Cactus Inebranlable

  • Au-delà des manipulations qui opposent droite et gauche, rétro-bolcheviques et rétro-fascistes, pro et anti n'importe quoi, le Retour à la base est un rappel des problèmes auxquels celles et ceux d'en bas, que l'on nomme le peuple, sont confrontés, quotidiennement, à la maison, au village, dans le quartier. Renouant avec la tradition des feuilles volantes, colportées par les rues à l'aube de la Révolution française, ce libelle invite à se retrouver sur le terrain de l'existence, là où l'individu autonome réapprend à vivre, perçoit clairement les mensonges d'en haut, redécouvre l'entraide et se dépouille de cet individualisme dont le calcul égoïste perpétue le règne de l'argent et de la servitude volontaire.

  • Depuis des années, Michel Delhalle se passionne pour les aphorismes. Il les collectionne, les note, les compile et en parle avec passion dans des conférences endiablées qu'il anime aux quatre coins de la Belgique francophone.
    C'est donc tout naturellement qu'il accéda à la proposition de Cactus Inébranlable de compiler une anthologie dans laquelle il brosserait un tableau le plus large possible des auteurs belges s'étant essayés à l'art de la forme brève.
    Le résultat : une somme recensant plus de trois cents auteurs, près de deux mille aphorismes, un livre appelé à devenir une référence dans l'histoire de la littérature de Belgique.

  • Qu'est-ce qu'on trouve dans cet ouvrage, Le cabinet Lambda ? Des citations de livres, surtout, mais aussi des répliques de films, de séries, de passants, au fil de mes lectures ou déambulations. Des morts et des vivants. De la poésie. Des proverbes. Des dialogues. Des réflexions sur l'écriture, la création, l'amour et la mort et les pingouins. Un tableau oblique d'une vie sur Terre. De l'humour (j'espère), mais pas seulement. Des bons mots parfois. Beaucoup d'animaux et quelques chansons. Bref, des os, des nerfs, quelques muscles, du sang, de l'eau salée et douce et même quelques miettes d'âme. À qui s'adresse ce livre ? À ceux qui aiment écrire, aux personnes de chair et de sang qui se trouvent et se retrouvent dans les mots, aux curieux qui ont envie d'un strapontin pour découvrir des oeuvres, aux amateurs du genre, et bien sûr aux collectionneurs.

  • Il y a de la sensualité et de la tendresse dans les mots de Patrick Henin lorsqu'il écrit : « J'avais perdu mon sourire mais je l'ai retrouvé sur ses lèvres » ou « J'aime quand tu habilles la chaise de la chambre de tes vêtements ».
    Il y a cette âme de révolté qui surgit dans «Vous êtes priés de ne pas clôturer le domaine du possible» qui n'est pas sans rappeler quelques surréalistes même si l'auteur ne se revendique d'aucun maître.
    Il y a comme une amertume qui s'ébauche dans «Qui refuse le droit d'asile au rire est dangereux pour son entourage» et «Ils sont quelques naufragés à s'accrocher au vieux comptoir du bistrot secoué par les rafales du temps, et heureusement ils tiennent bon».
    Et ce côté désabusé, un peu amer qui l'amène à écrire splendidement : «Je suis parti avec du temps plein les poches, et j'ai tout perdu», «J'ai parfois l'impression qu'il n'y a plus que les arbres qui me tendent les bras».
    Les aphorismes de Patrick Henin méritent d'être savourés lentement, il faut les laisser tourner dans l'oreille assez longtemps pour en mesurer la portée, il faut les quitter pour y revenir régulièrement. Et garder ce livre dans sa poche et l'ouvrir à n'importe quelle page lors d'un voyage, lors d'une promenade...

  • «Je ne suis ni Belge ni surréaliste et je vous prie de me pardonner.» C'est en ces termes que Paul Lambda s'est exprimé la première fois que je l'ai lu.
    Il désirait soumettre à nos bons soins un manuscrit d'aphorismes, il avait sonné à la bonne porte. Ca arrive - trop peu souvent, mais ça arrive -, ce fut une véritable claque.
    Ou une caresse.
    Il n'avait pas besoin d'avouer ne pas être de la bonne nationalité, il était déjà pardonné. Dans le reflet de mon écran d'ordinateur, je me devinais occupé à sourire en le lisant.
    Je découvrais des phrases conçues dans la dentelle, des propos qui coulaient comme le sable entre les doigts, des mots s'articulant avec une telle évidence que l'on se reprocherait volontiers ne pas avoir pensé la formule avant lui.
    S'il avait été près de moi lors de cette première lecture, sans doute l'aurais-je serré dans mes bras en le remerciant, mais j'ignorais à quoi il ressemblait, s'il était grand et bedonnant ou maigre et chauve, s'il sentait l'ail ou le vétiver, le patchouli ou le pastis, s'il piquait ou souriait, grognait ou s'esclaffait, s'il aimait la bière ou la Suze...
    Je découvris que l'homme diffusait ses tweets à 7500 abonnés et lui offrit directement un contrat plantureux.
    Nous étions faits pour nous entendre.
    Jean-Philippe Querton.
    Editeur d'aphorismes.

  • Phrases bêtement détournées, pensées sans intérêt injustement attribuées à des célébrités, chacune des citations qui composent ce florilège est un affront à l'histoire, à la géographie, à la littérature, au cinéma, aux sciences, à la politique... et surtout, cerise moisie sur le gâteau pourri, au bon sens et au bon goût.

  • La révélation sera terrible pour l'ensemble des consommateurs et de producteurs d'aphorismes : aucun aphorisme n'a jamais été produit par un être humain ! Tout est issu de la mécanique complexe de l'AÀFLA, l'Appareil À Fabriquer Les Aphorismes.

  • Étienne Pichault a oeuvré de longues années devant les fourneaux de son restaurant pour satisfaire l'appétit bienvenu de clients affamés de nourritures et de belles tranches de rire bien épaisses farcies de jeux de mots. Car il a l'humour aiguisé, le Pichault, et il n'y va pas avec le dos de la cuillère pour assaisonner les calembours qui lui viennent à l'esprit tandis qu'il trousse la volaille, qu'il dépiaute le lièvre, qu'il blanchit l'asperge ou qu'il monte la béarnaise. Gavons-nous de ses plaisanteries, dégustons ses contrepèteries, enivrons-nous de sa bonne humeur communicative et trinquons à la joie de vivre ! Bonne dégustation !

  • Le rire est notre planche de salut. Ils nous veulent tristes, apeurés et désespérés. Nous leur opposons une lecture jubilatoire. À travers une fiction pamphlétaire, le lecteur est invité à s'en payer une tranche sur les grands de ce monde.
    Cet opus oscille entre critique incisive de la gestion sanitaire et des projets politiques afférents et «rire jaune»; parce que les grandes questions restent néanmoins en suspens. Qu'en sera-t-il de nos libertés de circuler, de nous distraire, de nous cultiver?
    «Quand cesserons-nous de confier le sort de nos libertés à ceux qui se flattent le mieux de nous dépouiller?» Cette question, Raoul Vaneigem l'avait posée au siècle dernier ; elle est reformulée par les deux auteurs qui s'entendent à dessaper les Rois, à leur marcher sur la tête selon les voeux de Shakespeare.
    Cet ouvrage s'adresse à tout le monde : que le lecteur soit «d'un côté ou de l'autre», ou s'il ne se reconnaît ni dans le complot ni dans la gestion de la pandémie par les États, il trouvera matière à réflexion ; de plus, il se délassera des nouvelles mortifères qui nous sont assénées depuis le printemps 2020 - tant par les médias que par les réseaux sociaux, tant par les conspirationnistes que par les anticonspirationnistes.
    Gageons, qu'il se réjouira à la lecture de nombreux passages, et n'en croira parfois pas ses yeux.

  • Certes, on est averti d'emblée du procédé, on sait que l'on a affaire à des textes truqués. Certes, en les lisant, on se rend bien compte que « quelque chose cloche ». Pourtant, on ne peut s'empêcher d'y chercher du sens, mieux : d'en trouver.
    C'est que nous n'aimons pas lire pour rien. La lecture exige de nous un effort, dont nous attendons la juste récompense. Sous leur apparence ludique, ces « nouvelles » en disent long sur le fonctionnement de l'esprit humain, sa propension à chercher partout de la cohérence, et à en fabriquer s'il n'en trouve pas, pourvu que l'objet proposé ait les apparences d'une totalité ou d'une continuité.
    Aussi, bien que conscients de l'artifice, nous nous efforçons de combler les lacunes, nous nous évertuons à trouver une unité à ces membres épars. Nous nous surprenons même à reprendre tel passage, persuadés que nous ne l'avons pas bien lu, que quelque chose nous y a échappé. Avant de nous rendre à l'évidence : non, rien ne nous a échappé, c'est le texte qui s'est rendu insaisissable.
    Circulez, il n'y a rien à voir...

  • Une rue qui n'a ni début ni fin. Une rue pratiquement déserte, sans autres repères que les numéros des maisons rangées de part et d'autre, et cette caravane, garée sur un parking, le long du trottoir. Une caravane qu'on finira sans doute par atteler à la Taunus, et qui partira vers le sud, emmenant cette jeune femme à la peau blanche et aux cheveux blonds. Une caravane comme abri, comme promesse d'aventures, comme possibilité de déplacer sa vie, de l'installer dans l'inconnu, de la projeter, de la rêver.
    Un homme parcourt la rue en tous sens, cherchant une maison, remuant des souvenirs, pénétrant dans des intérieurs à l'ambiance lourde, rencontrant des habitants inquiétants. Il erre, solitaire, perdu. Il assiste à des événements étranges qui l'amènent à vivre des moments intenses, effrayants parfois.
    Un (premier) roman dense, profond, labyrinthique, à lire lentement ou à haute voix pour profiter de l'ampleur poétique du texte.

  • Que respectent-ils, ces deux zouaves? Pas grand-chose, excepté peut-être les règles du sonnet classique. Que prennent-ils au sérieux? Pratiquement rien, sauf sans doute l'humour. Ils sont gamins et (im)polissons.
    Découvrez, comme preuve irréfutable, ces mille parodies de débuts de poèmes et chansons (parfois) célèbres. Celles-ci leur vaudront certainement de méchantes crotiques, ce dont ils se moquent joyeusement vu qu'ils se moquent de tout.

  • Donnez-lui une terrasse de café, une rue déserte, un quidam dans le tram, un paysage, une file d'attente, un lit défait, une averse, un vieux cimetière et avec ses outils - des verbes, des substantifs, des adjectifs, quelques déterminants et de bons vieux adverbes - il est capable de composer une phrase belle à souhait qu'on lit et qu'on relit et qui donne de la réalité observée une vision inattendue, personelle, étonnante.
    Pierre Alain Mercoeur fait partie de cette nouvelle génération de tricoteurs d'aphorismes, de ces auteurs dont se délectent les admirateurs du génial Eric Chevillard, dont il se revendique par ailleurs.
    Comme il le dit, ses notes sont le petit bois qui alimente quotidiennement l'âtre de son blog. Désormais, le blog s'est fait livre.

  • Dans ce cinquième recueil, l'auteur revient sur les thèmes qui lui sont familiers, inspirants, c'est-à-dire qu'il évoque souvent sa femme...!

    Querton est un peu le Columbo de l'aphorisme.
    Son rêve demeure qu'un jour l'on écrive dans une revue littéraire qualifiée d'intellectuelle, sous la plume d'un professeur prestigieux : «Plurielle, ouverte, contradictoire et rigoureusement indisciplinée, l'oeuvre de Jean-Philippe Querton - que les personnes autorisées appelaient volontiers Jpé ou Jeanfi ou Fifi (ou papa, mais ce privilège n'a jamais été autorisé qu'à quatre personnes) - laisse aux penseurs contemporains un champ immense d'exploration.» En sera-t-il ainsi?
    L'avenir - qui ouvre rarement sa gueule, mais toujours à bon escient - nous l'apprendra.

  • Face à une situation difficile, ne baissons pas les bras, levons le coude ! Si toute la pensée de Mickomix n'est pas concentrée dans cet aphorisme, la phrase en dit long sur l'état d'esprit de l'auteur.

  • Amateurs d'Authentiques Aphorismes, réjouissez-vous, nous tenons là une pépite !
    Que dis-je, un filon.

    Dans sa retraite où il a pris le maquis de la pauvreté pour ne pas devoir ramper vers le découvert bancaire, Pascal Weber s'adonne avec frénésie à l'écriture, un art qu'il maîtrise brillamment, s'imposant de ludiques et mathématiques contraintes, tel l'Oulipien qu'il pourrait être.
    -Tiens, pourquoi certains sons n'apparaissent pas dans ce livre, s'étonnera le lecteur.
    -Non, mais, on ne va quand même pas vous donner toutes les clés...

    Les aphorismes de Pascal Weber sont drôles, parfois ; poétiques, souvent ; surréalistes, généralement ; magnifiques, toujours.

  • Est-ce par esprit de contradiction ou par souci de contraction que j'ai écrit ces brèves fictions?
    L'on m'a fréquemment reproché le laconisme de mes nouvelles : je ne suis pas coureur de fond, pour garder la forme! J'ai voulu encore désosser le jambon : je n'avais qu'une envie, laisser libre court aux idées, leur flot, l'urgence, leur impérative éruption - comme le lait débordant de la casserole.
    Elles affluaient au portillon, à la queue-leu-leu du Pôle emploi de mon imagination - elles sont là, toutes, en Opus CDI!
    Puisque contraction il y a, l'accouchement fut sans douleur - la mère se porte bien : elle se prénomme «Nuit Blanche»...
    Écrites à la faveur de la caféine et des insectes noctambules, ces petites douceurs se dégustent à toute heure, pareilles à des toasts ou des crackers - miettes sans philosophie.
    À votre guise de picorer ces anecdotes apéritives, chaque olive du cocktail, jusqu'au zeste du citron! Ou bien cul sec tout le shooter!

  • Une tentative de pousser le bouchon un peu loin, histoire de connaître le plaisir qu'il y a à boire la tasse, et la satisfaction de revenir au bord.
    Une expérience valant autant pour moi qui ai créé ce miroir, que pour vous qui allez oser le traverser, pendant quelques minutes ou sur quelques mètres.
    Et alors que vous reprendrez votre souffle, allongés sur le sable, avec la ferme intention de ne pas recommencer, je vous conseille de repartir à l'eau, de vous éloigner toujours plus du confort des plages où vous vous dorez la pilule, d'aller encore braver les vagues et le large.
    Vous verrez qu'à force de goûter au sel des Bermudes, vous réussirez à atteindre une bonne fois pour toutes la fin de cet interminable paragraphe.

  • Contrairement à la connerie, qui n'est que le cul de sac de l'intelligence, la Bêtise ouvre au chercheur d'innombrables pistes de réflexion, jusqu'aux confins de la pensée cartésienne et même au-delà.
    C'est sur ce postulat que les deux auteurs de cet opuscule ont basé leurs investigations, bien conscients que les exemples réunis dans ce volume ne dévoilent qu'une infime parcelle, une poussière de poussière dans l'immensité des possibles.
    Il en résulte des spéculations aussi débridées que rigoureuses, une avalanche de solutions imaginaires déclinées sous la forme d'une iconographie édifiante et de textes frappés au poinçon de la Science.
    Bien entendu, JiCé Ditróy et Le Docteur Lichic sont membres du Collège de 'Pataphysique.

  • Acides, percutants, décalés comme un pas de côté à la Gébé, les aphorismes de Mix ô ma prose brassent les références du grand bain d'une humanité qu'il voudrait voir couler. Le sourire en coin et l'alarme à l'oeil, l'humour abscond y côtoie l'impolitesse du désespoir dans des formules qui ne s'interdisent aucun sens. Échantillons : Faut changer la société Elle s'est chié dessus. C'est l'escalade vers le bas. Les esprits sont lavés Les corps sont lessivés. Tout s'achète même cette phrase.

  • Les aphorismes de Gaëtan Sortet sont teintés de Poésie, d'humour, de candeur, de grâce, de charme, d'envoûtement, d'émotion, de beauté, d'harmonie, de finesse, d'élégance, de surréalisme, de lucidité, de ludicité, de sagacité, de droit de cité, de préposé à la caisse numéro 7, d'extraordinaire, de super pouvoirs, de jantes en alliage, d'Ali baba au rhum, de routes devant soi, de chemins intérieurs, de moments présents comme cadeaux, de références préférentielles, d'amour, de toi, de moi, de toute cette vie qui grouille et parfois chatouille, parfois gratouille.

  • Faut pas laisser traîner des mots, des phrases dans les canaux, dans les caniveaux ou dans les berceaux. Ça persifle, ça souffle, ça siffle, là, sous les yeux de Tristan Alleman. Entre ses doigts, ça d'vient des traits, des bouts d'gras, des rimes, des p'tits pois, et des brins d'herbes. Et puis des graines. Et puis des fleurs ? Parfois.

  • "Ces nouvelles jettent un peu d'acide sur les travers d'une société malade. Performance, dislocation des liens, violence sourde, négation et contention de la puissance de l'amour, de l'art, du fait d'être vivant et humain. Les auteurs expriment avec ces textes un désir de contemplation, de lecture, de nature, de sens. De calme. Mollo. Sur la win.
    Christophe Esnault et Lionel Fondeville auscultent les amours de personnages en perdition, ravagés par le manque et le tropplein, mais qui chaque jour plongent une main dans leur poitrine. Pour vérifier que leur coeur bat encore.
    Ces nouvelles entendent soigner le lecteur, par immersion dans une tendre ironie, afin qu'il puisse trouver sa place dans le cosmos."

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