Cornelius

  • Dédales t.2

    Charles Burns

    Alors que le premier tome de Dédales marquait la rencontre entre Brian, un jeune réalisateur au regard déroutant, et Laurie, l'égérie de son nouveau film, l'heure est désormais venue de commencer le tournage. Entourés de quelques amis, les deux protagonistes se retrouvent dans une cabane perdue au milieu de la forêt pour filmer les premières scènes. Les images du film s'esquissent à peine et les tensions émergent déjà au sein du petit groupe isolé...
    Enchevêtrant subtilement le cinéma et la vrai vie, Dédales est une série qui construit sa narration autour du rapport entre l'inconscient et sa représentation. Ce thème, qui puise ses sources dans les fondements de la psychanalyse, est ici décliné par Charles Burns à travers d'incroyables séquences où le rêve devient source d'inspiration de la fiction. Pour Brian, le personnage central de la série, comme pour l'auteur, la caméra et le crayon deviennent alors des outils introspectifs qui créent un pont entre l'imagination et la réalité. Burns s'amuse ainsi à nous semer dans différents niveaux de lecture pour mieux renforcer le sentiment d'étrangeté qui se dégage de ses illustrations.
    Cette nouvelle série, publiée en exclusivité mondiale, prouve une nouvelle fois le génie de Charles Burns à travers son aptitude à s'emparer de sujets toujours plus complexes tout en créant des liens délicats entre les disciplines artistiques comme entre les personnages, le tout servi par un dessin époustouflant.

  • Dédales

    Charles Burns

    Absorbé par l'image déformée que lui renvoie le grille pain en face de lui, Brian Milner s'aperçoit qu'il est en train de dessiner un auto-portait. Dans la pièce derrière lui, à des années lumières de sa propre pensée, ses amis font la fête. L'esprit de Brian a déjà traversé l'espace pour se perdre dans un autre monde où tout est plus vivant, plus étincelant, lorsqu'une ombre se glisse derrière lui. Cette première rencontre avec Laurie marque le début d'une nouvelle histoire dont elle jouera le rôle principal.
    Enchevêtrant subtilement le cinéma et la vraie vie, Dédales est le premier tome d'une série qui construit sa narration autour du rapport entre l'inconscient et sa représentation. Ce thème, qui puise ses sources dans les fondements de la psychanalyse, est ici décliné par Charles Burns à travers d'incroyables séquences où le rêve devient source d'inspiration de la fiction. Pour l'auteur, comme pour Brian, le personnage central de la série, la caméra et le crayon deviennent alors des outils introspectifs qui créent un pont entre l'imagination et la réalité. Burns s'amuse ainsi à nous semer dans différents niveaux de lecture pour mieux renforcer le sentiment d'étrangeté qui se dégage de ses illustrations. Il livre au passage un brillant hommage au cinéma fantastique et à sa capacité d'agir comme un miroir déformant de l'existence. Le premier tome de cette nouvelle série, publié en exclusivité mondiale, prouve une nouvelle fois le génie de Charles Burns à travers son aptitude à s'emparer de sujets toujours plus complexes tout en créant des liens délicats entre les disciplines artistiques, le tout, servi par un dessin époustouflant.

  • Sans espoir

    Robert Crumb

    On retrouve beaucoup de Robert Crumb dans ces personnages aux noms improbables. Dirty Dog, Crybaby Beanhead, Etoain Shrdlu, Shuman the human ou Onion Head, héros malheureux de cette vingtaine d'histoires qui couvrent trente années de la vie de leur créateur. Trois décennies passées, selon ses propres mots, à pleurnicher et se vautrer dans l'auto-apitoiement. Le petit bonhomme, nu et sans défense, qui vit dans la tête de Crumb comme dans celle de chacun de nous, regarde, impuissant, la folie humaine précipiter à grand train l'univers vers sa fin. Des névroses de l'après Seconde Guerre mondiale aux apocalypses écologiques annoncées, en passant par les désillusions du mouvement hippie, Robert Crumb dresse un portrait cruel de l'homo erectus, à la fois prédateur et victime, tiraillé entre ses angoisses et ses frustrations, et terrifié par le silence des espaces infinis. En route vers le néant, l'homme cherche une consolation à sa solitude dans le travail, le pouvoir, l'abrutissement télévisuel ou la croyance en une intelligence supérieure, divine ou extraterrestre, illusions qui ne font bien sûr qu'aggraver son aliénation. Toutes ces interrogations aboutissent à cette évidence grandiose : la vie, c'est... comment dire... un truc existentiel. Le plus avisé, conseille Crumb, passé du statut de jeune homme amer à celui de vieux sage de la montagne, est d'accepter les choses telles qu'elles sont et d'essayer de jouir de la vie avant que la Faucheuse ne nous rattrape. En un mot comme en cent : en attendant la mort, lisez Crumb.

  • L'entaille

    Antoine Maillard

    Le quotidien d'un groupe d'adolescents est chamboulé lorsque deux jeunes filles sont retrouvées un matin, sauvagement assassinées aux abords du lycée. La présence de la police empêche Pola de dealer autour de l'école, le discret Daniel a des pulsions de plus en plus morbides, et la populaire Laurie commence à se remémorer des souvenirs traumatisants. La vie de la petite bourgade est très vite rythmée par les flashs télévisés et la rumeur d'un dangereux meurtrier armé d'une batte se propage rapidement dans la ville. La fin des cours approchant, l'avenir semble incertain, pourtant chacun veut préserver l'illusion d'une éternelle insouciance. Mais le mal est pourtant bien là, dissimulé sous leurs yeux...
    Véritable hommage au cinéma de genre américain, L'Entaille nous plonge dans le quotidien d'une petite ville de bords de mer dont la tranquillité est soudainement rompue pars l'arrivée d'un tueur en série. On y retrouve ainsi tous les codes du slasher ou du teen movie qui sont ici habilement adaptés en bande dessinée. Les planches, entièrement réalisées au crayon papier, provoquent un sentiment d'irréalité proche du rêve éveillé et nous baignent instantanément dans une ambiance feutrée.
    Avec L'entaille, Antoine Maillard signe un récit initiatique contemporain où les adolescents quittent subitement le monde préservé de l'enfance pour affronter un univers d'adulte, inconnu et menaçant. Ainsi, l'intrigue centrale met en exergue les états d'âme juvéniles des personnages, leurs doutes et leur mal-être quotidien, dans des moments introspectifs qui renferment une forme de poésie.

  • Toxic

    Charles Burns

    Un jeune homme dans son lit, un pansement sur la tempe. Doug se lève et suit son chat noir, Inky - pourtant mort depuis des années - et se laisse entraîner de l'autre côté du miroir. Que s'est-il passé ? Une soirée punk, un concert, William Burroughs, une jeune femme nommée Sarah, des polaroïds, un amant jaloux... À grand renfort d'ellipses, Charles Burns fait voler en éclats nos repères spatio-temporels, multiplie les allers-retours entre rêve et réalité, nous place un foulard sur les yeux, nous fait tourner sur nous-mêmes et nous laisse seuls dans un pays inconnu, juste après le déluge. Inspiré par des influences aussi diverses que Hergé ou Burroughs, Toxic est un rêve sombre et fascinant.

  • Troisième volume de l'anthologie que nous consacrons à Nicole Claveloux, Une gamine dans la lune est composé d'une dizaine d'histoires courtes réalisées à la fin des années 70. Ces récits au ton irrévérencieux abordent avec malice des thèmes chers à l'autrice, de la naissance de la sexualité à la place de la femme dans la société.
    Des sujets parfois tabous que Nicole Claveloux se plaît à bousculer et à tortillonner au gré de son imagination sans limite.
    Ce recueil permet également de saisir le regard si particulier que Nicole Claveloux porte sur l'enfance et l'apprentissage du monde. Se qualifiant elle-même de « bébé » ou encore de « clown qui n'aurait pas grandi », on perçoit à travers son oeuvre sa capacité à toujours se placer du côté de l'enfant, sans juger ses inhibitions ou ses maladresses. Une faculté qui fait d'elle aujourd'hui, l'une des plus grande illustratrice de livres pour la jeunesse.
    À travers l'histoire Une gamine toujours dans la lune, qui raconte les rêves de menstruation d'une fillette, J'aime un économiste (avec Élisabeth Salomon au scénario), récit d'une femme harceleuse, ou encore les Crapougneries, véritable ode aux bêtises et aux interdits de l'enfance, Nicole Claveloux nous montre - encore une fois - toute la puissance évocatrice et désarmante de son talent, secouant au passage le féminisme militant des années 70 et la bien-pensance parentale.
    Une oeuvre intemporelle, pleine d'espièglerie et d'onirisme, qu'il est urgent de redécouvrir.

  • Récit onirique d'un corbeau mélancolique et d'une jeune fille rêveuse, La Main verte est paru pour la première fois dans le magazine Métal Hurlant en 1977 avant d'être édité l'année suivante aux Humanoïdes associés. Cette histoire fantasmagorique aux couleurs psychédéliques nous entraîne dans un univers surréaliste où les plantes parlent toute seule et les maîtres d'hôtel font des mots croisés. Comme dans une suite de rêves, le récit est divisé en plusieurs épisodes qui s'entremêlent subtilement. on retrouve dans ces pages l'influence de dessinateurs tels que moebius ou druillet mais aussi celle de l'illustrateur tchécoslovaque Heinz edelmann.
    Le livre est complété par de nombreuses histoires courtes, pour la plupart parues dans le recueil Le Petit Légume qui rêvait d'être une panthère et autres récits et dont certaines étaient restées jusqu'alors inédites.
    Scénarisés et illustrés par Nicole Claveloux, ces récits en noir et blanc au trait fin abondent de détails et de touches d'humour absurde. D'une grande richesse graphique, les dessins de Nicole Claveloux possèdent une force évocatrice intemporelle qui s'imprime immédiatement dans l'imaginaire des adultes comme des enfants.
    De Topor à Gustave Doré en passant par Lewis Caroll, son oeuvre convoque de nombreux croisements tout en possédant une énergie unique qu'il est temps de redécouvrir. Ce premier ouvrage de rééditions consacré à l'oeuvre de Nicole Claveloux en bande dessinée adulte.

  • Calavera

    Charles Burns

    Après Toxic et La Ruche, Charles Burns signe avec Ca/averos la fin de sa trilogie chez Cornélius ...
    Quelques années après l'épisode de La Ruche, nous retrouvons Doug, jeune adulte grassouillet et un peu perdu dans la vie. Poursuivi par des fantômes et des regrets, il continue de dérouler jusqu'au bout le fil de sa vie passée et décide de retrouver son amour d'adolescent: Sarah ...
    Calaveros boude avec maestria toutes les intrigues déroulées au fil des précédents tomes. De quoi s'alimentent réellement les peurs de Doug? Qu'a-t-il cherché à fuir?
    Comment son alter ego "tintinesque" se sortira-t-il de cet étrange pays peuplé de lézards au service de la Ruche?
    Explorant dans ce tryptique sa fascination pour Hergé et William Burroughs, Charles Burns, pour sa première bande dessinée en couleurs, réussit un objet obscur et limpide à la fois, perdant le lecteur dans les méandres d'un univers instable et fascinant éclairé par la rigueur graphique qu'on avait pu apprécier dans Black Hole, et sublimé par un découpage et un art de la mise en abyme à leur paroxysme.

  • La ruche

    Charles Burns

    Doug, le héros de Toxic, se confesse sur son passé à une jeune femme. Il se bat pour se souvenir du mystérieux incident qui a changé sa vie et qui pourrait bien être lié à son ancienne petite amie, Sarah, et à l'ex de celle-ci. Doug va chercher des réponses dans un monde alternatif cauchemardesque, où il est un petit employé de la Ruche.

  • Patience

    Daniel Clowes

    Jack et Patience filent le parfait amour, malgré quelques problèmes d'argent ils forment un couple harmonieux et comblé par l'arrivée futur de leur premier enfant. Un jour, ce bonheur vole en éclats. Jack rentre du travail et découvre qu'un étranger lui a arraché son fragile équilibre familial. Pour empêcher l'irréparable, Jack fera tout ce qui est en son pouvoir même si pour cela il doit courber l'espace et le temps.
    Daniel Clowes signe ici l'une des oeuvres les plus abouties et des plus accessibles de sa carrière. Avec subtilité, il joue avec les codes de la science-fiction pour mieux exprimer les sentiments complexes de ces protagonistes. Fluide et addictive, la lecture de Patience transporte le lecteur dans un tourbillon d'émotions jusqu'au dénouement final, proche du «happy end». Avec une virtuosité incomparable, l'auteur utilise la fiction et les voyages temporels pour mieux aborder des problématiques multiples, la construction de l'identité, la part du secret dans le couple, le deuil, la vengeance et bien sûr, l'amour.  Sorte de Retour vers le futur pour adulte, Patience mélange rêves d'enfance et questionnement matures dans un enchevêtrement de rebondissements et une intrigue à couper le souffle.

  • Fritz the Cat est sans conteste le personnage le plus célèbre de Robert Crumb, mais sa renommée repose sur une équivoque. La plupart des gens ne connaissent en effet Fritz que comme le héros du dessin animé que le réalisateur Ralph Bakshi a sorti en 1972, d'après les bandes dessinées de Crumb publiées quelques années plus tôt. Premier dessin animé classé X, le long-métrage de Bakshi a connu un tel succès commercial qu'il a durablement tordu la perception que l'on peut avoir du matou original, celui que Crumb dessinait depuis l'adolescence pour son propre plaisir.
    Le présent volume rétablit la véritable identité de Fritz, tel que l'a dessiné Robert Crumb : de sa première apparition en 1965 dans le magazine Help ! à sa mort violente en 1972 (en réponse au film de Bakshi), on le découvre étudiant glandeur, obsédé sexuel, révolutionnaire à-la-mie-de-pain, simili James Bond outrancièrement macho, héroïnomane en pleine déchéance, star vieillissante et cynique, c'est-à-dire l'antithèse des beautiful people du mouvement hippie d'alors... Faussement cool et vaguement ringard, Fritz synthétise la vision acérée que Crumb avait à l'époque des gens de sa génération.
    Inspiré, dans son graphisme contrasté et son découpage fluide, par les strips des classiques de la bande dessinée d'humour américaine des années 1920 et 30, Crumb, quand il dessine Fritz, se fait chroniqueur acerbe, à la manière de ses maîtres en satire Harvey Kurtzman et Jules Feiffer.

  • Vortex

    Charles Burns

    Pendant les six années nécessaires à la composition de la trilogie Toxic, Charles Burns développe un incroyable univers de ses trois ouvrages.
    Planches inédites, couvertures fictives de comics, photographies, pages de mangas imaginaires, ou encore l'invention d'un alphabet insolite viennent accentuer les reliefs de cette histoire sans précédent.
    Rassemblés en une édition, ces travaux sont autant de clins d'oeil et de références croisées tout au long du parcours de Doug - personnage principal de la trilogie - et qui sont ici donnés à voir dans leur globalité. Last look multiplie ainsi les allers-retours avec Toxic, La Ruche et Calavera, entrelaçant les fines frontières entre l'oeuvre finale et son élaboration. Bien plus qu'un simple renvoi à la genèse d'une histoire, Last look s'envisage comme un prolongement fantasmagorique qui étend la cartographie du monde irréel dans lequel évolue les personnages de la trilogie. Véritable exploration graphique, les illustrations présentées mélangent anglais et langue inventée, renforçant le sentiment d'une excursion dans un pays inconnu.
    Avec habilité et finesse, Charles Burns nous transporte dans son univers et nous amène à rêver que l'histoire continue après avoir tourner la dernière page.

  • Déposées sur une plage par un train qui se désagrège à leur arrivée, deux détectives (auxquelles les autrices prêtent leurs traits) débarquent à l'Hôtel du Petit boudin des dunes. Dans ce refuge de bord de mer, le temps s'écoule différemment. La mer monte quand elle en a envie et les méduses volent dans le ciel. Les habitués vaquent à leurs occupations au son du pianiste d'automne, jusqu'au jour où l'Homme triste disparaît mystérieusement...
    Dans cette oeuvre initialement parue en 1979 aux Humanoïdes Associés, Nicole Claveloux et Édith Zha nous entraînent dans un univers onirique et décalé où la magie s'engouffre à la moindre occasion. Sous la plume surréaliste d'Edith Zha, le dessin finement ciselé de Nicole Claveloux laisse libre cours à toute sa fantaisie.
    Ici, les couleurs pop de La Main verte laissent place à un dessin au trait d'une grande délicatesse, qui plonge le lecteur dans un mirage balnéaire.
    Le livre est complété par une introduction riche en documents inédits ainsi que par la série Louise XIV (entièrement en couleurs) qui débuta sa carrière dans Métal Hurlant avant de basculer vers Okapi, un transfuge qui laisse rêveur à une époque où les oeuvres destinées à la jeunesse ont abdiqué toute forme de subversion.
    De Moebius à Gustave Doré en passant par Lewis Caroll, l'oeuvre de Nicole Claveloux s'affranchit des limites avec gourmandise, enfourchant le plaisir d'imaginer avec une énergie unique qu'il est urgent de redécouvrir - ne serait-ce que pour se souvenir que la bande dessinée n'est pas condamnée à la fade représentation du réel.

  • Mister Nostalgia

    Robert Crumb

    Charley Patton, tel que le dessine Robert Crumb, a les yeux brûlés de l'homme qui regarde la mort et la vie en face. Sa voix hurle les joies et les peurs d'une Amérique rurale, écartelée entre sexe et religion, blues et gospel, Dieu et Satan. Cette musique des années 20, qu'on la nomme jazz, blues ou country était trop singulière et trop spontanée, pour survivre aux médias modernes. Volume d'introduction idéal pour qui souhaiterait aborder l'oeuvre foisonnante de ce génie de la bande dessinée, Mister Nostalgia, célèbre entre ferveur et colère, la beauté d'un art populaire.

  • Mode o'day

    Robert Crumb

    Longtemps considérée par les fans de Robert Crumb comme une oeuvre mineure dans sa pléthorique bibliographie, Mode O'Day vaut mieux que sa réputation et mérite largement d'être redécouverte. Avec ce personnage créé au milieu des années 1980 dans les pages du magazine Weirdo - dont il assure la direction éditoriale avec sa femme Aline Kominsky entre 1981 et 1993 - Crumb dresse un portrait au vitriol de l'Amérique de Reagan et de ses chimères, qui n'était que la préfiguration de notre monde actuel, dans lequel les hordes de Donald Trump sont l'aboutissement logique d'un système qui a vu l'homme, prédateur de ses semblables, se transformer en assassin de son propre environnement.
    Archétype de la femme dopée à la confiance et aux promesses de l'ultra-libéralisme, Mode O'Day est prête à tout pour se faire une place dans le petit monde branché de Los Angeles. Accompagnée de Doggo, un chien désabusé qui a fait de la " lose " une philosophie, et de Porpy, un marsouin condamné à la solitude par sa passion de l'informatique, elle multiplie les tentatives pour accéder à cette célébrité sans laquelle la vie ne vaut pas d'être vécue.
    Dernier bras d'honneur adressé par Crumb à son pays natal -qu'il quittera peu après pour venir vivre dans une France à ses yeux moins brutale- Mode O'Day conserve toute son acidité et sa virulence. Le volume est complété d'histoires antérieures -dont les très rares strips de Roberta Smith- qui permettent de vérifier que Crumb, contempteur impitoyable de ses semblables, ne s'est jamais trompé sur le destin qui les attendait.

  • David Boring

    Daniel Clowes

    David, héros et narrateur de l'histoire, est un jeune homme qui oscille entre la fin de l'adolescence et les prémices de l'âge adulte. Pressé de quit- ter l'un et réticent à entrer dans l'autre, il occupe son temps à s'ennuyer, relisant entre deux conquêtes féminines insatisfaisantes un recueil de bande dessinée réalisé 30 ans plus tôt par le père qu'il n'a jamais connu. Cette atti- tude vole en éclats le jour où il croise la route de Wanda. Ce qui prenait la tournure d'un récit introspectif bascule alors peu à peu dans le cauchemar :
    Un inconnu tente de l'assassiner, des gens meurent ou disparaissent mysté- rieusement, une guerre bactériologique éclate dans le lointain... et plus rien ni personne ne peut garantir que le monde est ce qu'il paraît être.
    Mêlant observation pointue des sentiment et ambiances à la limite du fantastique, Clowes dresse un époustouflant portrait de l'adolescence en quête d'identité et signe un véritable chef-d'oeuvre.
    Publié dans son pays par un éditeur de littérature au même titre que les ouvrages d'écrivains contemporains, ce livre a été salué par la critique comme la preuve (enfin !) que la bande dessinée était une écriture à part entière. Cette nouvelle édition que nous proposons, intègre désormais les cases en couleur présentes dans l'édition originale. L'album sera cartonné avec un dos toilé puis proposé en avant-première au Festival d'Angoulême en présence de Daniel Clowes.

  • Tous les amateurs le savent, Robert Crumb n'aime rien tant que chevaucher les croupes bien rebondies des jeunes fans qui viennent le solliciter pour un dessin. Cette manie trouve son origine dans une adolescence pétrie de puritanisme et de rêve américain. Car si les « Happy Days » étaient pleins de promesses pour les jeunes premiers de la société de consommation, ils savaient se montrer sans pitié avec les faibles, les binoclards et les puceaux boutonneux. Frustré toute son adolescence, l'insignifiant « Quatre-Yeux » de l'époque a compensé son insuccès en développant les talents de dessinateur et les fantasmes pervers qui l'ont rendu célèbre dans le monde entier.

  • Amerika

    Robert Crumb

    Ce nouveau recueil de l'anthologie que les Éditions Cornélius consacrent à Robert Crumb met en avant la veine pamphlétaire de ce dernier. Le constat lucide et acerbe qu'il dresse de son pays vaut pour tout l'Occident, tant nos modes de vie semblent s'être calqués sur le rêve américain. La soif de destruction, la folie consumériste, la volonté de puissance, les réflexes racistes et communautaristes, tous les instincts primaires qui animent l'homme moderne sont ici taillés en pièces. Un livre noir, à la rage salvatrice, qui redonne un peu de colère à l'heure où semble s'installer la résignation.

  • Mr.Natural

    Robert Crumb

    Mr. Natural est une des créations les plus connues de Robert Crumb, peut-être la plus sympathique. Il appartient à cette faune d'escrocs, évangélistes, faux prophètes et charlatans de tout poil, qui hante les Etats-Unis et que décrivent Herman Melville, Sinclair Lewis ou Harry Crews.
    Né on ne sait où, on ne sait quand, Fred Natural mène une existence picaresque, tour-à-tour guérisseur, magicien, chef d'orchestre, taulard, trimardeur et chauffeur de taxi en Afghanistan, avant réapparaître en 1967, dans les pages de Yarrowstalk, bien décidé à guider l'Amérique vers son salut.
    Entre Charles Manson et Aimee Semple McPherson, ce maître zen cynique et roublard arpente les rues de Chicago et de San Francisco, prêchant le renoncement aux biens matériels tout en cherchant un débouché commercial pour ses aphorismes.
    Traqué par des disciples crétins, qui exigent qu'il leur révèle le sens de l'univers, Mr.
    Natural les maltraite avec un sadisme bon enfant et, après un « Va te faire foutre ! » définitif, les fuit dans le désert, comme il sied à un véritable prophète.
    Qu'il botte le cul des féministes, se lance dans une diatribe antisémite ou vante les bienfaits du sperme dans l'alimentation des bébés, l'indestructible Mr. Natural offense les bonnes moeurs, outrage les consciences pures et parvient même à se faire expulser du Paradis. Il représente une Amérique plus forte, plus libre, plus anarchique, qui exploite la naïveté égocentrique des baby-boomers, mais en est aussi parfois la victime.

  • Smart monkey

    Winshluss

    Il faut moins de cent pages au talent et à l'intelligence de Winshluss pour décortiquer les théories darwiniennes et illustrer par l'exemple le passage du singe à l'homme moderne.

    Ballet animalier au dessin ébouriffant de grâce et d'énergie, décrit le combat ancestral des plus faibles pour survivre face à la force brute. Dans le cas présent, il s'agit d'un petit singe aux manières espiègles, quotidienne- ment confronté aux pièges de la jungle et à ses nombreux prédateurs.

    Bien sûr, il est le plus astucieux d'entre tous et il n'y a pas un mauvais pas dont il ne sache se tirer avec panache. Il incarne la supériorité du cer- veau sur le muscle, du raffinement sur la brutalité, de la culture sur l'instinct...
    Jusqu'à ce qu'un épilogue se déroulant 2 000 ans plus tard vienne nous rap- peler que la civilisation ne s'est pas construite sur les bons sentiments et que les plus faibles finissent toujours par crever un jour ou l'autre...

    Réédité dans un tout nouvel écrin, Smart monkey est pour le première fois présenté en grand format avec une couverture cartonnée. Une bonne façon de découvrir ou redécouvrir ce chef-d'oeuvre luxuriant de Winshluss !

  • Cette autobiographie fantasmée, recueil des oeuvres  de Robert Crumb, fait écho à Mes Problèmes avec les femmes (publié en 2007 par Cornélius). Ce nouveau volume de l'anthologie Crumb comporte 20 histoires.

  • Nausea

    Robert Crumb

    Ce nouveau volume de l'anthologie Robert Crumb rassemble des histoires publiées dans la revue Weirdo, créée avec sa femme, Aline Kominsky, au début des années 80.
    Elles marquent une évolution du dessinateur vers un style plus réaliste et plus sombre. Crumb y pastiche les Classic Illustrated qui prétendaient donner un vernis de culture aux comics en adaptant en bande dessinée des monuments de la littérature. Ses Klassic Komics utilisent l'imagerie crue et brutale des comics des années 50 pour rendre la violence et le désespoir d'oeuvres littéraires qui le touchent personnellement, comme La Nausée de Sartre ou la biographie de Jelly Roll Morton.
    Philip K. Dick, Sartre ou Boswell, chacun d'eux représente un aspect de Crumb, qui réalise ici un passionnant autoportrait éclaté. Mais l'ironie n'est jamais loin. Les escapades sexuelles de Boswell, traitées à la façon de Hogarth, sont l'occasion de ridiculiser le décalage entre les prétentions intellectuelles de l'homme et ses pulsions charnelles. Mais c'est avec un sérieux et une compassion inattendues que Crumb reprend 16 des 238 cas de perversions sexuelles recensés par le Psychopathia serualis : Etude médico-légale à l'usage des médecins et des juristes du baron psychiatre von Krafft-Ebing.
    Le lecteur retrouvera aussi le Crumb érotomane avec Bad Karma, fantasme en roue libre, oscillant entre désir de puissance et haine de soi, suivi d'un hommage étonnant à Bécassine, qui entre ainsi dans le Panthéon masturbatoire de Robert Crumb. Nausea est incontestablement l'un des meilleurs volumes de cette anthologie.

  • Fleur de peau

    Charles Burns

    Vertigineuse plongée dans la chair d'une Amérique plus proche de l'Enfer que du Purgatoire, FLEUR DE PEAU regroupe trois des plus envoûtantes histoires dessinées par Charles Burns.
    Explorant des territoires apocalyptiques où les corps mutilés se font l'écho physique des âmes malades, il décrit avec une implacable précision ces terreurs ancestrales et ces désirs inavouables qui, tapis au plus profond de nos entrailles, n'attendent pour ressurgir qu'un signe d'épouvante.
    Et l'épouvante est là, incontrôlable, qui nous submerge, nous dévore et nous condamne... Du grand Art.

  • Eightball

    Daniel Clowes

    En 1989, le jeune Daniel Clowes crache sa frustration au visage de l'Amé- rique conformiste en une série de « krazy comics », publiés dans les pages de son magazine Eightball entre les épisode de Comme un gant de velours pris dans la fonte ou Ghost world.
    La trentaine de courtes histoires rassemblées ici sous le titre Eightball, témoigne de la versatilité d'un artiste qui passe de la satire sociale à la blague potache, de l'anecdote absurde à l'étude psychologique, en s'of- frant, au passage, le luxe de détourner l'imagerie et les codes des comics.
    La satire est réjouissante, renversant pêle-mêle intellectuels et sportifs, artistes et prolos, chrétiens et satanistes, hippies et puritains. L'auteur place cette anthologie sous la protection dérisoire d'une icône des années 50, la Magic 8 Ball, gadget créé par Mattel en 1946, et invite le lecteur à « une orgie de mépris, de vengeance, d'abattement, de désespoir et de perver- sion sexuelle ».
    Épuisée depuis cinq ans, cette édition augmentée intègre de nouvelles histoires totalement inédites. Le livre est proposé pour la première fois en grand format (cartonné) avec une couverture originale. Ouvrage culte pour tous ses fans, Eightball est considéré comme l'un des plus grand comic book de la fin du XXe siècle.

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