Olivier Cogne

  • Des montagnes alpines et ardéchoises où l'on doit faire fonctionner fermes et alpages sans les hommes partis au front, aux usines des villes et vallées orientées vers la production d'armes et de matériel militaire, la guerre a bien été présente dans le quotidien des Rhônalpins.

  • Le Dauphiné en tant qu'entité administrative n'existe plus depuis bien longtemps, mais la réalité historique de cette ancienne province française a marqué les territoires sur lesquels portait son emprise.
    Et aujourd'hui, les départements de la Drôme, des Hautes-Alpes et de l'Isère fourmillent de traces de l'histoire de la province disparue :
    Noms de rues, bâtiments, traditions populaires, spécialités gastro- nomiques, personnalités, événements nous rappellent ce passé commun.
    À travers 300 entrées alphabétiques illustrées d'une iconographie variée, de Mme de Sévigné à Mandrin, du mont Aiguille aux Escartons, et du saint-marcellin aux tourtons du Champsaur, l'ABCDauphiné nous convie à la redécouverte de l'histoire et du patrimoine de cet ancien territoire alpin, pour le plus grand plaisir de ses habitants comme des centaines de milliers de touristes qui le visitent chaque année.

  • Les Alpes du Nord, le Dauphiné notamment, voient le développement des premiers maquis au printemps et à l'été 1943. Tréminis avec ses habitants, au sud de l'Isère et en Trièves, illustre cette histoire des maquis avec des témoignages précis.

    L'historien de la montagne-refuge sous l'Occupation François Boulet reprend l'enquête avec de nouvelles archives sur les deux maquis de Tréminis, nés du refus du Service du Travail obligatoire : le camp n°1 et sa cinquantaine de jeunes gens et celui des "théologiens", quelques étudiants en théologie protestante. Deux résistances françaises alors se rencontrent : la résistance politique du maquis et la résistance spirituelle du huguenot.

    François Boulet nous entraîne dans le quotidien du maquis, genèse, difficultés d'organisation et de discipline, erreurs, trahison, et, pour finir, la terrible répression par une force allemande, militaire et policière, dix fois supérieure en nombre le mardi 19 octobre 1943 à Tréminis : une autre "Saint-Barthélemy des patriotes".

  • Dans le domaine de l'histoire québécoise, Histoire Québec a toujours revendiqué sa volonté de faire le pont entre le public et l'académique, et l'histoire locale et régionale est justement un secteur de la discipline où se côtoient naturellement professionnels et amateurs. Ce nouveau numéro est quant à lui un « spécial académique » qui, l'équipe éditoriale l'espère, introduira une collaboration récurrente avec les universités. Rédigés par des étudiants et des professionnels, les textes présentés s'intègrent dans des débats historiographiques en cours ou proposent des thématiques originales. Évolution de l'histoire locale, passée de marginale à centrale; événements locaux pouvant avoir une résonance à plus grande échelle (émeute incendiaire du Parlement à Montréal en 1849); questions plus strictement régionales (enquêtes criminelles dans le district de Beauce entre 1845 et 1950, la présence des chevaux et des chiens à Sherbrooke en 1921), voici quelques exemples des thèmes sondés dans ce numéro automnal.

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