renouvelé résonne comme un cri.

    /> On pense à Henri Calet qui écrivait : « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes. »

  • Depuis leur première parution en 1920, ces poèmes ont été constamment réédités en Angleterre. Au fil du temps, l'oeuvre de Wilfred Owen a dépassé son statut de témoignage d'époque pour gagner celui de classique de la poésie anglaise. C'est de la condition humaine dont il est ici question. L'homme meurtri, humilié, nié jusque dans son humanité même. Un livre bouleversant.

  • Gille Gambier a 35 ans. Un été, alors qu'il se repose chez les Cahen-Ducasse, en Béarn, il fait la connaissance de la famille Owen et de la jeune Béatrix, qu'il finit par convoiter autant pour l'argent que pour sa beauté. Gille se fiance rapidement avec Béatrix, mais il comprend que plus il voit Béatrix, moins il l'aime ; plus il voit les Owen, moins il se défend. Lucide sur sa condition et ses motivations, Gille ne se marie finalement pas.
    Sous cette apparente simplicité d'intrigue, Drieu la Rochelle dépeint avec malice sa propre inadaptation à la société de son temps.

  • À travers le destin d'une femme, d'un couple, d'une famille et d'un peuple, ce roman compose une fresque de l'histoire basque, espagnole et européenne du XXe siècle à nos jours.
    Il commence pendant la guerre civile espagnole. Karmele Urresti est à Ondarroa, sa ville natale. Tous cherchent à s'exiler, mais elle décide de rester pour aider les blessés et libérer son père.
    À la fin de la guerre, Karmele quitte l'Espagne pour l'ambassade culturelle basque à Paris. Là, elle rencontre le musicien Txomin Letamendi, avec lequel elle fonde une famille. Mais quand la capitale française passe aux mains des Allemands, le couple doit s'enfuir au Vénézuela. Dans cet exil, les amants connaîtront peu de répit. Txomin a accepté de rejoindre les services secrets du gouvernement basque en exil et la famille doit rentrer en Espagne en pleine Seconde Guerre mondiale. Bientôt, les activités d'espionnage des nazis conduiront à l'arrestation de Txomin. Karmele devra, encore, tout risquer, en laissant derrière elle ses enfants.

  • Ces voyages dans ma mémoire se sont passés à une vitesse proche de l'instantanéité, en une infime fraction de milliseconde.
    Et je me retrouve là, dans ma flaque boueuse, abandonné à la délicieuse incertitude du monde. Je songe alors aux passions s'immisçant dans le quotidien de nos labiles existences. A nos faits et gestes se répétant, se dédoublant, se reflétant. Au travail subtil du destin jouant avec les coordonnées de nos existences. A nos rencontres. Un homme revient chez lui à la mort du père qu'il n'a pas connu et découvre un frère sosie et une famille parallèle à la sienne.
    Un peintre abstrait vit une passion folle avec une femme qui finit par le quitter, vexée de ne pas être peinte sous les traits figuratifs de sa beauté. Un célibataire voit son univers finement réglé voler en éclats à l'arrivée dans sa vie d'une femme libre... et en découvre le paradoxal bonheur. Toute vie est un roman, dit-on. Ou une succession d'histoires. Celles de Nacho Carranza composent, entre tendresse et perplexité, le curriculum vitae imaginaire de quelqu'un qui lui ressemble.
    A l'instar des films du cinéaste mexicain Iñárritu (Amours chiennes, 21 Grammes, Babel et Biutiful), ces différentes histoires s'entremêlent et se rencontrent : elles ont toutes quelque chose à nous dire sur l'amour, l'infini, la chaleur de la Patagonie...

  • Violette et Enrique n'ont pas grand-chose en commun. Tout les sépare : l'âge, le statut social, la culture, la couleur de la peau. Tout, sauf une grande solitude. Violette, une femme d'une soixantaine d'années, l'a choisie elle-même en coupant tout contact avec ses proches et ses connaissances. Enrique, un jeune Bolivien sans papiers, y est contraint par son exil en Belgique et sa pauvreté. Lorsque leurs chemins se croisent, un besoin de soutien réciproque va les rapprocher et les sortir de leur isolement. Pour Violette, femme très indépendante mais blessée qui, depuis plusieurs années, ne parle plus qu'avec elle-même (et sans le moindre ménagement), c'est la porte des sentiments qui s'ouvre à nouveau. Et celle de son passé, qu'elle avait banni avec force.

    Pas de sentimentalisme dans ce roman où se déploient une grande lucidité, un refus des idées préconçues et de l'apitoiement facile. Pourtant, c'est de sentiments dont il est question dans cette rencontre entre une bourgeoise belge vieillissante et un jeune sans-papiers bolivien.
    Rigide, fermée, Violette n'est pas quelqu'un qui suscite une sympathie immédiate mais elle force notre admiration puis notre affection par son désir d'être juste et par la lutte qu'elle mène avec courage contre elle-même, ses peurs, ses principes. Enrique, quant à lui, va l'aider à révéler la part généreuse et tendre qui sommeille en elle.
    Dans un style incisif, Verena Hanf dresse ici le plan de nos impasses, de nos égoïsmes, et indique un chemin pour en sortir.

  • 1914. Renaix, petite ville de province prospre. touffant sous le
    poids des disputes, des silences et des secrets de la puissante famille de
    tisserands o il est n, Paul part la fleur au fusil sur le front de l'Yser, en
    compagnie de tous ces jeunes hommes que la guerre va prcipiter dans l'ge
    adulte en les privant d'avenir. Un bien trange compagnon lui est assign :
    Zmyr, ange gardien nettement plus curieux que courageux, veillera sur lui
    pendant ces quatre annes d'enfer. Entre rcit historique et fiction, Colette
    Cambier tisse avec brio les fils d'une srie de destins. pre et tendre la
    fois, dense, remarquablement document, Un rien de fil retordre est un roman
    ambitieux, une fresque voquant ces monumentales tapisseries d'antan qui ne
    cessent de nous fasciner. L'auteur Colette Cambier est ne Gand en 1951.
    Psychothrapeute, elle vit prs de la frontire franco-belge. Rsultat d'une
    longue recherche, Un rien de fil retordre est son second roman, qui est la
    fois une saga familiale minemment romanesque et un passionnant document
    historique. Son premier livre, Le jeudi Ostende (Le Castor Astral, 2007), a
    reu les honneurs de la presse rgionale et nationale.

  • À quoi pensait Michel quand il affirmait faire " l'amour à la bruxelloise " ? Faisait-il référence aux cahots du vieux train ou existe-t-il vraiment un Kamasutra propre à la capitale ? C'est par une de ces interrogations que débutent les récits anecdotiques d'un narrateur remuant ses souvenirs pour définir (enfin) son identité. Est-il wallon ? Est-il flamand ? Son psy est formel : son inconscient rejette la Wallonie, malgré ses efforts pour coller à l'image du " Wallon exemplaire ". Pourtant, ce n'est pas faute de l'aimer, cette terre wallonne qu'enivrent des chemins de traverse. De l'aimer autant que les bars ventrus de Gand et leurs promesses de soirées noyées de bière ; autant que les musées de Bruxelles où, adolescent, il errait, flanqué de sa bande de copains, rêvant de filles et de chimères.

    Il est des livres qu'on lit à la manière de tableaux, écarquillant les yeux comme pour mieux saisir, à travers les mots, l'âme de l'oeuvre. C'est ainsi qu'on s'immerge dans Jardin botanique, roman haut en couleurs où se déploient des scènes de genre exaltant la Belgique, ce " confetti déchiré en deux par une ligne ondulée appelée frontière linguistique ". On se perd avec délice dans les enceintes de ce royaume singulier, emporté par la verve éclatante d'Alain Bertrand qui a su, entre deux jeux de mots, camper des personnages à la Jules Renard, à la fois pittoresques et cocasses. L'auteur met en effet les pieds dans le plat (pays) en posant un regard tendre et amusé sur ses querelles byzantines et désamorce, du même coup, le conflit qui l'anime. Il ne nous reste alors que des bribes d'instants choisis, imprégnés d'une seule et unique belgitude.

  • C'est dans L'embrouille que l'on découvre pour la première fois le personnage de Frans Laarmans, qui sera, plus tard, le héros de Fromage et du Feu follet. Il rencontre Boorman, un arnaqueur qui l'engage comme complice pour vendre à de petits entrepreneurs des quantités énormes et absolument inutilisables d'une revue de promotion internationale aussi prestigieuse que factice. Le sort d'une de leurs victimes va déclencher chez Boorman une profonde culpabilité. Il va dès lors vouloir se racheter mais, pour lui comme pour Laarmans, les choses ne se passeront pas du tout comme prévu...

  • La Créature est un fascinant monologue écrit pour la grande actrice flamande Chris Lomme. Il met en scène une vedette du théâtre qui, même sur scène, ne parvient pas à échapper à l'emprise de sa mère, de sa fille, de son âge et du fantôme de Marlene Dietrich. Pour Benno Barnard, il s'agit par ailleurs de remettre à l'honneur, en la modernisant, la tradition néerlandaise du théâtre en vers. Le traducteur, Marnix Vincent, l'un des plus réputés dans le domaine néerlandais, a travaillé en étroite collaboration avec l'auteur. Il donne ici de ce monologue extrêmement émouvant une version française d'une qualité exceptionnelle. LA COLLECTION Fondée en 1998, la collection « Escales des lettres » est dirigée par Francis Dannemark et Jean-Yves Reuzeau, en collaboration avec Bénédicte Pérot et Hélène hiessler. Elle mêle romans, récits, nouvelles, essais, poésie et anthologies. Elle publie des écrivains de langue française (belges en majorité), des écrivains belges d'expression néerlandaise (dans sa « Bibliothèque flamande ») et des auteurs originaires des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, d'Irlande, d'Italie, etc..

  • Daniel FANO est né en 1947. Il a vécu en Allemagne et en France avant de s'installer à Bruxelles en 1971. Journaliste et conférencier, il a été révélé par l'anthologie La Nouvelle Poésie française de Bernard Delvaille (Seghers, 1974). Il a publié Souvenirs of you (Daily-Bul, 1981), Chocolat bleu pâle (Le Castor Astral, 1986), Vers le lac (NBJ, 1986), Un champion de mélancolie (Unes, 1986), Fables et Fantaisies (Les Carnets du Dessert de Lune, 2003) et La Nostalgie du classique (Le Castor Astral, 2003). Ces recueils ont provoqué une grande influence dans l'oeuvre de nombreux poètes contemporains. Récemment, Daniel Fano a publié trois importants volumes de prose aux Carnets du Dessert de Lune.

    Les poèmes qui constituent Comme un secret ninja ont été écrits entre mai 2003 et juillet 2006, durant les périodes qui précédèrent ou suivirent la composition de livres de prose à l'ampleur assez conséquente : L'Année de la dernière chance, Le Privilège du fou et Sur les ruines de l'Europe, publiés entre 2004 et 2006. Parallèlement à ces ouvrages qui tentent de conjuguer le documentaire historique et sociologique avec une forme moderne d'épopée, Daniel Fano a voulu produire des poèmes courts, rapides, souvent narratifs, tour à tour parodiques et satiriques, ironiques et humoristiques, toujours en prise directe avec l'univers contemporain (gangsters, terroristes, fausses gloires médiatiques, emprise croissante de la novlangue). Le thème de l'ensauvagement est partout présent ici, comme dans tous les autres travaux de l'auteur édités depuis 2004.

  • À la croisée des chemins, le récit sensible et drôle de femmes à la recherche de l'amour.
    Olena, qui vient d'Ukraine, a 27 ans et le rêve d'une vie meilleure. En 1992, sans papiers, elle travaille à La Moisson, une maison de retraite du Nord-Pas-de-Calais où règne une douce fantaisie. Ce que l'on sait d'elle, c'est qu'elle est pleine d'espoir, de courage - et qu'elle sourit. Parmi les pensionnaires de La Moisson, nous rencontrons des personnages hauts en couleur : la tendre Lydie, l'altière Flora, autrefois danseuse, et l'intransigeante Henriette, sans oublier Charles le sage et Théo le séducteur, ancien coiffeur.
    À la faveur d'un épisode sentimental qui bouleverse la maisonnée, Olena, au volant d'une Opel brinquebalante, va traverser l'Europe avec ces trois vieilles dames et sa fille. C'est le début d'une épopée émouvante, haletante et souvent drôle, durant laquelle ces cinq femmes vont découvrir que l'amour ne connaît pas de frontière et qu'il n'y a pas d'âge pour commencer une vie nouvelle. En route pour Lisbonne ! En passant par Berlin, la frontière polonaise, Nuremberg, Sète, Madrid.

  • Un regard qui s'attarde, le sillage d'un parfum, un geste suspendu, une voix qui résonne. Le coeur prend toute la place et quelque chose peut commencer, qui va durer plusieurs secondes ou toute une vie.
    Entre prose, poésie et dessins, Au tour de l'amour évoque tantôt des moments de séduction éphémère, tantôt la magie fragile et mystérieuse qui unit profondément deux êtres.

    « Au-dessus de nous, des nuages font et défont le paysage du ciel, rappelant que le temps est compté d'avoir des ailes et de danser.
    Danser seule ne me plaisait pas, je voulais danser avec toi.
    Avec toi, toujours, dans la lumière des beaux matins.
    Voir les doux paysages du désir, les villes de soie et d'ambre. »

  • En 1903, le journaliste francophone d'origine flamande Auguste De Winne signait À travers les Flandres, le récit de son voyage dans les « puits de tristesse », ravagés par la misère, la famine, l'analphabétisme et l'exploitation. Sous le titre Door arm Vlaanderen, cet ouvrage allait devenir un classique en Flandre. Cent ans plus tard, Pascal Verbeken fait le voyage dans l'autre sens et traverse les campagnes du Brabant wallon pour rejoindre l'ancien sillon industriel formé par le Borinage, La Louvière, Charleroi, Seraing et Liège, où se sont installés la plupart des 500000 immigrés flamands et leurs nombreux successeurs italiens, maghrébins. Entre les deux récits, la Belgique d'antan a disparu. La pauvre Flandre est devenue l'une des régions les plus riches d'Europe. Pour la Wallonie, en revanche, les dernières décennies ont été sans pitié. Que s'est-il passé dans cette région qui avait été l'une des plus prospères du monde occidental ? Tordant le cou à une série de clichés et reprochant à la Flandre son triomphalisme, Pascal Verbeken se livre ici à une analyse sans parti pris et sans concession de la société wallonne. Il donne la parole à des dizaines de Wallons, dont beaucoup sont issus de familles flamandes ayant trouvé autrefois refuge en « terre promise ». Ce qui en ressort est le portrait multiple et touchant d'une région qui, aujourd'hui en pleine période de transition, tente de retrouver sa fierté.

  • Le Livre des Rabinovitch n'est pas un simple roman, mais plusieurs romans qui se succèdent, se superposent et s'emboîtent. D'un chapitre à l'autre, chacun des Rabinovitch prend la parole et, dans le style qui lui est propre, nous livre son portrait tout en donnant une version personnelle de la saga familiale, depuis les jours sombres de l'avant-guerre dans un village polonais jusqu'au regroupement à Bruxelles durant la seconde moitié du xxe siècle.
    Véritable kaléidoscope, le roman de Philippe Blasband multiplie les points de vue, conférant une force surprenante à ce portrait de famille d'une vérité d'autant plus juste et émouvante qu'elle est humaine, c'est-à-dire un peu floue, paradoxale et souvent troublante.
    Avec leur générosité, leur besoin d'aimer et d'être aimés, avec leurs faiblesses et leurs peurs, les Rabinovitch deviennent des gens que nous avons connus, des amis, des proches. Et, au-delà, une évidence s'impose : les Rabinovitch, c'est nous !

  • En haut : deux têtes, quatre bras, quatre poumons et deux coeurs dans un double thorax. En bas : un nombril, un pénis, deux testicules, deux jambes et. trois fesses. Un inventaire à la Prévert pour un corps facétieux. Ce sont les Frères Y.
    Inspiré librement d'une histoire vraie, ce roman raconte, avec beaucoup d'humour et d'empathie, le destin d'une erreur génétique, la vie peu ordinaire d'un ypsiloïde ou, pour le dire plus simplement, des frères siamois Giuliano et Gian-Giuseppe, qui ont partagé le même corps durant toute leur existence. Vingt années d'exhibitions dont on sait presque tout, quarante ans de silence, de retraite et d'amour, dont on ne sait presque rien.
    Nés dans le nord de l'Italie en 1877, ils ont été examinés et exhibés jusqu'à l'âge de vingt ans dans divers pays d'Europe et à travers les Etats-Unis, avant de s'installer, fortune faite, dans une villa près de Venise.

    Porté par une écriture élégante et rigoureuse, le roman de Marie-Ève Sténuit évite tous les pièges du voyeurisme et nous rappelle que l'humain, si " monstrueux " soit-il, n'est pas seulement l'image que l'on a de lui.

    La réédition de ce roman exceptionnel propose le texte original et un essai inédit : une enquête passionnante et abondamment illustrée sur la vie réelle des deux célèbres frères siamois du roman et de quelques-uns de leurs non moins fameux confrères du monde des " freaks ". Marie-Eve Sténuit, en nous racontant les destinées plus ou moins heureuses de ceux que l'on croise dans les Frères Y, nous communique ainsi un peu de sa fascination pour cet univers.

  • Monsieur Ratichaud est un écrivain chevronné. Expérimenté, ayant eu belle presse, Monsieur Ratichaud se consacre tout entier à son art : la littérature. Mais quand il rencontre son nouvel éditeur, technocrate borné à ses chiffres et à ses statistiques sur tableaux Excel plus qu'au développement de ses humanités, c'est le début de la fin des aspirations de l'auteur.

empty