Victoria Ocampo

  • Drieu

    Victoria Ocampo

    En 1929, une célèbre mécène argentine, d'une grande beauté, rencontre un jeune romancier français, jalousé pour ses conquêtes.
    Quelques années plus tard, Victoria Ocampo fondera sur, la plus brillante revue littéraire d'amérique latine au XXe siècle ; Pierre Drieu La Rochelle, après avoir trouvé, avec le feu follet et la comédie de charleroi, le ton juste de son inspiration, cédera finalement à la tentation fasciste. sur cette rencontre à haut risque, voici deux témoignages majeurs : les chapitres que Victoria consacre à drieu dans son autobiographie et la correspondance inédite de drieu.
    Leur étonnante sincérité ne nous révèle pas une idylle convenue entre deux personnalités sûres d'elles-mêmes, mais l'appel au secours que se lancent " deux enfants fascinés et perdus ". fondée d'abord sur la force de l'attraction sensuelle, leur relation ne succombe pas à leurs divergences politiques, qui s'accusent au moment de la guerre d'espagne, lorsque victoria prend résolument position contre franco.
    Leur fidélité en amitié survit aux convulsions de l'histoire et se fait tendresse et dialogue intellectuel, jusqu'au suicide de drieu. n'écrira-t-il pas, en février 1944, s'imaginant lui-même dans le personnage de benjamin constant : " ma mme de Staël, ç'aurait été Victoria " ? elle sera l'une des rares intimes à qui il destinera son ultime confession testamentaire.

  • Figure majeure de la vie des lettres du xxe siècle, éditrice et mécène, Victoria Ocampo a porté «témoignage», durant cinquante ans, de son incessante activité, sous la forme de chroniques, essais, études, comptes rendus, conférences et autres « exercices d'admiration » où sont évoqués quelques-uns des plus prestigieux acteurs du monde culturel : José Ortega y Gasset, Aldous Huxley, Virginia Woolf, Pierre Drieu la Rochelle, Gandhi, T. E. Lawrence, Albert Camus, Jorge Luis Borges, André Malraux, Roger Caillois... En témoignage rapporte aussi des souvenirs plus personnels sur son enfance, sa famille... Les articles de ce recueil ont été choisis par Eduardo Paz Leston, l'un des plus éminents spécialistes de l'auteure. Il rend compte d'une vie, celle d'une « écrivaine citoyenne de la planète », comme elle aimait à se définir, une femme libre à l'intelligence aussi généreuse que lucide et critique.


  • les amants se rencontrent peu après le mariage malheureux de victoria avec un homme autoritaire, exclusif, éloigné des préoccupations et des goûts profonds de celle qui allait devenir la directrice de la célèbre revue littéraire sur.
    plongeant dans la mémoire de son coeur, victoria ocampo livre un récit à son image : instinctif, déroutant, oú elle raconte dans les détails la conquête du désir, de sa liberté et de son indépendance intellectuelle. comme toujours chez elle dans l'expression du sentiment, surgissent ses grands auteurs : dante, shakespeare, proust, les poètes vigny, mallarmé et t. s. elliot, car la mémoire de son amour ne saurait s'exprimer sans la présence permanente, presque physique, des écrivains qui ont peuplé sa vie rêvée ou réelle.


  • Dans l'autobiographie de Victoria Ocampo, le texte consacre´ a` son aventure amoureuse avec Drieu e´tait accompagne´ de quelques lettres, tire´es de leur correspondance, qui donnaient envie d'en savoir plus sur cette bre`ve rencontre entre « deux enfants fascine´s et perdus ». Rencontre qui saura s'inscrire dans la dure´e, puisque leur passion initiale se changera en une longue amitie´ amoureuse, a` laquelle la mort de Drieu pourra seule mettre un terme.
    Voici maintenant l'inte´gralite´ des lettres qui nous ont e´te´ conserve´es. On y voit Drieu prolixe en confidences sur les multiples difficulte´s d'une vie sentimentale intense et complique´e, que Victoria conside`re avec une bienveillance distante. S'ouvre l'atelier de l'e´crivain, engage´ dans la re´daction du Feu follet, de la Come´die de Charleroi, de Re^veuse Bourgeoisie, de Gilles. Et c'est aussi, lorsque Victoria, brillante directrice de la revue litte´raire Sur, se trouve en Argentine, une chronique tre`s personnelle de la vie artistique et litte´raire parisienne.
    L'affrontement des deux e´pistoliers sur le fascisme est un moment fort de cette correspondance. Peu soucieuse de politique dans l'absolu, Victoria re´agit spontane´ment en de´mocrate pour condamner les positions de Drieu, tout en saluant son courage et son inte´grite´, «me^me s'il dit ou fait des folies ou des stupidite´s».
    De Victoria Ocampo, les e´ditions Bartillat ont publie´ Drieu (2007) et Le Rameau de Salzbourg (2008).
    Professeur de litte´rature compare´e, Julien Hervier a notam­ment e´dite´ et pre´sente´ le Journal 1939-1945 de Drieu la Rochelle (Gallimard, 1992) et re´cemment Notes pour un roman sur la sexualite´ (Gallimard, 2008).

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