Des Alentours

  • L'auteur témoigne ici d'une expérience de psychothérapeute, adossé à la psychanalyse et à l'anthropologie, travaillant dans des espaces urbains sis aux franges des aspects plus ordinaires et davantage policés des villes modernes, que ce soit en Europe ou en Afrique de l'Ouest.
    Si le terme d' « errance » (errare/itinerare, l'erreur certes mais aussi l'itinéraire) atteste d'un désordre de l'orientation des corps dans les espaces publics, sa réalité actuelle nous fait rencontrer de jeunes sujets redoutant plus que tout de se trouver retenus dans une demeure.

    Là, de jeunes errants nous posent un défi, dans une indifférence à peine triste. Il nous reste et il nous revient d'accompagner ces jeunes à s'inventer un voyage et un pays. Jamais je n'ai vu de plus sévère visage que ceux de ces adolescents sans lieu et sans espoirs. Notre obligation est bien de les aider à tracer un sillon, une orientation de corps et de parole, de leur redonner la gourmandise du contact humain.

  • Colloque organisé à l'Institut National de Jeunes Sourds de Paris, le 12 Juin 2010.

    Qu'est-ce que je partage avec l'autre ? La question, ordinairement refoulée, ressurgit - chacun peut en faire l'expérience dans la vie quotidienne - quand survient un « problème de communication ». Et parfois, cette question insiste au point de devenir une interrogation sur la « nature » de la langue, voire sur ce qui fait langue pour un « parlêtre » (Jacques Lacan).
    La surdité pose cette question à ciel ouvert. La langue des signes, ou plus généralement le débat autour du « choix de la langue », peut bien tenter d'y faire écran, elle ne manque pas de faire retour, en particulier dans les situations critiques de maladie physique ou de souffrance psychique.
    Les questions que pose l'enchevêtrement des langues du soin dans les situations de surdité ne se résolvent pas par la seule traduction. Leur enjeu, comme le souligne Danièle Brun, est peut-être tout simplement la pensée, c'est-à-dire la capacité à « suspendre », le temps de traduire, de temps de comprendre, ou encore le temps de dire Autre chose.
    Cet ouvrage rassemble les contributions d'intervenants de champs professionnels volontairement bien différents qui confèrent à ce suspens plusieurs visages : celui de la traduction, celui de l'explication, celui de l'interprétation. Tous convergent vers ce que l'on peut appeler représentation : qu'est-ce qui, pour un sujet, sera assumé comme sens, prendra corps de signification ?

    Au sommaire, des interventions de Frédéric Pellion, Charles Gardou, Nicole Farges, Carole Gutman, Jana Lawriw, Alexa Labbé, Sophie Serreau, Mamoudou Harouna, Jacques Laborit, Olivier Douville, Dominique Seban-Lefebvre, Danièle Brun. Ce sont aussi bien des anthropologues, des enseignants, une interprète en langue des signes, ou une assistante de consultation, une sage femme, une animatrice, que des psychiatres, des psychanalystes ou des psychologues.

  • Cet ouvrage collectif rassemble un échantillon des travaux présentés depuis 1990 aux journées scientifiques organisées par le le Centre Claude Bernard à Paris. D'abord pensé par des psychanalystes, le Centre vient en aide aux enfants et aux adolescents qui présentent des difficuté scolaires. Ce recueil se révèle un outil de transmission de savoirs et de partage d'une pensée autonome et créative.

  • Chaque chapitre de ce petit traité anarchique part d'un épisode de ma vie qui m'a orienté vers l'écriture et la chorégraphie. Sa structure par entrées indépendantes mais interactives, d'une chronologie désordonnée, en est la conséquence. Qu'est-ce qui me plaît et comment s'est formé mon goût est la question à laquelle je tente de répondre. C'est, si l'on veut, un roman d'initiation, une éducation sentimentale qui raconterait les sentiments de cette initiation. Autrement dit, il s'agit de décrire la rencontre avec cet étranger qu'est le monde et que l'esthétique nous fait aimer... De rendre compte des processus créateurs de valeur. Bref, de partir à la quête du sens. J'espère qu'il pourra d'autant mieux nous concerner tous qu'il n'engage que moi.

  • Ce livre est né de la rencontre entre le chef d'orchestre Gilbert Amy et le pédopsychiatre et psychanalyste Bernard Golse. Les mains, leur théâtre et leur danse sont le trait d'union de leur recherche. Le travail du chef avec ses musiciens et les interactions précoces mère/bébé sont envisagés comme un espace de récit à double sens .L'ouvrage laisse autant de place aux photographies qu'aux textes.

  • « J'ai quitté Paris sans me douter de rien (...) pour huit semaines, pensais-je. ma vieille concierge pleurait, pleurait (était-elle plus clairvoyante que moi ?) ».

    Le 19 juillet 1914, Rilke ne se doutait pas que la guerre se déclencherait le 1er août et qu'il ne reverrait plus la France avant 1920.

    Quelles raisons profondes l'ont-elles poussé à écrire, aux premiers jours de la guerre, ses Cinq chants qui adhérent à la ferveur patriotique du moment ? Quels sont leurs liens avec la IVème Élégie de Duino de 1915 qui réaffirme sa vocation poétique ? Militaire malgré lui, mais européen malgré tout, a-t-il été instrumentalisé par la propagande ?

    Cet essai qui explore pour la première fois cette période de manière approfondie et novatrice, à travers prose, poésie et correspondance, nous donne des éclairages nouveaux sur la personnalité de Rilke et la genèse de certaines de ses oeuvres.

  • Ce livre rassemble quelques écrits d'une psychanalyste engagée depuis plus de trente ans ans auprès des enfants sourds et de leur famille.
    Pérégrinations, car Claire Eugène a frayé avec constance un chemin dans un domaine mal connu, en permanente transformation au gré du progrès des techniques prothétiques, du retour des langues des signes, des découvertes en neurosciences, des avancées du dépistage et de la génétique.
    Elle a ce faisant ouvert des perspectives neuves : sur le handicap, la langue, la fratrie, le rôle des pères, entre autres.
    La majorité des enfants sourds naissent dans une famille où la langue orale est la langue, souvent exclusive, de communication et d'expression. Pour les autres, elle demeure la langue de référence de l'environnement social. Il s'ensuit des situations potentiellement pathogènes, mais également riches de ressources et de surprises.
    Françoise Dolto donnait la parole à cette « névrose expérimentale » dans un séminaire tenu chez elle, à côté de l'Institut national de jeunes sourds de Paris, avec quelques pionniers. La liberté de ton qui s'y entendait a influencé Claire Eugène, son travail clinique et sa relation à la psychanalyse.
    L'actualité de cet ouvrage va surprendre. Il donne des clés pour comprendre la surdité et ses enjeux, mais montre aussi l'écart entre le sujet singulier et ce que l'objectivité scientifique peut affirmer de ce qui le détermine.

  • "Juan s'arrêta de parler. Il tira une longue bouffée de sa cigarette. Pour la première fois, je regardais vraiment la raideur de son épaule droite et compris son origine. Juan avait quitté les jeux de la fiction pour raconter l'histoire vraie de l'enfant ciel, son frère assassiné par la dictature. Oui, il avait raison. La littérature est l'avenir de la psychanalyse mais à condition de dire le réel."

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