Fabrice Gabriel

  • A Night in Tunisia (« Une nuit en Tunisie ») est un standard de jazz composé par Dizzy Gillespie en 1942. D'innombrables musiciens en ont donné leur version, parmi lesquels le pianiste Bud Powell, génie véloce et malade, tabassé par la police new-yorkaise et rendu fou par les électrochocs qui devaient le soigner.

    C'est justement un vieil enregistrement de Bud Powell qu'écoute le jeune Janvier, en voiture, lorsqu'il arrive à Sidi Bouzid, au centre de la Tunisie, à l'automne de l'année 1990. Personne alors ne connaît cette petite ville agricole où débuteront, exactement vingt ans plus tard, ce qu'il est convenu d'appeler « les printemps arabes ». C'est là, en effet, devant le siège du gouvernorat, le 17 décembre 2010, qu'un petit marchand des quatre-saisons s'immole par le feu, désespéré d'être sans avenir. La révolution tunisienne vient de commencer. La jeunesse de Janvier, elle, est depuis longtemps passée.

    Une nuit en Tunisie raconte cette jeunesse lointaine, à travers la parenthèse d'un service militaire de quelques mois, dans un monde aux portes du désert, où se lisent les souvenirs de conflits anciens et la menace d'une guerre nouvelle, qui sera celle du Golfe, après l'invasion du Koweït par l'Irak.

  • Fuir les forets

    Fabrice Gabriel

    • Seuil
    • 2 Février 2006

    Là-bas, les forêts sont noires, puis blanches, et parfois bleues. Là-bas, c'est le lieu de l'enfance, quelque part dans l'Est, juste au bord de l'Allemagne, sur la rive d'un fleuve, dans l'eau d'une piscine, où nagent sans fin quelques fantômes : un oncle, un frère, et des Lorelei qu'on cherche à fuir, forcément. Fuir, c'est raconter. Un homme s'est déplacé vers l'Ouest, laissant derrière lui des cailloux, des calots, des caillots (il y a du sang dans ses souvenirs, des billes de verre éclatées, et des couleurs blessantes, dans les tableaux qu'il découpe du passé). Comme tout fugitif, il cherche pour se sauver un autre nom possible : Grünewald ? Nerval ? Balfour ? Rocheteau ? Perceval ? Il a un secret.

  • Norfolk

    Fabrice Gabriel

    Gilles s'envole pour l'Amérique, destination New York. Il part sur les traces de son oncle, à la recherche d'une vérité que livrera peut-être un tableau, le portrait d'un adolescent, l'énigmatique et fameux Blue Boy du peintre anglais Thomas Gainsborough (1727-1788). Gilles n'est pas seul : sa soeur l'accompagne, double fantôme, céleste et doux, qui le guidera dans sa découverte de la grande ville, entre Central Park et Coney Island, puis le conduira jusqu'à Pasadena, en Californie. On vivra avec lui les fantaisies du dépaysement, la lente surprise des saisons qui passent, mélancoliques ou joyeuses, et la révélation sans cesse répétée de l'enfance perdue, puis retrouvée. Sans doute finira-t-on par deviner aussi de quel secret est fait le nom de sa quête : Norfolk.

  • « L'eau, la pierre, le ciel, bref la montagne, voilà mon prisme personnel pour atteindre «la chair du monde». Je ne me prends pas pour Cézanne, bien sûr, mais je trouve que c'est exactement ce qui se passe pour sa Sainte-Victoire : c'est à travers elle que s'organise sa vision du monde en général, quel que soit l'objet de son tableau. Mon regard propre sur les choses est entièrement structuré par ce que je pourrais appeler les forces tectoniques de la montagne. La montagne n'est pas seulement ce que je regarde, elle est l'intérieur de mon oeil ».

    Jean-Marc Rochette, maître de la bande dessinée (Le Transperceneige, Ailefroide - Altitude 3954...), s'entretient de sa peinture avec Fabrice Gabriel, écrivain et directeur de la Fondation pour l'action culturelle internationale en montagne (Facim). Neuf conversations érudites et passionnées entre Paris, Berlin et les Alpes.

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