Claudine Goux

  • Voyage au centre de l'insatisfaction sans ceinture de sécurité, sans échappatoire, sans autre perspective que tourner en rond, sans espoir de retour. Vous êtes dans la vie, mieux dans la poésie : celle de Jean-Claude Martin. Voulez-vous une consolation ? Elle sera plus coupante qu'un bris de verre. Attendez-vous un sursis ? Rien de plus infime qu'une existence : un seul corps, une seule vie et un clou rouillé dans la mémoire. " Cherchez l'épingle " conseillait le philosophe Alain, ici c'est toute une pelote qui blesse : l'amour agite ses clochettes évanescentes et ses regrets éternels, le rameur solitaire dépérit sur sa goutte d'eau, solitude et relation sont des duettistes piteusement enfarinés et le temps nous fait cette tête. - Certes les courbes de la terre sur lesquelles nous pédalons vent debout peuvent être belles -. Ce n'est pas dit avec véhémence mais avec une délicatesse exquise, un raffinement pudique, un humour de bon aloi. À l'acmé de la détresse ordinaire, pour ne pas en faire un drame, préférez la compagnie d'un " désillusionniste " : mieux qu'un dictame, presque une ascèse.
    © Jean-Pierre Georges

  • Les vies sont patinées, les vies sont lustrées, les vies sont luisantes comme le verglas sur le macadam, comme un champ de fleurs sous la pluie d'été. La vie humaine est courte, misérablement courte, mais la vie nous donne à espérer, et de là vient la plus haute désillusion car la vie n'est pas ce qu'on nous fait croire, il faut s'accommoder de ce vieux mensonge toujours répété, toujours cru, quand bien même, après nous, l'éternité ne saurait durer très longtemps.

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