Le Manuscrit

  • Arabe Si c'est un homme

    Primo Levi

    Attention, cette présentation est la quatrième de couverture à votre livre imprimé. C'est une introduction que vous adressez à vos lecteurs, elle doit susciter leur intérêt, amorcer l'histoire (sans en dévoiler l'issue), planter le décor, introduire le ou les personnages principaux. Elle doit révéler votre style, l'originalité de vos sujets et de vos thématiques. Enfin, cette présentation pourra saisir les enjeux de votre réflexion et vos intentions d'auteur (rédigées à la 3e personne).Attention, cette présentation est la quatrième de couverture à votre livre imprimé. C'est une introduction que vous adressez à vos lecteurs, elle doit susciter leur intérêt, amorcer l'histoire (sans en dévoiler l'issue), planter le décor, introduire le ou les

  • Des femmes qui se retrouvent pour partager leurs déboires avec leurs belles-mères, des supplices inventés pour se défouler de la frustation à devoir les supporter, une soupape d'humour pour ne pas craquer et renvoyer ladite mégère dans ses pénates. Mais la plaisanterie tourne au cauchemar, le jour où une vieille fille décide de gagner l'admiration de Chloé, la presidente du club, et celle de ses amies en agressant leurs belles-mères pour les venger...Un jeu de piste s'engage pour la débusquer et tout le monde est mis à contribution.

  • Un enfant qui, tout petit, a été confronté à un terrible secret, peut-il devenir un adulte semblable aux autres ? Comment fait-il face aux choses cachées, dont il devine obscurément l´effrayante présence ? Comment, plus tard, devient-il père et époux ? Comment devient-il un homme ? Jean-Claude Snyders tente de répondre à ces questions, et à bien d´autres, à travers ce récit autobiographique d´un enfant placé très jeune devant le silence de son père, sur un épisode particulièrement douloureux de la vie de celui-ci.

    En mal d´affection et en recherche d´identité, l´enfant imposera peu à peu sa présence à cet étranger, lui manifestant un soutien constant. Père et fils devront s´apprivoiser. Les blessures de l´Histoire, qui ont marqué ses parents et dont il a reçu le violent contrecoup, pourront-elles s´apaiser un jour ?

    Dans un texte publié en fin de volume, Georges Snyders, père de l´auteur, éclaire ces problèmes d´une nouvelle lumière.

  • Après avoir refermé le manuscrit de Simone Polak, m'est venu spontanément à l'esprit ce mot de Vladimir Jankelevitch dans son livre L'imprescriptible : « On croyait savoir et on ne savait pas encore, ni à quel point. » À l'instar de Charlotte Delbo, Simone Polak réussit à nous dire avec une sobriété inouïe (rien d'incantatoire ni de larmoyant) une barbarie et une souffrance ayant appartenu à une Planète (la « Planète des cendres » comme l'a qualifié Haïm Gouri) au-delà des mots, au-delà de tout langage. Et ceci avec une réserve, une distance, que l'on retrouve aussi sous la plume de Primo Levi, et qui nous fait toucher la vérité. Seule, sans doute, elle peut nous communiquer son expérience, nous faire sentir le désespoir de son immense solitude mais aussi nous faire croire en la capacité en l'être humain de vivre, comme elle en témoigne lorsqu'elle s'adresse à un officier SS en prétendant avoir 16 ans et être couturière : « Mon audace me sidère encore, avoir osé exister ! » Un livre qui nous donne envie de continuer à l'interroger avec nos questions naïves, à lui demander, dans la mesure où l'on ne comprend que trop, comment tant de déportés ont été assassinés par millions là-bas, comment quelques-uns comme elle ont survécu, et surtout comment ces survivants ont pu redevenir des vivants. Notre reconnaissance ira aussi à Muriel Klein-Zolty, elle-même petite- fille de déportés, qui a réussi cette difficile tâche de construire un dialogue entre elle et Simone Polak, et pour avoir eu le courage de l'accompagner dans ce retour bouleversant sur son passé afin de donner forme à ce livre. René Gutman Grand rabbin Émérite de Strasbourg et du Bas-Rhin

  • Depuis Amsterdam, Berlin et Paris, Etty Hillesum, Charlotte Salomon et Hélène Berr rêvaient de se réaliser en tant que femmes à travers l'amour, et en tant qu'artistes à travers l'écriture, la peinture et la musique. De ces promesses de vie et de créativités qui leur ont été confisquées à l'âge de tous les possibles, trois oeuvres magnifiques ont néanmoins émergé de leur nuit. Elles nous parlent de dépassement de soi par l'art, par la foi, par l'engagement, mais elles portent aussi la parole mémorielle de tous les autres partis sans laisser de trace.
    La vie qui était en elles triomphe ainsi du silence et de l'oubli et sillonne désormais le monde par-delà les langues, les religions et les âges grâce à l'implication sans réserve d'hommes et de femmes s'exprimant dans ce volume. Leurs interventions contribueront donc à offrir en partage, notamment à la jeune génération, l'héritage humain et artistique de ces trois jeunes femmes aux destins bouleversés par l'Histoire.
    Cette rencontre éphémère à travers leur oeuvre le temps d'un colloque, nous permet enfin de rester fidèles à la promesse faite et d'espérer l'inscrire dans une parcelle d'éternité.

  • L'histoire des Juifs après leur expulsion d'Espagne en 1492 jusqu'à leur nouvelle installation dans les villes de l'Empire Ottoman a été une vraie odyssée. Certaines de ces villes, parmi lesquelles celle qui hébergeait la plus importante communauté, Salonique, sont devenues grecques à l'aube du XXème siècle. Les Juifs espagnols sont devenus au fil des siècles des Sépharades de l'exil, puis des Juifs Saloniciens bien enracinés dans leur ville et finalement, après 1912, des Juifs grecs. Il en fut de même pour tous les Juifs sépharades d'une quinzaine de villes dans le Nord de la Grèce. C'est en tant que Juifs grecs qu'ils vont être exterminés à Auschwitz-Birkenau et à Treblinka en 1943 et 1944.
    Dans cet ouvrage, les étapes les plus importantes dans la construction et la transformation de leur identité sont suivies de près, en constituant un de ses fils conducteurs. Le sort de tous les Juifs grecs (sépharades et romaniotes) pendant l'Occupation et la mémoire de leur extermination constitue le second fil : déportation et extermination pour la majorité de la population, engagement dans la Résistance ou fuite et survie en se cachant pour une minorité.
    Le silence qui a recouvert l'événement pendant de longues décennies et ses causes, l'émergence de cette mémoire et les voies qu'elle suit, les jalons de la mémoire culturelle de la Shoah en Grèce font aussi l'objet de cette étude. Cette mémoire, si longtemps occultée, commence ces toutes dernières années à se faire une place dans la mémoire collective grecque.

  • « Ce sont eux, ces témoins qui ont vraiment écrit l'histoire des Juifs de Tunisie entre novembre 1942 et mai 1943. Ce sont dans ces récits que quelques historiens ont puisé leurs sources depuis soixante-dix ans. Nous devions tous les éditer ou les rééditer pour les rendre disponibles. Ces témoignages sont particulièrement précieux pour celui qui veut monter dans la machine à remonter le temps et en ces lieux où les Juifs tunisiens étaient taillables et corvéables et où leurs persécuteurs rêvaient de massacres que seule leur victoire pouvait provoquer, ou de déportation rendue impossible par le manque de navires et par la domination de la Navy. À ces obstacles auxquels se heurtait la barbarie.

  • Parle-moi mon coeur

    Bernard Abry

    « Je suis double et singulier et peut-être schizophrène car de droite et de gauche ! Qui suis-je ? » Anesthésiste-réanimateur en chirurgie cardiaque depuis de nombreuses années, l´auteur a imaginé faire parler le coeur, organe central et source de fantasmes. Il nous raconte avec malice, humour et parfois philosophie ses maladies, les souffrances que les hommes lui infligent et comment ces hommes s´ingénient à le réparer avec plus ou moins de bonheur et de succès. Les futurs opérés trouveront là des réponses simples aux questions complexes qu´ils se posent. Les soignants y trouveront un autre éclairage sur leur pratique. Tous les autres s´amuseront de cette approche originale.

  • Sans oublier la nuit

    Rigaud-J

    Frappé par le malheur, un vieil homme décide d'entreprendre avec sa femme un ultime voyage à travers la Russie des années 90. C'est dans les « nuits blanches » de Saint-Pétersbourg qu'ils doivent affronter les fantômes de leur passé. Quelques années plus tard, un étudiant français, installé à Saint-Pétersbourg, nous apprend à travers son journal la destinée de ce couple. Ecrit dans un style plein de finesse, ce roman, qui n'est pas sans rappeler la virtuosité des romans russes, nous conduit vers un dénouement bouleversant. Jean-Paul Rigaud est né à Athènes en 1947. Il vit d'abord en Grèce puis en Allemagne avant d'intégrer une école d'enfants de troupe. Agrégé de Lettres, il enseigne maintenant dans des Classes préparatoire à La Rochelle, où il a décidé de s'installer définitivement.

  • Arabe Journal d'anne frank

    Anne Frank

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  • Dès le début du XXe siècle, poussés par leur désir de poursuivre les « savoirs nouveaux », les intellectuels chinois sont très attentifs à l'évolution de la pensée occidentale et tentent d'accéder eux-mêmes à cette modernité philosophique. Il est donc naturel que Sartre, tout comme d'autres précurseurs de l'existentialisme, ait suscité leur intérêt. Malgré les conditions culturelles difficiles pendant la Seconde Guerre mondiale, Sartre a donc été lu en Chine, où un vaste engouement pour la pensée sartrienne se fît jour, presque en même temps qu'en France.
    Mais les conditions politiques désastreuses de l'époque ne permettaient pas que cet engouement demeurât constant. Quelle évolution, dès lors, pour l'influence de Sartre sur les penseurs chinois après la seconde Guerre Mondiale ?

  • Lola FEUILLERES a 10 ans en 1962. Pendant un an, sa vie va être perturbée par des événements familiaux révoltants qui vont la bouleverser, la faire souffrir et la faire grandir. Les questions graves de l'existence surfent sur la crête de ses journées avec insolence et effronterie, ironie et cruauté, mais aussi avec drôlerie. Dans une recherche d'amour, de justice, de transparence et de liberté. Quel sera le prix à payer pour faire le deuil de l'enfanceoe faire le deuil du père...oe Catherine REGNIER-BONNISSENT appartient à la famille de Jean JAURES, une ascendance qui lui donne très tôt le sens de la justice. Elle signe ici son deuxième ouvrage : on y retrouve l'humour, la pâte poétique et l'esprit rebelle déjà présents dans Histoire d'IL.

  • Michel, Clara et leur fils Nathanael sont juifs. Ils détiennent depuis plus de vingt ans une serre conquise sur le désert dans la région de Goush Katif. Témoins directs du violent conflit qui oppose les armées de Tsa'hal et les troupes Palestiniennes, le couple assiste à la mise en place du plan d'évacuation de la bande de Gaza. A la recherche d'une solution pacifique, ils multiplient manifestations publiques, appels au gouvernement, prières et entraides. Impuissants et résignés, ils doivent cependant renoncer à leur terre lorsqu'Israël fait évacuer de force les populations juives.

  • Les vacances, la mère de Luc fait un AVC, il va assister à cette réunion d'anciens élèves à laquelle elle tenait tant, le vieil instituteur haï, tout cela va dépoussiérer les souvenirs. Pendant ces événements, Krso le corbeau discute avec Pneso la corbe, des secrets d'hommes et de ponts entre les mondes. Les tarots, Luc a tant de choses à comprendre sur son enfance, sur ces malaises si présents en lui. Le monde est mon miroir, dit-il, il va le lire. Les livres, lorsque Luc s'interroge, qu'il sent un secret pesant, il les dévore, il apprend, comprend, intègre. Trois mondes parallèles et pourtant interconnectés, c'est l'envol de Luc le chaman Corbeau.

  • Née à 32 ans

    Brigitte Guilbau

    Gaëlle, c'est une fille. Une fille sympa, une amie à moi. Le problème de Gaëlle, c'est qu'elle a eu beau dire qu'elle était une fille, personne ne la croyait. Parce que, Gaëlle, quand elle est née, c'était un garçon.D'abord, elle a essayé désespérement d'être ce qu'on disait qu'elle était et puis, elle a dit non... A 32 ans, une analyse génétique lui révèle qu'elle est une femme et l'état autorise, dans ces conditions, l'opération. Mais comment la payer légalementoe C'est l'histoire d'une vie pas comme les autres parce que la fée du sexe s'était trompée. L'histoire d'une vie avec humour et larmes, un récit fort, tendre et passionnant, agressif et violent, planté entre la réalité sociale et la vérité humaine.
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  • "Quelle tâche plus ardue que celle de se réaliseroe Aucune. Chacun d'entre nous, je pense, en a fait l'expérience. On peut éluder toutes les interrogations sauf celle-ci : qui suis-jeoe De l'enfance à l'âge adulte, en passant par les doutes de l'adolescence, on tente de ""se construire"". Goutte de sang après goutte de sang, lambeau de chair après lambeau de chair. Léo est comme nous tous. Il essaye de résoudre ce problème. Fruit des années 2000, seul. Il se jette à corps perdu dans une amitié exclusive, destructrice. Celle qu'il éprouve pour sa voisine Eléonore. Peu à peu, il s'apercevra de son erreur. Et si cette passion n'était qu'une béquille, un prétexte à son mal de vivreoe Devra-t-il changeroe Si oui, quelle direction emprunteroe"

  • La rieuse

    Moulle-Zetterstrom M

    L'univers glacé aux traditions ancestrales d'un pêcheur suédois, se fissure à l'arrivée d'une femme étrangère, libre et déterminée. L'attrait éprouvé est contrebalancé par le poids des différences culturelles. Réveillant de lourds secrets, elle créera un monde d'incompréhension et de rejet qui encerclera puis envahira Örian.Des sentiments en déphasage de ceux qu'elle ressent naîtront de l'ambivalence de son désir de découvrir un nouvel aspect des relations humaines, mêlé à sa peur de l'inconnu. Ils feront éclater l'harmonie apparente des forces en présence. La description de ces êtres et leur ressenti se fait en accord total avec les variations de la mer, intense, violente, si particulière au Nord de la Suède.

  • « Simone Veil s'est exprimée à des tribunes, sur des sujets et devant des publics fort différents. Les discours rassemblés ici ne représentent donc qu'une infime partie de ses interventions publiques : ce sont ceux qu'elle a prononcés, au cours de ces six dernières années, comme présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
    En écrivant ces dernières lignes, je corrige tout de suite : quand notre présidente s'exprime sur la Shoah, c'est d'abord et toujours Madame Veil, la survivante d'Auschwitz, mûrie et enrichie par son expérience politique nationale et internationale, qui parle, du fond du coeur, de sa mémoire et de sa pensée.
    Sans doute il manquera, à la lecture seule de ces discours, son regard, la gravité de sa parole et le ton particulier de son récit qui bouleversent toujours ceux qui l'écoutent.
    Pourtant, je suis convaincue que ses paroles devenues textes ne perdront rien de leur profondeur et de leur authenticité.
    Je ne doute pas que le lecteur saura les entendre, les méditer et, je l'espère, s'en inspirer. » Anne-Marie Revcolevschi Directrice générale de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah

  • Depuis les années 1970 jusqu'en 2013, entre la France et la Suisse, deux jeunes femmes lesbiennes s'aiment et désirent avoir un enfant sans père. Mais comment faire, 30 ans avant la loi du mariage pour tous en France ? Elles vont être confrontées aux problèmes de nationalité, de garde d'enfants, d'héritage et bien d'autres difficultés encore auxquelles le mariage pour tous apportera des solutions. C'est grâce à l'aide de personnes prêtes à prendre des risques qu'elles parviendront à réaliser leur désir d'avoir et d'élever des enfants.

  • Voilà plus de vingt-cinq ans que Sarah Montard raconte inlassablement, en particulier aux jeunes, ce qu'elle a vécu durant la Seconde Guerre Mondiale. Comment, avec sa mère, elle s'est évadée du Vél' d'Hiv au premier soir de la rafle, le 16 juillet 1942, comment une dénonciation les précipita en mai 1944 au coeur de la tourmente nazie: à Drancy, dans l'enfer d'Auschwitz-Birkenau puis au camp de Bergen-Belsen où elles seront libérées le 15 avril 1945. Livrant enfin aujourd'hui son témoignage écrit, Sarah a choisi de s'adresser tour à tour aux êtres chers à son coeur, entremêlant le récit de sa vie de femme et de mère profondément marquée par la Shoah, et celui de son adolescence brisée. Ce texte fort délivre un message de courage et d'espoir dont la portée est universelle.

  • Brins de mémoire

    Agnes Buisson

    J'ai écrit "Brins de Mémoire" pour que mon père disparu me revienne et j'y suis arrivée.
    "Leur vie n'était pas conquête, elle était effritement et dispersion" d'après Georges Pérec. Celle de mon père l'était également.
    La nouvelle "mon père s'est tu" est un baume ayant la douceur du pardon, une paix en devenir. Mais j'ai cru naïvement que j'en aurai fini avec la Shoah.

    "Le juif est inéluctablement rivé à son judaïsme" d'après Lévinas et mon père le savait intimement. Pendant des années il s'est caché sous un châle de prières non pas en adéquation avec le "Père" mais avec lui-même. Il émanait de cet homme un Silence qu'il nous était impossible de briser et j'ai eu la faiblesse de croire que j'étais la seule qui aurait pu le rompre. Il a préféré disparaître que de se laisser amadouer, laissant un silence vrombissant comme le train qui l'a emporté.
    Son comportement suicidaire a donné naissance à ma colère qui a nourri ma vie de femme.

    La nouvelle "Mon père s'est tu" est la recherche de celui qui s'est éclipsé. Je l'ai retrouvé avant mon propre départ. Rencontre affectueuse et enfin intelligible.

    Mon père n'a jamais été aussi vivant.
    Dorénavant je suis là à son chevet. Enchaînée à son souvenir, celle d'une humanité exclue, je peux enfin partager avec lui, cet absent-présent, des brins de mémoire.
    Décidément je n'en aurai jamais fini avec la Shoah.

  • Les coups du sort

    Philippe Rousseau

    On n'arrête pas le temps. Scrutant les événements d'une vie, on pointe toujours des étonnements. Et voyant ce qui ponctue une année, on s'habitue aux repères, on les colore de notre intérêt. Il faut bien que chaque saison qui passe corresponde à son mythe. Il faut bien que le sort soit comme un ennemi, un dé   pour que l'âme humaine ne se sente pas piégée par le temps qui passe mais rassérénée par ses chances de combats. Face à tant de questions surviennent des réponses décalées ou illusoires. Les coups du sort seraient alors les coups de gong d'un match qui fait rage entre chacun et sa petite destinée. Les coups qui résonnent quand l'âme se raisonne...

  • En 1971, Linda Nochlin s'interrogeait sur la visibilité des femmes dans le monde de l'art. À travers ce travail de recherches effectué lors de mon doctorat, il est question de reprendre ce questionnement fondateur afin d'analyser les diverses étapes que la femme a dû traverser du xixe siècle jusqu'à nos jours. De par un discours centré essentiellement sur Camille Claudel et Louise Bourgeois, d'autres artistes femmes vont être sollicitées afin de comparer leurs parcours. Ceci pour comprendre la démarche artistique de ces femmes dont l'intimité surgit au travers de leurs oeuvres. L'intime, sous diverses formes et médiums proposés, est le moteur de leurs créations. À cela, vient s'ajouter la possible interrogation sur l'existence d'un « art féminin » ou d'un art des femmes dont le noyau central serait l'éclosion de cet intime qu'elles font partager au public. L'analyse des oeuvres et leur réception par le public seront des éléments clés de ce discours. La redécouverte et la reconnaissance dite tardive de Camille Claudel et Louise Bourgeois dans les années quatre-vingt est l'un des éléments importants étudiés dans ce travail. Ces deux artistes, sculptrices, sont liées par le temps - 1982 - et par la vie dont le passé est la source majeure de leurs oeuvres.

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