Revue Esprit

  • Esprit n.477 ; où habitons-nous ? Nouv.

    La question du logement nous concerne tous, mais elle peine à s'inscrire dans le débat public. Pourtant, avant même la crise sanitaire, le mouvement des Gilets jaunes avait montré qu'elle cristallisait de nombreuses préoccupations. Les transformations à l'oeuvre dans le secteur du logement, comme nos représentations de l'habitat, font ainsi écho à nombre de défis contemporains?: l'accueil des migrants, la transition écologique, les jeux du marché, la place de l'État, la solidarité et la ségrégation... Ce dossier, coordonné par Julien Leplaideur, éclaire les dynamiques du secteur pour mieux comprendre les tensions sociales actuelles, mais aussi nos envies de vivre autrement. À lire aussi dans ce numéro : le piège de l'identité, la naissance du témoin moderne, Castoriadis fonctionnaire, le libéralisme introuvable, un nouveau Mounier et Jaccottet sur les pas d'Orphée.

  • Esprit ; septembre 2021 Nouv.

    Esprit ; septembre 2021

    Esprit

    L'habitat nous concerne tous, mais peine à s'affirmer comme un enjeu de société. Pourtant, le mouvement des Gilets jaunes et la crise sanitaire l'ont remis au centre des préoccupations. En effet, les transformations du logement sont une caisse de résonance des défis contemporains : accueil des migrants, transition écologique, jeux du marché, place de l'État, solidarité et ségrégation...Ce dossier, coordonné par Julien Leplaideur (consultant « Habitat-inclusion-société »), étudie les dynamiques du secteur pour comprendre les tensions sociales actuelles, à la veille des élections présidentielles. Avec les contributions de Michel Agier (anthropologue de la ville), Christophe Robert (délégué général de la Fondation Abbé Pierre), William Le Goff (géographe), Vincent Le Rouzic (économiste), Nathalie Bittinger (maître de conférences en études cinématographiques) et Alain Damasio (romancier).

  • Nos attentes à l'égard de la littérature ont changé. Autant qu'une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd'hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l'importance prise par les enjeux d'écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d'enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l'écrivain aujourd'hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.

  • Montée des autoritarismes, fragilisation de l'adhésion aux institutions démocratiques, exacerbation des inégalités et colères populaires, toutes ces tendances ont contribué à profondément affaiblir le libéralisme politique.
    Rarement défini et souvent décrié, régulièrement associé au néolibéralisme ou au capitalisme, le libéralisme politique continue pourtant de représenter un ensemble de valeurs et d'institutions indispensables à la protection des libertés publiques et des droits individuels dans les sociétés démocratiques. Quel peut être son avenir aujourd'hui, et comment faut-il le repenser pour qu'il tienne ses promesses ? C'est à cette question que s'attachera le dossier de ce numéro. Avec des textes de Timothy Garton Ash, Jan-Werner Müller et Pierre Grosser.

  • Alors que le libéralisme est une force structurante de notre modernité, l'hostilité contemporaine à l'idée libérale repose sur des contresens qu'il convient de corriger. C'est ce à quoi s'attache ce dossier coordonné par Anne-Lorraine Bujon. Le libéralisme y apparaît comme une tradition plurielle, capable de se renouveler et de se combiner avec d'autres courants de pensée politique. Timothy Garton Ash le définit comme une méthode plutôt qu'un système : « une quête interminable pour déterminer le meilleur moyen de bien vivre ensemble dans les conditions de la liberté ». N'est-il pas temps de rénover le libéralisme, pour ainsi mieux le défendre ? À lire aussi dans ce numéro : l'Allemagne après la réunification, les pays baltiques, la mémoire selon Ernest Pignon Ernest, en lisant Noeuds de vie de Julien Gracq, et la vie de Konrad von Moltke, le délégué de la nature.

  • Les enquêtes de santé publique font état d'une augmentation de l'anxiété, de la dépression et des troubles du sommeil en raison de la pandémie et des mesures de prévention. La souffrance psychologique fait l'objet d'une attention croissante de la part du public, comme du gouvernement qui déclare vouloir « à tout prix éviter une troisième vague, qui serait celle de la santé mentale ».
    Mais celle-ci concerne de manière particulière les modes contemporains de notre socialisation, c'est-à-dire les affects des individus dans une société qui promeut l'autonomie comme valeur ultime. On le voit notamment dans la sphère du travail, avec les ambivalences de la flexibilité. La santé mentale est-elle la troisième vague ou une nouvelle donne sociale ? Quelles sont les ressources dont notre société de l'autonomie dispose pour transformer la fatigue et retrouver ses forces ?
    Autant de questions que le présent dossier, coordonné par Alain Ehrenberg, tâchera d'aborder. Avec des textes de Georges Vigarello, Emmanuel Alloa, Marie Jauffret-Roustide, Nicolas Marquis et Romain Huët.

  • Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l'épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu'il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu'il concentre l'essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d'un juste partage des responsabilités entre l'État et d'autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d'action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l'action publique, comment changer concrètement la figure de l'État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d'écologie et de justice sociale ? C'est à cette question que s'attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.

  • Les femmes sont au coeur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d'une visibilité et d'une prise de parole accrues des femmes dans l'espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l'avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l'existence d'un « sujet politique féminin ».

  • La science s'est divisée sur la place publique à l'occasion de la crise sanitaire, provoquant une vague de défiance. C'est une raison suffisante pour la critiquer, afin de rétablir le dialogue entre les sciences et les croyances, comme le propose le dossier coordonné par Camille Riquier. À lire aussi dans ce numéro : l'avenir de l'Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l'écocritique.

  • On oppose souvent science et croyance, comme si ces deux régimes de discours n'avaient rien de commun. Pourtant, l'expérience nous apprend que c'est généralement quand l'un des deux fait défaut que l'autre subit une crise. Dans le contexte pandémique actuel, l'incapacité des experts et des gouvernants à rendre compte dans l'espace public des conditions selon lesquelles s'élaborent les vérités scientifiques, aussi bien qu'à reconnaître la part de ce que nous ne savions pas, a fini par rendre suspecte toute parole d'autorité et par faciliter la circulation et l'adhésion aux théories les plus fumeuses. Comment s'articulent aujourd'hui les registres de la science et de la croyance ? C'est à cette question que s'attache le présent dossier, coordonné par le philosophe Camille Riquier, avec les contributions de Jean-Claude Eslin, Michaël Foessel, Bernard Perret, Jean-Louis Schlegel, Isabelle Stengers. À lire aussi dans ce numéro : l'avenir de l'Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l'écocritique.

  • Selon ce dossier coordonné par Carole Desbarats et Emmanuel Laurentin, les institutions culturelles sont confrontées depuis quelques temps à des enjeux que l'épidémie de coronavirus a rendus plus aigus encore. Alors même que le confinement a suscité une forte demande de culture, beaucoup de ces institutions sont aujourd'hui face à un tournant. À lire aussi dans ce numéro : Trump contre l'Amérique, des élections par temps de pandémie et des jeunes sans bercail.

  • Source d'inquiétude autant que de fascination, la Chine continue de représenter une énigme. Le socialisme « aux couleurs de la Chine » conjugue en effet un capitalisme sauvage avec un pouvoir centralisé dans une synthèse politique inédite. Le dossier explore le nouveau souverainisme, le pouvoir numérique, le rapport aux minorités et la gestion de l'épidémie. À lire aussi : projet de danger perpétuel, du fanatisme à la radicalité, la dissidence discrète de Marc Fumaroli, pour une philosophie de la préhistoire et la controverse Kundera.

  • Source d'inquiétude autant que de fascination, la Chine continue de représenter une énigme. Le socialisme « aux couleurs de la Chine » conjugue en effet un capitalisme sauvage avec un pouvoir centralisé dans une synthèse politique inédite. Le dossier explore le nouveau souverainisme, le pouvoir numérique, le rapport aux minorités et la gestion de l'épidémie. À lire aussi : projet de danger perpétuel, du fanatisme à la radicalité, la dissidence discrète de Marc Fumaroli, pour une philosophie de la préhistoire et la controverse Kundera.

  • Ces dernières années ont vu émerger la vague #MeToo, ainsi que des figures féminines importantes dans les soulèvements populaires à travers le monde.
    L'expérience des femmes aujourd'hui, issue d'une histoire sensiblement différente de celle des hommes (et irréductible à la domination masculine) a radicalement transformé la conscience collective durant les dernières décennies.
    Comment vivent les femmes aujourd'hui ? Avec les contributions d'Anne Dujin, Camille Froidevaux-Mettrie, Véronique Nahoum-Grappe, Joël Hubrecht, Ivan Jablonka, Geneviève Fraisse...

  • La récente vague de manifestations contre le racisme et les violences policières a montré qu'une partie de la jeunesse française a le sentiment d'étouffer. En choisissant de prêter attention à ce qu'elle exprime, on distingue d'abord une demande d'égalité et de justice : loin de constituer un défi aux principes républicains, celle-ci entend plutôt en actualiser l'héritage. À lire aussi dans ce numéro : l'unité européenne après la réunification allemande, le chemin du djihad, les cinq piliers de la laïcité, les pouvoirs de la Cour suprême et la rentrée littéraire.

  • La crise sanitaire provoquée par l'épidémie de Covid-19 donne de la vigueur aux critiques de la démocratie. Alors que certains déplorent l'inertie de la loi et que d'autres remettent en cause les revendications sociales, le dossier, coordonné par Michaël Foessel, répond en défendant la coopération, la confiance et la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les régimes d'historicité, le dernier respirateur, le populisme américain et l'oeuvre de Patrick Modiano.

  • La crise des Gilets jaunes a mis en lumière un rapport contradictoire des Français à leur État : au rejet des élites politiques et des hauts fonctionnaires se superpose un sentiment d'abandon et une demande d'État, ou en tout cas de services publics. La réponse, pour l'instant, est venue sous la forme d'une réaffirmation des prérogatives « régaliennes » de l'État, mais aussi de projets de « transformation de l'action publique » censé rendre l'État plus agile, moins coûteux et le rapprocher de la société. Ces projets de réforme réveillent un vieux fonds culturel qui fait de l'État français, centralisé et autoritaire, l'héritier de l'absolutisme, mais ils portent aussi la marque de l'idéologie néo-libérale qui promeut « la raison du moindre État ». Comment comprendre ces contradictions? Voulons nous encore, en France, faire le choix de l'État? Quel rôle et quel sens souhaitons nous lui donner? Avec des textes d'Antoine Garapon, Lucile Schmid, Philippe Bezes et Sebastian Roché.

  • À l'occasion d'une rétrospective Chris Marker à la cinémathèque française, Esprit consacre un dossier à cet artiste éclectique qui a collaboré étroitement avec la revue dans toute la période d'après guerre. Dans Esprit, Marker est journaliste et essayiste avant d'être cinéaste : engagé dans l'édition, l'éducation populaire, les mouvements de jeunesse puis les luttes coloniales, il teste dans ses articles la forme de l'essai qui distinguera particulièrement son cinéma, entre le reportage et l'enquête, l'élaboration poétique et la reconstruction historique, la réflexion sur le présent et celle sur ces racines. Toujours il est question de sortir de la guerre, non pas en fuyant la « preuve » documentaire ou la mémoire, mais en les laissant se frotter à l'imagination et à un réel toujours mouvant.

  • Comment est-on passé, en quelques décennies, d'une Pologne exemplaire, européenne, aux intellectuels brillants (Geremek, Michnik, etc.), à une Pologne nationaliste, euro-sceptique , anti migrants qui remet en cause l'État de droit ?
    Le dossier rendra compte des débats d'idées en Pologne aujourd'hui, notamment ceux qu'animent des intellectuels ou des acteurs sociaux de la nouvelle génération. Il s'agit de mettre en valeur tant ce qui relève de la spécificité d'une histoire longue (place de l'Église, mémoire de la guerre et de la Shoah) que du bilan contrasté des trente dernières années (transition démocratique, politiques européennes, mouvements de femmes). Après tout, ce que nous constatons dans ce « jeune » État membre européen a préfiguré, à bien des égards, les évolutions politiques en Autriche, en Italie, au Royaume Uni ou en Suède, qui ne sont pas d'anciens pays communistes « de l'Est ».

  • Suite à la crise des Gilets jaunes, ce dossier, coordonné par Jean-Louis Schlegel et Jacques-Yves Bellay, décrit une France en archipel de bassins de vie : certains fragiles et relégués, d'autres attractifs et dynamiques. À lire aussi dans ce numéro : la révolution tunisienne, la tragédie du Venezuela et l'esprit du christianisme.

  • L'idée d'universel est en crise. Elle serait la caution d'une prétention hégémonique de l'Occident. Groupes non mixtes dans les mouvements féministes ou antiracistes, accusation d'appropriation culturelle... : le débat tend à se radicaliser. Si la critique de l'universalisme est nécessaire, peut-on se passer de l'idée d'universel ? La crise de l'universel apparaît comme l'expression d'un rapport à la fois critique et malheureux de l'Occident à lui-même, dans une mondialisation qui le marginalise. Parallèlement, s'énoncent des discours de l'universel qui pensent la condition humaine dans sa diversité.

  • Le dossier, coordonné par Bernard Perret, regrette que la prise de conscience de la crise écologique ait si peu d'effet encore sur la science et les réalités économiques. C'est tout notre cadre de pensée qu'il faudrait remettre en chantier, si l'on veut que l'économie devienne soutenable. À lire aussi dans ce numéro : survivre à Auschwitz, vivre avec Alzheimer, le Hirak algérien, le jeu dangereux entre l'Iran et les États-Unis et un entretien avec les réalisateurs de Pour Sama.

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