Marie-France Etchegoin

  • De cette expérience, elle tire un récit tout à la fois bouleversant et drolatique  : l'histoire passionnante et mouvementée d'un double apprentissage. Le sien puisqu'elle n'a jamais enseigné ni agit au quotidien auprès des migrants. Et celui de jeunes hommes, parfois illettrés, qui au terme d'un très long et terrible voyage, se retrouvent devant un tableau, confrontés à l'un des langues les plus difficiles du monde, dont ils n'ont jamais entendu un mot. Dans le huis clos de cette classe, ils disent à nouveau «  je  » et font entendre leur incroyable odyssée tandis que leur «  professeur  » invente sa méthode en s'efforçant d'éviter les maladresses.
    Quand pour la première fois, elle a franchi les portes du centre d'hébergement d'urgence du 19eme arrondissement, près de chez elle, Marie France Etchegoin  savait seulement qu'elle voulait «  aider  » pour ne pas avoir «  à regretter de n'avoir rien fait  ». Elle n'imaginait pas que Sharokan,   Ibrahim ou Salomon lui en apprendraient autant sur elle-   même et qu'à travers eux, elle allait redécouvrir la complexité et la richesse de la langue française et aussi ce qui, au fond, nous constitue   et qui fait trait d'union au-delà des frontières  : la force de la parole.
     

  • « Autant le dire simplement, j'aime Marseille. J'y ai vécu, et j'y retourne souvent. Deux parties de la ville qui n'ont a priori rien à voir m'occupent depuis des années.
    La première se passe à la Castellane, dans les fameux quartiers nord. Fin 2011, juste avant Noël, un garçon de 17 ans, prénommé Kamel, y était assassiné à la kalachnikov. Deux jours après, trois dealers grillaient dans un « barbecue ». Une balle dans la tête et des corps brûlés dans une voiture, parce que « ça prend vite feu ». Kamel habitait la cité de Zinedine Zidane que j'avais arpentée aux temps où l'on célébrait la France « blanc, black, beur ». En 2011, les trafiquants de la Castellane n'avait pas encore fait résonner leurs fusils mitrailleurs à la veille d'une visite du premier ministre à Marseille et la cité ne faisait pas les gros titres de journaux. Mais, on disait déjà qu'elle abritait le plus gros marché de stupéfiants de la région, voire de France, ce qui était vrai.
    Dans la même période, on assistait à l'ascension des deux frères Guérini, Jean-Noël, qui présidait le conseil général des Bouches-du-Rhône et Alexandre, qui retraitait déchets et ordures. Quand Kamel a été abattu en bas de son immeuble, Jean-Noël venait d'être mis en examen pour, entre autres, « trafic d'influence » et « association de malfaiteurs ». Le juge qui instruisait le dossier parlait d'un « système mafieux » mais le socialiste continuait à diriger le département. Son frère Alex, poursuivi pour les mêmes motifs (plus quelques autres dont la « détention » d'un chargeur de pistolet Glock), sortait de cinq mois de détention préventive mais lui aussi continuait à diriger ses entreprises.
    Ces deux histoires parallèles ont fini par se rencontrer.
    D'un côté, les quartiers nord, les zones périphériques réservées aux descendants d'immigrés, l'économie de la drogue et sa violence à l'état brut. De l'autre, les quartiers sud, la partie « corso-marseillaise » de la ville, son économie tout court et sa violence recyclée dans les urnes.
    Deux mondes dissemblables et pourtant imbriqués, l'un expliquant l'autre. Et entre deux franchissements de frontières, j'allais au Cercle des Nageurs, ce club de natation, dont la célébrité s'accroît après chaque compétition internationale.
    Ce livre est né de mes allers et retours entre ces deux mondes, avec le Cercle au milieu, comme un miroir grossissant de la ville. Marseille est belle et tragique, tout chez elle semble soumis à la fatalité. Marseille est elle-même un cercle, un cycle éternellement recommencé, que rien ne vient jamais briser, la définition même de la tragédie.
    Marseille a une histoire. Cette histoire la rend unique. Et cette histoire l'enferme. Tous ceux qui ont prétendu vouloir lui offrir un autre destin ont été éjectés du cercle. Marseille, quel que soit le maire qui occupe son hôtel de ville, et quel que soit le gouvernement qui au sommet de l'État promet d'y ramener de l'ordre, reproduit toujours les mêmes formes. Ses habitants eux-mêmes, qu'ils me pardonnent de parler à leur place, enragent d'en être prisonniers mais, qu'on leur donne la clé, ils n'ouvrent pas pour autant la porte pour s'échapper.
    Sinon quoi ? Leur ville serait comme toutes les autres. »

  • Lundi 6 décembre 2010. Les avocats de Liliane Bettencourt et de Françoise Meyers annoncent que " l'affaire " est terminée. Les plaintes sont retirées, le conflit est officiellement derrière la mère et sa fille.
    Alors que la presse levait la plume et jugeait clos le feuilleton qui tient la France en haleine depuis plus de un an, Marie-France Etchegoin, elle, décidait au contraire de raconter cette incroyable histoire de famille. Intriguée par cette étrange paix des braves, elle a cherché à comprendre les raisons cachées du pacte de réconciliation scellé entre la mère et la fille. Abus de richesses est une version moderne de l'affaire du " collier de la Reine ", cette escroquerie qui fit trembler la couronne sous Louis XVI. Amours, ambitions, jalousies, trahisons, pouvoir, coups fourrés... Et pour finir un scandale politico-judiciaire.
    Pour éclairer cette histoire qui remue toutes les passions françaises, il fallait remonter à la guerre et à la collaboration, descendre dans les sous-sols de l'inconscient, explorer les non-dits et le passé refoulé de l'enfance au Maroc à la vieillesse sur l'île d'Arros, courir de Neuilly au barreau de Paris, de la France à la Suisse, des hémicycles politiques aux salles des ventes aux enchères, des conseils d'administration de l'Oréal aux tête-à-tête dans les bureaux de l'Élysée. Il fallait surtout chercher à percer les mystères de deux hommes, un ancien ministre, André Bettencourt, et un artiste dandy François-Marie Banier, et les secrets de deux femmes que tout oppose.

    L'affaire Bettencourt est une comédie humaine. Celle de l'amour, du pouvoir, de l'argent. Et l'hôtel particulier de Neuilly est un théâtre. Dans cette immense demeure aux faux airs de Maison Blanche, quatre personnages principaux : Liliane la milliardaire qui ne veut pas abdiquer ; André Bettencourt le mari absent ; Françoise Meyers la fille mal-aimée ; François-Marie Banier le séducteur qui s'engouffre dans les blessures familiales pour empocher un milliard de francs. Chacun a ses raisons et ses déraisons.
    Les portes s'ouvrent et claquent sur les dialogues de la piquante milliardaire, de l'emphatique photographe, du flegmatique ancien ministre et de l'austère Françoise. Chaque fois, un nouvel acte se joue qui parle d'amour, de jalousie, de lutte contre le temps qui passe, de désir, de cupidité, mais aussi des zones d'ombre du passé - la collaboration, l'antisémitisme... - et de celles du présent. Les connivences entre le pouvoir et l'argent de Mitterrand à Sarkozy, le trafic d'influence, les petits et les gros arrangements.
    Autour du quatuor et surtout de Sa Majesté Liliane : la cour. Celle des conseillers empressés, des avocats affairés, des dirigeants de l'Oréal enrichis, des amis intéressés, des politiques en campagne. Tous tendant leur sébile. Sans oublier une domesticité que l'on croyait d'un autre âge : maîtres d'hôtel, femmes de chambre, lingères, secrétaires particulières, gouvernante, cuisiniers, chauffeurs, gardes du corps. Tous veulent être au plus près de la Reine. Tous finiront par écouter aux portes et prendre parti dans un conflit oscillant entre vaudeville et tragédie antique qui, à cause d'un majordome espion, finira par éclabousser jusqu'au président de la République.
    Chaque chapitre s'ouvre sur un extrait des enregistrements. L'histoire commence à la mort d'André Bettencourt (" tout s'effondre ") et s'achève à la réconciliation entre la mère et la fille. Dans le récit de ces trois années, chaque chapitre s'articule autour d'une ou plusieurs scènes (l'enterrement d'André, la première rencontre Liliane - François-Marie, Festen à l'Arcouest, etc.) et de " flash-back " permettant de raconter toute la saga.

  • Didier Raoult a surgi en même temps que le coronavirus et s'est imposé sur les écrans de télévision, dans les conversations, les querelles de famille, parfois les ordonnances. Il a traversé nos vies plus vite qu'une comète, comme sorti de nulle part, avec cette dégaine étrange et familière empruntée à de vieux archétypes : « le Professeur », le scientifique, le savant fou, le magicien, le druide, le Gaulois, l'imprécateur, le rebelle, le gourou, le sauveur... Adulé ou détesté, mais désormais connu de la planète entière ou presque. Génial pour les uns, escroc mégalo pour les autres, ou simplement grand scientifique parti en vrille sur fond de catastrophe épidémique, il en est venu à incarner une nouvelle mythologie hexagonale.
    Avec sa chloroquine, il a transcendé les clivages, ravi les complotistes, hypnotisé une partie du pays. Son remède fétiche s'est même invité dans la campagne présidentielle américaine, divisant démocrates et républicains comme si la science était devenue une opinion.
    Jamais, du moins au cours du dernier siècle, un médecin n'a suscité pareille passion. Dans un pays affolé par un virus qui a causé 100 000 morts en un an, Didier Raoult a cristallisé espoirs et ressentiments. Pourquoi lui ? Et qui est-il vraiment ?
    Voici l'histoire d'une folie française et d'un homme qui se rêvait un destin.

  • Fantasmes, rumeurs, polémiques.
    Depuis sa naissance, la franc-maçonnerie est au coeur de toutes les controverses. Cette enquête dévoile l'histoire réelle de la confrérie : entre Amérique et Europe, guerres et révolutions, on y croise de nombreuses personnalités illustres, tels Montesquieu, La Fayette, Beethoven, Chagall. Un voyage passionnant.

  • Quatre journalistes d'expérience, rompus à l'enquête et au reportage, se sont unis pour rassembler tous les éléments du puzzle. Pas de glose, ni d'opinion, juste des faits assemblés. Leur livre dessine le visage exact de ce qui s'est réellement passé durant ces cinq jours, sans les reconstitutions a posteriori. Avec l'aide d'une documentaliste, ils ont rassemblés tous les faits qui se sont déroulés à Paris et dans toute la France. Et ils sont allés à la rencontre des acteurs et des témoins pour vérifier, recouper et raconter.
    Ils ont retrouvé et interrogé plus de 200 personnes, qui ont joué un rôle durant ces événements.

  • Où Eva Joly a-t-elle puisé sa capacité de révolte ? Pourquoi cette " étrangère " amoureuse de la France est elle si dérangeante pour les élites ? D'où vient cette détestation des grands patrons et des hommes de pouvoir à son égard ? Cette enquête raconte le destin d'une femme exceptionnelle, de son enfance modeste et rude en Norvège à sa désignation pour porter les couleurs d'Europe Écologie-les Verts. Elle dévoile ses blessures de jeune fille débarquée à18 ans dans la capitale et méprisée par la grande bourgeoisie parisienne, sa bataille pour épouser un fils de bonne famille, son ascension sociale. Secrétaire chez Eddy Barclay, styliste, conseillère juridique dans un hôpital psychiatrique, et, à près de 40 ans, magistrate, d'abord en banlieue puis au " pôle financier " du Palais de justice de Paris, chargée des affaires politico-financières. S'appuyant entre autres sur de nombreuses informations inédites, ce livre relate comment la juge autodidacte réveille une magistrature endormie et devient " Eva la Rouge ", le cauchemar de Bernard Tapie, de Loïk Le Floch-Prigent ou de Roland Dumas.
    S'attaquant à l'impunité de certains dirigeants, incarcérant des PDG ou poursuivant des ministres, se heurtant à la raison d'État ou à des intérêts colossaux lors de l'affaire Elf, l'un des plus grands scandales de la Ve République qu'elle a mis au jour à force d'obstination, elle est menacée de mort, protégée jour et nuit par des gardes du corps. Les deux auteurs révèlent comment ses ennemis mènent une campagne acharnée contre elle et exploitent, pour la déstabiliser, les drames de sa vie privée. Comment, épuisée, honnie par la classe politique, elle regagne la Norvège. Comment, alors qu'on la croyait finie, elle renaît sur la scène internationale, parcourant le monde pour traquer les circuits illicites de la finance mondiale et débusquer les paradis fiscaux. Comment elle fédère d'autres juges ou procureurs qui ferraillent aux quatre coins de la planète, souvent au péril de leur vie, contre la corruption ou les détournements de fonds publics. Comment elle enquête sur la banqueroute de l'Islande, puis entre au Parlement européen.
    À la lecture de ce récit, qui ressemble parfois à un roman noir, on découvre la cohérence d'une vie et d'un combat. C'est dans son cabinet d'instruction et dans la guerre qu'elle a déclarée à l'argent sale que la candidate hors norme s'est forgé une conviction qui la conduira à la politique et à l'écologie : l'opacité de notre système financier gangrène l'économie et la démocratie et empêche un développement équitable. Bien avant la crise, et souvent bien avant la plupart des politiques, elle a sonné l'alarme.
    Ce livre révèle enfin la relation compliquée et passionnée que cette citoyenne franco-norvégienne entretient avec sa terre d'adoption. C'est parce qu'elle en aime toutes les qualités qu'elle en voit aussi tous les défauts et les dénonce avec force. Moquée pour son accent, sa " méconnaissance " de la culture nationale, voire accusée d'appartenir à l'" anti-France ", il lui a fallu un culot d'acier pour oser postuler à l'Élysée. Première candidate d'origine étrangère à concourir pour l'élection suprême, elle veut rendre, à sa manière, tout ce que la France lui a donné. Pour réussir en politique, elle aurait pu accepter de se couler, enfin, dans le moule. Elle a préféré mettre ses indignations au service de la République.

  • Pour décrypter le dernier Dan Brown.
    La franc-maçonnerie, au coeur du nouveau roman de Dan Brown, suscite toujours autant de fascination que de fantasmes. Marie-France Etchegoin et Frédéric Lenoir sont remontés aux sources de cette société secrète. Pourquoi et comment est-elle née ? Quels sont ses rites et ses enseignements, ses liens avec la religion, la nébuleuse ésotérique ou la politique ? Qui en a fait partie ? Leur enquête raconte une formidable aventure humaine avec ses héros, célèbres ou anonymes, et ses utopies. Guerres, révolutions, conspirations, en Europe et en Amérique... Cette saga, qui se lit comme un roman, démasque aussi les préjugés et les légendes. Comme ils l'avaient fait pour le Da Vinci Code, Marie-France Etchegoin et Frédéric Lenoir livrent à la fin de cet ouvrage un décryptage rigoureux du Symbole perdu. Une lecture indispensable pour ceux qui veulent décoder sans parti pris le dernier roman de Dan Brown, mais aussi un ouvrage qui passionnera tous ceux qui s'intéressent à la véritable histoire de la franc-maçonnerie.

  • Dans le Da Vinci Code, Dan Brown fait des révélations explosives sur les origines du christianisme. Où est le vrai, où est le faux ? Les deux auteurs ont mené «l'enquête dans l'enquête», prouvant que la réalité dépasse parfois de loin la fiction...

  • De la jeune fille au pair maladroite à la pétillante juge d'instruction en charge des plus fameuses affaires financières, Eva Joly a su gravir un à un les échelons du pouvoir... Sa façon d'utiliser les médias, ses méthodes de travail peu orthodoxes, son franc-parler et sa force de persuasion ont fait d'elle la bête noire du monde politico-juridique. Bernard Tapie, Loïk Le Floch-Prigent, Roland Dumas, Christine Deviers-Joncour, Alfred Sirven, tous ont dû rendre des comptes devant la juge. Comment une jeune femme issue d'une modeste famille norvégienne a-t-elle réussi à faire trembler les plus puissants?
    S'appuyant sur plus d'une centaine de témoignages, ce récit dresse le portrait édifiant d'une femme au destin exceptionnel, tout en portant un regard nouveau sur les affaires financières qui ont marqué la dernière décennie.

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