Charles Coutel

  • Le paradoxe de l'hospitalité formulé et assumé.
    À quoi nous sert notre belle devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité », si nous n'avons pas, personnellement et collectivement, le sens de l'hospitalité ? Notre difficulté à accueillir ceux qui viennent de loin nous demander l'asile, l'écart entre ceux qui ont presque tout et ceux qui n'ont presque rien, la difficulté à transmettre notre langue et à poursuivre notre récit national prouvent qu'il y a urgence. Le règne de l'avoir (qui accapare et accumule) le dispute au règne de l'être (qui rayonne et se déploie).
    L'hospitalité, dans bon nombre de langues, notamment en français, latin et grec, évoque à la fois celui qui reçoit mais aussi celui qui est reçu. Notre livre souhaite non seulement formuler ce paradoxe mais aussi étudier certains textes, oeuvres ou auteurs qui, délibérément, en méditent la complexité : Péguy, Confucius, Voltaire, Nabbert, Popper, Primo Levi, Charles de Foucault, Louis Massignon..
    Maintenir ce paradoxe dans notre esprit est essentiel si nous voulons harmoniser les formes émancipatrices de l'hospitalité : politesse, urbanité, aménité, civilité, citoyenneté, solidarité, charité, fraternité, humanité, amour et amitié. Lien entre toutes ces formes, l'hospitalité se situe aussi en amont et en aval de toute cette série. Une personne, mais aussi une civilisation, se jugent à la générosité universelle et inconditionnelle de leur hospitalité.

  • Socialiste, dreyfusard, fondateur des Cahiers de la Quinzaine, prophète du sens et de l'espérance... Charles Péguy (1873-1914) est l'auteur d'une oeuvre prolifique et inclassable, qui témoigne aussi bien de ses engagements que de sa ferveur mystique. Des faubourgs ouvriers d'Orléans jusqu'à sa fin tragique et brusque au début de la Grande Guerre, en passant par Paris et Chartres, Charles Coutel retrace l'itinéraire de ce génie visionnaire, un "homme-cathédrale" qui a choisi de vivre dans la fidélité à soi-même.

  • Nous vivons une ère de promotion de la "culture du dialogue". Dialogue entre les Eglises, dialogue entre les religions, dialogue entre les cultures, mais aussi dialogue social... La "culture du dialogue" s'est imposée au sortir de la Seconde Guerre mondiale comme la garante de la paix sociale dans les sociétés occidentales. S'il a toujours été entendu que le dialogue inter-religieux pouvait comprendre plusieurs niveaux, à la fois de rigueur et de convivialité, il semblerait que le plébiscite actuel des médias et des pouvoirs publics aux formes démonstratives de rencontre inter-religieuse produise ses effets sur la "culture du dialogue", en réduisant notamment le dialogue inter-religieux à son aspect social, et en occultant sa portée spirituelle.
    Le présent volume entend interroger l'histoire du dialogue inter-religieux, en se concentrant sur trois points : le moment de sa genèse, dans les années soixante, ses relations avec l'Etat dans plusieurs contextes nationaux, et enfin ses opposants.

  • "L'humanisme républicain ressemble à une statue abandonnée depuis longtemps : tout se passe comme s'il fallait de grandes épreuves pour en prendre conscience et célébrer l'esprit humaniste qui sut construire notre République et nous apprendre à chérir notre Nation. L'humanisme républicain est trop souvent confondu avec une image faite des préjugés et des malentendus qui la défigurent. Refusant la nostalgie comme la résignation, cet ouvrage entend promouvoir notre République, en harmonisant les héritages à assumer, les défis à relever et les nouvelles perspectives à ouvrir. Pour mobiliser cet humanisme républicain, définissons-le et entreprenons sa reconquête afin de démontrer sa portée émancipatrice et réconciliatrice. Ainsi, à l'émotion, notamment après les attentats, succédera la promotion indispensable de la tradition républicaine."

  • Condorcet, entre Lumières et Révolution, est l'auteur des cinq Mémoires sur l'instruction publique (1791) et d'un Projet de Constitution (1793).
    Par ces oeuvres, il entend contribuer à l'institution du citoyen qui suppose à la fois l'instruction publique et la fondation de la République. L'exercice de la citoyenneté est bien l'affaire de tous, mais tous ne s'en avisent pas encore. Condorcet donne ainsi un testament politique à l'héritage philosophique des Lumières. Instituer le citoyen, c'est affirmer et défendre la République qui existe mais c'est aussi penser à celle qui vient, en se souvenant de la longue histoire de la liberté humaine.
    Ainsi pourrait-on reconnaître Condorcet, lui-même dans ces lignes consacrées, en 1790, à son ami du Nouveau Monde, Benjamin Franklin : " Sa politique était celle d'un homme qui croit au pouvoir de la raison et à la réalité de la vertu, et qui avait voulu se rendre l'instituteur de ses concitoyens avant d'être appelé à en devenir le législateur.

  • "Les « Mots de la Liberté » s'opposent aux « Mots de la Servitude » . C'est pourquoi le titre de cet essai est un appel au travail et à la résistance mais aussi un espoir. Un peuple renonce peu à peu à sa liberté s'il n'est plus à la hauteur de ses épreuves passées cristallisées dans la richesse de sa langue. Il s'agit ici de réfléchir sur les causes possibles du conformisme dans l'usage des mots dans les « temps démocratiques », pour reprendre une formule de Tocqueville..."

  • À la suite des travaux classiques de Nabert, Ricoeur ou encore de Jean Grondin, il paraît important de réfléchir sur les conditions de possibilité d'une herméneutique du témoignage :
    Peut-on être le témoin de sa propre conviction, notamment religieuse ? Comment interpréter les médiations choisies par le témoin pour témoigner ?

    Lors d'un procès, l'acte de témoigner semble aller de soi ; il est jugé essentiel dans la manifestation de la vérité et le faux témoignage est sévèrement puni. De même, quand un « martyr » se sacrifie pour sa foi, tout se passe comme si le message allait de soi. Or, tout témoignage vaut-il preuve ? Dans chacun de ces cas, ce témoignage qui se présente comme spontané n'est-il pas en fait construit et n'appelle-t-il pas une interprétation? C'est l'élaboration et la portée de tout témoignage, notamment religieux, qu'il s'agit de questionner dans le présent volume .
    Chaque contribution s'attache à répondre, à partir de son champ disciplinaire, à l'une des trois questions suivantes :
    - L'énonciation du témoignage : pourquoi témoigner ? Quelles conceptions du témoignage à travers l'histoire, notamment des religions ? Le martyre est-il un témoignage ?
    - La réception des discours qui entendent témoigner : comment interpréter les témoignages, qui se veulent eux-mêmes interprétation des autres et de soi ? Comment s'organise la mémoire des témoignages ?
    - Le message même du témoignage : quel type de communication le témoin choisit-il pour témoigner ? La parole suffit-elle ? Faut-il en passer par l'écriture ?

  • "Face au terrorisme, le surgissement de l'héroïsme convie notre pays et notre République à renouer avec l'esprit de grandeur. - C'est la leçon du sacrifice du colonel Arnaud Beltrame, cet officier de gendarmerie qui s'est volontairement substitué à une otage au cours de l'attaque terroriste du 23 mars 2018. - Mais c'est en méditant sur l'exemple de Charles Péguy que nous pourrons mieux mesurer en quoi il fait date. Pourtant la tâche sera rude tant l'emprise orléaniste est forte actuellement. Nous trouvons néanmoins des motifs d'espérance en nous souvenant que, régulièrement, des esprits courageux et vivants se tournèrent vers Péguy et nous lancèrent des appels à la mobilisation contre la tentation du renoncement. Ce fut, en 1931, Emmanuel Mounier : « Péguy fend l'air devant nous », en 1943, Georges Bernanos : « Son heure sonnera », ou encore, en 1973, Maurice Clavel : « Et vous verrez comme il envahit l'avenir ». - Nous y sommes et les menaces des intégrismes sont autant d'invitations à les écouter de nouveau. L'avertissement est clair : la France et la République se doivent de répondre héroïquement et donc non fanatiquement au fanatisme, notamment religieux. Toutefois, avant d'agir, il convient de prendre le temps de lire Péguy en mesurant combien il est actuel. - "

  • L'École des Philosophes est le titre général d'une collection de douze volumes thématiques. Son objectif est double : - analyser les démarches pédagogiques que la philosophie a élaborées au cours de l'histoire de son enseignement et s'interroger sur ses possibilités didactiques actuelles ; - étudier les différents lieux institutionnels, passés ou présents, de l'enseignement philosophique et réfléchir sur la place que la philosophie peut et doit avoir dans la culture de notre temps. Chaque volume étudie un thème fondamental de l'enseignement philosophique : la leçon, la dissertation, le rapport au texte, le programme, les diverses structures institutionnelles et leur histoire... Prenant appui sur la tradition et ouvert dans un débat pluriel aux questions les plus vives de notre actualité, L'École des Philosophes constitue un corpus de textes à la fois documentaires et réflexifs au service du professeur de philosophie.

  • Face au terrorisme, le surgissement de l'héroïsme convie notre pays et notre République à renouer avec l'esprit de grandeur.
    C'est la leçon du sacrifice du colonel Arnaud Beltrame, cet officier de gendarmerie qui s'est volontairement substitué à une otage au cours de l'attaque terroriste du 23 mars 2018.
    Mais c'est en méditant sur l'exemple de Charles Péguy que nous pourrons mieux mesurer en quoi il fait date. Pourtant la tâche sera rude tant l'emprise orléaniste est forte actuellement. Nous trouvons néanmoins des motifs d'espérance en nous souvenant que, régulièrement, des esprits courageux et vivants se tournèrent vers Péguy et nous lancèrent des appels à la mobilisation contre la tentation du renoncement. Ce fut, en 1931, Emmanuel Mounier : « Péguy fend l'air devant nous », en 1943, Georges Bernanos : « Son heure sonnera », ou encore, en 1973, Maurice Clavel : « Et vous verrez comme il envahit l'avenir ».
    Nous y sommes et les menaces des intégrismes sont autant d'invitations à les écouter de nouveau. L'avertissement est clair : la France et la République se doivent de répondre héroïquement et donc non fanatiquement au fanatisme, notamment religieux. Toutefois, avant d'agir, il convient de prendre le temps de lire Péguy en mesurant combien il est actuel.

  • "D'où vient que le texte incandescent, l'analyse de Charles Coutel capte le lecteur ? D'abord l'auteur de ce livre - du fait de sa familiarité avec Péguy et son écriture - s'est imprégné de son jaillissement et de sa vitalité : il entraîne celui qui le lit.
    En outre, a été retenue une notion originelle et même paradoxale, celle d'hospitalité : celui qui reçoit et celui qui est reçu, mais celui qui reçoit est reçu, de même reçoit celui qui est reçu. Les séparations ici sont abolies : nous marchons vers la cité harmonieuse et solidaire ; mais le texte met en évidence, à l'inverse, les dangers qui ne cessent de nous corrompre, l'argent mortifère, le cléricalisme d'une Eglise qui a substitué la politique à la mystique, le dogmatisme des intellectuels qui imposent leurs conventions - en somme le monde moderne qui se perd dans la trahison et la décadence, en opposition à un certain "monde antique" qui aurait été épargné", François Dagognet.

  • Charles Coutel, professeur de philosophie, s'affirme comme " républicain intempestif ".
    Défenseur obstiné de l'instruction publique, laïque et obligatoire, il dénonce l'adaptation de l'école à la logique du marché et s'oppose à la démagogie des partisans de l'école ouverte et du lycée Light. L'auteur nous invite à sortir de la crise qu'elle traverse, non en bradant son héritage, mais en retrouvant la force de son institution.

  • Sous la plume de grands noms, hommes politiques (Jean-Pierre Sueur, René Dosière, François Bayrou...), intellectuels (Alain Finkielkraut, Jacques Julliard...) tous spécialistes de Charles Péguy, cet ouvrage aborde sous des angles originaux la pensée politique de Charles Péguy.
    Peut-on parler d'une approche proprement péguyste du champ et de l'action politique ? En quoi est-elle actuelle ? Comment être péguyste dans la cité ? Quel est le rayonnement international du Péguy politique ?
    Le centenaire de la mort de Charles Péguy est l'occasion de s'intéresser à l'actualité de l'action et de la pensée du Péguy politique, il nous relie à notre présent et nous conduit à nous interroger sur l'importance de la politique dans la République.

  • Cela fait trente ans maintenant que la laïcité hante le débat en France. Que les intellectuels et les politiques s'en disputent la définition. Que les polémistes de tous bords s'en arrogent le monopole ou la dénonciation. Que les confusions succèdent aux approximations et les outrances aux ignorances. Le dialogue que voici, ouvert, contradictoire, mené par deux éminents juristes, philosophes et historiens, constitue le meilleur des remèdes à cette hystérie nationale.
    Des Guerres de religion à l'islam en France, ou de France, en passant par les Lumières, la Révolution, la IIIe République, la loi de 1905 et ses suites, leur controverse clarifie les épisodes du passé pour mieux éclairer les crises du présent, qu'il s'agisse du voile intégral dans l'espace public, des menus de substitution dans les cantines scolaires ou encore la présence des crèches dans les mairies.
    Avec savoir et simplicité, Charles Coutel et Jean-Pierre Dubois affirment, dans la diversité de leurs considérations, le même message salutaire : comprendre la laïcité, c'est se protéger du fanatisme et redonner sens à cet idéal du bien public que suppose l'ordre républicain.
    Professeur émérite des universités en philosophie du droit, Charles Coutel dirige l'Institut d'étude des faits religieux et est vice-président du Comité laïcité et République.
    Professeur de droit public à l'université Paris-X-Nanterre, Jean-Pierre Dubois est président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme.

  • ÉTUDIER. COMPRENDRE. PRÉVENIR. La réflexion pluridisciplinaire engagée ici se situe à la fois en amont et en aval du processus de fanatisation religieuse. À travers l'analyse de figures historiques (Castellion), de groupes religieux (les protestants, les puritains, les quakers), certains épisodes historiques (le processus de déchristianisation en 1793-1794 en France), ou certaines écoles philosophiques (les Lumières, Voltaire, Alain), toutes les contributions réunies dans le présent volume entendent réfléchir sur les conditions de la constitution du concept de fanatisme religieux comme objet de recherche et non de polémique. Pour cela, l'étude du milieu chrétien a été privilégiée; pour autant, les hypothèses et les conclusions avancées pourraient tout aussi bien s'appliquer à d'autres convictions religieuses et à d'autres religions. Car toute religion est, à cet égard, menacée par le risque de fanatisme, sans que cette dégradation soit jamais inéluctable.

  • « L'islam comme humanisme, telle est la formule éclairante et prospective à mieux penser », affirmait Mohammed Arkoun. Plus récemment, Malek Chebel reprenait ce programme de travail, nous indiquant une sorte de feuille de route : « Puisque la liberté de conscience est d'abord une liberté, il faudrait que l'islam ne soit pas simplement le lieu où s'expriment les doléances, bien ou mal comprises, mais également l'endroit où se conçoit un nouvel humanisme ». Le présent volume entend répondre à cette double invitation à poser la question des liens entre islam et humanisme, dans une perspective nourrie par des approches disciplinaires croisées.

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