Gilbert Vaudey

  • Le Nouveau Monde qu'était le continent américain a moins été découvert qu'il n'a été détruit. Partout où la population était dense (au Mexique, sur les hauts plateaux andins), les maladies importées d'outre Atlantique ont immédiatement exercé leurs ravages, provoquant l'une des plus grandes catastrophes démographiques de l'Histoire. Là où des organisations politiques et sociales complexes avaient fleuri, le pouvoir a été jeté bas au profit des conquérants, le territoire partagé et mis en coupe réglée sous le signe d'une recherche effrénée de l'or. La population a été asservie, sa culture bafouée, tandis qu'une guerre était déclarée à ses représentations religieuses au nom de la « Vraie Foi ».
    Partout ce scénario s'est reproduit le même, mais nulle part sans doute de façon aussi démonstrative et catastrophique dans la précipitation des événements qu'avec la conquête de l'empire inca.
    Vie et mort de l'Inca Atahuallpa ne déroule pas toutefois l'histoire maintes fois racontée de l'équipée des conquistadors et de la destruction de cette partie des « Indes occidentales ». Le récit se tourne au contraire vers la figure de celui qui fut le dernier souverain de l'empire des Andes et, conformément à ce que fut son destin, sur le moment où tout bascule et où le plus grand État de l'Amérique précolombienne s'effondre.
    Il y a là une forme de gageure : Atahuallpa ne nous est connu, par les chroniques, qu'à la faveur de quelques épisodes. Pour le reste, seules nous sont parvenues quelques informations éparses, difficiles à recouper, recueillies auprès d'auteurs plus tardifs, parfois intéressés à noircir le personnage.
    Le récit compose avec ces manques, revendique les droits de la rêverie, mais indemne d'intentions romanesques, il ne s'autorise aucune invention de l'ordre de la fiction. Là où les sources écrites font défaut, suivant en cela la recommandation de Lucien Febvre dans ses Combats pour l'histoire, il s'efforce de faire parler « les choses muettes », à commencer par les aspects de la culture matérielle. Habitants de hautes terres volcaniques et sismiques, grands constructeurs de villes et de routes, aussi habiles agriculteurs que frustes comme artistes, adorateurs du Soleil mais modestes astronomes, les Incas avaient, en moins d'un siècle, bâti un empire militarothéocratique immense et mis en place une bureaucratie tatillonne qui ignorait pourtant l'écriture. Ainsi, avec l'évocation d'Atahuallpa, c'est un regard sur une civilisation disparue et incomprise par ses vainqueurs qui est proposé.

  • Carnet dexploration et de promenade, Le Nom de Lyon est le lieu de toutes les réminiscences et de leur mise en lumière, grâce au savoir et à la rêverie poétique.
    Flâneur voulant tout savoir de lhistoire et des secrets de sa ville, Gilbert Vaudey se raconte en faisant uvre darchiviste érudit, noubliant jamais que la ville où lon est né est un théâtre de mémoire. Revenant sur les lieux qui lui sont chers, il confère par ce livre un sens à ce quil a toujours ressenti et lentement élucidé. Avec ses zones dattraction, ses frontières, ses pentes de circulation, son rythme, ses instances souterraines, ses sédiments historiques, ses passants de tous les temps, il fait de la ville un lieu accordé, comme une projection de celui qui, depuis si longtemps, larpente.
    Sous sa plume, lespace urbain se fait miroir dune vie, et le portrait de la ville se retourne en autoportrait.

  • L'écrivain Gilbert vaudey connaît bien Lyon, son histoire, son architecture et son urbanisme. Ses déambulations dans les rues, les cours, les traboules, les cages d'escalier et tous ces recoins cachés de la ville qui ne se laissent découvrir qu'à l'oeil curieux, lui ont inspirés ces textes très éclairants sur les travaux de Tony Soulié. Et qui mieux que Tony Soulié avec ses photographies mêlées de peinture pourrait rendre hommage à cette grande ville pour y révéler son alchimie, sa lumière et ses instants de bonheur ?

  • À la fin des années 1960, le jeune photographe Bernard Agreil tombe sous le charme du Vieux-Lyon, de ses traboules et de ses ruelles pavées. Davantage encore, il se montre attentif à ses habitants et passants. Muni de deux appareils Nikon, il saisit en une trentaine de pellicules le charme simple du quotidien qui animait alors les quartiers Saint-Jean, Saint-Paul et Saint-Georges. Un demi-siècle plus tard, l'écrivain Gilbert Vaudey se laisse porter par ces images, et évoque à son tour le Vieux-Lyon d'avant la sauvegarde du secteur historique.
    À travers le regard de deux arpenteurs passionnés par leur ville natale, « Vieux-Lyon, années 1960 » redonne vie au tableau d'une société disparue, en quelques instantanés qui sont autant de trésors inestimables.

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