Remue Menage

  • Des clubs privés londoniens à la Ligue du LOL, de la Sillicon Valley à Wall Street, Martine Delvaux s'intéresse aux regroupements d'hommes qui ensemble se relaient le pouvoir et font en sorte de le conserver. C'est dans les récits et les représentations qui défilent sur nos écrans qu'elle cherche à mieux les voir, à analyser leur mécanique. L'armée, les fraternités, les cabinets d'avocats, les firmes d'architectes, le Bureau ovale, tout y passe.
    Je veux faire surgir le boys club pour ce qu'il est : une organisation des corps, une chorégraphie qui est un rouage du patriarcat, la mécanique qui permet à la domination masculine de s'actualiser chaque minute de chaque jour de notre vie.

  • Qu'y a-t-il de commun entre Joyce Echaquan, mère de famille Atikamekw morte en septembre 2020 dans un hôpital de Joliette, et Marie-Joseph Angélique, esclave noire exécutée à Montréal en 1734 ?
    La militante de longue date Alexandra Pierre en aurait long à dire sur le sujet. Dans ce livre, elle s'entretient avec neuf femmes engagées afin de connaître leurs histoires de résistance et faire apparaître le fil qui les unit les unes aux autres. Elle en tire un matériau inédit, ancré dans les luttes passées et futures, et détaché des grandes trames du féminisme blanc et du militantisme traditionnel.
    Habilement orchestré, alternant de l'intime au politique, cet essai révèle une pensée en mouvement, généreuse et insoumise.

  • Qu'y a-t-il de commun entre la mort de Joyce Echaquan en 2020 et celle de Marie-Joseph Angélique en 1734? La militante de longue date Alexandra Pierre en aurait long à dire sur le sujet. Dans ce livre, elle s'entretient avec neuf femmes engagées afin de connaître leurs histoires de résistance et faire apparaître le fil qui les unit les unes aux autres. Elle en tire un matériau inédit, ancré dans les luttes passées et futures, et détaché des grandes trames du féminisme blanc et du militantisme de gauche. Habilement orchestré, alternant de l'intime au politique, cet essai révèle une pensée en mouvement, généreuse et insoumise.

    «Toutes nos histoires sont interconnectées. Nous sommes toutes des soeurs de lutte.» - Émilie Monnet et Marilou Craft, extrait de la préface

    Avec la participation de Avni, Dalila Awada, Naïma Hamrouni, Widia Larivière, Marlihan Lopez, Abisara Machold, Hirut Melaku, Sheetal Pathak et Alejandra Zaga Mendez.

  • La question des jeunes trans gagnerait à être mieux connue du grand public. Longtemps, les identités trans et non binaires chez les enfants et les jeunes ont été comprises comme des pathologies du développement à mettre en veilleuse, voire à corriger. Or, la littérature scientifique actuelle et l'expérience du terrain nous montrent que les identités de genre non conformes sont une expression parmi d'autres de la diversité humaine. Défendant une approche dite «transaffirmative», qui repose sur une vision non binaire du genre, non pathologisante, respectant l'autodétermination et l'expertise des personnes sur leur vie, cet ouvrage pluridisciplinaire entend fournir des fondements théoriques et pratiques sur le sujet, dans le but d'accompagner et d'améliorer la qualité de vie de ces jeunes.

    Avec des textes de Éli Abdellahi, Florence Ashley, Alexandre Baril, Greta Bauer, Gabrielle Bouchard, Lucile Crémier, Aaron Devor, Karine Espineira, Maxime Faddoul, Annie Fontaine, Andrée-Ann Frappier, Gabriel Galantino, Shuvo Ghosh, Gabriel Girard, Andreea Gorgos, matthew heinz, Valeria Kirichenko, Zack Marshall, Denise Medico, Annie Pullen Sansfaçon, Jake Pyne, Marjorie Rabiau, Muriel Reboh Serero, Marie-Joëlle Robichaud, Jean-Sébastien Sauvé, Françoise Susset, Charles-Antoine Thibeault, Jacques Thonney, Raphaël Wahlen et Adèle Zufferey.

  • Le documentaire Petite fille en 2020 nous aura rappelé que la question des jeunes trans gagnerait à être mieux connue du grand public. Longtemps, les identités trans et non binaires chez l'enfant ont été comprises comme une pathologie du développement à mettre en veilleuse, voire à corriger plus tard.

    À l'image des personnes homosexuelles qui ont subi ces mêmes violences, un·e enfant qui exprime une identité de genre non conforme n'est absolument pas malade. Défendant l'approche dite « transaffirmative », qui repose sur une vision non binaire du genre, non pathologisante, respectant l'autodétermination et l'expertise des personnes sur leur vie, cet ouvrage pluridisiciplinaire entend fournir des fondements théoriques et pratiques sur le sujet, dans le but d'accompagner et d'améliorer la qualité de vie de ces enfants souvent vulnérables.

  • Luxure, nom féminin : comportement de quelqu'un qui se livre sans retenue aux plaisirs sexuels.

    Les codirectrices de Libérer la colère poursuivent leur relecture libre et féministe des péchés capitaux en s'attaquant cette fois à une bête redoutable : le sexe. Qui a dit que la libération sexuelle des années 1970 avait vraiment «libéré» notre sexualité ? Est-ce que le devoir conjugal n'appartient qu'à la génération de nos grands-mères ? Comment se fait-il que le fossé orgasmique soit encore si profond?

    De l'asexualité au BDSM, du polyamour au consentement enthousiaste, ces textes culottés réclament haut et fort une nouvelle révolution sexuelle, une réinvention de nos rapports intimes. Si le privé est politique, la sexualité est la clé de voûte de véritables rapports égalitaires. Nous réclamons le droit à la jouissance complète de nos vies. Si dans Libérer la colère nous disions être des féministes frustré·e·s, nous constatons dans Libérer la culotte que nous sommes aussi mal baisé·e·s.

  • La pandémie mondiale de covid-19 a mis en relief le rôle central des métiers du soin dans lorganisation de nos sociétés. Au-delà des applaudissements et des références aux « anges gardiens », quen est-il des revendications de ces travailleuses qui prodiguent, chaque jour, des soins aux personnes malades, blessées, handicapées, fragiles ? À quelle vision du soin aspirent-elles ?
    Le désastre écologique en cours laisse présager la multiplication des crises sanitaires telles que celle que nous traversons. Jusquà maintenant, nos dirigeants ont montré leur incapacité à y répondre sans creuser les inégalités socioéconomiques et épuiser les travailleuses. Quelles soient infirmières, sages femmes, herboristes ou médecins , quelles réfléchissent aux conséquences du néolibéralisme sur la santé des populations, les autrices ouvrent des pistes pour changer de cap. Ces voix sénoncent à partir du Québec, du nord de lOntario, dHaïti, du Sénégal, de la France, de la Belgique et du Chiapas.

  • Féminisme et religion sont-ils mutuellement exclusifs, voire irréconciliables? Devons-nous absolument vivre des déchirements autour de ces enjeux fondamentaux ? À l'heure des tensions que l'on connaît en Occident et de la hausse des discriminations liées aux signes religieux, tout porte à croire que oui. Dania Suleman pense plutôt le contraire. Avec cet essai bref et brillant, écrit dans un souci de vulgarisation, elle saute dans l'arène dans le but avoué d'amorcer une réconciliation.

    La coexistence de la liberté de religion et de l'égalité des sexes est une question sensible qui n'est pas sans comporter de pièges. Dania Suleman sait les éviter pour nous mener ailleurs. Là où il est possible de reconnaître la dimension patriarcale des religions à travers l'histoire, mais du même souffle, le rôle qu'elles jouent dans l'intégration sociale de la population immigrante. Possible de constater que les tribunaux canadiens savent faire la part des choses pour protéger les femmes, sans hiérarchiser ces droits constitutionnels. Possible d'explorer le travail des théologiennes féministes postcoloniales qui revisitent les textes sacrés. Une réflexion salutaire puisant à la sociologie, au droit et au féminisme, qui vient revaloriser l'autonomie et la liberté des femmes tout en offrant un point de vue incarné sur l'identité religieuse. Et surtout, qui peut contribuer à apaiser les fractures sociales.

  • Féminisme et religion sont-ils mutuellement exclusifs, voire irréconciliables ? Devons-nous absolument vivre des déchirements autour de ces enjeux fondamentaux ? Dania Suleman pense que non.

    Avec cet essai bref et brillant, écrit dans un souci de vulgarisation, elle saute dans l'arène dans le but avoué d'amorcer une réconciliation entre ces deux droits constitutionnels : égalité des droits et liberté spirituelle. Une réflexion salutaire puisant à la sociologie, au droit et au féminisme, qui vient revaloriser l'autonomie et la liberté des femmes tout en offrant un point de vue incarné sur l'identité religieuse, et surtout, qui peut contribuer à apaiser les fractures sociales.

  • Quand ont commencé ces Correspondances libres, furieuses et joyeuses entre jeunes féministes, en 2008, le web avait encore l'air d'un vaste boy's club. Il était habituel de considérer le féminisme comme dépassé, de prétendre que les jeunes femmes ne s'y intéressaient guère. Or, depuis qu'elles ont pris la toile d'assaut, nous avons découvert une génération de jeunes féministes courageuses, créatives et bavardes, aussi solides dans l'analyse de la culture pop et des mouvements sociaux de partout dans le monde que dans la gestion des trolls et la solidarité. Le blogue Je suis féministe a servi de porte d'entrée pour des dizaines de jeunes femmes francophones en manque de tribunes. C'est dans cet espace privilégié qu'elles se sont affirmées, qu'elles ont démarré de nombreux débats et donné vie à une culture féministe propre au web, qu'il est devenu impossible d'ignorer aujourd'hui.

    Les filles de Je suis féministe passent au papier, pour garder une trace de cette aventure collective marquante, et réfléchir au chemin parcouru. Cette anthologie comprend des textes de 30 auteures, écrits entre 2008 et aujourd'hui, et portant sur des sujets aussi variés que le viol, la maternité ou le coming out féministe, en passant par la publicité, le féministe pop et la violence policière.

  • Nées en Italie dans les années 1940, Silvia Federici et Mariarosa Dalla Costa sont des militantes pionnières et des intellectuelles féministes de premier plan. Dans ces entretiens inédits menés par l'historienne Louise Toupin, elles reviennent sur le mouvement qu'elles ont cofondé en 1972, le Collectif féministe international, qui fut à l'origine d'une revendication radicale et controversée au sein du féminisme, celle de la rémunération du travail domestique invisible.

    À partir de cette riche expérience, elles racontent comment s'est complexifiée leur pensée au fil du temps, et formulent une critique intersectionnelle du capitalisme néolibéral, à partir de la notion de crise de la reproduction.

  • Deuxième titre de la collection Martiales proposant de nouvelles voix issues des marges, Les Enragé·e·s de Valérie Bah nous entraînent à travers l'Amérique du Nord des années 1990 et 2000.

    À travers cette suite de récits sans concessions, on voit apparaître et réapparaître des personnages dont on devine les liens au fil de la narration fragmentée : une mère puissante, une sculptrice vengeresse, une ado indomptable, une amante éperdue et tant d'autres âmes à la fois résolues, damnées et triomphantes.

    L'écrivaine trace ainsi, dans un style tranchant et impitoyable, le portrait d'une sororité imprenable que n'arrivent guère à ébranler la violence sociale, les traumas et les faux-semblants.

  • Celles qui s'affirment comme féministes, ou qui réclament simplement plus de justice sociale, deviennent vite la cible de critiques et d'attaques. Le féminisme crée la polémique et on demande sans cesse aux femmes de le justifier. L'égalité serait déjà atteinte. Les luttes des femmes seraient dépassées, il faudrait maintenant s'inquiéter des hommes... Et quoi encore ? Tous ces blocages prennent forme dans un imaginaire collectif patriarcal, ignorant de l'histoire des femmes et contaminé par de tenaces préjugés. Or, les inégalités persistent et, pendant que nous nous expliquons, nous ne nous y attaquons pas.
    Ce manuel de survie en milieu hostile arrive à la rescousse de celles qui veulent des arguments pour ne plus trahir leurs idées et des stratégies pour riposter à leurs adversaires.
    Vulgarisant les principales notions théoriques, historiques et politiques du féminisme tout en démystifiant la diatribe masculiniste, ce petit traité militant peut se glisser aussi bien dans la poche d'une consoeur aguerrie que dans celle d'une néophyte. Gageons que, bien outillées, les féministes consacreront moins d'énergie à se défendre, et passeront à l'action.

  • En matière de sexualité, rares sont les références présentant des informations justes, critiques et inclusives. C'est l'exploit que réalise Our Bodies, Ourselves, véritable classique de santé des femmes. Dans cette première adaptation francophone, Corps accord propose un guide accessible sur l'intimité et la sexualité. Comment la culture influence-t-elle l'expérience de la sexualité?? Comment conjuguer désir et handicaps ou maladies chroniques ? De quelles façons se vit le plaisir sexuel ? Que recouvre la notion de consentement ? On y trouve des connaissances issues de la recherche, des points de vue féministes ainsi que des témoignages de personnes aux expériences variées.

  • Dans cet essai mordant qui se donne de faux airs de flânerie, Valérie Lefebvre-Faucher procède à une minutieuse enquête. Son sujet est sérieux, immense, spirituel même : l'héritage littéraire du marxisme. C'est qu'à force de côtoyer des militants, ses antennes féministes commencent à envoyer des signaux d'alarme.

    Quelque chose ne tourne pas rond au royaume marxien : « Vous qui possédez le petit Karl comme un catalogue d'outils fiables, à dégainer dans toutes les situations. Que savez-vous de l'oeuvre d'Eleanor Marx ? De l'influence de Jenny ou de Laura Marx ? Camarades, quelqu'un vous a-t-il parlé d'elles pendant ces nombreuses années d'université ? ».

    Une simple promenade qui chamboule tout.

  • L'école enseigne-t-elle l'hétérosexualité ? Dans la cour de récréation comme en classe, les jeunes ont tôt fait de comprendre quels corps et quels comportements sont admissibles. Ce livre passe au crible une culture scolaire qui contribue à reconduire des normes de genre et de sexualité, souvent à son insu. Il montre comment les programmes, les manuels et les pratiques enseignantes peuvent maintenir les élèves dans l'ignorance quant à leur identité et leurs désirs, voire alimenter la violence.

    Dressant un portrait actuel de l'éducation à la sexualité en France et au Québec, il propose des pistes d'intervention afin de rendre les contenus scolaires véritablement inclusifs et anti-oppressifs.

  • Les crises environnementales sont aussi des crises humanitaires. Les changements climatiques, la pollution, les catastrophes ont des effets directs sur les populations et quand un drame survient, il ne suffit pas d'arrêter les déversements et d'éteindre les feux. Il faut aussi réparer, nourrir, prendre soin, des gestes de l'ombre qui incombent traditionnellement aux femmes. Aussi, les périodes de crises politiques, de famines, de pauvreté, les grandes transformations sociales peuvent être des périodes de grande violence et d'augmentation des injustices. Il y a une urgence écoféministe. Les auteures de ce livre pensent que l'écoféminisme est une clé importante pour comprendre le monde actuel et espérer le préserver. Si on connaît peu les écoféministes, elles sont pourtant partout dans les mouvements pour la démocratie directe, pour la convergence des luttes, altermondialistes, anticapitalistes, militantes de la transition et féministes de la troisième vague, partout dans les quartiers, les maisons, les organismes où l'on cherche à prendre soin du monde localement.

    Ce livre veut faire apparaître l'écoféminisme d'aujourd'hui. Pour ce faire, il donne la parole à des auteures aux engagements très différents les uns des autres. Elles s'intéressent, en effet, à des sujets variés comme l'organisation locale démocratique, la décolonisation, la résistance aux grands projets d'exploitation des ressources, les droits des animaux, la crise de la reproduction, la place des femmes dans le retour à la terre, la financiarisation du vivant, etc. Toutes sont mues par l'urgence de préserver les conditions de vie sur Terre. Et pensent que nous n'y arriverons pas sans rompre radicalement avec l'idéologie de domination, l'attitude de maîtres et de propriétaires qui caractérise le rapport des humains avec la nature.

  • Une crise de la masculinité, dit-on, sévit dans nos sociétés trop féminisées. Les hommes souffriraient parce que les femmes et les féministes prennent trop de place. Parmi les symptômes de cette crise, on évoque les difficultés scolaires des garçons, l'incapacité des hommes à draguer, le refus des tribunaux d'accorder la garde des enfants au père en cas de séparation, sans oublier les suicides. Pourtant, l'histoire révèle que la crise de la masculinité aurait commencé dès l'antiquité romaine et qu'elle toucherait aujourd'hui des pays aussi différents que le Canada, les États-Unis et la France, mais aussi l'Inde, Israël, le Japon et la Russie. L'homme serait-il toujours et partout en crise?

    Dans ce livre, Francis Dupuis-Déri propose une étonnante enquête sur ce discours de la «crise de la masculinité», dont il retrace l'histoire longue et ses expressions particulières selon le contexte et les catégories d'hommes en cause, notamment les «hommes blancs en colère» ainsi que les Africains-Américains et les «jeunes Arabes». Il analyse l'émergence du «Mouvement des hommes» dans les années 1970 et du «Mouvement des droits des pères» dans les années 1990 et leurs échos dans les réseaux chrétiens et néonazis. Il se demande finalement quelle est la signification politique de cette rhétorique, qui a pour effet de susciter la pitié envers les hommes, de justifier les violences masculines contre les femmes et de discréditer le projet de l'égalité entre les sexes.

  • La question de la reconnaissance du travail invisible des femmes dans les familles et dans la société fait du surplace depuis au moins 40 ans. Où en sommes-nous aujourd'hui face à ces enjeux soulevés par les féministes durant la décennie 1970, et comment s'expriment-ils dans différentes communautés ou milieux, des travailleuses du sexe aux proches aidant·e·s ? Quels sont les nouveaux aspects de l'invisibilité de ce travail "considéré féminin", et, plus généralement, où en sont les revendications en matière de reproduction sociale ?

    Ce recueil entend dresser un état des lieux de la question et des mobilisations à mener, avec des actrices directement au coeur de ces enjeux.

  • Cette anthologie présente le travail de 55 poètesses (165 poêmes) qui incarnent les mouvances de la poésie québécoise actuelle.

    Ouvrage de référence, ce livre propose de découvrir et de célébrer, dans une approche intersectionnelle et intergénérationnelle, une sélection d'oeuvres frondeuses d'un milieu en pleine effervescence.

  • À chaque mouvement de libération, sa réplique contre-révolutionnaire: c'est ce que nous enseigne l'histoire. Les luttes féministes n'y font pas exception. Décrié à droite comme un réel péril pour la stabilité sociale et l'avenir de la nation, à gauche comme une lutte secondaire à inscrire dans un bien plus vaste programme, le féminisme a toujours dérangé ceux qui trouvent intérêt à préserver le régime patriarcal. Tant sur le plan des idées que de l'action, l'antiféminisme se déploie suivant une logique réactionnaire, dont la visée, consciente ou pas, serait de revaloriser une condition masculine mise à mal. Pour arriver à leurs fins, les antiféministes usent de stratégies discursives comme la désinformation ou le recours à la nostalgie du «bon vieux temps» et à l'ordre naturel. Ce sont précisément ces discours revanchards, présents sur toutes les scènes, de celle de l'humour à celle du militantisme, que cet ouvrage entend décortiquer. «L'antiféminisme a accompagné toute l'histoire du féminisme, en dénonçant ses excès ou en s'empressant d'en dresser le constat de décès. Il couvre un spectre très large, mais il comprend toujours une dénonciation de la liberté et de l'égalité que revendiquent les féministes pour toutes les femmes.» [extrait de l'introduction] Des textes de Julie Abbou, Jérôme Cotte, Francine Descarries , Francis Dupuis-Déri, Sara Garbagnoli, Diane Lamoureux, France Théoret et Sidonie Verhaeghe.

  • J'ai peur des hommes

    Vivek Shraya

    Vivek Shraya a des raisons d'avoir peur des hommes. Tout cela a commencé lorsque, enfant, on la maltraitait parce qu'elle n'était pas assez garçon; cela s'est poursuivi lorsque, adulte, on l'a punie parce qu'elle n'était pas assez femme, ou parce qu'elle en était une tout simplement. Pour Shraya, il n'y a pas d'échappatoire, que des stratégies de survie, de la performance forcée de la virilité de sa vie d'avant aux contraintes quotidiennes que lui imposent aujourd'hui sa vie de femme trans, cible de toutes les cruautés, les humiliations, les déconsidérations. Dans une écriture franche et bouleversante, elle livre un témoignage lucide sur le fil qui relie la masculinité toxique, la misogynie, l'homophobie et la transphobie.

    J'ai peur des hommes, paru chez Penguin Random House en 2018, a été nommé Meilleur livre par The Globe and Mail, Bitch Magazine, Indigo, Audible, CBC, Apple, le Writers' Trust of Canada et la Brooklyn Public Library.

  • L'intersectionnalité, telle qu'élaborée par les féministes noires dans les années 1980, permet de réfléchir aux rapports de pouvoir dans leur complexe enchevêtrement. Au-delà d'un certain effet de mode, cette éthique est plus que jamais nécessaire pour comprendre le monde, à l'aube d'une décennie marquée par un virus ayant partout exacerbé la violence et les inégalités, et mis en évidence les systèmes de privilèges.

    Et qu'arrive-t-il lorsque l'on porte ce regard attentif sur les médias? Les textes rassemblés dans cet ouvrage explorent avec aplomb les questions de l'inclusion et de l'exclusion médiatiques. Que décoder du traitement média réservé au port du hijab dans le sport, aux agressions sexuelles à l'endroit des femmes noires et autochtones, ou encore, de la place de la sourditude et des transidentités dans l'espace public? Un recueil qui amène son lot de réponses éclairantes et douloureuses, une rareté dans le paysage des études culturelles et médiatiques francophones.

    Avec des textes de Alexandra Barbeau et Stéphanie Defoy-Robitaille, Kenza Bennis, Célia Bensiali et Emory Shaw, Karine Bertrand, Nathalie Bissonnette, Gabrielle Caron, Adèle Clapperton-Richard et Catherine Laplante, Geneviève Gagné, Véronique Walsh et Josette Brun, Charles Ouellet et Anne-Sophie Gobeil, Laurence Parent et Véro Leduc, Kharoll-Ann Souffrant et Ingrid Guesdon, Marilou St-Pierre, Bochra Manaï et Christopher Lavie Mienandy, ainsi que Valérie Yanick.

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