Giordano Bruno

  • De la magie

    Giordano Bruno

    Quatre cents ans après sa mort paraît pour la première fois en France cet opuscule qui résume son itinéraire intellectuel : métaphysique, cosmologie et gnoséologie se mêlent aux savoirs ésotériques de son temps. La magie est ici considérée non pas comme un moyen d'opérer des prodiges, mais plutôt comme un e ort pour pénétrer l'ordre et le fonctionnement secrets de l'univers :
    Ponctué d'images frappantes, abondant en anecdotes diverses, ce texte se livre aussi à une satire de la doctrine et des jugements de l'Église et de toutes les autorités usurpées.

  • Des liens

    Giordano Bruno

    Des liens possède une valeur quasi testamentaire : avant d'être entièrement accaparé par sa défense devant l'Inquisition, Bruno présente ici sa dernière pensée libre. Chaînon essentiel de la philosophie brunienne, cet ouvrage fait le lien entre sa pensée abstraite et une réflexion de nature politique ou civile. Constitué de paragraphes brefs, ce court traité préfigure les ouvrages des moralistes du XVIIe siècle en mettant au jour les secrets ressorts qui règlent les rapports humains.

  • Le Banquet des Cendres est le premier des trois grands dialogues métaphysiques de Giordano Bruno, dans lequel il expose ses conceptions cosmologiques. S'il défend l'hypothèse copernicienne au cours d'un banquet organisé en son «honneur» le jour des Cendres, c'est surtout pour dénoncer la pédanterie et l'obscurantisme des organisateurs, et c'est avant tout le Bruno «inventeur de philosophies nouvelles» qui apparaît ici. La dimension nouvelle qu'il introduit n'est pas seulement d'ordre cosmologique, elle regarde le traitement très personnel que Bruno fait de la connaissance humaine, sa capacité à «tout ébranler pour connaître l'inébranlable».

  • Le Sceau des sceaux (1583) est la partie théorique d'un traité de mnémotechnique, l'Explicatio triginta sigillorum (Explication des trente sceaux). Il ne propose pas à proprement parler un aperçu de l'art de la mémoire lui-même, mais plutôt une théorie de l'activité de pensée centrée sur la mémoire et la puissance de figuration de l'esprit. Bruno se fonde pour cela sur la définition platonicienne de la réminiscence en vertu de laquelle il y a souvenir toutes les fois que « percevant une chose quelconque, on en conçoit une autre », aussi bien que sur la formule d'Aristote selon laquelle « intelliger, c'est réfléchir sur les images » : à l'opposé d'une conception anhistorique et décontextualisé des processus cognitifs, Bruno propose de comprendre ces formules comme les témoignages de pratique mnémoniques codifiées. La mémoire ne regarde pas seulement la conservation des traces du passé; elle devient ainsi un principe d'organisation à la fois du « sens interne » et de l'âme en totalité. C'est encore à partir d'une théorie du signe et de l'image bien différente de celle de la tradition augustinienne, que Bruno peut rapporter la problématique de la mémoire aux débats relatifs à la « conjonction intellectuelle », associant étroitement la théorie averroïste de l'intellection à la conception néoplatonicienne qui assimile les oeuvres de l'intelligence à celle de la nature. Le Sigillus sigillorum propose encore une rapide présentation des « déductions » de l'art de Lulle interprétées comme un instrument d'invention.

  • « Philosophe, théologien, bien sûr. Mais écrivain surtout, et magistral, comme s'il était le seul à donner corps, de cette façon-là, à ses pensées. Comment ne pas en recevoir l'évidence à la lecture de ces ouvrages qui nous reviennent de quatre siècles, comme des morceaux de braise intacts ? Et comment ne pas saluer ici l'établissement parfait d'un texte prodigieux de force, d'invention langagière ? » (Michel Crépu, La Croix.)

  • « De même que dans l'art, les formes varient à l'infini (si cela est possible), c'est toujours une même matière qui persiste sous elles - la forme de l'arbre, par exemple, étant suivie de celle du tronc, puis de celle de la troupe, de la planche, du siège, de l'escabeau, de la caisse, du peigne, et ainsi de suite, cependant que l'être du bois persiste toujours -, il n'en va pas autrement dans la nature, où, les formes changeant à l'infini et se succédant l'une l'autre, la matière reste toujours la même [...] Ce qui était semence devient herbe, et que ce qui était herbe devient épi, ce qui était épi devient pain, ce qui était pain devient chyle, chyle sang, le sang semence, la semence embryon, l'embryon homme, l'homme cadavre, le cadavre terre, la terre pierre ou autre chose, et ainsi de suite, pour en arriver à revêtir toutes les choses naturelles. » Giordano Bruno

  • « De même que dans l'art, les formes varient à l'infini (si cela est possible), c'est toujours une même matière qui persiste sous elles - la forme de l'arbre, par exemple, étant suivie de celle du tronc, puis de celle de la troupe, de la planche, du siège, de l'escabeau, de la caisse, du peigne, et ainsi de suite, cependant que l'être du bois persiste toujours -, il n'en va pas autrement dans la nature, où, les formes changeant à l'infini et se succédant l'une l'autre, la matière reste toujours la même [...] Ce qui était semence devient herbe, et que ce qui était herbe devient épi, ce qui était épi devient pain, ce qui était pain devient chyle, chyle sang, le sang semence, la semence embryon, l'embryon homme, l'homme cadavre, le cadavre terre, la terre pierre ou autre chose, et ainsi de suite, pour en arriver à revêtir toutes les choses naturelles. » Giordano Bruno

  • Lorsqu'en 1599 Giordano Bruno est finalement sommé d'abjurer, il sait jusqu'où il est allé trop loin.
    Il est notamment allé trop loin avec un texte publié à Londres quinze ans plus tôt : L'Expulsion de la bête triomphante.
    Or l'Inquisition de Rome, après enquête, vient de mettre la main sur l'ouvrage.
    Sous peu, les Inquisiteurs l'examineront.
    Bruno le sait : la découverte par le Saint-Office de L'Expulsion de la bête triomphante ne pourra que lui être fatale.
    Il a pourtant de quoi s'inquiéter autrement.
    Apostat, le dominicain a fui son ordre et l'Italie.
    A Genève, il s'est opposé aux calvinistes qui l'ont excommunié.
    À Paris, si son art de la mémoire a séduit Henri Iii qui l'a protégé, il s'est fait autant d'ennemis chez les huguenots que chez les guisards.
    En Angleterre, il a scandalisé les docteurs d'Oxford et les puritains.
    En Allemagne, ce sont les luthériens, cette fois, qui l'ont excommunié.
    Irréductible à toute intolérance, Bruno a de quoi craindre aussi pour ses prises de position : à partir de Copernic, il a posé l'existence d'un univers infini, peuplé de mondes innombrables.
    Mais L'Expulsion de la bête triomphante a tiré les conséquences de cette fin du monde clos : la nécessité d'une déchristianisation et l'avènement d'un homme nouveau parce que libéré.
    Au lecteur aujourd'hui d'assister à l'assemblée des dieux de l'Olympe qu'offre L'Expulsion de la bête triomphante.
    À lui de mesurer, entre le rire et les larmes, leur crise car en levant les yeux au ciel, les hommes ne voyaient plus dans le zodiaque que le spectacle des vices des dieux.
    À lui d'apprécier si notre crise actuelle est différente.
    Nous faut-il comme ces dieux nous purifier et faire en sorte qu'en levant nos yeux nous fixions au ciel de notre esprit de nouveaux principes ? Nous faut-il, encore une fois, expulser la Bête qui triomphe, ces fausses valeurs, ce Mal jadis synonyme du fanatisme des Eglises et désormais de tous les dogmatismes ?

  • "De même que dans l'art, les formes varient à l'infini (si cela est possible), c'est toujours une même matière qui persiste sous elles - la forme de l'arbre, par exemple, étant suivie de celle du tronc, puis de celle de la troupe, de la planche, du siège, de l'escabeau, de la caisse, du peigne, et ainsi de suite, cependant que l'être du bois persiste toujours -, il n'en va pas autrement dans la nature, où, les formes changeant à l'infini et se succédant l'une l'autre, la matière reste toujours la même [.] Ce qui était semence devient herbe, et que ce qui était herbe devient épi, ce qui était épi devient pain, ce qui était pain devient chyle, chyle sang, le sang semence, la semence embryon, l'embryon homme, l'homme cadavre, le cadavre terre, la terre pierre ou autre chose, et ainsi de suite, pour en arriver à revêtir toutes les choses

  • "De même que dans l'art, les formes varient à l'infini (si cela est possible), c'est toujours une même matière qui persiste sous elles la forme de l'arbre, par exemple, étant suivie de celle du tronc, puis de celle de la troupe, de la planche, du siège, de l'escabeau, de la caisse, du peigne, et ainsi de suite, cependant que l'être du bois persiste toujours , il n'en va pas autrement dans la nature, où, les formes changeant à l'infini et se succédant l'une l'autre, la matière reste toujours la même [...] Ce qui était semence devient herbe, et que ce qui était herbe devient épi, ce qui était épi devient pain, ce qui était pain devient chyle, chyle sang, le sang semence, la semence embryon, l'embryon homme, l'homme cadavre, le cadavre terre, la terre pierre ou autre chose, et ainsi de suite, pour en arriver à revêtir toutes les choses naturelles." Giordano Bruno

  • Des liens (1591) possède une valeur quasi testamentaire : avant d'être entièrement accaparé par sa défense devant l'Inquisition, Bruno présente ici sa dernière pensée libre. Chainon essentiel de la philosophie brunienne, cet ouvrage fait le lien entre sa pensée abstraite et une réflexion de nature politique ou civile. Constitué de paragraphes brefs, ce court traité préfigure les ouvrages des moralistes du xviie siècle en mettant au jour des secrets ressorts qui règlent les rapports humains.

  • 2 volumes vendus ensemble.

    Expulsion de la bête triomphante Londres, 1584.

    Giordano présente aujourd'hui au [lecteur] les semences choisies et bien ordonnées de sa philosophie morale, non pas pour qu'il les admire comme des nouveautés, ni ne les reconnaisse ni ne les comprenne comme telles, mais pour qu'il les examine, les considère et les juge, acceptant tout ce qu'il doit en accepter, excusant tout ce qu'il doit y excuser, défendant tout ce qu'il doit défendre contre les grimaces et le sourcil froncé des hypocrites, le nez et la dent des imbéciles, la lime et le sifflet des pédants.

    Giordano Bruno

  • Traduction d'un ouvrage publié en Italie en 1993, dû à Luigi Firpo, un des meilleurs experts italiens de l'histoire intellectuelle des XVI-XVIIe siècles, voici l'édition à peu près définitive des pièces du procès d'inquisition de Giordano Bruno.On connaît les principaux épisodes de la carrière de Bruno: sortie de l'ordre dominicain (1575) fuite à Genève passage à Toulouse et Paris, où il jouit d'une certaine paix séjour en Angleterre chez l'ambassadeur de France (Michel de La Mauvissière, son principal mécène) retour en France, affrontement avec les milieux aristotéliciens de Paris départ précipité pour l'Allemagne, où il erre de ville en ville (Francfort, Wittenberg), en Bohème (Prague) retour en Allemagne (Francfort) et, enfin, le retour au pays natal, Venise et Padoue, en août 1591, après une quinzaine d'années de pérégrination au cours desquelles il a publié une vingtaine d'ouvrages latins et sept en italien, approché le roi de France, l'Empereur Rodolphe II et la Reine Elizabeth.Pour son malheur, il a été invité à Venise par un certain Mocenigo, rejeton d'une grande famille vénitienne, à la recherche de "connaissances secrètes" qui pourraient l'aider à faire bonne figure dans la société. Celui-ci prend rapidement peur devant la liberté de pensée religieuse de Bruno, qui n'hésite pas à critiquer clairement les dogmes fondamentaux du christianisme (filiation divine, virginité de Marie, création du monde, culte des saints etc.). Craignant que Bruno ne le quitte sans lui avoir révélé ses secrets, Mocenigo le dénonce à l'inquisition le 23 mai 1592. Commence alors un procès, qui s'achèvera par la mort de Bruno sur le b¸cher, à Rome, le 17 février 1600.Dans une considérable préface (150 pages), où le procès est reconstitué méthodiquement et son développement expliqué, Firpo fait justice de nombreux mythes (torture de Bruno, entretiens avec Campanella en prison, rôle néfaste de Bellarmin etc.). Viennent ensuite tous les textes permettant de reconstituer ce procès (édition critique et traduction française) et d'un petit nombre de notes (en particulier sur les nombreux personnages qui interviennent dans l'affaire)Parmi les documents les plus importants, citons les trois dénonciations successives de Mocenigo le texte même des six interrogatoires de Venise (les "constituts") les interrogatoires des témoins vénitiens (éditeurs, académiciens) les documents de l'extradition de Bruno le très important "Sommario" de mars 1598 (résumé de l'état d'avancement du procès) les décrets de condamnation (incomplet) le récit de la mort de Bruno par Schoppe, qui y a assisté, etc.

  • Des liens possède une valeur quasi testamentaire : avant d'être entièrement accaparé par sa défense devant l'Inquisition, Bruno présente ici sa dernière pensée libre. Chaînon essentiel de la philosophie brunienne, cet ouvrage fait le lien entre sa pensée abstraite et une réflexion de nature politique ou civile. Constitué de paragraphes brefs, ce court traité préfigure les ouvrages des moralistes du XVIIe siècle en mettant au jour des secrets ressorts qui règlent les rapports humains.

  • De la magie

    Bruno Giordano

    Voilà le principe essentiel et la racine de tous les principes qui permettent de rendre raison de toutes les merveilles de nature, pour ce que, venant du principe actif et de l'esprit de l'âme universelle, rien n'est assez frêle, rien n'est assez faible, assez imparfait, négligeable enfin au regard du commun, qui ne puisse être le principe de grandes opérations ; d'autant plus qu'il est très nécessaire que se produise une dissolution afin qu'un mon( nouveau (pour ainsi dire) soit engendré.

  • Giordano Bruno, grande figure du XVIe siècle, compose ici un Art de la mémoire, lieu de commémoration de tous les savoirs et plus encore de l'avènement de l'homme universel.
    L'esprit de la Renaissance fonde cet art de la recherche qui jette des ponts entre les différents moments de la philosophie pérenne.

  • 1600 : Giordano Bruno mourait sur le bûcher auquel venait de le livrer l'Inquisition, faisant ainsi de lui pour les siècles suivants l'une des plus célèbres victimes de l'intolérance et l'un des symboles de la pensée libre face aux pouvoirs et aux dogmes. Il laisse une oeuvre considérable, rédigée en italien et en latin, et qui peut être considérée comme l'un des moments essentiels de la révolution intellectuelle de la Renaissance. Ainsi, sous la forme classique du dialogue philosophique et dans une langue qui emprunte sa terminologie et sa mythologie au néoplatonisme, des textes comme Le souper des cendres récusent l'image médiévale traditionnelle, déjà ébranlée par la révolution copernicienne, d'un monde clos et hiérarchisé et développent la conception d'un univers infini, dépourvu de centre et composé d'une infinité de mondes: pour Bruno, les plus petits atomes de ce cosmos infini ont même dignité que les plus grands et l'infini divin ne peut lui-même s'exprimer que dans un univers également infini.

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