Claude Dourguin

  • La présence au monde, « être ici », compta plus que tout pour Julien Gracq, dont l'oeil de géographe demeura toujours bien ouvert. Une très longue amitié que la mort seule interrompit, le goût commun de « la face de la terre » fit partager des parcours, en échanger les songes.
    Sans le nommer dans ses pages, figure absente et cependant constamment présente, ce livre évoque l'écrivain dans l'un de ses choix fondateurs, celui des paysages.
    Voici une succession très libre de brèves séquences, évocatrices chacune d'une contrée, d'un lieu, d'une situation qui lui est liée, de la richesse éprouvante et profuse qui s'y découvre : de la Cornouaille anglaise à l'Himalaya, en passant par la visite aux vignobles du Layon, la forêt jurassienne ou celle de Chantilly, le château de Rosambô, l'île de Batz, le massif de La Meije, la Mongolie aussi bien que l'Irlande ou la ville de Naples...
    Autant d'espaces saisis dans leur variété, leurs particularités et, plus encore, leur tonalité affective, subtile, irremplaçable.

  • Récit évoquant un séjour dans les Alpes suisses, à Bréona. Description d'une vie rude, rendue à l'élémentaire. Quête d'une harmonie avec un lieu élu. Des passages pudiques et de grande portée sur la perte, le deuil et l'absence des êtres chers.

  • Chemins et routes

    Claude Dourguin

    • Isolato
    • 20 Mai 2010

    « Vieille contrée d'embruns et de ciels toujours changeants [ ... ] les chemins vont creusés entre les champs, odorants, frais, humides jusqu'à s'étendre en canaux de fondrières gorgées d'eau, noirs d'ombre presque à toute heure. [ ... ], des sentiers ailleurs s'enfoncent dans les bois vêtus de sable blanc, note sévère, un peu ecclésiale des bruyères auprès, disparaissent vite, on hésite à les emprunter tant ils semblent destinés à des hôtes précis [ ... ] D'autres sont de plein vent, terre décapée, sentes étroites au sol, cicatrices indurées plus claires. [ ... ] » « Dans le Sud les chemins de terre, ocre, sienne pâle mènent leurs courbes lentes pour embrasser les collines [ ... ], ils accompagnent les champs, les cultures, souples avec la grâce et l'urbanité d'un geste, amicaux vont à la demeure [ ... ] crénelés des fûts sombres des grands cyprès [ ... ] ». Ainsi, « un livre des chemins, [ ... ] qui évoquerait, recenserait sans du tout faire oeuvre savante, les figures diverses des chemins, leurs histoires, leurs particularités géographiques. Ou bien un traité exact et poétique, recueil des singularités des reliefs et des terres, provinces et leurs façons de dire [ ... ] » Entre promenades et souvenirs en susciter les pages. Comme tout chemin, toute route est invite au parcours, sollicitation impérieuse de « là-bas », et, repris par la voix intérieure qui intime d'y souscrire sans réserve appel au départ autant que don d'ici - terres, villes, paysages -, nous voici requis. Itinéraires et vagabondages, moments et songes, bien des manières d'aller par monts et par vaux, sont inséparables du grand imaginaire des routes - ceux qui les empruntèrent et y trouvèrent nourriture, inconnus ou figures compagnes, Nietzsche, Stifter, Brahms, Dürer, tant d'autres, écrivains, peintres qui en fixèrent le rêve ; cartes et techniques et l'Histoire qui les a façonnées, bouleversées, peuplées.

  • Il est singulier que l'on ne fasse plus qu'un usage technicien des " textes " que sont devenues les oeuvres, au lieu de lire celles-ci et d'en tirer plaisir parce qu'elles nous aident à vivre.

    On souscrit bien sûr sans réserve à l'apostrophe de Mallarmé à Degas - " Ce n'est point avec des idées, mon cher Degas, que l'on fait des poèmes. C'est avec des mots. " Mais on aimerait rappeler une condition - qu'il y ait sous leur enveloppe un coeur battant, le coeur battant des choses, de la réalité et non une simple forme sonore ; et une conséquence - que le livre (beau ou pas d'ailleurs) soit fait pour aboutir au monde et non l'inverse. (Ceci après avoir dû éclaircir la défiance à l'endroit de ce poète ou plutôt l'absence d'intérêt sinon forcé à son endroit, en raison de son formalisme autant que de sa dramatisation de l'acte d'écrire.) Idée venue en considérant la cave et, d'autre part, le déballage des libraires, pêle-mêle effroyable : chacun, lecteur d'abord, n'aurait-il pas à gagner à exiger que sur le livre-produit, soit inscrit la mention " de garde " pour certains (équivalents des grands crus), et, pour les autres, la date limite de consommation ? Chacun, ainsi, choisirait selon son usage.

  • Laponia

    Claude Dourguin

    • Isolato
    • 10 Octobre 2008

    «Le matin fleurant la glace a tendu un ciel d'azur pâle dont le coeur s'émeut, fragile, insolite. Froissé de blanc au lever, les heures une à une l'ont lissé, purifié, et il règne désormais impeccable, dépositaire de l'élégance arctique faite de dépouillement, de subtilité, de vigueur à la fois...» Corps et âme sollicités l'un l'autre, c'est une terre extrême que l'on parcourt à skis. L'étendue comme en son état pur, les lumières, le blanc à perte de vue, la neige - la mono-tonie : qui, nourri de ses rêves, touché par la folie du Nord un jour l'a rejointe ne se sépare plus de la Laponie, y trouve une forme de son destin. Epopée paysagère et nomade, par fragments, que l'on tente de dire ici.

  • Au fil des jours, dans des registres variés, des événements, des rencontres adviennent, des présences surgissent. Termes de propos, d'écrits, de musique, d'images ; simples moments et leurs inflexions, travaux, instances de paysages aussi bien. Des figures, des manières de se tenir ici, des situations parfois.
    Insoucieuse de hiérarchie pour avoir choisi la continuité du monde et affir- mé la pluralité heureuse des univers, une sensibilité toute partiale dans son attention les surprend, les reçoit, les considère : l'activité d'écriture n'imagine pas de faire sécession. Ce sont nos points de feu.

  • Parages du nord

    Claude Dourguin

    • Isolato
    • 19 Novembre 2014

    Deux récits de voyage dans les régions septentrionales de l'Europe. Le premier, Aux couleurs de la Baltique, est une errance, une douce dérive le long du rivage de la mer Baltique. L'auteur évoque les paysages, les îles et archipels, villes et villages ...
    Le second, L'Architecture de glace, évoque Saint Petersbourg, sa démesure architecturale merveilleuse, sa musique et la présence des écrivains géniaux qui ont hanté cette cité.

  • Les nuits vagabondes

    Claude Dourguin

    • Isolato
    • 10 Octobre 2008

    «... des nuits difficiles - et voici, sans raison vraie, la belle figure de Buzzati -, glaciales qui laissent hagard, mordu par l'éveil inquiet ; des nuits sur tant de côtes de pays divers - il doit y avoir une géographie des nuits -, des nuits blanches, agrandies, démesurées, à l'écoute ; des nuits en mer, en montagne, en forêt ; des nuits peuplées de présences furtives ; des nuits parfumées et le corps s'abandonne bercé d'odeurs, et le sommeil emporte, léger tournoiement de l'ivresse aux yeux mi-clos. Qui murmure - «J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans» ? Dire les nuits dehors, chronique parcellaire [...] réciter, d'un moment l'autre, les nuits à la belle étoile. [...] Car l'étonnement, pour moi, le scandale, je le confesse, n'est pas d'être persan, mais de pouvoir ignorer le dormir dehors.»

  • Le Donegal, Ouessant, les Scilly, Brest ou Alesund...
    Voici un livre de mer, voué à quelques-uns de ses rivages, évocateur de ports, d'îles, de périples et d'horizons contemplés. Dans le vent, les changeantes lumières, les odeurs, le goût du départ se lie à l'appel des paysages. Mais cet ailleurs, cette énigme que promettent les horizons marins, le sens profond des lieux - leur vérité peut-être -, la peinture, seule, a vocation et pouvoir de l'explorer, de les révéler : voici un livre hanté par les peintres, qui va, comme son auteur des Lofoten à Boudin ou à de Staël, de rives en tableaux.

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