Cahiers Dessines

  • Carnets de bord Nouv.

    Carnets de bord

    Sempé

    Après Saul Steinberg et quelques autres, Jean-Jacques Sempé a hissé le dessin dit d'humour au rang de grand art :
    Ses oeuvres sont exposées dans les galeries du monde entier et publiées dans de somptueux albums. Mais... comment l'auteur de Un peu de Paris dessine-t-il ? Comment surgissent ses idées ? Longtemps, il a tenu ses carnets, sinon secrets, du moins à l'abri des curieux. Publiés ici pour la première fois, ils constituent un témoignage inestimable de sa recherche, de son inspiration. On y découvre toute la grâce de sa spontanéité, toute la force de son expression. Des têtes, des corps, des décors, des objets familiers... À peine une esquisse d'un trait délicat au crayon ou à la plume, et tout est là. Nous sommes devant ce que le dessin a de plus fragile, de plus suggestif aussi. Rien ne semble dit, mais tout est dit, et nous laisse dans un état de rêverie absolu.
    Deux cents dessins noir et blanc lèvent le voile sur les « secrets de fabrication » de l'un des plus grands dessinateurs de notre temps.

  • L'amour n.1 ; l'amour Nouv.

    En plus d'être écrivain, dessinateur, éditeur, commissaire d'expositions et réalisateur, Frédéric Pajak a été le fondateur et le rédacteur en chef de plusieurs journaux et revues, dont Barbarie, Nous n'avons rien à perdre, Station-Gaîté, Voir, La Nuit, Good Boy, Culte, L'Éternité, L'Imbécile, 9 semaines avant l'élection.
    Tous réunissaient écrivains et dessinateurs à parts égales, tous étaient pour eux des tribunes, sans restrictions ni de signes, ni de genres.
    « Il faut se méfier de l'eau qui dort » : politiquement, L'Amour s'attache à comprendre ce qui se cache derrière l'apparence spectaculaire des choses en proposant différentes évocations des conflits sociaux souterrains, des marottes de notre temps, des moeurs nouvelles.
    Témoignages, fictions, essais, satires, pamphlets, dessins, bandes dessinées, peintures, photographies - toutes les formes sont bonnes pour affirmer que tout est encore possible.
    « La vie, l'art, la poésie réclament de nouveaux partisans ;
    Ceux-ci, comme dans l'auberge espagnole, mettent en partage ce qu'ils ont. C'est aussi ça, L'Amour. » Une confrontation d'opinions et de sentiments, destinée à un public curieux, agacé par les idéologies obtuses qui déforment l'opinion publique.

  • « Tout portrait qu'on peint avec âme est un portrait non du modèle mais de l'artiste », relève Oscar Wilde. En dessinant l'autre, on se dessine soi-même ; en se portraiturant, on fait le portrait de quelqu'un d'autre. Une mise en abîme qui remonte aux origines de l'art et qui n'a rien perdu de son mystère.
    Après le succès en 2018 de l'exposition consacrée à la confrontation du dessin politique et du dessin poétique, le Musée Jenisch à Vevey (Suisse) présente au printemps 2021 une nouvelle exposition conçue par Frédéric Pajak. Elle rassemble près de 250 oeuvres sur papier de 80 artistes, de la Renaissance à nos jours, et mêle réalisme et expressionnisme, élégance et gravité, figuration et transfiguration.
    Portrait, autoportrait questionne en outre les jeux et les enjeux de l'un des arts les plus anciens et les plus énigmatiques de tous, celui de la représentation de l'homme par lui-même.
    Un texte retraçant les étapes de l'histoire du portrait et de l'autoportrait accompagne cette publication. Rembrandt, Goya, Delacroix y côtoient Giacometti, Kiki Smith ou Annette Messager.

  • Les gens

    Muzo

    Depuis sa prime jeunesse, Muzo observe les gens et s'en amuse. Le couple et la vie de famille sont parmi ses sujets de prédilection, mais aussi la vie de bureau, les nouvelles normes du travail en entreprise, les loisirs et la grande consommation.
    Parce qu'il illustre depuis plusieurs années les livres du psychiatre Christophe André, il sait décortiquer nos névroses, nos phobies, nos angoisses. Il a décidé d'en rire et, surtout, de faire rire. L'humour de Muzo est parfaitement contemporain :
    Simple, direct, sans second degré. Il vise là où ça fait mal, et, finalement, ça fait du bien.

  • Ce troisième volume des OEuvres de Guido Buzzelli enchaîne les visions d'horreur et de jubilation. Les vacances ; les sorties au cirque, au cinéma ou au musée ; les randonnées champêtres ; les instituts pour jeunes filles de bonne famille ; la plage ; les aéroports ; les cimetières ; tous les lieux publics fréquentés par les masses accueillent de véritables transports en commun : copulations furieuses accompagnées d'actes de torture et de bouffonnerie ; femmes nues mutilées ;
    Anges déchus possédés par des démons, taureaux embrochant des matadors en jarretelles - stupre, furie et Grand Guignol sont au rendez-vous à tous les étages. Avec un trait digne des maîtres italiens de la Renaissance, Guido Buzzelli s'en donne à coeur joie pour restituer la comédie humaine dans son expression la plus crue.
    Sous son pinceau, les faux-semblants s'annulent, les bonnes manières s'oublient, les limites entre les milieux, les générations et les espèces humaine et animale s'effacent.
    Débarrassée de son vernis de culture et de politesse, la société apparaît pour ce qu'elle est : une foire d'empoigne au sens propre du terme.

  • In extremis

    Tomi Ungerer

    Si le public français connaît les affiches politiques de Tomi Ungerer, il ne mesure pas toujours l'étendue de son engagement.   Ces deux cents dessins, dont la plupart sont publiés pour la première fois en France, racontent la révolte constante de Tomi Ungerer contre le racisme, le militarisme, le danger nucléaire, la pollution, mais aussi les hypocrisies de l'Histoire officielle et l'aveuglement de la bonne conscience.   Une puissance d'évocation qui le place parmi les grands dessinateurs de notre temps.

  • Les affiches

    Jean-Michel Folon

    Quoi de plus éphémère que les affiches ? On les voit sans les voir, elles se déchirent, on les piétine. Et pourtant, selon Jean- Michel Folon, leur rareté vient précisément de leur modestie.
    Tout au long de sa carrière, il en a réalisé près de six cents qui sont autant de chefs-d'oeuvre d'inventivité, de sensibilité et de poésie. C'était sa façon à lui « d'entendre le monde en marche ».
    La tragédie de Tchernobyl, les conflits ethniques, la faim, la violation des droits de l'homme, mais aussi la beauté, la joie de vivre, la fête : il s'inspirait de tout ce qui exprimait le monde car « il y a des jours où vous avez envie de crier et des jours où l'on a envie d'aimer ». Pour la première fois, les Cahiers dessinés réunissent cent soixante affiches en reproduction couleur accompagnées d'un entretien et de textes, pour la plupart inédits, sur cet art que Jean-Michel Folon considérait comme étant « le plus visuel, le plus fort et le plus direct ».
    Une préface de Pierre Alechinsky éclaire le lecteur sur cette partie si importante de l'oeuvre de cet immense dessinateur.

  • Chefs d'oeuvre t.1

    Roland Topor

    On a célébré les différentes facettes de Roland Topor, ses romans et ses nouvelles, ses pièces de théâtre, ses dessins de presse, ses affiches, ses illustrations, sans oublier ses films d'animation. Il est temps de présenter ce qui constitue l'épine dorsale de son oeuvre : ses dessins les plus accomplis, qui sont aussi les plus intemporels.
    Ce premier volume s'attache donc à réunir ses chefs-d'oeuvre en noir et blanc, où l'on retrouve ses thèmes de prédilection - le corps malmené, les tourments de l'éros, l'exploration graphique et fantasmatique des méandres de l'inconscient -, ainsi que quelques dessins politiques, aussi pénétrants qu'irrévérencieux.
    Une plongée vertigineuse dans l'imaginaire délié et foisonnant de l'un des plus grands dessinateurs du XXe siècle.

  • The party

    Tomi Ungerer

    Dans The Party, publié pour la première fois à New York en 1966, Tomi Ungerer règle ses comptes avec les milieux américains de l'édition, de la presse et de la publicité.   Mais par-delà sa dimension personnelle, l'album est une critique acerbe de la mondanité occidentale, de sa vacuité insondable et de sa - proprement - monstrueuse prétention.   Un chef d'oeuvre du dessin satirique.

  • De Gustave Courbet (1819-1877), chef de file de l'école réaliste, réformateur incontesté de la peinture moderne, artiste prolifique et largement commenté, on ne saurait imaginer qu'il reste des zones d'ombre à éclaircir. Et pourtant, le mystère qui entoure son activité de dessinateur a été jusqu'ici peu abordé, et cela s'avère d'autant plus surprenant que certains dessins sont absolument remarquables.   Cet ouvrage propose pour la première fois une étude historique d'ensemble, des carnets de croquis aux dessins les plus aboutis, en passant par des académies et des esquisses préparatoires. Mêlant inédits et oeuvres célèbres, il ouvre la voie à une réévaluation du rôle du dessin dans l'oeuvre de Courbet.   Sous la direction de Niklaus Manuel Güdel - Avec la collaboration de Anne-Sophie Poirot et Philippe Clerc - Préface de Louis-Antoine Prat - Textes de Lonnie Baverel - Pierre Chessex Petra ten-Doesschate Chu - Philippe Clerc - Nicolas Ducimetière - Dominique de Font-Réaulx - Niklaus Manuel Güdel - Michael Jakob - Leïla Jarbouai - Jean-David Jumeau-Lafond - Robert Kopp - Ségolène Le Men - Dominique Lobstein - Emmanuelle Neukomm - Isolde Pludermacher - Séverine Petit - Anne-Sophie Poirot - Pauline Santschi - Thierry Savatier - Nathalie Strasser   Cet ouvrage paraît à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Courbet et est le résultat d'un projet franco-suisse des institutions suivantes : Société Courbet, Musée Courbet, Musée Jenisch Vevey, Musée d'Orsay.

  • Dans ce deuxième volume des oeuvres de Guido Buzzelli publié aux Cahiers dessinés, on retrouve toute sa maestria et son imagination bouillonnante à travers trois histoires dont il est le dessinateur et le scénariste, et une quatrième qu'il n'a fait que mettre en images.
    Dans L'Agnion, le dramaturge Zurmalas aimerait monter une pièce pour dénoncer la corruption du pouvoir.
    Un soir, il croise une créature étrange, mi-agneau mi-lion, qui le conduit à son maître, un certain Salmazur - son portrait craché, son double maléfique. En échange de jouer le rôle du roi, Salmazur lui offre comme seconds rôles un panel de monstres plus vrais que nature, dévorés d'envie et de méchanceté. Mais les pires restent à venir...
    Le monde des Mochetons est divisé en deux : à la surface vivent les « Beaux », jeunes, sains et performants, et dans les grottes, les « Mochetons » : les laids, bêtes et méchants qui triment à leur service.
    Régulièrement, les Beaux se font la guerre par Mochetons interposés qu'ils droguent à leur insu. Mais la révolte couve.
    Mario, quant à lui, exerce le plus vieux métier du monde pour le plaisir de riches dames esseulées. Son plaisir à lui, c'est de voler en deltaplane. Dure sera sa chute, aussi dure et sans issue que celle du Type angélique, un ange, un vrai, égaré ici-bas.
    Quatre fables folles, hypnotiques, drôles et cruelles, unies par le même cercle vicieux des opprimés d'hier qui deviennent les oppresseurs d'aujourd'hui, jusqu'à ce que de nouveaux oppresseurs les renversent. Un monde vertigineusement semblable au nôtre.

  • Le monde selon Topor dévoile de multiples facettes de l'oeuvre de cet artiste hors du commun, l'un des plus marquants et prolifiques de la fin du xx e siècle.
    L'ouvrage raconte de façon inédite l'univers créatif de Topor, le dessinateur et l'écrivain, des années 60 jusqu'à sa mort en 1997.
    Roland Topor débute sa carrière comme dessina- teur d'humour dans une certaine presse : Bizarre en 1958, Arts en 1959, Fiction en 1960 et Hara-Kiri en 1961. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Fernando Arrabal. Une amitié très forte naît entre les deux hommes et ensemble, avec d'autres artistes rencontrés lors de ses études à l'École des beaux-arts de Paris, ils créent le groupe « Panique », mouve- ment artistique, qui, malgré son manque de sérieux assumé, va jouir d'une certaine renommée dans le monde des arts et des lettres.
    Toujours empreint d'humour grinçant et d'une cer- taine mélancolie, le dessinateur s'est fait également connaître comme écrivain de nouvelles, de romans, de pièces de théâtre. Il est l'auteur de plusieurs films d'animation, dont le célèbre La Planète sauvage, ainsi que de la série télévisée Téléchat.

  • Oeuvres t.1

    Guido Buzzelli

    Dans les années 1970, une météorite entra dans l'at- mosphère de la bande dessinée ; elle éclata en plu- sieurs morceaux, pareils à des pépites. En quelques épisodes, un personnage tourmenté, faible et inquié- tant se présenta au grand jour : c'était Guido Buz- zelli en personne. L'auteur s'est mis en scène, il s'est travesti tour à tour en raté laid et malingre, en piètre violoncelliste incapable de retenir ses membres livrés à eux-mêmes - une jambe courant toute seule, un bras filant sous la jupe d'une femme... -, en dessi- nateur de bandes dessinées dépressif et paranoïaque, victime kafkaïenne de chirurgiens fous, de psycha- nalystes, d'industriels maffieux, de dictateurs en herbe. Rarement l'art de l'autoportrait a été mené si loin dans l'autodérision et le mépris de soi-même.

  • Giacometti rédigea ces lignes : « Il y a longtemps que je voulais écrire ceci et quelques autres souvenirs de merde et de masturbations, mais cela ne suffit pas pour faire un livre, encore moins un livre d'art et puis toutes mes promenades la nuit à travers Paris en 1923-1924 à la recherche d'une prostituée, obsédé par les prostituées, les autres femmes n'existaient pas pour moi, seules les prostituées m'attiraient et m'émerveillaient, je voulais toutes les voir, toutes les connaître, et toutes les nuits je recommençais mes longues promenades solitaires. Il se passe quelque chose de nouveau pour moi dans la vue des choses depuis quelques jours, je vois différemment, dans la même ligne que depuis 1945 quand pour la première fois il me semble j'ai un peu vu ce qui m'entoure mais je ne voyais pas encore comme depuis quelques jours mais comment arriver à peindre cela ? » Depuis, Giacometti a su voir et s'emparer de ce qui l'entoure, voir Paris, le disséquer, d'une part en acceptant de réaliser Paris sans fin pour l'éditeur Tériade, et d'autre part en se laissant aller à son ins- piration, multipliant les outils : crayon, plume, sty- lo-bille. Voici enfin rendue publique une sélection de dessins « parisiens » pour la plupart inédits.

  • Le monde selon Mix & Remix Nouv.

    La fin de l'année 2021 sera marquée par plusieurs événements présentés en l'honneur de Mix & Remix, disparu il y a cinq ans d'un cancer. Outre deux expositions et un film long métrage, L'Ami, portrait de Mix & Remix, réalisé par Frédéric Pajak, qui sera diffusé à la Télévision suisse romande et dans des salles de cinéma, les Cahiers dessinés lui consacrent une importante monographie. L'occasion de parcourir la carrière de celui qui fut un immense dessinateur, populaire et prolifique, d'ouvrir ses archives, de présenter de nombreux documents et dessins inédits ou peu connus. Chez lui, TOUT était prétexte à l'humour ; avec un art du raccourci exceptionnel, un trait minimaliste radical, il savait faire rire à la fois les hommes et les femmes, les enfants et les adultes, les paysans et les banquiers. Comme chez les meilleurs humoristes, c'est dans le pire de la banalité de la vie quotidienne et du vacarme de l'actualité politique qu'il puisait le meilleur, en une ellipse qu'on appelle « gag », et qui ressemble à un aphorisme. On retrouve le Mix & Remix au sommet de sa carrière, mais aussi les nombreuses recherches graphiques et comiques qui ont précédé ce sommet, du temps où Philippe Becquelin mangeait de la vache enragée, multipliant les petits boulots, collaborant ici et là à des publications résolument underground.

  • Mémoires

    Siné

    Virtuose de l'humour noir et du dessin corrosif, précurseur de l'esprit d'Hara-Kiri et de Charlie Hebdo, Siné fut autant admiré que craint et détesté.   Pour la première fois publiés intégralement aux Cahiers dessinés, selon le voeu de Siné lui-même, ses Mémoires, augmentés de nombreux documents inédits, restituent dans toute leur vigueur la truculente férocité de son coup de crayon, la lucidité incorruptible de son esprit frondeur et la tendresse de l'homme aux chats.

  • En sortant d'un café, Giacometti s'exclama : « Ah !
    Paris... Paris sans fin ! » Ainsi fut trouvé le titre de ce livre mythique publié en 1969 en lithographie à deux cents exemplaires par Tériade. Cent-cinquante dessins, accompagnés d'un texte de l'artiste resté ina- chevé, emmènent le lecteur dans un reportage hors norme à travers la capitale des années 1960. De l'ate- lier au café, à pied ou en voiture, sur les boulevards, à la gare de l'Est, au Jardin des Plantes, on découvre des rues, des façades, des bars, des voitures de l'époque, parfois quelques personnages - caïds, prostituées, joueurs à la petite semaine. Souvent considéré comme le testament de Giacometti, Paris sans fin constitue une fabuleuse pérégrination graphique de près de dix ans, où les images livrent un labyrinthe complexe de pistes contradictoires. Les horloges n'indiquent pas l'heure, les espaces se confondent : brisant les règles de la cohérence et de la chronologie, un récit surgit, le récit d'une vie, celle d'un artiste obstiné, absolu- ment sincère et inclassable. Trente dessins inédits complètent la présente édition.

  • À Vevey, au bord du Léman, dès le 1er novembre 2018, le Musée Jenisch présente une exposition des Cahiers dessinés intitulée « Dessin politique, dessin poétique », qui rassemble près de 70 artistes, classiques et contemporains, célèbres ou méconnus, aussi divers que Rembrandt, Bruegel, Callot, Goya, Daumier, Steinlen, Vallotton, Ensor, Klee, Giacometti, Kentridge, Topor, Siné, Chaval, Sempé ou Folon.   Ce n°12 tient lieu de catalogue d'exposition. Avec le concours d'écrivains et de critiques, il invite à réfléchir à deux langages apparemment antinomiques : le dessin politique comme « vision du monde » et le dessin poétique, ici circonscrit à la seule représentation du paysage. Mais les liens entre ces langages sont plus étroits qu'ils n'y paraissent : de nombreux dessinateurs politiques se sont essayé au paysage et de nombreux paysagistes ont exprimé leurs convictions politiques, au risque de politiser la poésie et de poétiser la politique. Cette confrontation nous incite à mieux appréhender la richesse et la complexité de l'art du dessin ; elle est un prétexte à un dialogue inédit.

  • Géant endormi Nouv.

    Géant endormi

    Brad Holland

    Depuis le coeur de Manhattan, Brad Holland observe ses contemporains avec une noire lucidité. Il les observe ? Il les dissèque plutôt, armé de sa plume comme d'un bistouri. La société souffre, et Brad Holland cherche à savoir d'où provient cette souffrance, de quelles sombres machinations économiques ou idéologiques elle découle.
    Dessinateur profondément politique, il est aussi un grand métaphysicien, portant sur les êtres et les choses un regard parfois désespéré, poétique souvent. Il y a une dimension onirique dans son oeuvre. Ses dessins font partie de l'histoire moderne de l'Amérique : il en a étudié les soubresauts avec un trait noir, hachuré à la manière des gravures anciennes.
    C'est par ce style apparemment très classique qu'il réussit à revêtir les êtres de chair et à apporter de la profondeur à leurs décors.
    Réunis en album pour la première fois en Europe, ses dessins minutieux et poignants s'adressent à un public nouveau pour leur auteur, mais déjà familiarisé avec les oeuvres de Goya, d'Alfred Kubin ou de Roland Topor.
    Une longue conversation, menée par Callisto McNulty, nous introduit dans l'univers de ce grand artiste américain de notre temps.

  • Dessinateur absolument singulier, virtuose et sans concession, Pierre Fournier commence sa carrière dans les pages d'Hara-Kiri en dressant un portrait au vitriol de la société française sous le général de Gaulle, puis sous Georges Pompidou. Il invente, ou exacerbe, différentes formes graphiques, passant de la page manuscrite à peine illustrée au reportage de guerre imaginaire. Il observe aussi la vie ordinaire des gens, rapporte avec truculence leurs conversations dans le métro, dans les cafés et au bureau, dénonce les guerres coloniales et post-coloniales, la pollution industrielle, l'urbanisme ravageur, s'inquiète de la menace d'une guerre atomique.

    Poursuivant leur travail de réhabilitation de Pierre Fournier, les Cahiers dessinés présentent ici la partie dite « bête et méchante » de l'oeuvre protéiforme de cet artiste inclassable, dont le nom longtemps oublié reparaît aujourd'hui, à l'heure de l'urgence écologique.

  • De 1939 à sa mort en 1978, Marcel Bascoulard hanta les rues de la ville de Bourges. Autodidacte, clochard hirsute, souvent habillé en femme, ce personnage hors norme est l'auteur d'une oeuvre graphique considérable, d'une très grande virtuosité. Pendant près de quarante ans, avec une technique parfaite, il a représenté avec un parfait réalisme les rues, les places, les monuments de Bourges et de sa périphérie. À la plume, au crayon, au pastel, à la gouache, ses dessins révèlent dans une sorte de vertige un sens aigu du moindre détail, du proche et du lointain, des matériaux et de leur texture, avec une connaissance parfaite de la perspective. Il en émane une intense poésie du lieu, proche de celle d'un Rembrandt ou d'un Dürer. Maître du dessin figuratif, Bascoulard laisse une oeuvre de plusieurs centaines de dessins, ainsi que des oeuvres abstraites, des cartes géographiques et des photographies dans lesquelles il se présente en femme, confectionnant lui-même ses robes.
    Son oeuvre est ici rassemblée, accompagnée d'un texte de Patrick Martinat qui reconstitue sa biographie et son cadre de vie. Artiste virtuose et clochard magnifique, Marcel Bascoulard fut un personnage hors norme, à la vie romanesque. Il laisse une oeuvre dessinée très importante. Ce livre est à la fois une biographie détaillée et un livre d'art, riche de plus de 300 reproductions, dessins, photographies et documents pour la plupart inédits.

  • Topor, Voyageur du livre est le second tome consacré exclusivement aux dessins d'illustration de Topor.
    Roland Topor entretenait avec la littérature et l'objet livre un rapport intime et passionnel. À quinze ans, moment où il fait la découverte d'Alfred Jarry, il oriente sa culture : littérature populaire, auteurs surréalistes, polar, science-fiction, humour, poésie, fous littéraires de toutes périodes et de tous pays. Gourmet, Topor savait apprécier les différents degrés de l'ivresse littéraire et bibliophilique ; l'amour du fond et de la forme. Alors qu'il avait commencé par se faire connaître comme dessinateur d'humour dans une certaine presse : Bizarre, Hara- Kiri... il a simultanément démontré son attachement aux livres. D'un simple frontispice pour le livre confidentiel d'un ami poète à l'illustration des oeuvres complètes à gros tirage, Topor affirme le même génie, créatif et original, que quand il travaille pour la presse, mais il consacre au livre un soin tout particulier qui le fait entrer dans la famille des grands enlumineurs de textes.
    Ce livre permet de réunir des dessins très peu connus, parce qu'ils ont souvent été publiés dans des livres de bibliophilie réservés à des collectionneurs, ainsi que d'autres, pour la plupart oubliés, de ses grands travaux d'illustration pour les clubs du livre en Suisse et en France. Plusieurs centaines de dessins sont remis dans leur contexte de publication, permettant ainsi d'embrasser l'originalité de l'oeuvre d'un Topor illustrateur de livres.

  • À l'appui d'une soixantaine de reproductions en couleur, Paul Nizon nous emmène dans un tour d'Europe pictural à travers les siècles, depuis la Contre-Réforme jusqu'au XXe siècle.   Précis d'histoire et essai esthétique, ce livre est une relecture des grands jalons de l'histoire de l'art, et des grands peintres, témoins essentiels de leur temps.

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