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  • Comment avons-nous vécu les expériences de cette année incertaine, inquiétante, qui a déstabilisé nos repères, dérouté nos chemins, appauvri nos quelques certitudes, ruiné des existences et qui nous confronte désormais à des décisions difficiles ? Comment penser un après alors que la crise est encore là pour un longtemps et qu'elle a éprouvé notre démocratie dans ses valeurs essentielles ? Dans cet ouvrage, l'auteur reprend ses analyses qui constituent un retour sur les temps forts de cette première année de pandémie, sur les modalités de gouvernance, le processus décisionnel avec ses conséquences à tous les niveaux de la vie sociale. Du fait de sa position d'observateur engagé au plus près du terrain, il a contribué à nombre de réflexions portant notamment sur les choix en réanimation, la vie en ehpad (et là où les vulnérabilités humaines et sociales sont les plus fortes), les arbitrages institutionnels et les initiatives de proximité. Emmanuel Hirsch explore les divers aspects des réalités de la pandémie, scrute le processus décisionnel souvent défaillant, permet de comprendre ce qu'a été l'intelligence pratique des « invisibles » de notre République, héros pour quelques semaines et oubliés depuis. Son livre interroge la gouvernance solitaire et entre experts d'une circonstance imprévisible qui aurait d'emblée justifié une concertation publique. En cette situation exceptionnelle, la vie démocratique a été confinée alors que lutter contre un phénomène de cette ampleur n'est possible qu'en mobilisant l'ensemble des composantes de la société. Au-delà d'un constat rigoureux, le propos est critique et engagé, car l'un des objectifs de ce livre est de donner à penser comment vivre le long terme d'une crise globale révélée par le choc d'une pandémie.

  • L'auteur, médecin cancérologue, raconte ce que signifie pour lui, pour les patients, pour l'équipe soignante, pour les accompagnants, l'expérience bouleversante d'une maladie qui constitue toujours une crise existentielle majeure. Plusieurs personnages sont mis en scène. La plupart sont réels (et ont donné leur accord pour apparaître dans le récit), certains sont inventés. Cette façon d'observer met au jour les avancées médicales et humaines rendues possibles par une approche globale de la santé, où c'est l'intégralité du sujet qui est soigné, et non une pathologie seulement. Elle illustre pleinement la conception de la médecine fondée sur la considération de l'humain que soutient l'auteur.

  • Les auteurs témoignent d'une pratique clinique avec des travailleurs sociaux et tentent d'en tirer les leçons : il s'en dégage à quel point le management est en train de tuer dans l'oeuf ce qui fait la spécificité du travail social.

    Que dit-on à un patient alcoolique qui vient s'écrouler parce qu'il va perdre sa femme ? À une caissière de supermarché qui ne peut plus suivre la cadence ou ne parvient pas à retourner travailler sans « la boule au ventre » ? Aux parents qui viennent consulter avec un adolescent, le casque sur les oreilles, et qui décrivent une addiction aux écrans et des résultats scolaires en chute libre... ? À un éducateur qui doit faire face à un enfant autiste en crise ? Que dit-on à ces jeunes sujets qui se décrivent harcelés sur Facebook ou abandonnés par un copain et incapables de vivre ? ... Dans le séminaire « Pour une clinique du quotidien », un participant tiré au sort est invité à décrire son service et sa mission, à énoncer sa fonction et à parler d'une situation avec laquelle il/elle rencontre une difficulté, est traversé(e) par une question ou un doute. Le postulat de base est qu'il n'y a pas de « bonne réponse » mais qu'il y a néanmoins quelque chose à en dire, que ce quelque chose rend compte d'une rencontre unique entre un intervenant social et un patient et que, de cette rencontre seule, un soulagement, peut-être, surgirait.

  • À partir de cinq ouvrages de Pierre Bruno organisés autour de l'élucidation des problèmes cruciaux de la psychanalyse - fin de l'analyse, passe, père réel... -, les auteurs extraient une méthode qui s'appuie sur les ressources de doctrine de Freud et Lacan, et sur la clinique. Se vérifie alors, au-delà des divergences institutionnelles, que la psychanalyse s'adresse à tout un chacun et présente un enjeu politique pour notre temps.

  • Cet ouvrage est le résultat d'une mobilisation inédite de praticiens venant des principaux courants théoriques de la psychanalyse. Oubliant leurs traditionnelles divisions, et après avoir rappelé les fondements scientifiques de leur discipline, les auteurs offrent un panorama des apports de leur discipline à la société française dans trois secteurs: la santé mentale, l'enfance et la culture.
    Initiative unique dans l'histoire de la psychanalyse française, cet ouvrage vise à montrer la capacité des praticiens de cette discipline à surmonter leurs traditionnelles divisions pour mieux mettre en commun leurs expériences, leurs savoirs et leurs compétences. Contrairement à ce que déclarent les fossoyeurs de cette « discipline reine » en sciences humaines, ils veulent souligner à quel point la psychanalyse irrigue toujours davantage la pensée contemporaine. Ils montrent combien leurs concepts, devenus de véritables outils de travail pour nombre de praticiens et de chercheurs, font désormais partie du langage courant.

  • Depuis 1982, Charles Melman s'attache à transmettre, à travers ses nombreux séminaires, une psychanalyse vivante à l'intention de ceux, analystes et analysants, qui osent aujourd'hui s'interroger sur la vérité de leur existence.

    À la suite de Lacan tout contre Freud (érès, 2017), ce volume représente la deuxième partie du séminaire qu'a tenu Charles Melman durant les quatre années, sous le titre Lecture raisonnée et critique des oeuvres de Freud et de Lacan. À partir des textes de Freud ou de Lacan (et de tant d'autres) qu'il cite, il analyse les événements du monde contemporain et surtout il interroge ces signifiants qu'on utilise abusivement en en ignorant le sel et qui semblent si évidents.

  • Cet ouvrage a été le premier à montrer en quoi la psychanalyse contribue à éclairer « le malaise dans la civilisation » d'aujourd'hui. Il a généré nombres de colloques, rencontres, formations, et reste une référence pour les psychanalystes, les psychiatres mais aussi les travailleurs sociaux. Augmenté d'une partie parue dans Les désarrois nouveaux du sujet (érès, 2001), cette version constitue un document de travail de première valeur, qui a ouvert un champ entier pour la psychanalyse : analysant les conséquences de la mutation que nous vivons - passage du primat de la religion à celui de la science - il fournit au lecteur des repères pour comprendre les enjeux de notre monde actuel. Jean-Pierre Lebrun, psychanalyste à Namur (Belgique) est un infatigable travailleur. Clinicien et théoricien inventif, non doctrinaire, il approfondit depuis des années les conséquences de la modification du lien social sur la subjectivité de tout un chacun. Il anime sur ce thème la collection Humus chez érès et a publié également La perversion ordinaire, vivre ensemble sans autrui (Denoël, 2007).

  • Considéré comme le meilleur spécialiste de la névrose obsessionnelle, Charles Melman n'a cessé, depuis 1954, d'approfondir et de se remettre au travail, ce dont témoigne ce séminaire clinique et pédagogique.
    Charles Melman poursuit sa recherche sur la névrose obsessionnelle dans un séminaire de deux ans. En effet, si courante soit-elle chez l'homme ou chez la femme, cette maladie psychique se conserve. L'auteur nous mène dans ce dédale pour notre plus grand intérêt.
      Charles Melman est psychanalyste. Ancien psychiatre des hôpitaux, il est membre fondateur de l'Association lacanienne internationale. Depuis 2010, les éditions érès publient les séminaires qu'il a tenus au fil des années.

  • La notion de réel parcourt toute l'oeuvre de Lacan, change selon les époques, se distinguant peu à peu de la réalité. Elle est présente dès le début avec le symbolique et l'imaginaire, jusqu'à rapidement être intégrée en note majeure à une topologie de plus en plus complexe. L'originalité de cet ouvrage tient, d'une part, au fait que des psychanalystes, à partir de cette notion, et selon leurs intérêts pour les sciences, écrivent leurs élaborations théoriques, ici spécifiques.
    D'autre part, ils ont sollicité des scientifiques, théoriciens de haut niveau, pour les interroger à partir de ce même point de réel.

  • Les débats pédagogiques et éducatifs qui traversent aujourd'hui la sphère scolaire dans la perspective de la mondialisation placent la pensée de Paulo Freire dans une étonnante actualité. La lutte contre l'illettrisme notamment trouve ici des cadres d'analyse fort pertinents.
    Cet ouvrage est le dernier de Paulo Freire avant sa disparition brutale. Il s'inscrit dans la philosophie éducative et politique, orientée par une vision optimiste de l'être humain, qu'il a développée à travers sa pratique d'éducateur et ses nombreux écrits dont Pédagogie des opprimés (Maspéro, 1974).

  • En l'année 2000, centenaire de L'Interprétation des rêves de Freud, paraissait L'équation des rêves, somme d'élaborations cliniques et théoriques donnant un aperçu précis et rigoureux d'un mode actualisé de l'abord du rêve en pratique psychanalytique. Cette réflexion originale reprend et met à l'oeuvre les grands apports de Freud qui restent et se confirment, les prolongements et les remaniements que Lacan leur a apportés, et les soumet à une pratique quotidienne du déchiffrage des rêves.
    Une interprétation d'un rêve de Dante est proposée, de grands rêves freudiens sont relus de façon nouvelle, et de nombreux rêves d'analysants sont examinés.
    Le texte énigmatique que constitue le récit du rêve se montre résulter d'assemblages de mots en images - à la façon dont procède une écriture, chantier majeur de cette instance de la lettre comme raison de l'inconscient - et d'une mise en logique, traitant ce qui dans l'événement ou la pensée de veille en appelle à un calcul de la jouissance. Il importe que soit maintenu un niveau satisfaisant de plaisir et que soient écartés les risques d'angoisse, notamment face aux surgissements du désir de l'Autre, de sorte que cette élaboration d'écrit par l'inconscient vise à résoudre une équation dont le solde serait nul. La fonction des rêves en pratique analytique se montre encore essentielle, puisqu'ils représentent une interprétation de l'inconscient effectuée par le rêveur même.

  • Lacan disait à ses élèves : « Moi, je suis freudien, si vous voulez être lacaniens, à vous de le montrer. » C'est précisément ce que ce séminaire tente de faire : comment être lacanien avec Freud, tout contre Freud.

    Lacan est certainement un élève de Freud puisque l'oeuvre de celui-ci a intégralement inspiré la sienne. Il avait pour Freud la plus grande admiration du fait de son courage intellectuel, de la solitude, malgré le nombre de ses disciples, qu'il a assumée au sein d'une capitale, d'un milieu, d'une culture qui lui étaient fondamentalement hostiles.

    Il reste que ce que Lacan a introduit et que Freud a manqué, c'est le rôle du langage en tant qu'il est constitutif de notre vie psychique et bien sûr corporelle, et de cette instance incroyable qui s'appelle l'inconscient et qui, à notre insu - insu de mauvais gré -, dirige nos pensées, nos désirs et notre existence.

  • La réédition de deux séminaires de Lucien Israël invite à une révision impertinente de quelques concepts psychanalytiques.
    Loin des discours psy qui véhiculent sans vergogne des concepts et des notions qui ignorent le sujet en le réduisant à des fonctions ou comportements observables, Lucien Israël maintient haut et fort la rigueur du discours de Freud et Lacan et affirme que le sujet se constitue dans et par la parole.
    Mise en vente le 19 février 2015.
    Lucien Israël (1925-1996) fut médecin, psychanalyste à Strasbourg, professeur de psychiatrie. Il a toujours transmis de manière rigoureuse et vivante le message freudien, les enseignements de Lacan. Son séminaire du lundi soir (dont Arcanes et érès ont commencé la publication : Le désir à l'oil, La jouissance de l'hytérique, Marguerite D., etc.), qui réunissait avec fidélité l'ensemble du monde psy et nombre d'intellectuels, a assuré le rayonnement de l'enseignement de Lacan à Strasbourg, mais aussi dans l'est de la France et bien au-delà de ses frontières, sans que cela altère en rien l'originalité de sa propre pensée.
       

  • Comment aborder le « symptôme » non pas simplement pour le faire disparaître ou le camoufler, mais pour y trouver la matière à développer toute la richesse et la complexité de l'humain ? Voilà le « SINTHOME » et toute la fécondité du dernier Lacan.

    Le « sinthome » n'est pas le symptôme de telle maladie spécifique, c'est le déploiement de la pensée clinique.  Chaque figure de pensée clinique ne vaut en effet que par les erreurs, échecs et réparations qui la mettent en mouvement. Toute faute, toute lacune peut ainsi devenir le lieu d'une invention vivifiante. Tel est le vrai sens de la topologie lacanienne. L'explicitation précise et détaillée du séminaire XXIII de Lacan que propose Christian Fierens en donne un éclairage nouveau.

  • Considéré comme le meilleur spécialiste de la névrose obsessionnelle, Charles Melman n'a cessé, depuis 1954, d'approfondir et de se remettre au travail, ce dont témoigne ce séminaire clinique et pédagogique.
    Charles Melman poursuit sa recherche sur la névrose obsessionnelle dans un séminaire de deux ans. En effet, si courante soit-elle chez l'homme ou chez la femme, cette maladie psychique se conserve. L'auteur nous mène dans ce dédale pour notre plus grand intérêt.
      Charles Melman est psychanalyste. Ancien psychiatre des hôpitaux, il est membre fondateur de l'Association lacanienne internationale. Depuis 2010, les éditions érès publient les séminaires qu'il a tenus au fil des années.

  • Un effort d'explicitation du concept psychanalytique de Réel et de son intérêt pour la clinique du symptôme.
    Le concept de Réel est fondamental dans la clinique psychanalytique en raison du réel de la souffrance du symptôme, qui s'appuie pourtant seulement sur une réalité psychique. Cependant, la plupart des psychanalystes emploient ce terme dans un sens surtout philosophique qu'il est urgent de le préciser. Du même coup, la position respective de la science et de la psychanalyse se trouve explicitée.

  • Peut-on se passer de la notion de sublimation en psychanalyse ? En clarifiant les apports freudiens et lacaniens, l'auteur contribue à étoffer cette notion et en révèle toute l'actualité pour les psychanalystes. 

    Dans son retour à Freud, Lacan a fourni à la sublimation les bases structurales d'une approche qui l'inscrit dans le cadre de « l'avènement exigé d'une érotique pour la psychanalyse », résolvant ainsi certaines contradictions qui pouvaient être engendrées à partir de Freud.

    En se demandant pourquoi cet apport lacanien reste méconnu, Erik Porge s'attache à montrer comment Lacan a pris appui sur la sublimation pour redéfinir la pulsion à partir de repères structuraux nouveaux (la Chose, la satisfaction de la répétition de la mêmeté de la différence, l'incommensurabilité de l'objet cause du désir...).

    La sublimation est au carrefour de points fondamentaux de la théorie analytique. Elle révèle le caractère propre de la pulsion sexuelle. Dans le prolongement des perspectives ouvertes par Lacan, l'auteur en propose une écriture borroméenne qui associe amour, désir et jouissance.

  • La différence freudienne : ce titre s'impose de lui-même.
    Il marque le franchissement d'une frontière qui ne serait réversible qu'au prix d'une régression obscurantiste - malheureusement toujours menaçante.
    Tout en se tenant à l'abri des risques d'une vulgarisation contaminée par un idéal pédagogique, ce livre, en s'appuyant d'une part sur l'oeuvre de Freud et l'enseignement de Lacan, d'autre part sur la pratique psychanalytique des auteurs, propose des solutions précises et claires à une série de questions fondamentales au coeur de la psychanalyse contemporaine : le désir crée-t-il sa cause ? Le symptôme est-il insurrectionnel ? La jouissance est-elle à éradiquer ou à dévaloriser ? Le savoir psychanalytique peut-il se savoir luimême ? Qu'est-ce que la fonction phallique ? Peut-on et doiton distinguer sexuation du côté femme et féminisation?

  • Un nouvel humanisme, une nouvelle éthique et un nouveau droit de la vulnérabilité sont en train de naître sous nos yeux depuis quelques années. Est-ce une bonne nouvelle ? Les auteurs de ce livre en font le pari. Mais à une condition : évitons le piège de l'apologie de la vulnérabilité !
    Pourquoi la vulnérabilité prend-elle tant d'importance aujourd'hui que ce soit dans le champ historique, culturel, juridique ou philosophique ? Les auteurs engagent le débat sur les problèmes et les opportunités que pose son usage dans la société : comment comprendre qu'une politique de protection des personnes vulnérables puisse être aussi source d'exclusion ? Comment le soin et l'accueil de la vulnérabilité au sens large peuvent-ils être considérés comme constitutifs d'un processus d'humanisation qui fait sens ? Que peut apporter la vulnérabilité du sujet à son projet d'autonomie ?

  • « Depuis la première publication de cet ouvrage en 1995, le paysage social s'est alourdi sérieusement et la place des éducateurs, modifiée, empire. Le déferlante du néolibéralisme, pointe la plus avancée du capitalisme qui livre la planète et les humains l'habitant à leur transformation en marchandise, touche de plein fouet un travail social qui s'est longtemps - trop longtemps - cru à l'abri. Les éducateurs, comme d'ailleurs toutes les professions qui ont pour essence la transmission de l'humaine condition - référée peu ou prou - à la fonction dite paternelle - se présentent forcément comme des empêcheurs de commercer en rond. Le travail éducatif n'est pas une marchandise, n'en déplaise aux fonds de pension qui lorgnent sur ce secteur d'activité porteur. Les éducateurs, qui font le pari de l'humain, s'inscrivent fatalement à l'encontre d'une société où le paraître et l'argent roi ont force de loi. Ils rappellent les principes de base de l'humanisation : l'être humain est castré et les humains ne tiennent ensemble qu'au prix de la perte de jouissance de chacun. Les éducateurs ont pour tâche, auprès des parents, des enseignants et des praticiens d'autres professions, de rappeler sans cesse cette évidence et d'en transmettre le sens. Oh ! Pas dans des grands discours, mais en les mettant en oeuvre au quotidien. Pris entre le marteau de politiques sociales de plus en plus répressives et ségrégatives et l'enclume du respect des sujets qu'ils accompagnent, ils se soutiennent d'une position forcément subversive. Cet ouvrage a donné lieu à bien des rencontres, bien des échanges. Il a constitué le fond de formations, de journées de réflexion, de confrontations. Souhaitons qu'il poursuive son chemin. Comme nos enfants, les livres sont fragiles, il faut un certain temps les tenir par la main. Ensuite, qu'ils mènent leur vie ! Bref le travail d'éducateur est un travail permanent de démocratisation. Parole d'éduc... »

  • En référant le nom du père au langage, la problématique du père ne succombe pas aux réductions culturalistes de la psychanalyse ainsi qu'à la préconisation d'une normalité du père dans la réalité. Cet ouvrage retrace l'étude exhaustive de la problématique du Nom-du-Père dans l'enseignement de Lacan. La démarche chronologique suit les étapes de son développement chez Lacan avec un aperçu sur les questions théoriques, institutionnelles et personnelles, qui surgissent, plus ou moins résolues. Elle permet notamment de découvrir combien celle-ci est liée aux événements institutionnels qui secouèrent le mouvement analytique depuis 1953 et dont Lacan fut l'acteur principal.

  • En écho au Mythologiques de Claude Lévi-Strauss, Markos Zafiropoulos analyse le Lacan mythologue qui revisite dans une logique purement structuraliste un corpus de mythes qu'il construit comme objet de recherche : oedipe, Le diable amoureux, Hamlet.


    On ne peut vraiment comprendre ce qu'énonce Lacan, entre 1958 et 1963, sans apercevoir ce que doit ce nouveau moment de sa recherche à la sorte de gémellité qui le lie à l'ethnologue Claude Lévi-Strauss. Ce Lacan mythologue correspond au troisième Lacan comme le nomme l'auteur. Son incroyable fécondité donne alors naissance à un ensemble d'opérateurs théoriques comme la révolution du phallus et ses enjeux, la théorie du fantasme, la théorie du nouvel oedipe, ou encore celle de la sublimation et de l'éthique de la psychanalyse.

  • Dans cette réédition actualisée de son ouvrage Guérir par le virtuel, Michael Stora s'appuie sur son expérience personnelle pour analyser notre rapport inconscient aux écrans qui, en quelques années, ont connu une véritable révolution en devenant interactifs (télévision, ordinateur, jeux vidéos, smartphones, réseaux sociaux...);

    L'auteur dresse un état des lieux de nos diverses pratiques numériques, qu'il interprète comme de nouvelles manières de jouer avec nos représentations, sans aucun jugement moral. Avec l'aide de nombreuses vignettes cliniques, il montre en quoi ces usages numériques bouleversent notre rapport à l'autre mais aussi à nous-mêmes. En tant que pionnier français, il expose son utilisation de jeux vidéo comme médiation numérique auprès de jeunes ou de moins jeunes en souffrance psychique. Entre pratique et théorie, il partage ses réflexions sur la nouvelle clinique des addictions au numérique, qu'il considère comme révélatrice d'une société en pleine évolution, où l'Idéal du Moi semble avoir gagné du terrain sur le Surmoi.

  • C'est un livre de conteuse des soins, même si c'est une infirmière, parfois guerrière, qui l'a écrit. Elle raconte tout ce que l'on voudrait savoir sur ce métier mais que l'on ne dit jamais et qui est encore moins enseigné. Elle décrit sa palette de soins pour encourager les jeunes soignants à trouver la leur.

    Le premier objectif de ce livre c'est de rappeler que les patients, même à l'hôpital, ne peuvent pas être réduits à des signes cliniques, qu'ils sont capables de tenir un discours sur une multitude de sujets, dont leur maladie. C'est faire reconnaître leur savoir et encourager les jeunes soignants à leur poser beaucoup de questions. Le second objectif est d'ouvrir des espaces de liberté aux soignants saturés de protocoles et confinés dans des discours sécuritaires. Rappeler que tout ce qui n'est pas interdit est autorisé, ouvre une amplitude d'actions et d'initiatives considérable pour redonner de l'épaisseur et de la densité aux soins qu'ils dispensent. Le dernier objectif est de redéfinir et illustrer la fameuse notion de « bonne distance ».
    L' « arrière-pays » du soignant fait partie de ses outils.
    Il soigne avec ce qu'il est et c'est essentiel qu'il en soit convaincu.

    L'auteure embarque le lecteur dans les méandres du soin comme dans un grand voyage. Les escales sont faites de différentes séquences de soin en intra comme en extra- hospitalier. La diversité d'expériences qu'elle aborde lui permet de présenter mille et un visages de ceux que l'on appelle des « fous » et de témoigner de leur courage.
    Elle témoigne aussi du désarroi, parfois du désespoir, des soignants devant l'inhospitalité hospitalière et le dévoiement de leur métier. Elle raconte les combats qu'ils ont à mener à chaque instant pour qu'une rencontre advienne et que leurs soins puissent éventuellement devenir thérapeutiques.
    Mais loin d'être dans la plainte, elle donne mille et une raisons de continuer ce combat en racontant la magie de la rencontre humaine dans la relation de soin. Elle ne donne pas de leçon.
    Simplement, elle décrit certains chemins qu'elle a empruntés avec des patients, les explorations qu'ils ont menées ensemble sur des territoires inconnus de l'un, de l'autre ou des deux. Elle invente pour chacun une « bonne distance » sans craindre de puiser dans ce que Jean Oury appelait son « arrière-pays ».
    Elle fait feu de tous bois et balade une besace d'infirmière pleine de lectures, d'échanges et d'expériences mais aussi de contes et de bouts de chiffons.

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