Thierry Renard

  • Janvier et notre émerveillement devant ce qui advient, février et ses carnavals grimaçants, mars et le combat pour sauver le monde, avril-mai lorsque les corps et la nature exultent... En 2019, c'est sous la forme d'un éphéméride que se décline l'anthologie du 21° Printemps des poètes consacré au thème de la beauté.
    Beauté du geste, beauté du diable, beauté dans l'art, chant de celui qui va mourir à l'aube, tyrannie du beau :
    à la diversité des thèmes abordés répondent la diversité des voix et l'éclectisme d'un livre conçu avec l'envie de faire entendre les riches heures de la poésie contemporaine. Et l'on pourrait dire, paraphrasant René Char au seuil d'un ouvrage qui compte quelque 80 poètes : Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté.

  • « La vie, Thierry, est d'une légèreté proprement affolante. Un rien et on la manque, moins que rien et on la perd - tant de circonstances, de lumières et de silences fragiles... J'ai ouvert ton livre dans une fin de soirée - un peu fatigué, et la pluie au dehors, des poignées d'eau jetées au hasard sur la terre, les rues, les visages. Une lampe suffit pour faire une maison, une lampe et un livre. Ton livre je viens de le lire. Il est aimant, charnel, simple dans son entêtement à ne rien attendre et à goûter toutes choses, toutes vies. Tu écris sans te soucier d'écrire - ce qui s'appelle écrire vraiment la vérité de soi. J'aime ce livre et celui qui l'a fait. » Christian Bobin, à propos de L'Espérance récompensée.

    « Souvenir et quotidien serrés l'un contre l'autre, mots morsures à bout de quai, d'aéroport, chair où poser la main, sorte de voyoucratie, de clin d'oeil à toutes les négritudes, celles de la nuit, du poète, de l'alchimie, une langue âpre, quelquefois sensuelle, qui invente ses propres ombres, ses éclairs... Tel est le poème de Thierry Renard. » Dominique Sampiero, Le Matricule des anges.

    « Amoureux de l'amour, acteur passionné de " la scène monde ", gourmand des saveurs poivrées de la révolte, et encore audacieux, enflammé, fraternel : tel est Thierry Renard. En stances fluides qui sonnent clair, il célèbre le " dur métier de vivre ", " l'unique visage de la femme unique " et " le poème (qui) est une corde où se pendre ". Racontant sa vie ordinaire en vers à la manière de Georges Perros et Raymond Queneau, usant d'une langue qui court et coule à la façon d'André Velter, il pratique la poésie du coeur à nu. Il ne tente pas de décrire ce qui le dépasse : il le tait de manière telle que cela donne à pressentir l'énigme... » Jean-Louis Roux, III poètes d'aujourd'hui en Rhône-Alpes.

  • Fatigué de respirer tellement fatigué et pourtant cette envie violente de vivre de vivre encore et encore pour atteindre le bout du tunnel pour enfin poser un pied sur l'autre versant fatigué oui fatigué et cette envie qui me tenaille de faire l'amour à des sirènes des filles debout sur le pont faire l'amour des nuits entières parce que c'est inévitable

  • « On dirait une seule phrase mélancolique et drôle ».
    Yvon Le Men, à propos du tome I des Oeuvres poétiques.

    « Les poèmes qui forment ce recueil sont sans apprêt. Ils ont une fraîcheur, une spontanéité qui surprend. Qui séduit. Ils donnent l'impression d'avoir coulé de source, la source étant ce murmure qui balbutie en Thierry comme en chacun de nous. Ils procèdent d'une pratique de la non-pensée - une pensée intuitive, libre de toute intention, de tout désir de prouver quoi que ce soit, de toute incursion dans la pensée rationnelle - tout autant que d'un abandon à la fantaisie, au hasard, aux trouvailles verbales qui se proposent. Privés de contours précis, ils sont constitués par une succession de bifurcations imprévisibles. Thierry a "le goût des autres, du monde et des choses". On le croit volontiers. Ses poèmes nous en persuadent. Il fait totalement confiance à la vie et accueille avec bonheur ce qu'elle lui accorde. "Le temps est sans limite / pour qui sait enfin tirer profit /de l'instant présent". En général, on ne peut vivre l'instant présent au long des jours qu'après avoir effectué un coûteux cheminement intérieur. Thierry, lui, n'a pas eu à acquérir cette disposition. Elle lui était naturelle. Exister dans l'instant, c'est n'être plus prisonnier du passé, ne plus se projeter dans l'avenir, c'est être libre de s'offrir à ce qui survient. Alors l'être se dilate, connaît la joie de n'avoir plus de limites. Rassemblé, unifié, sa conscience en sommeil, il appartient à l'instant et le plaisir, la félicité qu'il en reçoit est sans mélange. Les poèmes de Thierry ont une fluidité et une ampleur qui nous installent dans un indéniable bien-être. Ils nous communiquent un peu de sa transparence, de sa liberté, de cet amour avec lequel il va sans crainte au-devant de la vie ».
    Charles Juliet, à propos de La Traversée du jour.

  • Professeur puis cadre dans une banque, docteur en mathématiques, Thierry décide de changer de vie. Une idylle amoureuse nouée avec une jeune tanzanienne lors d'un voyage en Afrique, son enlèvement par une bande armée en Ouganda où il a frôlé la mort ont été les détonateurs de cette décision. Il quitte tout et part pour l'île de Bornéo. Au prix d'une marche infernale à travers la jungle, il atteint un village ignoré et s'initie à la vie sauvage de la tribu. De là naît sa passion pour l'aventure extrême. L'action et le suspense qui sous-tendent ce récit, émaillé d'anecdotes humoristiques et tendres, laissent place à l'émotion devant le spectacle de la nature qui hurle ses tempêtes meurtrières ou laisse éclater ses couleurs féériques.

  • Ce livre, d'amour, d'amitié et de lutte, est sûrement la dernière tentative, la tentative la plus désespérée au monde, pour ramener à la vie une femme hors du commun.


    Rogelia Cruz (Martinez), Miss Guatemala 1959. Militant pour des idéaux de justice et de fraternité, elle est séquestrée par les escadrons de la mort. Après de terribles supplices, son corps totalement mutilé par l'armée fut retrouvé sous un pont en janvier 1968.

  • Le courage... Les Éditions Bruno Doucey ne pouvaient rêver d'une thématique plus appropriée pour leur dixième anniversaire ! Non qu'il y ait une forme de bravoure à éditer des poètes, mais parce que toutes les valeurs portées par la maison depuis une décennie se trouve condensées en un seul terme drapé de lumière et de nuit : mettre du coeur à vivre et à chanter la vie, trouver la force de dire non, vivre en insoumis, se battre contre la maladie, surmonter le deuil, apprendre à fuir quand il le faut, oser être soi, se risquer vers l'autre, admettre sa fragilité, dépasser ses peurs, danser au bord du vide les bras tendus vers étoiles, et puis aimer encore, aimer à perdre la raison. En « dix variations sur le courage et un chant de résistance », cette anthologie scelle un pacte avec la vie.

  • A comme Allumettes, B comme Brûlure, F comme Fougue, S comme Soleil, W comme Watt... En 2018, c'est sous la forme d'un abécédaire que se décline l'anthologie du 20e Printemps des poètes consacrée au thème de l'ardeur. D'où viennent-ils les 80 poètes que convoquent Thierry Renard et Bruno Doucey pour une fête de la vitalité créatrice ? De tous les territoires où la vie fait entendre son chant avec entrain, avec fougue, élan, désir, résistance. De ces lieux où la passion se fait brûlure. Où l'on aime à en perdre la raison. Où l'on parcourt le monde avec une vigueur contagieuse. Qu'on ne s'étonne pas de voir la majeure partie de ces poètes appartenir au domaine contemporain : c'est d'une énergie bien réelle dont notre monde a aujourd'hui besoin. Ce coeur qui bat au coeur du monde, c'est le nôtre.

  • D'abord deux amis parlent tout seuls. L'un venait d'Italie ; l'autre, d'Algérie. Leurs parents avaient fui une histoire pour une autre. Plus belle ? L'un voulait changer le monde. L'autre, le gagner.
    Au début, Thierry et Ahmed, du fin fond du livre, parlent en parallèle ; mais, à la différence des rails de chemins de fer, leurs paroles finissent par se croiser, s'épouser sans dérailler.
    Thierry campe dans l'histoire. Ahmed habite davantage la géographie.
    Nous avons envie de nous mêler à leurs paroles. Autour d'un repas, d'un livre, d'un homme à l'agonie, d'une femme à la peine, d'un pays qui sombre et se relève, d'un enfant qui sourit et pleure. On grandit avec eux.

  • Thierry Renard choisit quelques objets de sa maison parentale. Chacun d'eux a une histoire, a recueilli et conservé une émotion, un attachement, le sien ou celui de ses proches. Tout à coup, il les « retourne »... ces objets familiers en deviennent méconnaissables, parfois même inconnaissables, en tout cas impersonnels, anonymes, presque innommables...
    Il n'y a aucun changement de matière ou de substance, l'objet devenu autre est toujours le même, et pourtant ce ne sont plus les mêmes apparences ni la même apparition.
    Suffit-il d'un geste pour que tout change ?
    Vingt-six objets usuels, retournés, extraits de leur contexte et réduits à leur forme ronde primaire se métamorphosent en autant d'oeuvres d'art quasiment abstraites. Le philosophe, théologien et prêtre orthodoxe Jean-Yves Leloup les a pourvus de commentaires poétiques, mais donnant aussi matière à réflexion.

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