Carl Einstein

  • Juif berlinois, Carl Einstein (1885-1940) peut être aujourd'hui considéré comme un témoin exceptionnel des avant-gardes du xxe siècle. Ennemi de tout compromis, inventeur au sens plein du terme, qu'il s'agisse de littérature (en atteste Bebuquin) ou d'esthétique (en attestent notamment ses essais concernant l'art africain), Carl Einstein a eu l'insigne mérite de contribuer au renouvellement radical des modes de représentations et de créations, qu'il s'agisse de littérature ou d'histoire de l'art, créateur d'un style qui procède par fulgurances et par bonds, au point de pouvoir dérouter encore aujourd'hui quiconque s'intéresse à son oeuvre. C'est pourquoi Bebuquin, oeuvre de jeunesse de Carl Einstein, déroutante et parfaitement même indéfinissable, demeure une sorte d'objet littéraire non identifié.
    Réparti en dix-neuf chapitres, ironiquement qualifié de roman, Bebuquin, écrit entre 1906 et 1909, a le don de renverser les lois de l'écriture, comme les cubistes en leur temps avaient défié les lois de la peinture. Bebuquin, est-il besoin de le préciser, est un texte qui ne s'embarrasse d'aucune convention :
    Aucun narrateur, aucune intrigue, aucune histoire. Ici, nulle psychologie, nul déroulement linéaire d'un récit, personnages à peu près inidentifiables. OEuvre inclassable et décontertante, où se côtoient sans discontinuer la parodie, l'humour et le grotesque, pour aboutir à l'ébranlement continuel de la tradition littéraire, Bebuquin demeure encore aujourd'hui, et sûrement pour longtemps, un moyen de mettre à bas toute convention, en s'accomplissant dans une dynamique de création libre qui permet à l'art d'écrire d'acquérir une autonomie des plus affolantes. Aussi, par sa radicalité, sa modernité et sa liberté sans pareilles, cette oeuvre de Carl Einstein ne pouvait pas manquer de trouver place parmi cette collection des Cahiers de curiosités, en ce qu'elle représente, non seulement un jalon de l'histoire littéraire, mais encore, également, à n'en pas douter, une énigme qui demeure impérativement incontournable pour toute littérature à venir.

    1 autre édition :

  • Vivantes figures

    Carl Einstein

    Vivantes figures - tel est le titre que nous avons donné à un ensemble d'essais de Carl Einstein qui ont en commun de traiter de questions esthétiques, abordées aussi bien en rapport avec les arts plastiques ou les arts vivants (théâtre, danse) qu'en lien avec la littérature. Ainsi réunis pour la première fois, ces textes, pour partie posthumes, dont la rédaction s'étend des années 1910 aux années 1930, renouvellent fortement l'image de Carl Einstein.

  • Ces textes de Carl Einstein constituent, selon les termes de Jean Laude, les « incunables » d'une première réflexion théorique sur les Arts de l'Afrique en relation avec la production artistique de l'époque, le cubisme en particulier.

  • «Ce livre est un premier essai pour clarifi er le chaos de l'art de notre temps, pour séparer ce qui a de la valeur de ce qui n'en pas, pour montrer quels sont les intentions et les buts de la peinture et de la sculpture modernes en Europe.»

  • Georges Braque

    Carl Einstein

    Georges Braque, ce livre écrit en 1931-1932 et publié en 1934, dans le sillage de la première grande exposition des tableaux de Braque qu'Einstein organisa en 1933 à la Kunsthalle de Bâle, est une somme sur le cubisme et sur l'ceuvre du peintre préféré.
    C'est également une puissante réflexion sur l'art de son temps que Carl Einstein a longtemps mûrie et qu'il exprime dans un texte dense, polysémique, déroutant parfois, mais combien riche et stimulant !

  • La sculpture nègre de carl einstein, parue en 1915 à leipzig, compte au nombre des oeuvres maîtresses du xxe siècle.
    Elaborée en phase avec la naissance du cubisme en france, cette analyse formelle, novatrice et audacieuse, donna à l'art africain (dit " nègre " à l'époque) son statut définitif d'art à part entière. pour la première fois un européen portait sur l'art d'afrique subsaharienne un regard sans préjugé ni ethnocentrisme, découvrant des solutions possibles aux problèmes notamment de formulation de l'espace que se posaient alors les peintres modernes.

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