Walter Benjamin

  • Un homme perdu dans la foule, un flâneur en pleine nuit, un artiste déchu : pour Walter Benjamin, la poésie de Baudelaire est celle de l'homme déboussolé par le capitalisme marchand. Une lecture philosophique et novatrice de l'auteur des «Fleurs du mal» par l'un des grands penseurs de notre temps.

  • Dès son titre, l'ouvrage annonce le tournant opéré par la modernité. Benjamin montre dans cet essai lumineux et dense que l'avènement de la photographie, puis du cinéma, n'est pas l'apparition d'une simple technique nouvelle, mais qu'il bouleverse de fond en comble le statut de l'oeuvre d'art, en lui ôtant ce que Benjamin nomme son "aura". C'est désormais la reproduction qui s'expose, mettant en valeur la possibilité pour l'oeuvre d'art de se retrouver n'importe où. Capacité à circuler qui la transforme en marchandise. Benjamin met au jour les conséquences immenses de cette révolution, bien au-delà de la sphère artistique, dans tout le champ social et politique. Avec le cinéma, c'est la technique de reproduction elle-même qui désormais produit l'oeuvre d'art. Là, c'est l'image de l'acteur qui devient marchandise, consommée par le public qui constitue son marché. La massification du public de ces oeuvres a servi les totalitarismes. D'où "l'esthétisation de la politique" encouragée par le fascisme et la "politisation de l'art" défendue par le communisme.

    2 Autres éditions :

  • «Si la police peut paraître partout semblable jusque dans les détails, il ne faut pas finalement se méprendre : son esprit est moins dévastateur dans la monarchie absolue, où elle représente la violence d'un souverain qui réunit en lui l'omnipotence législative et exécutive, que dans les démocraties, où son existence, soutenue par aucune relation de ce type, témoigne de la plus grande dégénérescence possible de la violence.»

  • "In God We Trust" : la formule orne les billets de banque américains. Mais qu'est-ce que l'argent a à voir avec Dieu ou la religion ? «Le capitalisme comme religion», l'un des textes les plus célèbres de Walter Benjamin, soutient que l'investissement, la spéculation, les opérations financières, les manoeuvres boursières, l'achat et la vente de marchandises, sont les éléments d'un culte et que le capitalisme est une religion à part entière. Les textes qui composent se recueil sont suivis du "Caractère fétiche de la marchandise et son secret", de Marx. Avec une préface de Baptiste Mylondo, philosophe et économiste, spécialiste de la décroissance et l'un des promoteurs du revenu minimum universel.

  • C'est dans cette fameuse histoire critique de la photographie que Walter Benjamin définit pour la première fois le concept d'aura, clé de voûte de sa théorie esthétique, ainsi que la notion d'inconscient optique, ce quelque chose qu'en prenant une photo nous captons sans le savoir et que, par exemple, certains psychogénéalogistes vont traquer pour éclairer notre histoire. «Petite histoire de la photographie» (1931) est suivi de «Un portrait d'enfant» (1934), où Benjamin, analysant une photographie du jeune Kafka baignée de tristesse, se trouve soudainement renvoyé à sa propre enfance. Avec ce livre, qui est l'autre volet de «L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique», partez en compagnie d'un maître penseur à la recherche de la puissance des images.

  • Oeuvres t.1

    Walter Benjamin

    Walter Benjamin (1892-1940), l'un des rares penseurs contemporains qui comptent dans le monde international de la pensée, échappe aux querelles d'écoles, survit aux modes, passe pour une référence obligée. Cette résistance au temps tient à la fois aux qualités littéraires de ses écrits, à sa biographie exceptionnelle - tragiquement représentative du destin de l'intelligentsia judéo-allemande au XXe siècle - et à un sens aigu des enjeux théoriques de l'époque.
    Ces trois volumes d'oeuvres, soit devenues inaccessibles au public français depuis presque vingt ans, soit, pour un tiers d'entre elles, tout à fait inédites, ont pour ambition de débarrasser Benjamin des mythes qui l'entourent, de le donner à lire, de le faire entendre.

  • Oeuvres t.2

    Walter Benjamin

    Y a-t-il une unité de la pensée de Walter Benjamin Il écrivit un jour : " Ma pensée se rapporte à la théologie comme le buvard à l'encre : elle en est totalement imbibée. Mais s'il ne tenait qu'au buvard, il ne resterait rien de ce qui est écrit. " De fait, saisir l'unité de la pensée de Benjamin n'est pas chose aisée ; son identité même semble parfois échapper et se réduire à un style. Si nombre ont pu s'approprier des visages différents de cet auteur - privilégiant qui l'approche théologique, qui l'approche matérialiste, qui l'approche esthétique, esquissant qui un Benjamin baroque, qui un défenseur des avant-gardes surréaliste ou brechtienne, qui un moderne proche de Baudelaire ou bien encore un penseur du génocide à venir -, c'est du fait de la prodigieuse diversité des écrits, approches et curiosités de l'auteur, de la particularité de sa critique esthétique visant à restituer à chaque fois la singularité irréductible d'une " façon de voir le monde ".
    Le choix de ces oeuvres, parcours au sein d'une production qui va du texte de circonstance, gagne-pain journalistique, au texte spéculatif trouvant sa place légitime au Panthéon de la philosophie du XXe siècle, veut répondre à une seule attente : qu'enfin Benjamin soit rendu d lui-même.

  • Oeuvres t.3

    Walter Benjamin

    Trois grands thèmes irriguent l'oeuvre de Walter Benjamin, s'entraînent, se recoupent, se recouvrent, sinon au fil des ans se contredisent : une philosophie du langage, d'abord, une philosophie de l'art, une philosophie de l'histoire. Trois préoccupations qui définissent le rapport de Benjamin à la tradition, son souci de restituer ce que cette dernière a refoulé, parfois éradiqué. Quel que soit le domaine auquel il s'arrête, il entend toujours dénoncer l'illusion de la continuité, l'oubli des ruptures décisives, des interruptions libératrices. Restituer la vision des " vaincus ", des défaits de la tradition, est à ses yeux vital pour le destin de la liberté.
    Le parti ici pris de rassembler des oeuvres de Walter Benjamin dans leur strict ordre chronologique, sans regroupement thématique ni périodique, vise à faire apparaître les avancées comme les impasses d'une oeuvre sans égal, parce qu'inclassable.

  • Au printemps 1940, quelques mois avant de se suicider, Walter Benjamin rédige une suite d'aphorismes denses et étincelants, bouleversants blocs de prose poétique au centre desquels rayonne «Angelus Novus», le tableau de Klee, que le philosophe associe à l'Ange de l'Histoire. Réunis sous le titre "Sur le concept d'histoire", ces aphorismes sont le texte le plus commenté de Benjamin. Leur répondent ici deux autres essais : "Eduard Fuchs, le collectionneur et l'historien" (1937), et le célèbre "Paris, la capitale du XIXe siècle" (1935), traversés par une même question : peut-on sauver le passé ? Avec une préface de Patrick Boucheron, professeur au Collège de France.

  • Le destin, la violence, la mort : écrits entre 1921 et 1929, les textes qui composent ce recueil ("Critique de la violence", "Destin et caractère", "Le concept de destin dans le drame de la fatalité", "Brèves ombres") contiennent en germe toute la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin et poussent leurs ramifications jusque chez Michel Foucault et Giorgio Agamben. Ils nous parlent de nous, du pouvoir, de nos luttes.

  • Tout ce que le XIXe siècle a produit est aux yeux de Walter Benjamin fantasmagorie. Que ce soient les passages qui émaillent le tissu urbain parisien, émanations de la construction en fer, ou les expositions universelles et leurs étalages de marchandises. L'illusionnisme de ce siècle a son champion en la personne du baron Haussmann, et son satiriste le plus zélé en celle de Grandville, transformant tout être humain en objet fantoche. Benjamin décrit comment ce siècle fut pétri de forces contraires, révolution contre conservatisme, bourgeoisie contre milieu ouvrier. La course à la nouveauté, propre de la modernité, se retrouve ritualisée dans la mode. Paris, ville-lumière dont Benjamin dénonce le ballet des illusions, entre oppression et promesse.

    1 autre édition :

  • Qui prête attention aux bonnes manières mais rejette le mensonge ressemble à un homme qui s'habille à la mode mais n'a pas une chemise à se mettre.
    Voici un ouvrage d'un genre nouveau, dans lequel Walter Benjamin pratique le collage à la manière de ces amoureux des télescopages poétiques que furent Dada et les surréalistes. Rue à sens unique se compose de notes autobiographiques, de souvenirs d'enfance, d'aphorismes, de scènes de la vie urbaine, de considérations acérées sur l'état du monde, et de l'Allemagne en particulier, mais aussi de réflexions sur l'écriture elle-même, sur la graphologie. Benjamin­ se penche par exemple sur l'entrelacs des manuscrits arabes. Voire va-t-il jusqu'à donner des conseils à l'écrivain : par exemple, ne jamais faire lire une oeuvre non encore achevée ; une musique et quelques voix en fond sonore sont recommandées, de même que l'attachement maniaque à tel type de papier ou à telle plume. Benjamin rend compte par la même occasion de l'éclatement de l'écrit dans la signalétique qui émaille nos villes, désormais parsemées de messages à décrypter. Arrachée du livre imprimé, son asile de prédilection, l'écriture se retrouve désormais dans la rue, à travers la publicité, prise dans le chaos d'une économie devenue toute-puissante. Et l'auteur ne manque pas d'humour en ce sens, reprenant pour titre de ses pensées les recommandations, mises en garde et autres slogans assenés dans nos villes : "Travaux publics", "Défense d'afficher", "Attention aux marches" ou encore "Allemands?! Buvez de la bière allemande". Emprunter cette Rue à sens unique, c'est se laisser entraîner dans une dérive au coeur d'une ville certes de papier mais dont les mots fournissent autant de repères urbains pour qui sait jeter des passerelles. Du reste, entre la ville décrite et le paysage fait de mots que dessine l'écrivain, il n'y a pas loin, quand Benjamin nous propose de découvrir les "principes des pavés ou l'art de faire des livres épais".

  • Comment concilier action et rêve, vie et poésie ? Walter Benjamin pensait que l'art pouvait transformer le monde et changer la vie. D'où son intérêt pour le surréalisme dans trois textes fascinants des années 1920-1930 : "Kitsch onirique", "Le surréalisme, dernier instantané de l'intelligence européenne" et "Sur l'actuelle position sociale de l'écrivain français", où ce philosophe passionné de littérature développe son célèbre concept d'illumination profane et explore les forces de la créativité contre le capitalisme.

  • Récits d'Ibiza

    Walter Benjamin

    - Un recueil original de récits, histoires, poèmes et lettres du fameux philosophe allemand Walter Benjamin tous rédigés à Ibiza où sur le chemin de l'ile sauvage ;
    - Des témoignages touchants sur ses derniers moments de bonheur (rencontres, amitiés, amours, création, réflexion...) avant de se suicider devant l'avancée du nazisme.
    - Une belle traduction et une sélection de textes présentés signées Pierre Bayart qui vit et travaille aux Baléares ;
    - Une présentation graphique signée par l'artiste France Dumas ;
    - Le troisième titre de la collection "Pépites", collection de poche de Riveneuve, déjà annoncé par Livres Hebdo ;

  • Comment transmettre le passé ? Est-ce possible dans un monde régi par l'information brute et l'immédiateté ? Les trois célèbres textes réunis ici dans une traduction nouvelle - «La tâche du traducteur» (1923), «Expérience et pauvreté» (1933), «Le conteur »(1936) - sont traversés par cette idée : depuis la Première Guerre mondiale, l'expérience a perdu de sa valeur, ce que l'on a soi-même vécu n'est quasiment plus mis en mots et transmis d'une génération à l'autre. Benjamin livre ici une poignante réflexion sur la beauté de ce qui disparaît, le sens de l'histoire et notre attitude ambiguë vis-à-vis du passé. Préface d'Elise Pestre, psychanalyste et maîtresse de conférence à l'université Paris-Diderot, auteur de «La Vie psychique des réfugiés» (Payot).

  • De 1899 jusqu'à sa mort, Karl Kraus (1874-1936) fut le fondateur, et parfois l'unique rédacteur, de Die Fackel (Le flambeau), revue lue par les plus grands (Musil, Wittgenstein ou encore Adorno). Les milieux intellectuels et les journalistes redoutent cette plume acerbe, admirée par Thomas Bernhard et à laquelle Walter Benjamin rend hommage dans cet essai lumineux. Kraus fut un fin limier du langage et a su faire apparaître « le journalisme comme l'expression parfaite du changement de fonction du langage dans le capitalisme avancé ». Mais Benjamin ne fait pas que commenter des idées, il dresse le portrait sans concession d'un dramaturge qui fut aussi son propre personnage : « «Shakespeare a tout prévu» ; en effet ! Il a surtout prévu Kraus lui-même. »

  • Les essais regroupés ici fournissent un aperçu non seulement sur les livres que possédait Walter Benjamin, mais aussi sur le type même du collectionneur.
    Les curiosités qu'il déballe sous nos yeux - livres pour enfants, abécédaires, rébus, témoignages rédigés par des malades mentaux - attestent toutes un refus de dissocier le texte de l'iconographie, ou plus généralement de la matérialité du livre.

  • Le dossier ici réuni rapproche des textes aux sujets variés, certains devenus classiques, comme L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproduction mécanisée, d'autres plus rares ou pratiquement inconnus du public français : le premier exposé de ce qui devait devenir Paris, capitale du XIXe siècle, une étude sur les «Tableaux parisiens» de Baudelaire, telles autres sur Les Allemands de quatre-vingt-neuf, ou sur l'épopée et le roman.
    Tous appartiennent à la dernière période de la vie de Walter Benjamin, en exil en France de 1933 jusqu'à son suicide en 1940, quand il ne put obtenir de visa pour passer en Espagne. Il s'agit tantôt d'écrits qu'il rédigea directement en français comme les cinq fragments d'Enfance berlinoise ; tantôt des traductions auxquelles il a directement collaboré.
    Ces treize essais ont été choisis par les éditeurs à partir de la grande édition allemande des oeuvres complètes, de façon à présenter, à travers un parcours chronologique, une image aussi précise que possible de la relation riche et complexe que Walter Benjamin entretient avec la langue et la littérature françaises, de Baudelaire à Proust, de Paul Valéry aux surréalistes.

  • Ecrit dans l'amour d'une femme, Sens unique est le sommet de l'oeuvre littéraire de Walter Benjamin et probablement l'un des plus grands livres de l'entre-deux-guerres. Composé d'aphorismes, de fragments, de vignettes où tout s'interpénètre, se répond dans un jeu subtil de correspondances et d'analogies, il propose un choc émotionnel, une expérience philosophique et poétique radicale, celle d'un homme qui promène son regard enflammé de désir sur les objets, l'histoire et la pensée, illuminant une multiplicité de thèmes, dont le couple, le monde de l'enfance, la mort et le deuil.

    1 autre édition :

  • Dans Folioplus philosophie, le texte philosophique, associé à une oeuvre d'art qui l'éclaire et le questionne, est suivi d'un dossier organisé en six points :
    - Les mots du texte : Valeur, masses - L'oeuvre dans l'histoire des idées : L'art à l'épreuve de la violence - La figure du philosophe : Un intellectuel juif allemand à l'époque du national-socialisme - Deux questions posées au texte : L'art est-il une marchandise ? Esthétisation de la politique ou politisation de l'art ?
    - Groupement de textes : Totalisation esthétique, totalisation politique - Prolongement

  • Baudelaire

    Walter Benjamin

    • Fabrique
    • 21 Octobre 2013

    Ce livre bouleverse la vision habituelle du travail de Walter Benjamin dans les fertiles et tragiques années de la fin de sa vie.
    On savait qu'il était en relations constantes avec Adorno et Horkheimer, pour la préparation d'un grand livre, Paris, capitale du xixe siècle. L'exposé qu'il envoie à ses amis pour présenter le projet comporte certes une section sur Baudelaire, mais ce n'est alors qu'un chapitre parmi d'autres.
    Entre 1933 et 1936, la partie Baudelaire devient «une sorte de modèle miniature du livre» tout entier - puis un vrai livre, autonome, qui finit par totalement disloquer le projet initial.
    Or voilà qu'en 1981, Giorgio Agamben découvre dans un placard de la Bibliothèque nationale un vaste ensemble de manuscrits que Walter Benjamin avait confiés à Georges Bataille avant de partir vers le Sud en 1940.
    Dans ces manuscrits se trouve précisé leplan que Benjamin prévoyait de donner à son livre sur Baudelaire - plus beaucoup d'inédits qui permettent de se faire une idée précise de ce que devait être ce livre.
    L'ouvrage présenté est construit d'après le plan de Benjamin. C'està- dire que les nombreux textes de Benjamin sur Baudelaire (comme ceux que l'on trouve dans le Livre des Passages, dans « Un poète lyrique à l'apogée du capitalisme » ou encore dans « Quelques thèmes baudelairiens »...) reprennent une cohérence et un sens qu'on ne leur avait jamais accordés. Les inédits complètent et explicitent l'oeuvre tout entière.
    La totalité des textes de WB sur Baudelaire ont été traduits pour la présente édition, par les soins de Patrick Charbonneau, grand traducteur, en particulier de l'oeuvre de W.G. Sebald.
    « Dans la mesure où il permet de suivre dans toutes ses phases le processus de sa genèse et de son développement, le livre sur Baudelaire fait mentir la légende d'un Benjamin ésotérique et présente au contraire le modèle d'une écriture matérialiste telle que Benjamin l'appelait de ses voeux » écrit Agamben dans son Introduction. Un livre indispensable pour tous les amis de Walter Benjamin.

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